voir aussi :
http://www.sangonet.com/actu-snews/newsCARind.html
En décembre 2000, la RCA avait toutes sortes de maux suivis d’arrestations de plusieurs députés,
de citoyens centrafricains, la "mise en résidence surveillée " du chef d’État-major des Faca, le général Bozizé
dont on ordonna l’arrestation par de simples Soldats auxquels une fin de non recevoir était signifiée. « On ne fait pas arrêter un Général par des petits soldats ».
Ainsi avait commencé une épisode qui se termina par la prise de pouvoir par Bozizé le 15 Mars, cautionnée par
des gens aujourd'hui éloignées du pouvoir.. En effet, toutes les institutions politiques et publiques françaises étaient hostiles à la prise de pouvoir par les armes et avaient besoin de savoir si Bozize méritait d’être soutenu. Mais tout cela est devenu de l’histoire
Fort de cet constat, que penser de la perquisition du domicile de l’inspecteur général des forces armées
Centrafricaines alors que l’article 14 de la nouvelle constitution élaborée par les hommes de confiance et signé par Bozizé stipule que le domicile est inviolable.
Bozizé n’est pas encore consacré Président Démocratiquement Elu qu’il commence déjà à bafouer sa propre constitution.
Plus loin on remarquera le fils du Général-Président-Candidat n’est pas un officier supérieur mais il peut se
permettre de violer la constitution proposée son père sans être inquiété.
Mais qui est le fils gendarme du Général? Avait il sur lui un mandat d'arrêt?
Si on peut s'introduire chez un général et perquisitionner sans mandat d'arrêt, on ne peut pas plus parler d'un état de droit selon la
nouvelle constitution que nous sommes appelés à voter bientôt
Aussi, il faut se dire que si Bozizé avait refusé un tel
affront en 2000, pourquoi d’autres Centrafricaines et Centrafricains ne pourront-ils pas suivre le même model de comportement.
Décidément en RCA, les leçons d’histoire n’existent pas mais faisons un peu d'histoire
Un peu d’histoire
KODRO LAKOUANGA
(BANGUI - CENTRAFRIQUE) – 28 décembre 2000 13H00
CENTRAFRIQUE_EXPLOSION SOCIALE: VERS
UN COUP DE FORCE... BOZIZE PRENDRAIT-IL SA REVANCHE ?
Alimentée par les arrestations de plusieurs
députés, de citoyens centrafricains, la "mise en résidence
surveillée " du ministre de la Défense, M. Jean-Jacques Demafouth, et du chef d’État-major des Faca,
le général Bozizé, l'Ultimatum des centrales
syndicales et la manipulation criminelle des autorités dictatoriales patassistes, la situation explosive centrafricaine
déboucherait-elle sur un coup de force des Faca qui
"ne bougeraient pas pour le moment "?
Si oui, avec le déploiement des forces patassistes sur la ville de Bangui, que représentent encore
les Faca? Qui serait "l'Homme fort"
autour duquel se ferait le consensus pour "aider au sauvetage du processus
démocratique centrafricain"?
En l'absence d'une victoire populaire
(réussite du schéma populaire centrafricain), assisterions-nous à une
révolution de palais (Transition au sein de la galaxie Patassé) ou à
l'application du schéma nigérien (Alternance imposée par une entente syndicats-militaires-politiques)?
Pour la réussite du "schéma populaire
centrafricain", l'intégration des leçons nigériennes et ivoiriennes
dans l'analyse de la Crise centrafricaine est indispensable. Elles rendent
accessible la compréhension du "dénouement de l'intrigue qui se noue sous
nos yeux".
Toutes proportions gardées, une coalition de
circonstance émergerait, dans les deux cas (Transition au sein de la
galaxie Patassé et Alternance imposée par une entente SMP), pour s'accaparer du
pouvoir "AU NOM DU PEUPLE".
Le terreau est plus que fertile!
La ville est aux mains des miliciens Codos, Karakos et SCPS qui
renforcent les Unités présidentielles de sécurité, ou du moins ce qui en reste;
depuis la dénonciation d'un complot interne (EYANA, DAMACHINE, BOLE ET AUTRES... ) dont les commanditaires seraient le général BOZIZE
et/ou M. DEMAFOUTH, ministre actuel de la Défense...
Prétextant "l'honneur définitivement
bafouée des Forces républicaines de sécurité", des officiers
(sous-officiers et officiers confondus) seraient en total désaccord avec le
chef suprême des Armées.
La "traque humaine" précipite
davantage le Centrafrique au fond du gouffre, dans lequel il s'y trouve déjà.
