Le développement d’un pays ne vient ni de l’extérieur et ni d'en haut :
C’est un processus qui doit venir de l’intérieur (endogène), de son peuple formé d’individus, qui chacun grâce à ses compétences, participe à la prospérité collective. Chaque citoyen a des capacités : sa force de travail, son intelligence, sa connaissance du milieu, une certaine expérience. Certains ont acquis des compétences plus pointues, mais tous sont en mesure de contribuer harmonieusement à la promotion du pays, pour le bien de tous et de chacun, à condition bien sûr que le contexte national permette leur mise en valeur.
A-t-on donné aux compétences locales en Afrique et plus précisément en RCA, toutes les chances de s’exprimer librement, d’être valorisées et éclairées des compétences extérieures?
« L’homme n’est -il pas au début et à le fin du développement? »
L.S SENGHOR
« Sans confiance en soi et sans ouverture, on ne peut rien maîtriser »
« AGECOOP LIAISON »
janv-sept 1978
1 . DOSSIER :
Compétences locales
A - GENERALITES :
« Le succès d’une politique de développement durable suppose que toutes les catégories de la population et toutes les forces sociales conscientes de leur responsabilité contribuent à protéger et améliorer l’environnement » (Helsinki 1975)
1 Les agents du développement durable
Les individus, groupes et organisations, doivent comprendre les enjeux des décisions en matière d’environnement et de développement et s’y associer aussi étroitement que possible. Chacun peut bloquer ou faciliter et même promouvoir le développement durable.
Il s’agit des femmes ,des enfants, et jeunes des communautés indigènes (c ‘est à dire population d’origine locale ), des ONG, des pouvoirs locaux, des travailleurs et syndicats de commerçants et industriels, de la communauté scientifique et technique, des paysans.
Il est certain que l’état a sa part de responsabilité
dans le processus, par la mise en place d’institutions, la promotion de
la formation et de l’information, l’aide extérieure n’intervenant
que greffée sur la politique nationale.
| aide extérieure | Le gouvernement favorise | ||
| ¯ | |||
| compétences + Formation | +Information | Sensibilisation | |
| ¯
Développement durable |
|||
Nous avons choisi de nous approcher plus particulièrement des
consultants (communauté scientifique et technique ) et des ONG.
2 Les Consultants
La consultance, ou bureau d’études, comprend un certain nombre d’activités de type service : Etudes, conseils, prestations de services, expertises, missions d’assistance technique. On distingue les experts comptables, les bureaux d’études techniques d’aménagement à compétences variées et à spécialités parfois pointues (leur valeur provient de l’expérience de leurs membres), les bureaux conseils de promotion et de développement pour apporter formation et assistance.
Dans tous les pays, PD comme PVD, il est nécessaire de disposer de consultants car la mise en place d'un programme de développement se réalise toujours en trois étapes à des niveaux différents :
Il y a d’abord la vision globale de la politique, qui est établie par les institutions politiques et financières, puis il y a les études qui relèvent des mêmes acteurs mais qui impliquent des bureaux de conseils et d’études. Enfin, il y a l’étape des réalisations qui est confiée au secteur privé sous contrôle des autorités financières.
Or, dans le cas des ACP, il y a peu de consultants locaux et ceci plus particulièrement en Afrique.
Nous ne parlerons pas des experts comptables qui obéissent à des règles professionnelles très strictes et dont la compétence est indiscutable mais des deux autres types évoqués plus haut :
-les bureaux d’études techniques d’aménagement,
-mais surtout les bureaux conseil de promotion et de développement qui sont les plus nombreux en Afrique.
a)Situation difficile des bureaux d’études locaux :
Leur environnement est peu favorable.
Ils ont des compétences mais manquent de professionnalisme
Ils se heurtent à la concurrence des bureaux d’études du Nord qui possèdent crédibilité, force financière, technologie humaine et commerciale, sont efficaces, rapides et d’une certaine compétence. Mais leur compétence ne remplace pas celle incontournable des bureaux implantés sur place; l’environnement politique est en général défavorable.
