Le vrai visage du «petit miracle centrafricain»
Dr. Félix YANDIA
On se souvient de cette petite phrase prononcée par un conseiller à l’Elysée et peut-être interprétée de manière abusive par un journaliste de Le Monde au lendemain des élections présidentielles centrafricaines de mai 2005 : le petit miracle centrafricain.
Par ailleurs, nous nous sommes permis de rêver le 14 juillet 2004 et nous avons besoin d’espoir. Car, nous aussi pensions qu’«il n’y ait pas en RCA d’un côté les acteurs, de l’autre les spectateurs, d’un côté les Centrafricains, de l’autre les étrangers dont les Français, d’un côté ceux qui donnent, de l’autre ceux qui reçoivent. Chacun a ses responsabilités et sa place au sein de la grande pirogue centrafricaine. Chacun doit se sentir obligé de ramer vers le même port sinon elle dérivera et, immanquablement, chavirera et se rompra dans les rapides. Ceux qui imaginent, à la manière des naufrageurs, qu’ils peuvent s’asseoir sur la berge et contempler le spectacle se trompent car le naufrage laisserait aucun butin. Chacun y perdrait, les faibles comme les puissants… Des élus sont aux commandes de la Centrafrique, personne n’en conteste la légitimité. Le Président est le rassembleur du peuple de la République Centrafricaine, le pasteur qui garantit la bonne conduite du troupeau. Il définit les orientations politiques pour lesquelles il a été élu…». J.P. DESTOUESSE, Ambassadeur de France a Bangui.
Mais voilà que le vrai visage du « petit miracle centrafricain» est païen et monstrueux. Ce n’est pas une spécificité nègre. Quelques signes qui ne trompent pas et qui nous désespèrent tous. Alors que les Centrafricains attendent toujours la mise en chantier de la tautologie nationale KNK, c’est un Groupe de Parasites Pourfendeurs Mobiles et Prolifiques (GPPMP) qui s’émancipe allègrement dans le pays. Aussi, juste après les tueries massives de Paoua, le discours elliptique et doublement satanique tenu à M’Baïki par le démocratiquement élu lors de la célébration fastueuse de son coup d’état personnel, suite de sa sanglante rébellion de plus de deux ans, n’est pas autre chose qu’une manière de légitimer les rebellions qui ne manquent pas d’ailleurs dans le pays. Les menaces qu’il fait peser sur les journalistes, les défenseurs des Droits Humains, les ressortissants de certaines régions du pays montrent que l’Etat Centrafricain a signé des accords internationaux juste pour tromper la communauté internationale et pour mieux honorer ses pactes avec Satan. C’est ainsi qu’il faut décoder le langage pervers du diacre céleste Bozizé François qui utilise les moyens de l’Etat à des fins diaboliques et personnelles.
Autres faits : Dieu qui est bonté ne conduira jamais l’éternel Ministre Mohammed Marboua vers le Ministre Jean Serge Wafio et surtout pas pour se faire des confidences sur un plan diabolique de génocide, d’extermination d’une partie de la population, pire qu’au Rwanda…mis en place par Bozizé lui-même, et de parler de l’électricité qui peut symboliser l’enfer. Ni plus ni moins, ces hommes sont sous l’emprise de Satan. Même si le 27 avril 2005 à 10 h 20 au siège de CEMAC, devant les menaces de mort proférées à son encontre par son collègue le Colonel Jules Bernard Ouande, alors Ministre de l’Intérieur, le même Colonel Mohammed Marboua Ministre délégué aux Finances et au Budget avait déjà servi la même litanie religieuse, histoire de rester coûte que coûte accroché à la gamelle. Marboua exagère donc avec ses versets sataniques. Même entre ministres colonels, c’est la guerre ! Et aussi ces hommes politiques de l’opposition ou des rebelles qui manipulent la population à Paoua pour en faire de la chair à canon dans le seul but d’affaiblir le régime de Bangui et d’accéder à leur tour au pouvoir pour refaire la même chose. Et Bozizé, ce manipulateur des Gbaya qui les oppose à d’autres groupes ethniques du pays, même quand il s’agit d’un cortège funèbre pour enterrer dignement une de ses victimes, à la fois victime des rebelles. Et Lamine Cissé, Sénégalais donc Africain et Haut Représentant des Nations Unies en RCA, qui préserve ses filons diamantifères dans le sang des Centrafricains, que dit-il des faits et des intentions affichées ? C’est apocalyptique ou richissime ?