Les Forces vives de la nation ne pouvant
accepter que la dictature se réinstalle à découvert sous les cieux
centrafricains, les syndicats, à la tête de la fronde sociale anti-Patassé,
passeront à la vitesse supérieure, épaulés par les mouvements de la jeunesse
centrafricaine, pour libérer la nation de Boganda.
La dernière tournée "quémandrice",
tels des souillants, des ministres et du Premier ministre Dologuélé,
demeure infructueuse... Pas d'argent pour les assassins... sauf s'ils
redeviennent less maîtres inconstestés
du plateau centrafricain.... avant la mi-janvier...
La géopolitique centrafricaine, opposée à la
géopolitique régionale et le prochain sommet françafrique
de Yaoundé, impose que les "choses se précisent dans un sens comme dans
l'autre" le plus rapidement possible.
Des solutions internes existent, elles se
confronteront dans les tous prochains jours.
Et "l'homme fort" de la
situation porterait le nom de BOZIZE.... semblerait-il même qu'il a
des relais centrafricains en France proches des services enfouis.
© kodro, décembre 2000
KODRO SICA 1 (BANGUI – CENTRAFRIQUE
) – 24 décembre 2000 23H30
CENTRAFRIQUE_PRIMATURE_PROJET
CRIMINEL : LE "QUATUOR CRIMINEL " TOUJOURS ACTIF, LES CODOS
DU CONSEILLER YVES SANGHAMY
Jeudi 21 décembre
2000, M. Yves Sanghamy a vainement tenté d’obtenir la
libération de miliciens "Codos "
arrêtés le jour même par la Gendarmerie nationale.
Débarqué en
compagnie d’un berger allemand, le conseiller en communication du Premier
ministre Dologuélé "a pensé user de son autorité
pour élargir ses protégés Codos arrêtés alors qu’ils
étaient en repérage dans le secteur de la Gendarmerie ".
D’après les
premières dépositions, ces miliciens patassistes
s’apprêtaient à créer, dans le quartier de la Gendarmerie nationale, des
troubles qui auraient rendu possible "l’assassinat de personnalités
centrafricaines (députés et leaders politiques) détenues arbitrairement depuis
mardi dernier. À leur manière, ils auraient sans doute rééditer un autre assassinat
similaire à celui où Chabordo et ses compagnons
avaient trouvé la mort".
Armés de
kalachnikov, les cinq (05) miliciens Codos ont été
appréhendés, après une courte poursuite, alors qu’ils étaient en repérage dans
le quartier de la Gendarmerie nationale. Au moment de leur interpellation, ils
étaient à bord d’un taxi.
"Deux faits
ont retenu l’attention des collègues en faction à l’entrée de la Gendarmerie.
Avec les mêmes individus à bord, un taxi repassait pour la troisième fois
devant l’entrée des locaux où sont détenues les personnalités. Les collègues
ont donc souhaité se rassurer sur les identités de ces individus qui,
apparemment, observaient avec beaucoup d’attention les alentours et ne
manquaient pas d’utiliser de grands gestes pour communiquer. Ils ont signifié
au conducteur du véhicule de s’arrêter. Mais pris de panique, il n’a pas cru
bon obtempérer ; celui-ci a préféré accélérer que de s’arrêter. Pris en chasse
par la Gendarmerie, le taxi sera rattrapé sans aucune difficulté par d’autres
collègues. À notre grande surprise, l’interpellation s’est faite sans coup de
feu ", confirme un gendarme.
"Quelques
heures plus tard, nous avons eu le plaisir et l’honneur de recevoir un message
de la Primature délivré par M. Yves Sanghamy. Fort de
sa qualité de conseiller chargé de la Communication à la Primature, M. Yves Sanghamy s’est présenté pour faire un scandale en exigeant
la libération des Codos ", ajouta un autre
gendarme.
"Des officiers
lui ont fait comprendre qu’il serait judicieux qu’il ne puisse les empêcher de
travailler. Étant donné le flagrant délit, les individus de nationalité
tchadienne seront présentés au Procureur de la République de Bangui et la
justice en décidera ", expliqua le second gendarme.
Peine perdue, le
"conseiller Sanghamy " ne l’a pas
entendu de cette oreille. Il vociféra tellement bien que le Directeur de la
Gendarmerie nationale, le général N’Djadder-Bédaya,
rappliqua pour tenter de le calmer mais n’y réussit pas.
"C’était à se
demander qui commandait finalement la Gendarmerie ? Et tous, nous nous
sommes demandés pourquoi le général a-t-il perdu son temps pour le
contenir ? Un seul ordre nous aurait suffi pour préserver notre
honneur ! ", précisa notre informateur.
Effectivement, des
investigations de Kodro, accompagné de son berger allemand,
M. Yves Sanghamy est revenu depuis plusieurs fois
"terroriser la Gendarmerie nationale ".