A cause de sa sous-qualification et de sa faiblesse économique, l’offre locale est souvent inadaptée aux consignes d’efficacité immédiate des donneurs d’ordre.
Les bureaux d’étude sont nombreux (souvent à cause de la faiblesse des moyens financiers et du chômage) et ils sont d’une grande disparité de taille (cela va du consultant solitaire à une entreprise de consultance).
Enfin le secteur professionnel n’est pas organisé : il n’y a pas de structure professionnelle ni de « certification » (reconnaissance officielle de compétence).
voir tableau
b) Nécessité d’impliquer davantage les experts locaux dans les projets de développement et de les aider à devenir compétitifs
Il semble qu’il y a actuellement de nombreux experts étrangers
en Afrique (on en dénombrait une centaine de milliers en 1988, ce
qui représentait environ une dépense de 4 milliards de dollars.
Une politique de libre concurrence entre experts (Nord et Sud) n’aboutit
pas à une aide au développement.
L’aide financière et technique du Nord ne peut être considérée comme véritable que si elle entraîne un développement économique et social durable du marché et des partenaires du Sud.
L’émergence et le développement de la compétitivité des consultants ACP doivent être considérés comme une fin en soi. Il est donc nécessaire, à moyen terme, de prendre des mesures correctives pour combler les difficultés des experts locaux par rapport aux experts étrangers. D’autant que le développement des consultants locaux permet de reclasser des cadres et de dynamiser le secteur privé, lutter contre l’exode des cerveaux et mieux protéger l’environnement grâce à des professionnels nationaux.
Impliquer davantage les experts locaux :
Les ACP devraient exiger des consultants nationaux ou régionaux (soit Africains pour l’Afrique).
Les bailleurs devraient exiger des consultants locaux pour un meilleur équilibre avec les consultants des pays industrialisés, car les locaux ont des compétences irremplaçables dues à leur connaissance intime du milieu.
La Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement (BAD ), et l’Union Européenne (UE ) en sont très conscientes.
La Banque Mondiale avait déclaré en 1993 que tout projet de développement financé par elle, devrait obligatoirement utiliser des consultants locaux pour son exécution et son suivi.
L’UE à LOME IV et l’Uruguay Round ont eu la même position.
Malgré ces dispositions, la mise en pratique se fait attendre de la part de ces organismes et des autres bailleurs de fonds.
Aide à la formation et à l’organisation de la profession
Formation :
Il s’agit de la formation de gestionnaires de bureau, d’ingénieurs conseils, de l’organisation de séminaires sur les métiers de consultants, de formation aux stratégies de développement, au métier de formateur.
Il est aussi nécessaire de faciliter les accès aux banques de données spécialisées (terminaux informatiques manuels).
Dans chaque budget de contrat de projet, devrait être prévu un poste de formation incluant la possibilité d’un transfert de technologie avec un consultant du Nord. Une conférence internationale sur le conseil, l’expertise et l’investissement technique, pourrait être organisée afin de faciliter une meilleure connaissance des professionnels entre eux .
Organisation de la profession
Comme il y a peu de structures de concertation, de réflexion et de propositions en Afrique, il serait souhaitable de créer à l'échelon national un organisme professionnel pour organiser des rencontres de dirigeants de cabinets. Recenser les consultants (une liste fiable et évolutive à faire connaître aux consultants du Nord et aux bailleurs de fonds car il y a des lacunes de connaissances réciproques). Elaborer une ébauche des modalités de certification (elle pourrait se faire par l’attribution d’un label d’excellence, encore faut-il une autorité unanimement reconnue capable d’attribuer ce label en toute équité).
L’Agence Tunisienne de Coopération Technique (ATCT) envoie 9000
cadres dans le monde. Chaque organisation nationale pourrait être
en relation avec la fédération africaine des consultants.
