APPEL
POUR LA SOLIDARITE AVEC LES VICTIMES DES INONDATIONS EN CENTRAFRIQUE
Date : Samedi 10 Septembre 2005
Lieu : 10, Promenée Gérard Philippe, 94200 Ivry-Sur-Seine (France)
Heures : 15H40-19H00
Face à la catastrophe humanitaire
provoquée par les dernières pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Centrafrique,
un appel à la solidarité avec les victimes des inondations a été lancé en
France le 23 août 2005 par un collectif d’associations : Association de la
Diaspora Africaine Chrétienne - ADAC, Centrafrique Sans Frontière - CSF,
Collectif des Centrafricains en France - CCF, Parfum d’Afrique France - PAF,
Solidarité contre le Sida en Centrafrique - SOLISIDAC.
C’est pour faire le point sur cette initiative de solidarité de la diaspora centrafricaine en France avec les sinistrés des inondations en Centrafrique que s’est tenue la réunion du 10 Septembre 2005.
Présidée par M. Sylvain DEMANGHO, cette séance de travail s’est articulée autour de quatre points :
I- Du bilan sommaire de la
catastrophe et des actions en cours sur le terrain
1.1 – les pertes humaines, matérielles et la situation épidémiologique
Les dernières informations sur la catastrophe font apparaître d’importantes pertes humaines et matérielles : +4500 maisons détruites (habitations, écoles, centre de santé), +25000 personnes devenues des sans abris pour cause de destruction de leurs habitations par les inondations.
L’Association des Femmes Médecins de Centrafrique a fait état d’épidémies déclarées de diarrhées et de paludisme dans certains quartiers sinistrés. Et, en raison de l’absence des égouts, de l’engorgement des canaux et des WC ou latrines à ciel ouvert, il y a lieu de craindre la recrudescence de graves maladies épidémiques, notamment celles d’origine hydrique. Enfin, les effets conjugués de la pandémie du SIDA et de la pauvreté, combinés à l’éternel problème des arriérés de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat font que les populations victimes des inondations sont confrontées à d’énormes difficultés.
Il faut aussi noter que la forte médiatisation des terribles dégâts provoqués par l’ouragan « Katrina » aux Etats-Unis a relégué la situation dramatique des sinistrés des inondations en Centrafrique dans les oubliettes, tant au niveau de l’opinion internationale que Française.
1.2- Les actions de secours aux victimes
Au niveau du gouvernement centrafricain, on note la mise en place d’un Comité inter-ministériel de suivi de la catastrophe due aux inondations. Une demande d’aide internationale a été lancée au mois de août 2005. Un compte bancaire destiné à recevoir les dons au nom du gouvernement a été ouvert par la Ministre des affaires sociales à la banque CBCA à Bangui, et des aides d’urgence seraient en train d’être distribués sur le terrain aux victimes par les agents de l’administration.
L’antenne locale du PNUD, qui joue le rôle de coordination des différentes structures du système des Nations Unies opérant en Centrafrique, a mis à la disposition des victimes quelques lots de vaccins, des bâches pour les abris d’urgence, etc… L’ONU a alerté la communauté internationale pour une aide d’urgence aux victimes. Evaluée à environ 300 000 dollars, il semblerait qu’à la date d’aujourd’hui, seulement 80 000 dollars ont été collectés.
Au niveau des ONG qui interviennent sur le terrain en apportant les secours d’urgence aux victimes, la Croix Rouge Centrafricaine, quelques associations de solidarité locales et des « organisations spontanées des victimes » ont été les plus actives et efficaces, notamment dès les premiers moments de la catastrophe. C’est donc à la suite du travail des ONG locales, et surtout devant l’importance des dégâts provoqués par ces inondations, que quelques ONG internationales : CARITAS, COOPI, MSF… ont commencé à intervenir.
Ainsi, par rapport à l’action sur le terrain des ONG, il est important de noter que le maillage du territoire national par la Croix Rouge Centrafricaine a permis d’avoir rapidement des chiffres fiables sur l’évaluation des personnes affectées par cette catastrophe.
Enfin, quelques pays amis du Centrafrique, dont la France, le Japon, la Chine… ont apporté leurs aides, essentiellement en natures.
II- Des activités menées par
les signataires de l’Appel du 23 Août
2005
C’est dans un élan patriotique, solidaire et citoyen que l’Appel du 23 août 2005 a été lancé. Suite à ce premier appel, et face aux demandes d’information complémentaires ainsi qu’aux divers questionnements enregistrés, un Communiqué de Presse a été publié le 29 Août 2005 afin de bien indiquer les principes et objectifs du Collectif associatif tout en invitant le plus grand nombre de personnes ainsi que d’organisations à se joindre à cette chaîne de générosité.
Un point sur ce qui a été fait depuis le 23 août 2005 par les différents responsables d’associations membres du Collectif a permis de relever les éléments suivants :
ü Diffusion sur des sites Internet ainsi que par des agences de presse et des journaux à Bangui de l’Appel et du communiqué des 23 et 29 août ;
ü Envoi personnalisé par courrier électronique à plus d’une centaine de personnes et d’organisations d’actions humanitaires et de développement de l’appel du 23 août
ü Ouverture d’un compte bancaire spécial afin de recevoir les dons financiers
ü Réponses aux questions de plusieurs personnes souhaitant faire divers dons
ü Echanges avec des ONG françaises susceptibles d’apporter leurs soutiens techniques et logistiques aux opérations qui seront menées sur le terrain en Centrafrique
ü Contacts avec des élus ainsi que des responsables ministériels centrafricains en charge du dossier des inondations
ü Recherche d’information auprès de responsables du PNUD, de la Croix rouge centrafricaine, des ONG locales en Centrafrique, etc.