À chacun de ses
passages, en soirée, l’électricité a été coupée dans le secteur de la
Gendarmerie.
"Par exemple,
vendredi soir, à 18h00, 19h00 et 21h00, nous avons subi un délestage inexpliqué
alors que M. Yves Sanghamy revenait à
l’assaut ", confirma un jeune officier de la Gendarmerie nationale.
Avec
"l’explosion sociale ", kodro constate
que le centre de décision de la galaxie patassiste
est éclaté. La Présidence ne maîtrise plus l’effectivité du pouvoir. Cette
déperdition est appréciable quant à la chute attendue du régime vomi par les
Centrafricains.
C’est dans un tel
contexte que le "plaisantin terroriste Sanghamy ",
membre à part entière du "quatuor criminel ", excelle dans la
représentation de sa faction. Et dans la configuration des forces prétoriennes,
les Codos tchadiens demeureraient les plus fidèles
des éléments.
"Le quatuor
criminel tenterait tout pour se les ravir afin de se ménager une possibilité de
négociation avec les forces vives très prochainement. Conscients de la fin de
leur poulain Patassé et n’ayant aucune pièce maîtresse sous la main à cet
effet, ces hommes du président pensent qu’ils leur suffiraient de jouer la
pression criminelle pour échapper à la vindicte populaire ", affirme
un responsable du Flambeau centrafricain qui poursuit, "il serait beaucoup
plus simple qu’ils réalisent qu’ils doivent partir dans l’honneur. Bientôt il
sera trop tard ! "
© kodro,
décembre
BANGUI, 3 nov (AFP)
- 17h54 - Des négociations avec les partisans du général François Bozizé, qui se sont opposés samedi par les armes à
l'arrestation de l'ancien chef d'état-major des armées, ont été engagées par le
représentant en Centrafrique de l'ONU, Lamine Cissé,
selon une source proche des négociateurs.
A la suite de l'intervention du général
sénégalais, des généraux centrafricains ont rencontré dans l'après-midi les
militaires qui défendent depuis vendredi soir l'accès à la résidence du général
Bozizé, au nord de la capitale Bangui, a-t-on indiqué
de même source.
Le représentant onusien, nommé en juillet
dernier à Bangui, aurait lui-même contacté les deux parties adverses pour
"éviter un affrontement", a précisé la même source selon laquelle les
négociations sont toujours en cours.
Les partisans du général Bozizé,
à l'origine des coups de feu entendus dans la nuit de vendredi à samedi à
proximité de son domicile, ont par ailleurs levé leur barrage érigé au
Kilomètre 10, situé sur la sortie nord de la capitale, a constaté un journaliste
de l'AFP.
Ces soldats restaient en revanche toujours
positionnés aux environs de la résidence du général Bozizé.
La circulation était également en partie
rétablie pour les véhicules civils, tandis que les forces loyalistes qui se
sont heurtées aux militaires rebelles se sont elles aussi repliées dans leurs
casernements, a constaté l'AFP.
Le gouvernement, dont plusieurs membres
appartiennent à l'ethnie Gbaya du général Bozizé,
souhaite "un apaisement de la situation", a indiqué à l'AFP une
source proche du gouvernement.
Les tensions apparues lors de la tentative
d'arrestation de l'ancien chef d'état-major des Forces armées centrafricaines
(FACA), limogé le 26 octobre, résultent d'une "incompréhension",
a-t-on précisé de même source.
L'entourage du général Bozizé,
sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la commission d'enquête mixte chargée
de faire la lumière sur le coup d'Etat manqué du 28 mai dernier, aurait perçu
un danger pour la sécurité personnelle de l'ancien chef d'état-major, considéré
comme un homme fort de l'armée centrafricaine.
Ce dernier, qui avait déjà été entendu par la
commission d'enquête, était pourtant, selon la même source, disposé à se rendre
auprès de cette commission pour répondre des charges pesant contre lui.
© 2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation
réservés
BANGUI, 3 nov (AFP)
- 18h32 - La situation semblait s'apaiser samedi soir au nord de la capitale
centrafricaine Bangui, après une journée de tension entre les autorités et des
militaires proches de l'ancien chef d'état-major des armées, le général
François Bozizé, qui ont fait barrage à son
arrestation.
Le représentant spécial du secrétaire général
de l'ONU en Centrafrique, le général Lamine Cissé,
s'est personnellement impliqué dans une médiation pour éviter que cette
situation ne tourne à l'affrontement meurtrier et ne débouche sur une nouvelle
mutinerie, a-t-on appris de sources concordantes.
Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs
dizaines de militaires du Bataillon d'infanterie territoriale (BIT), membres
comme M. Bozizé de l'ethnie Gbaya, ont procédé à des
tirs d'intimidation nourris à l'arme légère et lourde.
