MEMORANDUM
de la Concertation des Centrafricains de France
sur la tenue du Dialogue Politique Inclusif
Paris le 30 novembre 2008
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La Concertation des
Centrafricains de France sur la tenue du Dialogue Politique Inclusif (DPI)
devant se tenir à Bangui du 5 au 20/12/2008 a permis de relever que:
1.
le DPI est essentiellement à caractère militaro-politique
2.
la désignation des personnes devant représenter la
diaspora centrafricaine de France lors de ce forum a été faite directement par
les autorités de Bangui sans concertation de la majorité des Centrafricains de
France
Par conséquent, et au vu
de ce qui précède, les participants à cette rencontre ont conclu qu’on ne peut
parler d’une représentation de la diaspora Centrafricaine de France à ce
Dialogue et expriment ici leur regret.
Cela étant, la
concertation de ce jour a aussi permis de faire les constats que la diaspora
centrafricaine de France :
-
constitue la 2ème force économique de la RCA
-
souffre de l’absence d’un cadre juridique
Par conséquent, et en vue
de pallier à cette carence de structure légale et aussi mieux orienter les
investissements de la diaspora pour en faire une force économique encore plus
visible, il a été décidé, à l’unanimité des participants de cette rencontre, la
mise en place d’une structure de base pouvant servir de cadre juridique aux
membres de la diaspora centrafricaine de France.
Les organisateurs
de la Concertation
Paris le 2 décembre 2008
INTRODUCTION DE LA CONCERTATION
DES CENTRAFRICAINS DE LA DIASPORA FRANCE
Jean-Pierre MARA
Pourquoi une concertation
large de la diaspora sur la tenue du Dialogue politique Inclusif prévue du 5 au 20 décembre 2008 ?
Dans notre pays, les
droits de l’homme sont à la traine comme sous les régimes précédents. Les
conflits militaires ont des impactes sur les populations des régions touchées
au point que des villages entiers sont désertés par soucis d’échapper aux
viols, aux représailles et autres formes d’exactions.
L’insécurité reste une
préoccupation sur toute l’étendue du territoire ou on ne peut pas circuler sans
craindre pour sa vie.
Des hauts fonctionnaires
sont humiliés voir assassinés sans que les auteurs ne craignent des poursuites
judiciaires
Les jeunes filles et
garçons du haut Mbomou frontalier du Soudan sont enrôlés de force ou violés par
les éléments de la LRA, un mouvement de rébellion Ougandais sans aucune
protestation diplomatique ou sans débat parlementaire pouvant déboucher sur
l’obtention d’une action militaire des partenaires étrangers Européen ou
Américain.
Les richesses du pays
sont piller ou rétrocédés pour des milliards sans que les acteurs prennent la
peine d’informer la population qui manquent d’électricité d’eau courante et
mangent mal puisque les salaires sont à peine payés régulièrement.
Notre pays la RCA vit une crise
institutionnelle malgré une expérience forte de transition démocratique dans la
sous région. En Centrafrique, on répète le même mode de fonctionnement des
institutions ou la mal gouvernance qui a caractérisé les gouvernements
précédents s’invite de façon récurrente aux pratiques politiques de gestion du
bien public
C’est dans ce contexte difficile que
l’opposition démocratique centrafricaine et plus particulièrement l’Union des
Forces Vives de
Le 19 octobre 2007, une
rencontre à l’initiative de Sylvain Demangho et Me Goungaye était organisée
appelant les Centrafricains à signer Le Manifeste pour un Dialogue Politique
véritablement Inclusif en Centrafrique afin de donner une chance à notre pays
de retrouver sa cohésion sociale, la paix, la sécurité ainsi que la possibilité
de s’inscrire dans un vrai processus de réconciliation nationale, de
modernisation des institutions de la République, de développement et de progrès
national.
Dans cet vibrant appel,
il était demandé aux citoyens de notre pays, à tous les républicains et
démocrates de signer un manifeste en vue
de mener des actions, au-delà des positionnements partisans, des intérêts
catégoriels, claniques et/ou politiciens pour l’objectif prioritaire : la tenue
d’un dialogue politique inclusif dont les résultats devraient avoir un
caractère exécutoire et ceci pour faire une différence avec les dialogues et
conférences antérieurs qui eux avaient toujours eu un caractère de
recommandation généralement restée lettre morte.
Comme il fallait s’y
attendre cet appel fut suivi de réactions de stigmatisation des signataires,
qui étaient qualifiés par certains membres du gouvernement d’ennemis de la
nation. La diaspora se rappellera qu’un éminent membre du gouvernement a même
exigé que le nom d’un signataire soir radié de la liste des Centrafricains qui
étaient inscrits pour une audience lors d’un passage du Chef de l’Etat en
France.