Association et partenariat devraient être accrus avec les professionnels
du Nord. Enfin pourrait être constitué un fonds spécifique
destiné à contribuer aux frais des entreprises qui feraient
appel au conseil.
|
|
des PVD | |
| Propres aux sociétés ou aux | Propres aux gouvernements | Propres aux bailleurs de fonds |
| consultants locaux | ||
| Qualification, expérience, | Préférence pour les services | Procédure de sélection |
| et formation insuffisantes | "maison" ou publics | souvent restrictive |
| Accès difficile à l'information | Préférence pour les sociétés | Manque fréquent de confiance |
| technique et commerciale | étrangères | envers les consultants locaux |
| Sous-activité chronique | Pratiques irrégulières de | Aide bilatérale parfois liée |
| sélection | ||
| Difficulté de partenariat avec | Rémunération insuffisante | Insuffisance d'information |
| l'étranger | des services | accessible aux PVD |
| Problèmes de gestion et de | Sélection par le prix | Méconnaissance de l'offre des |
| professionnalisme | PVD | |
| Incapacité à constituer des | Délais de payement | |
| groupements professionnels | Réglementation inadéquate | |
| Difficultés de transport et de | Méconnaissance de l'intérêt | |
| communication | économique des services | |
3 Les ONG
a) importance du rôle des ONG dans le Sud
La vie associative de type ONG a pris naissance dans le Nord après la 1ere guerre mondiale, mais elle s’est développée progressivement dans les PVD, et c’est en Afrique que le mouvement est le plus récent bien que la solidarité sociale ait toujours existé dans sa culture.
On a assisté à la prolifération d’ONG africaines depuis une dizaine d’années.
Leur existence est une nécessité pour le développement : elles sont utiles et efficaces pour représenter les populations qui sont ainsi mobilisées et amenées à participer.
« C’est essentiellement aux associations de base et à leurs ONG d’appui qu’il revient de créer le développement réellement participatif, proche des populations, des besoins de base tels qu’elles les ressentent, de leurs idées et méthodes, faute de quoi les plus beaux programmes officiels manquent d’ancrage »B Ryelandt .in
« Pourquoi la communauté Européenne
travaille avec les ONG » !Le courrier N°
152 Juil-Août 1995 P 164.
Les ONG sont particulièrement précieuses pour l’aide aux pauvres, aux marginalisés, hors d’atteinte des politiques nationales de développement et de la coopération internationale. Elles permettent de donner qualité d’acteurs à des gens de la base jusque là bâillonnés et manipulés par les Etats et leurs administrations, qu’elles appuient.
On peut parler de représentation d’une société civile populaire grâce aux ONG, « pouvoir intermédiaire » nécessaire entre population et Etat, ayant capacité de dialogue, de conscience, de prise en charge, d’opposition au pouvoir politique et administratif.
On distingue deux générations d’ONG africaines.
Celles de la période 70-85, suscitées par les ONG du Nord dans l’objectif d’être leur relais à cause de la multiplication des intermédiaires et de l’idée de la nécessaire participation des locaux.
Celles d’après 1985 sont des ONG Africaines volontaires souvent crées par des cadres indépendants ou en opposition aux politiques gouvernementales de leurs pays.
On trouve des ONG dites d’appui au développement : elles sont souvent des Unions ou Fédérations de groupements de base (villages, femmes,....), qui se confondent avec leur base sociale et des ONG dites de services, spécialisées en formation, crédit alphabétisation qui ressemblent davantage aux ONG du Nord.
Au cours des années, certaines d’entre elles ont acquis une expérience et un savoir-faire reconnu localement et dans le milieu des ONG du Nord; elles sont reconnues aujourd’hui comme des acteurs incontournables de la reconstruction socio-économique en Afrique.
Cependant on y observe un certain nombre de faiblesses.