Retranchés aux abords de la résidence de M. Bozizé qui jouxte leur caserne, située à une dizaine de km
du centre-ville, ils entendaient protéger l'ancien chef d'état-major des forces
armées, limogé le 26 octobre, contre des militaires venus l'arrêter en vertu
d'un mandat d'arrêt délivré vendredi par la justice centrafricaine.
Les tirs ont cessé au lever du jour, laissant
place à un face-à-face entre les partisans de l'ancien chef d'état-major, qui
avaient établi un barrage bloquant la sortie nord de Bangui vers le Cameroun et
le Tchad, et les forces loyalistes, distantes d'un kilomètre.
En cours d'après-midi, les partisans du
général Bozizé ont levé leur barrage pour se
regrouper aux alentours de sa résidence, tandis que les forces loyalistes se
sont retirées de leurs positions pour regagner leurs casernes ou sécuriser les
grands carrefours de la capitale, a constaté le correspondant de l'AFP.
Selon une source proche de la médiation, le
général Bozizé n'était pas personnellement opposé à
son arrestation, mais des membres de son entourage l'en ont dissuadé, craignant
pour son intégrité physique.
"Le président Patassé a assuré au
général Lamine Cissé qu'il était prêt à garantir la
sécurité de M. Bozizé", a indiqué à l'AFP une
source officielle centrafricaine ayant requis l'anonymat.
Vendredi soir, la Commission nationale mixte
d'enquête judiciaire, chargée de faire la lumière sur le putsch manqué du 28
mai, avait délivré un mandat d'arrêt contre le général Bozizé
après avoir découvert une importante quantité d'armes "de tout
calibre" dans trois domiciles privés de la capitale.
Ces perquisitions ont été menées "suite
à des informations concordantes parvenues à la Commission (...) faisant état
d'actes de violence en cours de préparation dont l'exécution serait
imminente", a indiqué samedi matin la présidence centrafricaine dans un
communiqué.
Chef d'état-major des armées depuis la 2ème
mutinerie de 1996, M. Bozizé a été limogé le 26
octobre à l'occasion d'un important train de nominations à la tête de l'armée,
venant compléter les remplacements, fin août, des ministres en charge de la
sécurité et de la défense du pays.
Le régime entendait tirer les leçons de ses
carences sécuritaires apparues lors du putsch manqué et reprendre l'armée en
main.
Contrairement à l'ancien ministre de la
Défense Jean-Jacques Démafouth, limogé et arrêté le
26 août dernier pour avoir, selon la Commission d'enquête, ourdi son propre complot
contre le président Patassé, François Bozizé n'avait
pas encore été inquiété judiciairement. Il avait cependant été entendu par la
commission d'enquête.
Véritable homme fort de l'armée jusqu'à son
éviction, il faisait l'objet depuis plusieurs semaines de rumeurs lui prêtant
des velléités putschistes, qu'il a démenties en se disant victime de
malveillances.
Le reste de la capitale centrafricaine n'a
pas été perturbé par cette journée de tension survenue cinq mois après le coup
d'Etat manqué du 28 mai, attribué par Bangui à l'ancien président André Kolingba et à d'anciens officiers mutins de l'ethnie Yakoma. Aucun signe de nervosité n'a été relevé aux
alentours des autres casernes.
La sécurité a été renforcée autour de la
résidence du président Ange-Félix Patassé et l'avenue
qui la longe interdite à la circulation.
© 2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation
réservés.
BANGUI, 4 nov (AFP)
- 10h26 - Le calme a régné durant la nuit de samedi à dimanche à Bangui, où
aucun tir d'armes à feu n'a été entendu, mais la situation demeurait tendue
autour de la résidence du général François Bozizé,
ancien chef d'état-major des armées, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les militaires partisans du général Bozizé, sous le coup d'un mandat d'amener délivré vendredi
par la Commission d'enquête mixte sur le coup d'Etat manqué du 28 mai dernier,
ont à nouveau érigé un barrage sur la route menant à son domicile, à la sortie
nord de Bangui.
Les seules forces loyalistes visibles
dimanche à proximité des militaires rebelles font partie de l'Unité de sécurité
présidentielle. Dotés d'un véhicule de transport de troupe blindé et d'un
véhicule 4X4 équipé de mortier, ces soldats étaient postés à quelques centaines
de mètres plus au sud, au quartier Gobongo.
Les partisans de l'ancien chef d'état-major
n'avaient pas hésité à tirer dans la nuit de vendredi à samedi pour s'opposer à
l'arrestation de l'ancien chef d'état-major, considéré jusqu'à son limogeage le
26 octobre comme l'homme fort de l'armée centrafricaine.
