Le rôle des
télécoms et de l’informatique aujourd’hui dans notre pays
Jean-Pierre MARA
Dans le domaine des Nouvelles Technologies
de l’Information en République Centrafricaine, on observe une incohérence des
politiques dans le retard des attributions de l'ONI ,
une institution créée d'abord pour la gestion de la paie des fonctionnaires et
devenue fournisseur de service de saisie de fichier électoral. Dès lors que les
nouvelles technologies sont les piliers de la politique de développement dans
un monde en perpétuelle mutation, l'instauration d'une politique d'aménagement
des infrastructures devient une question centrale. On peut très bien adapter le
fonctionnement de cette institution aux exigences du moment et en faire des
outils de compétition et de lutte contre la pauvreté en matière
d’infrastructures Il suffirait pour cela
de repenser le mode de fonctionnement et les réadapter aux besoins en
impliquant l’homme car tout développement.
Dans la perspective d'une réévaluation de
la politique sur les infrastructures, je propose une réflexion sur ces
questions en soulignant que l’heure n’est plus aux critiques ou au combat
politique mais à la contribution et à l’action pour le progrès de notre pays.
Sans infrastructures, il n’y a pas d’activités économiques ; sans
infrastructures, l’avenir de notre pays est incertain. Mais encore faudrait-il
que la politique accepte la divergence d’idées.
En matière de télécommunication, les
réseaux étaient traditionnellement constitués
par la centrale téléphonique et les téléphones installés chez les usagers liés
entre eux par seul nœud (commutateur, ECB.) vu le petit nombre d’utilisateurs
de l’époque Jusqu'aujourd'hui, ces infrastructures de télécommunications
étaient du monopole de l’États. Pour cela, le réseau fixe ne couvrait pas toute
l’étendu du territoire. Mais depuis l’essor de la téléphonie mobile ou
cellulaire qui utilise des ondes électromagnétiques, les États se sont de plus
en plus désengagés de ce monopole permettant aux opérateurs privés de
s’installer un peu partout. Ces derniers construisent des réseaux qui utilisent
des fréquences attribuées par les États qui ont gardé le monopole de la
régulation du fonctionnement des réseaux.
Mais toujours est-il que l’architecture de
transport reste du domaine de l’Etat. Il faudrait donc réorganiser la SOCATEL ( en créant par exemple une
nouvelle entité ou structure mieux adaptée) pour construire et gérer le
réseau fixe qui est aussi utilisé par les réseaux cellulaires.
Nous savons que la structure des numéros
est définie par un plan de numérotation propre à chaque pays. A l'instar des
autres pays, il faudrait doter la SOCATEL de nouvelles capacités en République
Centrafricaine, en lui permettant par exemple de gérer la fédération des
opérateurs cellulaires par le réseau de transport sur fibre optique. Par
ailleurs, il peut aussi s’avérer nécessaire de limiter le nombre d’opérateurs
dans l’intérêt de la protection du citoyens d’abus dans des closes de contrats
douteux, vu le niveau d’alphabétisation. 6 opérateurs pour un petits pays de
ces 4.000.000
d’habitants en 1997 en comparaison de 3 opérateurs pours la France avec ces 28.419.419 d’habitants selon INSEE en 1999.
La forte demande du marché fait de la
télécommunication et des téléphones mobiles un facteur économique d’importance,
mais n’explique pas le nombre d’opérateurs de télécommunication en déphasage
avec le marché telle que observé dans notre pays..
En effet, contrairement à l’idée répandue,
la télécommunication par le biais de la télémédecine est un moyen
particulièrement utile pour optimiser la qualité des soins. Elle permettra une
rapidité collégiale des échanges médicaux au profit de patients dont l'état de
santé nécessite une réponse adaptée, rapide, quelle que soit leur situation
géographique. Mais la télécommunication ou les équipements de téléphonie
portable ou fixe ne doivent pas faire des Centrafriucains un peuple VACHE à
LAIT des opérateurs privés.
Cependant, il est vrai que dans une
Afrique qui change ou qui a vocation de développement, les centrafricains
doivent investir dans les infrastructures de transport en télécommunication
pour faciliter l’implantation des réseaux des opérateurs. Des équipements
lourds, nécessaires pour la construction de l’autoroute de l’information
(réseau de transport sur fibre optique) sont nécessaires pour l’enseignement à
distance, la télémédecine, et l’éducation. Mais ce faisant, l’Etat doit
s’affirmer et contrôler les opérateurs en contrepartie.
Il faudrait trouver une
équité politique et économique : rapport prix et qualité et responsabilité
de l’Etat
Jean-Pierre MARA
Paris le 28.02.2008