Faiblesses des ressources humaines
Certaines ONG manquent de formation et sont parfois réduites à l’amateurisme; lorsqu’il s’agissait d’humanitaire, la bonne volonté pouvait suffire, mais à l’heure actuelle, elles accusent un certain vide de formation dans les secteurs techniques (agriculture, hydraulique, etc). Elles ne sont pas en mesure de discerner l’impact de leurs actions et de définir des stratégies afin de mieux conduire leur travail d’accompagnement des populations qu’elles disent représenter.
Certaines des ONG faillissent par leur comportement à leur rôle spécifique : les ONG sont sans lien avec les populations de base et n’ont que des objectifs satisfaisant leurs propres intérêts (création d’emplois pour leurs propres membres); leurs comportements sont "affairistes et malhonnêtes" (rapports d’action mensongers). De nombreuses ONG ont des idées toutes faites correspondant à l’attente des bailleurs pour n’être que de piètres exécutants. Elles sont souvent concurrentes entre elles à cause de la faiblesse des fonds qui leurs sont alloués et elles ne font pas de partage d’expérience.
Faiblesse des appuis financiers :
Elles ne disposent pas de donateurs locaux et dépendent essentiellement des ONG ou des bailleurs de fonds du Nord. Ce qui réduit leurs actions à des interventions ponctuelles avec des résultats disparates sans lendemain. Elles ne se lancent pas dans l’action politique.
b) Rôle de soutien des ONG du Nord
On distingue deux catégories d’ONG
Les ONG opérationnelles qui gèrent elles-mêmes les actions qu’elles mènent sur le terrain en employant du personnel expatrié et local, et souvent en collaborant avec des structures locales privées ou publiques.
Les ONG de financement qui financent les activités d’organisations locales qui sont leurs partenaires, dans des domaines variés déterminés en général d’un commun accord entre les ONG du Nord du Sud, et qui assurent un suivi régulier du fonctionnement des méthodes d’intervention et des résultats obtenus
Le nombre d’ONG de financement a beaucoup augmenté depuis 20 ans.
Rôle des ONG de financement.
Leur système de financement est classique, identique à celui des ONG opérationnelles : il se fait par projet précis avec un budget établi, un financement prévu pour 3 à 5 ans.
Les délais de décision sont longs car les projets sont soumis à des avis extérieurs.
Ce système ne convient pas bien à ce type d’ONG. Aussi, depuis 1988, l’Union Européenne et les ONG du Nord ont elles préconisé un système d’appui « institutionnel » aux ONG du Sud : elles financent une partie des activités des ONG, du Sud mais aussi une partie des frais de fonctionnement. Ce type de financement permet une plus grande collaboration Nord-Sud, mais il est encore peu connu par les ONG du Nord comme du Sud, donc peu utilisé.
Ce nouveau système permet une plus grande autonomie de fonctionnement pour les ONG du Sud, une plus grande capacité de rendre des services aux initiatives locales de développement, une plus large initiative dans le choix de leurs actions et une meilleure gestion globale des finances et activités.
Les ONG qui en ont déjà bénéficié en ont reconnu les avantages, leurs actions peuvent désormais avoir une approche intégrée et non sectorielle. Une démarche globale peut être soutenue par les financeurs; elles peuvent mieux s’adapter aux besoins du milieu dans lequel elles opèrent; leur fonctionnement interne est renforcé.
Leur rôle :
Identification de L‘ONG du Sud financée et désireuse de se faire connaître dans l’objectif d’un partenariat :
La partenaire du Nord doit apprécier d’abord comment fonctionne l’ONG (méthode de travail, système de gestion, résultats sur le terrain) pour bien comprendre de quel type d’appui elle a besoin. Elle doit exposer à son tour ses possibilités d’appui technique et de gestion, ses ressources financières et son accès aux ressources financières publiques.
Appui
Il s’agit de déterminer ensemble les domaines où l’ONG du Sud a besoin de se renforcer. Et de rechercher les moyens les plus efficaces et les moins coûteux pour obtenir ces renforcements. Les ONG du Sud réclament de plus en plus une formation technique de leurs agents quand les ONG du Nord préfèrent l’aspect gestion et contrôle.