Samedi, la situation tendait vers
l'apaisement avec la levée du barrage établi à la sortie nord de Bangui par les
partisans du général Bozizé et surtout l'ouverture de
négociations sous l'égide du représentant de l'ONU en Centrafrique, Lamine Cissé.
Ces négociations, jugées
"positives" samedi soir par la présidence centrafricaine, doivent se
poursuivre dimanche, tandis qu'un "comité des sages", composé de
notables issus de la même région et de la même ethnie Gbaya que le général Bozizé, pourrait prendre contact avec lui dans la journée.
©
2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés
KODRO
KASSAï (BANGUI - CENTRAFRIQUE) – 05 janvier 2001 01h30
APPEL
A L’ARMEE NATIONALE CENTRAFRICAINE
Officiers Généraux, Officiers Supérieurs,
Officiers Subalternes, Hommes de rang, Gendarmes, Sapeurs et Matelots. Que tu
sois FACA, de la Gendarmerie Nationale, du BSPC, des Forces Navales, de l’USP, cet appel te concerne. Que tu sois Souma,
Sara, Talé, Dagba, Kaba, Gbanou, Mandja, Banda, Yakoma, Gbanziri, Gbaya, Gbaka, Gbougbou, Hali, Mbati etc.….Cet appel te concerne.
Vaillants soldats de Centrafrique, écoutes-
tu les pleurs et cris du peuple centrafricain ? Ecoutes – tu les
gémissements, les lamentations : du paysan, de l’éleveur, du commerçant,
du fonctionnaire, de l’enseignant , de l’étudiant , de l’élève, du boubanguéré, du syndicaliste, de l’ homme politique ?
Ces cris de désolation, de désespoir et de détresse te parviennent-ils ?
Où es-tu, vaillant soldat de Centrafrique, en vain le peuple t’appelle,
qu’attends-tu ? Réveille-toi.
Voilà plus de sept ans que le peuple est
opprimé par le mensonge, la corruption, la gabegie, la torture, les
assassinats, l’ arbitraire, le népotisme, le tribalisme, la prédation, la
délation, la confiscation de l’accès aux médias etc.… Tel un rouleau
compresseur, le peuple est écrasé, embastillé, embrigadé.
Oui, on dira que tu es Républicaine,
légaliste, mais y a t – il encore une République et un pouvoir légal en
Centrafrique ?
Regarde ce que Patassé et son régime ont fait
de ton Armée, une Armée de criminelles, de miliciens, de tortionnaires. Une
Armée où il faut rouer de coups, opprimer, torturer, tuer ou accomplir des
actes de basses besognes pour avoir galons, décorations et postes de
responsabilités. Comment peux-tu accepter que certains passent 10 à 15 ans dans
un grade, alors que d’autres sont passés de Commandant à Général en moins de 6
ans !
Descendants des Mandaba,
Banza, Mbongo, Obrou, Zatao, Lingoupou,
Mandet, Kolégnako, Zoukongo, Izamo, l’heure est
venue pour toi de sauver la République. L’heure est venue pour toi de mettre
fin à cette démocratie façade. L’heure est venue pour toi de mettre fin à ce
régime de prédation.
En ces instants, tu ne peux compter que sur
toi. Comme un seul homme, lève-toi, pour bouter hors du pouvoir ce régime
honnit du peuple. Transcende ton appartenance ethnique, tes petites querelles
de personne, tes petites situations, tes petits avantages, pour sauver la
nation en péril, pour demain jeter les bases d’une véritable démocratie et
d’une véritable Armée d’élite, Républicaine et pluriethnique grâce à une
alternance en douceur.
Quant à ceux qui aiguisent leurs armes pour
opprimer, torturer et tuer le peuple, qu’ils sachent que comme en 1986, lors du
procès Bokasa, ils devront répondre de leurs actes
devant le peuple Centrafricain. Le zèle des Ndjadder,
Sabanglé, et autres sbires de la police, le l’ USP,
des FACA ou de la Gendarmerie ne doit point t’effrayer. Car sache que derrière
chaque action de terreurs, de crimes ou d’oppressions, il y aura toujours un
témoin pour les observer. Lorsque Patassé s’enfuira avec toute sa famille, ils
se retouveront seuls face à la colère du peuple et de
leurs frères d’armes, cela a été le cas des Mobutu, Lissouba,
Wanké, Abacha et autres
Bédié. Il est temps pour ces frères égarés de rejoindre le train du changement,
car demain il sera trop tard. On ne lutte pas contre le destin et la roue de
l’histoire (à bon entendeur salut).
Vaillant soldat de Centrafrique, te tairas-tu
encore longtemps face à la venue de Codos et autres
aventuriers, dont le but est de faire couler le sang de tes frères et
sœurs ? Comment peux-tu accepter la collaboration avec des unités
miliciennes telles la SPSC, les Karakos et autres Balawa ? Où est donc passer ta dignité, ton honneur,
ton sens de la Patrie, soldat de Centrafrique ?
