L’Afrique n’est pas encore politiquement préparée pour un débat sur « les Etats-Unis d'Afrique »

 

Jean-Paierre MARA, paris, France (02/07/2007)

 

 

L'article Quels Etats Unis pour l’Afrique de Michael Didama, le directeur de publication du journal " Le Temps de N'Djamena " publié sur http://www.afriquecentrale.info, ainsi que la rencontre des Chefs d'état de l'Union Africaine de Accra en ce mois de Juillet 2007  me donne l'occasion de me poser la question de savoir si nous Africains sommes réellement et objectivement dans une position de réflexion en phase avec nos réalités afin de les adapter à de vraies méthodes de gestion politiques de l’Afrique.

 

"L'unité Africaine, du rêve à la nécessité", telle que présentée par Didame dans son livre qui fait un plaidoyer pour les Etats Unis d'Afrique" a certes le mérite d'être bien pensée, futuristique et innovatrice. Le sujet présenté dans cet ouvrage paru il y a trois ans et qui conserve toute son actualité au moment ou l’Union africaine tient son sommet à Accra, mérite approfondissement et la jeunesse Africaine doit réfléchir et murir le sujet en attendant que l'Afrique soit prête.
Le moment que les Responsables politiques Africains ont choisi pour faire de ce sujet le thème central de cette réunion ou on parle déjà de la mise en place d’un gouvernement de l’UA et, à terme, la création des Etats-Unis d’Afrique est inopportune. C'est à juste titre si le projet divise de nombreux pays sur le continent et si un politique demandait mon avis, je lui dirais " parlons-en demain, lorsqu'il n'y a aura plus rebellions au Congo Démocratique, au Soudan, en Angola, au Maroc, ou en République Centrafricaine, etc...

 

Comment peut on déjà penser sérieusement à la construction d'un gouvernement africain alors que la forme de cette entité "Etats Unis d'Afrique" n'est pas définie et le consensus nécessaire permettant sa construction non acquis?
Il est vraiment illusoire de penser un seul instant bâtir "les Etats Unis d’Afrique" aujourd’hui car nous n'avons pas les bases nécessaires pour lancer une telle aventure et pour cause:

C'est une erreur monumentale que de vouloir copier le model de l'Union Européenne car cette construction n'a été possible que parce que constitués par des Etats tous consolidés autour de structures économiques et politiques stables et quasi identiques, ce qui est loin d'être le cas en Afrique.

 

L'Afrique est divisée par trois modèles qui ne nous permettrons jamais d'évoluer en commun, notamment:

Africains !  il est venu le moment de se demander pourquoi "NOUS" aimons bien les projets abstraits sans penser aux moyens financiers. Nous avons plusieurs organisations sous-régionales qui ne fonctionnent pas faute de contributions financières, nous avons le NEPAD qui a échoué, l'Union Africaine qui peine à mettre les moyens financiers adéquats mais qui fait déjà parler d'elle par la mauvaise gestion du peu de ressources disponibles, et voilà qu'on voudra mettre en place une organisation mal définie mais qui a déjà des postes ministériels. La proposition d'un poste de Premier Ministre montre à quel point la proposition manque de sérieux. Pourquoi pense t on déjà au poste de Ministre alors que les attributions de ce gouvernement Africains ne sont même pas encore définis sur consensus? Ceci est déjà la preuve de notre manque de sérieux. L'idée d'un gouvernement Africain est bonne mais les bases ne sont pas encore posées. Reparlons de cela dans 50 ans..

 

Nous autres Centrafricains, souffrons culturellement aujourd’hui des suites d'une démarche similaire entreprise par Barthélémy Boganda à la veille des indépendances. Le nom de notre pays ne reflète en rien notre vraie identité culturelle car la dimension que ce nom était censé incarné n’a rien de commun avec la réalité socio-politique actuelle telle que pensée par notre premier Président qui fût un grand Panafricaniste.  La préparation précipitée et la conception non partagée d'une République des Etats de l'Afrique Latine a fini par être restreinte à l'actuelle " République Centrafricaine" parce que les conditions d'une aussi large union n'étaient pas réunies à l'époque. Aujourd'hui la RCA est complètement enclavée parce que à l'époque des délimitations frontalières, on avait confiance d'avoir accès à la mer de part notre appartenance aux «  Etats de l'Afrique Latine »..

 

Jean-Pierre MARA

Paris le 2 Juillet 2007