Le travail de
persévérance du bureau de la coordination des signataires du manifeste conduira
l’ONU par le biais du Centre pour le Dialogue Humanitaire (CDH) à s’intéresser
au Dialogue. A cela j’ajouterai l’appel des mouvements politico-militaires demandant
de se rallier au principe de la tenue de ce dialogue. Ces deux éléments
nouveaux changeront l’attitude du gouvernement qui finira par envoyer une
délégation rencontrer divers partis dont le bureau de la coordination du
manifeste.
C’est au début de 2008 que le Président pris un décret instituant un
organe appelé Comité Préparatoire du
Dialogue Politique Inclusif et chargé de définir le contenu. Les membres du
Comité Préparatoire, répartis en groupe de travail, ont identifié les
problèmes, recensé les causes, proposé des solutions et enfin préconisé plusieurs
mesures. Parmi les priorités communes à ces grandes thématiques figurent entre
autres :
·
Le respect de la Constitution et des Droits de l’Homme
·
La bonne gouvernance
·
La lutte contre l’impunité,
·
La recherche d’une paix durable
Ce comité note que la
lutte contre l’impunité passe par la traduction des auteurs de crimes et
d’exactions devant le tribunal militaire permanent et par l’offre de garantie
aux victimes ainsi qu’à leurs parents leur permettant de porter plainte sans
craindre des représailles.
Or des assassinats ont
lieu sans être élucidés. Ils sont classés « règlement de compte »
sans qu’il n’y ai eu d’enquêtes parlementaires ou policières ou de gendarmerie.
Quand on s’intéresse de
près à la composition du comité préparatoire du Dialogue, aucun signataire du
manifeste n’est impliqué directement à
quelque processus que ce soit, mise à part la consultation dont le bureau de
coordination a fait l’objet lors du passage des membres du Centre pour le
Dialogue Humanitaire en France.
Vivre dans la diaspora n’est
pas synonyme d’une perte d’identité ou de nationalité mais au contraire une
source d’enrichissement au contact d’horizons nouveaux. Loin de s’en tenir à la
question douloureuse du rapport à notre origine, géographique et communautaire,
il s’agit de reconnaître l’énergie créatrice à l’œuvre dans chaque parcours
individuel des Centrafricains et impliquer ces derniers dans les démarches qui
intéressent notre pays.
C’est pourquoi j’en appelle à nous tous réunis ici dans cette
salle de ne pas nous laisser emporter par le tribalisme que nous observons dans
la gestion des affaires de l’Etat. Considérons ce qui va se passer du 5 au 20
comme une dernière chance où va se jouer l’avenir de notre pays.
Dans le contexte de la
mondialisation sauvage et néolibérale, l'apport des Centrafricains de la diaspora a une signification économique
très forte car ce sont les 20 €, les 50 € que vous envoyez chaque mercredi au
départ de Air France ou les dimanches par Afriquiya qui sont comptabilisés
aujourd’hui comme Aide au Développement.
Chers compatriotes,
prenez conscience que le FMI et
Pour cela, nous devons
exiger une place bien particulière dans toutes les discussions qui touchent à
l’avenir de notre pays.
Du 5 au 20 décembre est
prévu un dialogue sur la stabilité à venir de notre pays et la diaspora Centrafricaine
ou encore les signataires du manifeste doivent être pris en compte dans ce processus
d’une autre façon que ce qui se passe.
En effet, sachant déjà
que les représentants des Centrafricains de la Diaspora ont été désigné depuis
Bangui ;
·
qui d’entre vous a été contacté par ceux qui sont choisis
depuis Bangui pour représenter la Diaspora à ce Dialogue ?
·
Qui d’entre nous a assisté les jours passés aux réunions
et débats sur les messages politiques que nos représentants sont supposés
apportée en notre nom à Bangui ?
Prenons conscience que
nous devons nous concerter sans distinction d’origine, sans allusion à nos
partis politiques, à nos ONG, nous devons le faire pour que ce qui est prévu
d’être dite lors de ce Dialogue Politique Inclusif en notre nom reflète nos opinions et nos
sentiments.
Je voudrais pour ma part,
souhaiter qu’à l’issue de cette concertation, il en sort un MEMORANDUM qui sera transmis au bureau d’organisation du
Dialogue ainsi qu’aux institutions qui ont financé la tenue de ce dialogue afin
de leur donner le point de vue de la Diaspora Centrafricaine, deuxième puissance
économique de notre pays.
Je voudrais terminer
cette allocution par un message de la
Je voudrais, au nom de la
Je remercie
particulièrement le Conseil Camerounais de la Diaspora qui a toujours été à nos
côtés dans ces moments d’organisation.
Je remercie les ONG et
Associations Centrafricaines, les Observateurs présents dans cette salle,
toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains pour avoir répondu à
cette invitation
La
Je vous remercie pour votre attention
Paris le 30
novembre 2008