Vaillants fils et filles de Centrafrique,
l’heure est venue pour toi de prendre tes responsabilités car demain il sera
trop tard, tu connais la nature de ce régime, lorsqu’il est aux abois, il
cherche à gagner du temps pour mieux opprimer et sévir par la suite.
Ne te trompe pas ce qui se prépare est grave,
une véritable misse à mort de ton Armée se prépare, ce régime veut d’abord en
finir avec les hommes politiques et les syndicats avant de s’occuper de toi.
Les extrémistes patassistes sont décidés à créer leur
Gouvernement, leur Armée, leurs institutions, en définitive, la République Mlpciste et celles des alliés alimentaires (dixit Kayombounou 12.12.2000). Ce n’est qu’une question d’argent
et de temps. Ce ne sont pas les agitations des Dologuélé
et autres Demafouth qui doivent te tromper, le vent
de l’extrémisme les balayera très bientôt. (dixit Kayombounou 12.12.2000).
Debout, Officiers, sous –officiers, hommes de
rang, matelots, pompiers. Comme un seul Homme, boutons hors du pouvoir Patassé
et son régime de division, de destruction, d’exclusion et d’aliénation du
peuple Centrafricain. Le peuple te regarde et attend avec impatience,
l’avènement de l’alternance salvatrice.
Vive l’Armée Nationale Centrafricaine
© 2001, kodro
BANGUI, 4 nov (AFP)
- 18h32 - Bangui semblait avoir retrouvé son calme dimanche au lendemain de la
tentative d'arrestation de l'ex-chef d'état-major des armées, le général
François Bozizé, et dont l'issue faisait toujours
l'objet de pourparlers menés par le représentant de l'ONU en Centrafrique,
Lamine Cissé.
Si quelques coups de feu sporadiques ont
encore émaillé la journée de dimanche, les négociations se sont toutefois
poursuivies dimanche après-midi pour désamorcer la crise entre des militaires
partisans du général Bozizé et d'autres militaires
des Forces armées centrafricaines (FACA), soutenus par l'Unité de sécurité
présidentielle.
Les soldats loyalistes, qui entendaient
interpeller M. Bozizé en vertu d'un mandat d'amener
délivré par la Commission mixte d'enquête judiciaire sur la tentative de coup
d'Etat manquée du 28 mai dernier, avaient en effet essuyé dans la nuit de
vendredi à samedi des tirs d'intimidation nourris à l'arme légère et lourde.
Devant cette résistance imprévue, les FACA
ont préféré battre en retraite, laissant leurs adversaires - plusieurs dizaines
de militaires du Bataillon d'infanterie territoriale (BIT) - se retrancher à
proximité du domicile du général Bozizé, à la sortie
nord de Bangui.
Ces partisans de l'ancien chef d'état-major,
membre comme lui de l'ethnie Gbaya, ont également érigé un barrage sommaire sur
la principale voie d'accès à ce quartier, à une dizaine de kilomètres du
centre-ville.
Une première rencontre de deux heures entre
le représentant de l'ONU et le général Bozizé avait
permis samedi après-midi de désamorcer les tensions, provocant même une levée
temporaire du barrage et l'arrêt des tirs intempestifs jusqu'à dimanche.
Durant cette rencontre, jugée
"positive" par la présidence, le général sénégalais Cissé a pu rassurer l'ancien chef d'état-major, limogé le
26 octobre dans le cadre d'un important train de nominations à la tête de
l'armée à la suite de la tentative de putsch du 28 mai.
Son entourage, qui soupçonne une
"manoeuvre politique", craignait d'autant plus pour son
"intégrité physique" que sa tentative d'arrestation avait été
précédée de l'annonce par la présidence centrafricaine d'une découverte de
caches d'armes dans des domiciles privés, a expliqué à l'AFP un des partisans
de M. Bozizé.
"Il n'est pas évident qu'il y ait un
lien direct entre ces armes et le général Bozizé",
a assuré par la suite à l'AFP une source officielle.
Les autorités centrafricaines, qui parlent
désormais d'"incompréhension" et semblent vouloir calmer le jeu,
auraient commis une "maladresse", selon un observateur étranger qui
envisage plutôt "un dénouement en douceur" qu'un véritable affrontement
armé dans un pays encore meurtri par trois mutineries en 1996-1997, sans
compter la récente tentative de coup d'Etat.
Cette analyse semble confortée par l'attitude
des forces loyalistes qui se contentent toujours de sécuriser les principaux axes
de la capitale et la résidence du président Ange-Félix
Patassé, également protégé depuis mai par des soldats libyens.
