Réaction  de Jean-Pierre MARA à l’article « Pendant que le Président s’attèle à rétablir la paix, nos ministres  nous incitent à pourfendre sa démarche » du 13 Avril 2007.

 

Chers compatriotes, je suis catalogué comme celui qui pourfende ou qui réagit à tous les sujets. Je ne cherche pas à m’en excuser car c’est ma nature et ceux qui la comprennent peuvent en tirer profit.  Je voudrais m’adresser ici particulièrement au compatriote SALE dans ses fonctions actuelles de Ministre de l’Intérieur.

Monsieur le Ministre, je suis l’un des centaines de centrafricains de l’extérieur touché par votre mesure de « NON RENOUVELLEMENT VOLONTAIRE » des passeports Ordinaires Centrafricains. Permettez-moi de vous posez une seule question : Vous occupiez quelle fonction sous les  régimes KOLINGBA et PATASE ? Par cette question, je voudrais simplement vous rappeler qu’il ne faut jamais se mettre une fraction du peuple sur le dos car cela peut toujours se retourner contre soi.

Notons d’abord que les frais de délivrances d’un passeport ordinaire inclus les frais de production du carnet. Ainsi le passeport n’est pas un article gratuit pour son détenteur. Ce dernier l’achète pour la valeur de 30.000 CFA.

 

L’auteur de l’article sur lequel  porte ma réaction a, à juste titre, mentionné  qu’« Il est établi que certaines difficultés connues par les anciens Kolingba et Patassé étaient construites par leurs entourages politiques » et le même article met un acens particulier sur votre Ministère de tutelle et à cela vous allez sûrement réagir en disant « NON ce n’est pas MOI  mais ce sont les indisciplinés du Ministère »

Monsieur Le Ministre, sachez qu’une centaine de Centrafricains de la Diaspora vit les conséquences de votre décision qui pénalise. Acceptez donc quelques propositions d’un petit citoyen :

 

1-     C’est votre responsabilité et non celle de vos collaborateurs.  Mon premier passeport m’a été délivré en 1980 et le signataire était un certain WILLIBIRO SAKO actuel Ambassadeur, Haut représentant de la RCA auprès du gouvernement français. Pourtant en son temps la délivrance des passeports ne nécessitait pas 6 mois. Au vu de la situation salariale du fonctionnaire Centrafricain, si vos collaborateurs manipulent les dossiers afin de leur permettre d’encaisser quelques CFA supplémentaires, il vous revient d’identifier ces problèmes et d’y pallier en imposant des mesures innovantes, par exemples en vous arrangeant pour que les dossiers des demande de délivrance de passeport soit traités directement par vous-mêmes puisque vous estimez que ce n’est que ainsi que vous aller résoudre les problèmes de la corruption dans les délivrances de passeport

 

 

2-     Considérez Monsieur le Ministre que le passeport est un document qui atteste une Nationalité et vos fonctions de Ministre de l’Intérieur c’est de confirmer ce titre aux citoyens de l’Etat dont vous êtes Ministre actuellement. Vous ne voulez sûrement pas être Ministres des Morts, des Moutons ou des Singes. Votre capacité ministérielle voir votre réussite politique sera mesuré à hauteur des mesures qui auront révolutionnés les procédures de délivrances des documents tels que les Passeports Ordinaires, les Cartes Nationales d’Identités, les cartes grises des véhicules circulant sur le territoire Centrafricain, l’identification des Etrangers vivants sur le territoire Centrafricain. Dans tous les cas, vous ne serrez pas reconnu par les Centrafricains par les nombres de passeports Ordinaires vendus à des Etrangers. Il est donc dans votre intérêt de survie politique de reformer les structures de délivrances de ces documents afin de  satisfaire la nation centrafricaine. Si vous ne faites pas cela, vous aurez échouée dans vos aspirations politiques et vos enfants vous poseront un jour la question qui blesse «  Papa vous avez fait quoi comme Ministre »  Vous ne voulez pas sûrement pas répondre en disant « je ne pouvais rien faire » car ils ne vous croiront pas.

 

3-     Etablissez, Monsieur le Ministre, deux services différents pour le traitement des demandes de délivrances de passeports en occurrence  un service chargé de traiter les demandes de délivrances de passeports aux nouveaux demandeurs et un autre service chargé de traiter les renouvellement et les prorogations.   En effet les dossiers exigés aujourd’hui ne distinguent en aucun cas s’il s’agit d’une première demande, d’une prorogation ou d’un  renouvellement. Jusqu’à preuve de contraire,, c’est le Président de la République qui nomme aux fonctions diplomatiques. Même si vous ne faites pas confiance aux ambassadeurs et aux Consules pour renouveler ou proroger les passeports, vous pouvez toujours leur confier la responsabilité  de renouveler ou de proroger.

 

4-     Votre Excellence voudrait bien nous expliquer pourquoi est ce à vous que revient la responsabilité de signer les Passeports ordinaires et les cartes d’identités Nationales.  Expliquez-nous SVP par la même occasion pourquoi la confection des passeports relève t –elle de la sécurité Présidentielle. Est ce parce que dans la conception politique Centrafricaine, tous les Centrafricains vivant à l’étranger représentent potentiellement  un danger Présidentiel ? Pourquoi ne pas laisser le DG de la police signer les passeports ordinaires ?

 

Monsieur le Ministre, notez que c’est le Président BOZIZE  qui a gagné les élections. Il  vous a pas nommé pour innover et non pour continuer un système. Si une frange de la société exprime son mécontentement, le Président serait en droit de vous relever de là car il doit rendre compte à la fin de son mandat

 

Monsieur le Ministre,  un centrafricain sans passeport à l’Etranger court des risques. Ne faites pas courir ces risques inutiles à vos compatriotes. notez que c’est le Président BOZIZE  qui a gagné les élections. Il  vous a pas nommé pour innover et non pour continuer un système. Si une frange de la société exprime son mécontentement, le Président serait en droit de vous relever de là car il doit rendre compte à la fin de son mandat.

 

NON Monsieur Le Ministre ; le nombre des demandes de délivrance de passeports augmente d’année en année parce que vous avez institué un système qui utilise le passeport ordinaire comme pièce d’identité. Je vous propose de rectifier cela en normalisant l’utilisant de Carte d’Identité Nationale sur le territoire. Il n’est pas normal que le passeport soit devenu la pièce à utiliser pour justifier de son identité Centrafricaine lors des opérations bancaires ou lors des contrôles de police. Il faut changer ce model en normalisant  la fabrication et l’utilisation de la CNI (Carte Nationale d’Identité).

 

NON, Monsieur le Ministre ; ce n’est pas la faute du personnel à la charge du traitement des demandes. Ce sont les mesures qui vous avez introduites qui favorisent la fraude et donc les retards. Je vous propose de canaliser les demandes de renouvellements et de prorogations à travers les ambassades et les consulats. Nos ambassadeurs ne sont tous que des hommes malhonnêtes.    

 

NON Monsieur le Ministre ; il n’est pas question d’être contre Votre personne. Nous dénonçons des pratiques qui rendent la vie dure aux Centrafricains qui ont besoin de passeport

 

NON Monsieur le Ministre ; nous dénonçons vos pratiques qui  rendent difficile la vie du Citoyen. Et nous sommes fermement opposés à ceux qui  rendent très difficile la vie de nos concitoyens. Le passeport est essentiel pour la vie du  citoyen à l’étranger et non un luxe réservé à des personnes particulières.

 

Jean-Pierre MARA

Paris le 15 Avril 2007