Les  vrais responsables devant l’histoire.

Par Jean-Pierre Mara.

La République Centrafricaine se meurt devant nos yeux. Et c’est la triste réalité d’un pays. Les intellectuels doivent apporter leurs contributions qui édifieront les générations futures qui diront, un jour, que nos ancêtres n’étaient pas tous les mêmes, des simples prédateurs.

Je me félicite de voir que des compatriotes  restent aussi vigilant quand il est question de politique dans leur pays. Je note avec satisfaction que certains engagements sont loin de limiter à une campagne électorale. C’est cela aussi le sens d’une action citoyenne et nos gouvernements auraient en tirer profit surtout en cette période sans réelle opposition politique en Centrafrique. Cependant, il est important de signaler que dans cet élan, il est nécessaire de garder une certaine objectivité dans les analyses afin d’éviter a nos dirigeants politiques prompts à des amalgames et parfois au cynisme de perdre le nord (du pays) et la boule. Les contritions sont ce qu’elles sont et c’est la contradiction qui peut nous conduire vers la vérité absolue. Mais nos responsables politiques se taisent et poursuivent obstinément leur même lancée décriée. Toutefois, la pertinence des analyses du compatriote Yandia et même de la presse privée m’amène à comprendre que leur démarche dépasse le cadre des personnes individuelles, Président Bozizé,  Ministre Marboua ou autres qu’ils peuvent citer. C’est la culture politique de ce qui était, il y a encore peu, « Centrafrique, mon beau pays» qui est décriée. Toutes les personnes de mon âge avaient utilisé avec fierté ces cahiers d’écoliers là, au primaire et au lycée. Nous avons aujourd’hui honte de nos dirigeants, nous commençons à avoir très honte de notre pays, car finalement, quelle différence entre Kolingba, Patassé et maintenant Bozizé, tous des responsables à leur sens mais entourés d’irresponsables  au sens propre du Citoyen. Qui se ressemble s’assemble donc. Dans « Colonel MARBOUA, touroungou ti téné Djoni » ou dans «Le petit miracle centrafricain» qu’il aurait dû titré « Djabolo a li ya ti mbi », l’auteur traite un mal général dans la haute sphère de l’Etat, l’entourage d’un personnage central, à qui on ne dit pas la vérité, un dépassé et en même temps un complice, le Président de la République. Donc, il m’apparaît important de souligner pour ne pas se focaliser sur une personne, que les propos de ces compatriotes ne visent pas la personne du ministre MARBOUA par exemple. Ils visent la personnalité morale d’un responsable politique et militaire triplé de responsable religieux qui exerçait à l’époque des faits, la fonction de ministre délégué aux Finances et aux Budgets, et maintenant ministre du tourisme ou du pèlerinage : tous ces titres pour mieux se servir au détriment du travailleur, du paysan, de la ménagère.

Il est aussi important de mentionner que le fait de voir un Président démocratiquement élu qui ne pense qu’à tendre la main vers la communauté internationale pour trouver des sédatifs, puisque essentiellement motivé par la seule nécessité de l’urgence, ou plutôt de s’enrichir au nom du peuple, désole tous les Centrafricains de bonne foi. Tous les observateurs et d’abord les centrafricains eux-mêmes, ces compatriotes qui prennent leur courage pour dénoncer les choses haut et fort savent que cet élan de mendicité n’est pas accompagné d’un plan d’action. Comme le fait si bien remarquer notre compatriote Clément Bouté Bamba, sur son Ministre-Président, « Mr, vous avez été élu sur un programme, où il n’est nullement question que ce soit à la communauté internationale que reviendrait la tâche de relancer le Centrafrique ».

Dans cette logique d’irresponsabilité, on ne doit donc pas oublier de mentionner le rôle de ceux qui ne sont si idiots que ça et qui entourent le Président de la République dans sa lourde charges, notamment celle d’avoir la volonté et la capacité de concevoir et de présenter un programmes politique cohérent et de justifier la gestion des moyens mis à la disposition du pays, dès que cette main tendue effleure Madame « Sollicité, la Générosité internationale ». Cette valeur que le Centre-à-Fric-Haine n’a pas pour être sollicité par qui que ce soit, sauf par des malfrats aux compétences douteuses comme le mentionnait le Journal libération aux lendemain de la légitimation du Général. Mais un proverbe de chez nous ne dit-il pas que la main qui donne est au dessus de celle qui reçoit ? Même si la main tendue de notre Président, père de la grande famille centrafricaine, n’amasse pas suffisamment comme il le souhaite avec cette gourmandise débordante d’exagérations, les fils déjà adultes ont leurs parts de responsabilités. Ils ne doivent pas seulement pousser et repousser un père aveugle dans la rue, lui préparant la volière, la sébile pour l’aumône, le bâton de l’aveugle et les lunettes sombre, pour cacher les yeux entre voyants, loucheurs et viscéralement vipérins, style Angèle Patassé.  

Sans vouloir me faire AVOCAT du Président Bozizé, il serait encourageant de voir les réactions de ces autres responsables politiques pour permettre à chaque Centrafricain,  au commun mortel de comprendre le fonctionnement de cette République Centre-à-Fric-Haine qu’ils gèrent totalement dans l’opacité et dans les secrets de Satan comme le constate Félix Yandia. Ce n’est pas sain pour un Général dans sa fonction de  Chef d’Etat Major en Second  des FACA, d’aller en Ukraine, troquer les zones diamantifères de son pays contre des armes lourdes, des hélicoptères simplement pour achever une population qui meurt déjà de faim. C’est pas sérieux, pour un fils de Président, Directeur de Cabinet de son Papa, d’acheter cash  des maisons en Seine et Marne (77) en France, de parcourir le monde peut fréquentable des marchants d’armes au lieu d’aider papa à maîtriser les exactions de certains éléments égarées de l’armée.

 

Comme dirait un ancien Trésorier Payeur Général  de notre chère République Centrafricaine  « il suffit de peu de rigueur de gestion pour sauver la R.C.A et dormir en Paix ».  Si notre Président était bien entouré, il pourrai payer les fonctionnaires sans  fonctionnaires tous les mois. Mais hélas dans la basse cours, il y a ceux qui introduisent au quotidien des frais à être remboursés par le trésor alors que les dépenses en questions n’ont jamais été budgétisé. Ce sont vraiment ceux là les tueurs de la RCA et non le Président de la République.

 

 

Jean-Pierre MARA