Suivi
L’ONG du Nord est responsable de la bonne utilisation des fonds publics et privés alloués à l’ONG partenaire (stratégie de développement et méthodes utilisés pour mettre un projet en œuvre, qualité et transparence de sa gestion); pour cela de nombreuses visites sont effectuées du Nord au Sud.
Information
Informer le public des pays du Nord sur la situation vécue par les populations des pays du Sud. Ainsi, le public du Nord comprendra les relations entre le développement du Nord et celui du Sud et l'intérêt de la solidarité Nord-Sud, Elles forment ainsi un « lobby »(groupe de pression) sur le développement des PVD pour compenser d’autres intérêts puissants.
Evaluation et difficultés actuelles
Elles se sont de plus en plus spécialisées : aux thèmes classiques (faim, santé, éducation, se sont ajoutés l'environnement, les droits de l’homme, le désarmement, et ces derniers temps les femmes et les jeunes. Elles jouent de plus en plus le rôle de «lobby ».
Elles doivent mieux répondre aux besoins des ONG du sud en développant davantage un rôle de partenaire (et non une relation dominante qui finance un dominé sous tutelle).
Concurrence financière entre elles car les fonds sont de plus en plus difficiles à mobiliser à cause de la récession.
Risques de perdre leur identité d’ONG, en acceptant des financements publics pour réaliser des programmes conçus par les Etats en s’éloignant de leur base et des ONG et populations du Sud .
4 Insuffisance des compétences locales et appui à leur renforcement :
De nombreux diplômés des PVD ont dû déserter leur continent. Les premiers responsables sont les bailleurs de fonds et les gouvernements. Il est temps de les associer pleinement et de renforcer leurs capacités par des formations dont le développement durable a besoin :
a) Fuite des cerveaux :
Depuis 1960, les PVD ont donné au monde industriel la plus grande partie de leurs professionnels hautement qualifiés.
Un million et demi de nationaux semi-qualifiés se sont installés en Europe de l'Ouest, aux USA, au Canada, et au Japon.
L'Afrique est la principale victime : 60.000 spécialistes (médecins, professeurs d'universités, ingénieurs, géomètres experts, et autres) ont émigré entre 1985 et 1990. Et depuis, en moyenne 20.000 personnes quittent leur pays chaque année.
Ainsi le Soudan a-t-il perdu 17% de ses dentistes, 20% des professeurs d'université, 30% des ingénieurs, 45% des géomètres experts travaillant à l'étranger.
Ce phénomène représente une grande perte au niveau des fruits des investissements en formation (il est cependant difficile de chiffrer le coût de la formation d'un professionnel) malgré de petites compensations (argent envoyé aux familles restées sur place et quelques réalisations au village).
Causes :
L'attrait de certains pays industriels (cf. USA, Canada) où les conditions de vie sont nettement meilleures que dans les PVD, tant à titre privé qu'à titre professionnel.
Mais c'est surtout la faute des bailleurs de fonds et des gouvernements.
Les gouvernements :
La formation ne correspond pas aux besoins de développement, les formations scientifiques et techniques sont insuffisantes (manque d'enseignants et de matériel) et il y a trop peu de diplômés en matières littéraires.
Les salaires sont médiocres et les conditions de travail peu satisfaisantes. La performance en bureaucratie n'est pas recherchée.
La faible croissance économique et l'ajustement structurel ont plutôt réduit le nombre des emplois, de telle sorte que même les diplômés restés au pays chôment ou exercent de petits métiers.
Ce n'est pas la compétence qui prime, mais l'appartenance à
une ethnie ou à un parti. Les compétences sont souvent mal
perçues car ressenties comme des menaces par les autres.