L'évolution des négociations semblaient
néanmoins encore incertaine dimanche en fin de journée, alors que le
représentant des Nations unies poursuivait son entretien par téléphone avec le
général Bozizé, selon le porte-parole de la
présidence, Prosper Ndouba.
Lamine Cissé devait
initialement se rendre au domicile de l'ancien chef d'état-major en compagnie
d'un "comité de sages" composé de notables de la même région que le
général Bozizé, l'Ouham.
L'issue de ces pourparlers est d'autant plus
importante que la Centrafrique ne peut se permettre une nouvelle crise majeure
à la veille d'une visite d'une délégation du Fonds monétaires international
(FMI), prévue le 11 novembre prochain.
Les préfectures de l'Ouham
et de l'Ouham-Pendé (ouest), d'où sont originaires le
groupe ethnique Gbaya, sont également les plus peuplées du pays, notent les
observateurs, rappelant qu'elles étaient considérés jusqu'à présent comme des
fiefs électoraux du président Patassé, membre d'un groupe proche des Gbaya.
© 2001 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation
réservés.
L'Express du 12/04/2004
Franc-maçonnerie, Les loges, héritières de la «Françafrique»
![]()
par Virginie Gomez, Christine Holzbauer
La plupart des chefs d'Etat d'Afrique
centrale sont initiés. Les obédiences africaines et françaises entretiennent
des liens étroits
Rituels, solidarité entre
«frères», garantie de disposer d'un réseau de contacts en métropole, la
franc-maçonnerie avait toutes les qualités requises pour une acclimatation
tropicale. Très tôt, les autorités coloniales ont vu le parti qu'elles
pouvaient tirer de l'initiation des pontes africains. En retour, la protection
maçonnique leur fut souvent utile: c'est, dit-on, à sa qualité d'initié que
Léon M'Ba, premier président gabonais, dut son sauvetage par l'armée française
lors du coup d'Etat de 1964. Plusieurs ministres français de la Coopération et
autres «MM. Afrique» appartenaient à une loge maçonnique: Jacques Godfrain,
Bernard Debré, Guy Penne.
Aujourd'hui, la
franc-maçonnerie reste «le dernier réseau des réseaux franco-africains»,
souligne Antoine Glaser, directeur de rédaction de La Lettre du continent. La
majorité des chefs d'Etat d'Afrique centrale ont été initiés. «La tendance à
l'initiation des hautes personnalités se renforce», confirme un membre du GoLuc (Grand Orient et Loges unis du Cameroun). En dépit de
la discrétion du président Paul Biya sur ses relations, le Cameroun est un haut
lieu de la franc-maçonnerie. «J'ai rencontré des ministres en France parce
qu'un franc-maçon d'ici a pris son téléphone. Le ton décontracté de la
conversation m'a stupéfié», rapporte un membre du comité central du
Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le parti au pouvoir. «Dans le
gouvernement, je ne vois pas un seul ministre RDPC qui ne soit pas maçon»,
confie un autre homme politique.
Le nombre de francs-maçons
camerounais est estimé à 500, contre 800 pour les deux loges nationales
gabonaises, la Grande Loge symbolique - ex-Grand Rite équatorial (GRE) fondé
par Omar Bongo en 1975 et récemment rebaptisée - et la Grande Loge du Gabon. La
création d'une loge nationale nécessite le parrainage d'une loge à l'étranger.
Sur ce terrain, le Grand Orient de tradition française, plutôt à gauche, et la
Grande Loge nationale française (GNLF) de tradition anglo-saxonne, marquée à
droite, de réputation plus affairiste, se concurrencent. Mais les loges
africaines se sont émancipées pour entrer à leur tour dans les luttes
d'influence. «Il y a eu une vive compétition entre le Gabon et le Congo pour
initier le nouveau président centrafricain François Bozizé,
remarque Antoine Glaser. Des gens comme Omar Bongo souhaitent créer une grande
franc- maçonnerie africaine.» L'importance accordée au respect de la tradition
a tendance à éloigner les Africains des obédiences européennes: «Je ne peux pas
imaginer aller à une tenue sans tablier, s'insurge un maçon gabonais. En
Europe, on a tendance à s'en moquer.»
Une appartenance censée ouvrir des portes
Au niveau national, les loges
restent un instrument de pouvoir. «Les jeunes sont encadrés par un parrain
régional et un grand frère initiateur, c'est un maillage très serré», explique
Antoine Glaser. En retour, l'appartenance à l'obédience est censée ouvrir des
portes, permettre d'obtenir des marchés ou des passe-droits. Mais le prestige
de l'ordre s'est terni. Un ancien membre du GRE affirme avoir pris ses
distances avec la loge après s'être rendu compte de son «degré de vénalité».