Ce pays, dont le Président démocratiquement élu ne cesse de tendre la main vers la communauté internationale, brille par sa capacité à détourner de l’argent pour acheter des maisons à l’étranger de façon à préparer les arrières, et de s’offrir des armes et des avions Hercules pour faire la guerre, juste pour tuer les plus démunis et intimider les rescapés afin de protéger les activités d’état privatisées et donc la richesse accumulée dans le sang du peuple. On se souvient que même dans la riche et prospère France, un ministre nommé Gaymard, pour avoir simplement loué à bas prix une maison digne de son rang, a été contraint à la démission. Mais en Centre-à-fric les maisons, les châteaux achetés cash en Europe et ailleurs par nos pharisiens, nos fils de Présidents, nos ministres constituent un don de Dieu dans ce pays où, paraît-il, coulent sans répit le lait et le miel… dans certaines gorges. Et Bozizé qui n’a pas réussi à vendre sa démocratie taillée sur mesure jalouse la toute nouvelle Présidente du Libéria auprès de la communauté internationale. Nuance, Mme Elen Johnson n’a pas légitimé un pouvoir acquis par les armes. Elle est élue démocratiquement, un peu seulement comme Bozizé. Car personne n’a demandé à Bozizé de détruire lui-même son propre pays, sa propre région, son propre village, en comptant essentiellement sur une hypothétique éternelle naïveté de la communauté internationale ? Tout chef de rebelles sait à quoi s’attendre désormais.
Tous ces crimes, tous ces cynismes pour essentiellement détourner l’argent du peuple à des fins méphistophéliques : dîmes pour la franc-maçonnerie, frais pour les conseillers occultes, remboursements et achat d’armes et d’avions Hercule par un démocratiquement élu, dans un pays où la Bible ment éternellement, puisque personne ne mange, même à la sueur de son front. Et cela, depuis plus d’une vingtaine d’années, depuis que Marboua, homme de Dieu et de pardon, est toujours Ministre. Bien évidemment, les riches ministres ou autres hommes politiques comme Marboua toujours Ministre de cordon de la bourse, aux Finances et au Budget au nom de Dieu s’enrichissent sans travailler : vu les résultats ! (aidez-nous, diacres, pasteurs, Binoua, muezzins, curés et archevêques de Centrafrique à mieux comprendre ces versets sataniques cités dans l’indifférence générale et en toute impunité devant l’Eternel). Le Médiateur de la République, Abel Goumba, se situe visiblement dans ce camp, tout comme ceux qui, loin de la mangeoire, dénonçaient la gabegie, l’affairisme ou qui proposaient la modernité. Plus inquiétant, les fantômes des victimes de Bozizé manifestent maintenant leur colère en faisant crasher les avions pas moins militaires à Paoua, avec malheureusement d’autres victimes Centrafricains. Il est donc impératif pour Bossangoa-Benzambé qui a fourni le plus de pasteurs pour ce pays, peut-être aussi des vrais hommes de Dieu, de ramener Bozizé et autres dans le royaume de Dieu.
On ne peut impunément mentir au nom du Président d’un pays ami sur un plan aussi diabolique. La France n’a jamais exposé comme trophées de guerre des fusils de chasse, de fabrication traditionnelle qui, de surcroît, tuent plus leurs utilisateurs que le gibier. Elle dispose d’autres moyens capable d’atomiser le tout puissant Bozizé Yangouvounda et comme dommages collatéraux, la planète toute entière et au passage, nos Colonels. Et c’est peut-être ce qu’attend de voir un peuple qui ne sait plus à quel Saint se vouer et à quels autres miracles s’attendre. Les conseillers ne sont surtout pas les payeurs, dit-on. On peut se tromper, mais il risque d’être trop tard. Neuf mois après ce «petit miracle» vu des cieux, c’est le cauchemar pour toute une population et nous ne l’ignorons pas. En se rendant à l’évidence que le destin de tout un pays est entre les mains des possédés, simples fétiches de Karaba la Sorcière, la fille aînée et auréolée de l’Eglise Catholique, Patrie des Droits de l’Homme et du Citoyen et signataire de la Convention des Droits de l’Homme (1948), tout comme la République Centre-à-fric-haine d’ailleurs, ne doit plus parler un langage céleste pour qu’enfin ce tout «petit miracle» attendu, dont on a le secret, se réalise enfin : «extirper de cette belle terre» francophone La Mauvaise herbe, plantée dans l’ignorance ou dans l’insouciance militaro-démocratique, et qui prospère au mépris des réalités, de la dignité, du respect humain et donc de la honte faite sans témoin à toute une communauté francophone. Sinon, on parlera alors de Grand Miracle Satanique.