De manière générale, les responsables d’association ont fait état des possibilités d’aide qui vont des promesses de dons en argent, médicaments, vêtements, matériels divers ; aux partenariats pour le transport de colis, d’assistance pour la purification de l’eau, de travaux de réhabilitation de maisons, de canalisation, etc.
III- Des modalités de l’action
à mener sur le terrain par la Diaspora
Les participants ont tenu à réaffirmer le caractère citoyen de leur engagement et à proclamer la neutralité politique qui sous-tend cette action humanitaire. En raison des « tristes réalités centrafricaines », il a été jugé nécessaire qu’un membre du Collectif descende à Bangui, le moment venu, pour le suivi de l’action sur le terrain. Ceci, dans le souci de faire bénéficier les véritables victimes des dons collectés. Car, il y va du sérieux, de la crédibilité des membres du Collectif associatif vis-à-vis des donateurs ainsi que des partenaires.
Il a aussi été clairement indiqué et unanimement accepté que l’action initiée doit s’inscrire dans une démarche plus globale. Celle-ci pourrait se résumer en ces termes : « oeuvrer pour l’urgence et pour la durée ». En effet, au delà de la volonté de répondre à une urgence humanitaire, l’Appel du 23 août 2005 se veut être le début du processus de concrétisation de la prise de conscience des Centrafricains de France sur leur place et leur rôle dans le développement de leur pays d’origine.
En attendant la mise en place du cadre juridique de travail que les participants ont unanimement décidé la création dans les semaines à venir, il a été mis en place un Comité de coordination constitué de trois pôles ainsi que des représentations au niveau des régions.
COMITE DE COORDINATION
ü Pôle Communication : Sylvain DEMANGHO (CCF)
ü Pôle Finances : Clotaire SAULET-SURUNGBA (ADAC)
ü Pôle Matériels et Logistique : Yvonne METE-GUEMEU (CSF), Marie-Christine KENGUELA (PAF), Virginie BAIKOUA (SOLISIDAC), Ghislaine BOGANGABE (CPA).
Représentation au niveau des
régions françaises pour la collecte des dons
ü Ile de France : PAF, APROSE
ü Rhône-Alpes Auvergne : SOLISIDAC
ü Franche-Comté : CSF
ü Région Nord : CPA
En attendant la constitution légale de la structure qui va porter officiellement l’initiative née de l’Appel du 23 août 2005, le compte bancaire spécial : « ADAC - Inondations Bangui » / Compte N° 457 644 16 001 ouvert au Crédit Agricole Mutuel de Paris et d’Ile de France, 10 bis, rue Thiers 95300 PONTOISE doit continuer à servir pour la collecte des dons financiers.
La date de la prochaine réunion a été arrêtée pour le samedi 1er Octobre 2005, à 15H00 au 10, Promenée Gérard Philippe, 94200 Ivry-Sur-Seine et les actions suivantes doivent être poursuivies :
ü intensification de la campagne d’information pour la collecte des dons,
ü identification des besoins à prendre en compte dans le projet d’action du Collectif
ü recherche des partenaires (matériel, logistique, finance),
ü réflexion sur la participation de la Diaspora au processus du développement du Centrafrique.
Yvonne METE -NGUEMEU et Clotaire SAULET-SURUNGBA sont chargés de la rédaction du projet des Statuts de la structure fédérative à créer. Ce projet de statuts sera soumis pour adoption à la réunion prévue pour le samedi 1er Octobre 2005.
IV- Des questions diverses
Certains compatriotes ont informé le Collectif de leur indisponibilité pour cette réunion tout en soutenant cette action citoyenne. C’est le cas de MM. Jean-Pierre MARA, Joseph PELOFFE, Maurice Djento OUAMBO et Félix YANDIA.
Le compatriote Bertrand KEMBA, dirigeant d’un cabinet d’expertise comptable à Paris, a remis séance tenante la somme de 200 Euros en guise de sa participation personnelle. Il a fait connaître sa disponibilité concernant toutes les réflexions ou les initiatives allant dans le sens d’une prise de conscience concrète de l’importance de l’implication des Centrafricains de l’étranger dans l’action de développement du pays.
Deux nouvelles associations se sont jointes aux cinq signataires du premier Appel, il s’agit de : Cercle Perspectives et Actions - CPA et l’association APROSE.
Avant de mettre un terme à la réunion, le Président de séance a tenu à exhorter les uns et les autres à garder foi en leur conviction face au devoir de solidarité de la diaspora vis à vis de ceux de nos compatriotes les plus démunis qui souffrent. Il a aussi attirer l’attention des participants sur l’importance de la vigilance, car des actions de démobilisation ne seraient pas à exclure au regard du caractère patriotique, responsable et noble de cette initiative.
Un pot d’amitié offert par Parfum d’Afrique France a clos cette première réunion.
Paris, le 12 Septembre 2005
Le Secrétaire de Séance
Le Président de Séance
Clotaire SAULET -SURUNGBA Sylvain
DEMANGHO