«C'est une porte d'entrée obligée vers certaines positions sociales,
déclare-il. Du temps où j'étais initié, on n'avait pas le droit de le dire;
aujourd'hui, n'importe qui vous sert la main et vous fait le signe.»
Africaine ou européenne, la
franc- maçonnerie inquiète les non-initiés. Un ministre camerounais l'associe
aux réseaux corses ou à l'affaire Elf, «qui incarnent l'aspect le plus rétrograde
de la «Françafrique»». Protaïs
Ayangma, grand maître du GoLuc
de 1998 à 2000, s'amuse des fantasmes qu'inspirent l'équerre et le compas.
«Certains pensent que je suis à la tête de mon entreprise parce que je suis un
diable.» Selon lui, la franc-maçonnerie n'a pas l'influence qu'on lui prête.
Sinon, n'aurait-elle pas été plus efficace dans ses tentatives de médiation? Un
comité des puissances maçonniques d'Afrique centrale avait bien tenté
d'intervenir entre Denis Sassou-Nguesso et Pascal Lissouba lors du conflit congolais, mais il est aujourd'hui
dans un «état léthargique». La franc-maçonnerie serait plus mise à profit pour
se rendre de menus services entre frères que pour favoriser de grands desseins
diplomatiques. Reste que même les non-initiés ont leur missi dominici maçon. A
l'instar de Laurent Gbagbo, dont l'oncle, Laurent Ottro, est affilié à la GLNF.
A Cannes, dans le sud de la
France. L'événement-phare de cette grand-messe est
incontestablement la présence de plusieurs dirigeants africains accueillis en grande
pompe sur la Croisette.
Dans le hall du grand hôtel où se déroulent certaines cérémonies de ce 90e
anniversaire, on peut voir, projetées en boucle, les images de l'arrivée de
deux invités d'honneur : Omar Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso. Les dirigeants
gabonais et congolais sont filmés à leur arrivée en avion, descendant la
passerelle, accompagnés du grand maître de la Glnf,
Jean-Charles Foellner, qui affiche un large sourire.
Sur le papier, les Africains ne représentent qu'une petite partie des 3 000
délégués venus des quatre coins du monde pour célébrer l'anniversaire de ce
courant franc-maçon né en 1913. Mais la présence des chefs d'Etat gabonais et
congolais, auxquels s'ajoute le Premier ministre nigérien et de nombreux hauts
fonctionnaires africains, montre à quel point la Glnf
regarde vers le continent africain. La plupart des chefs d'Etat africains
initiés depuis quinze ans, la Grande loge nationale française recrute de manière effrénée dans cette région du monde. En
particulier dans les cercles du pouvoir. La plupart des chefs d'Etat d'Afrique
centrale ont été initiés ces dernières années. Le pionnier, en la matière, a
été Omar Bongo. Issu du Grand orient de France, il est passé voici une
vingtaine d'années à la Grande loge nationale française (Glnf)
et a fondé sa propre loge. Au Congo, Denis Sassou Nguesso a également créé sa propre loge, affiliée à la Glnf, à laquelle la plupart des hauts responsables sont
priés d'appartenir. Le dernier initié en date étant, de source maçonnique, le
président centrafricain François Bozizé.
Mais l'Afrique de l'Ouest n'est pas en reste. Elle compte de nombreux «frères»
affiliés à la Glnf au sommet du pouvoir, au Burkina
Faso, au Mali, mais aussi dans l'entourage du chef de l'Etat ivoirien. Et ces
derniers mois, le Grand Maître Foellner a multiplié
les déplacements en Afrique, notamment au Congo et au Burkina Faso, où des
contacts auraient été pris à propos de la crise ivoirienne.
Pourquoi ce soudain intérêt des dirigeants africains pour ce courant plutôt qu'un
autre ? Dans l'entourage du Grand Maître, on jure la main sur le coeur qu'il
n'y a «aucun opportunisme» et que les chefs d'Etat aussi peuvent être en quête
de réponse à des questions métaphysiques. Mais plus prosaïquement, dans une
Afrique qui a de moins en moins bonne presse en Occident, l'affiliation à ce
genre de confrérie offre, à l'évidence, des ouvertures dans les milieux
politiques ou économiques, notamment en France.
Cela dit, la place croissante que prennent les dirigeants du continent africain
ne fait pas forcément l'unanimité parmi les délégués présents à Cannes. En
privé, certains «frères», issus des oppositions africaines, ne cachent pas leur
mécontentement face à l'accueil réservé à des présidents dont ils brocardent le
bilan en matière de démocratie et de droits humains.
(Wal
Fadjri/ Allafrica.com - Toutes
nos sources) ajoutée le 2003