Les bailleurs de fonds :
Ils ont préféré employer une assistance technique étrangère. En Afrique, elle s'élève à près de 100 000 personnes, ce qui représente près de quatre milliards de dollars (4.000.000.000$) par an, soit 35% de l'aide publique au développement. Cette aide technique est souvent imposée et mal acceptée, elle participe aussi en quelque sorte à la destruction des compétences africaines.
Les quelque Africains qualifiés se trouvant dans les ministères
sont séduits par les salaires des donateurs et leur départ
contribue à affaiblir l'administration.
b) Création d'une demande de professionnalisme afin d'encourager les compétences locales :
Depuis 1993, les donateurs ont réalisé qu'il était préférable d'utiliser davantage les capacités locales, en particulier la Banque Mondiale qui joue parmi eux un rôle de leader.
"Nous ne connaissons pas les réalités concrètes autant que les économistes et les experts nationaux", a déclaré Ed. JAYCOX, vice-président de la Banque Mondiale chargé de la réunion Afrique.
La Banque Mondiale a alors souhaité que :
Les plans de réformes économiques des pays africains soient mis sur pied par eux-mêmes avec leurs propres ressources humaines (secteur privé, universités, consultants, "cerveaux" nationaux émigrés).
Les rapports coûteux réalisés jusqu'à présent par les seuls assistants techniques soient rédigés en collaboration avec des homologues nationaux présentés par les gouvernements.
Les projets correspondent désormais aux compétences locales et soient gérés par le ministère local adéquat, les assistants techniques n'effectuant plus que des missions à courte durée.
Ces dispositions pourraient rendre le partenariat plus efficace entre bénéficiaires et donateurs.
Cependant, on observe du retard dans l'application pratique de ces intentions.
c) Appui au renforcement des compétences par la formation :
"Les capacités sont le chaînon manquant au développement africain" Ed JAYCOX
Chaque prêt, crédit, opération, devrait comporter un volet de formation intensive; il est important d'intégrer la formation dès le départ et d'y veiller. Des bourses devront être attribuées.
Un appui institutionnel devra être appliqué aux instituts clefs de formation et de recyclage des fonctionnaires et gestionnaires.
Le pluralisme devra être recherché en brisant les monopoles de l'information économique et de toutes formes de pouvoir. Il est nécessaire de former une meilleure presse, surtout des rédacteurs financiers et économiques pour toute l'Afrique, afin que le public ne soit pas sous-informé et puisse s'engager en connaissance de cause dans le processus démocratique.
Des programmes de formation aux Nations Unies sont déjà opérationnels et devraient s'étendre. Ceci afin de disposer de capacités humaines et institutionnelles suffisantes pour planifier et gérer le processus de développement durable.
Les domaines prioritaires sont : la bonne gestion des affaires publiques,
la gestion économique pour promouvoir le développement durable,
le développement des ressources humaines pour créer des emplois
et générer des revenus permettant de lutter contre la pauvreté,
le développement des sciences et technologies, la promotion des
entreprises pour renforcer le rôle essentiel du secteur privé
dans le processus de développement.
Les groupes dignes d’encouragement
Ils sont :
des comités villageois de développement, des associations villageoises ou religieuses, des groupes de tontines, des associations de ressortissants d’une communauté etc.
On les reconnaît à :
La reconnaissance et la pleine participation de leurs membres (auto promotion), l’esprit et les valeurs qui s’y développent (solidarité, entraide, convivialité, originalité, sympathie, etc.),
leur autonomie financière (par exemple auto-fonctionnement de projets communautaires), leurs activités pluridisciplinaires (mêlant le social et l’économique en fonction de l’urgence des problèmes et des besoins ressentis par leurs membres).
Les ennemis des compétences locales
Le continent africain est le continent dont la ressource humaine est la plus pillée.
Un colloque en milieu francophone a eu lieu du 5 au 7 février 1997 pour le retour en Afrique des cadres et diplômés africains; une trentaine de hauts cadres africains ont réfléchi sur les moyens de faire bénéficier l’Afrique des compétences et savoir faire de ses fils expatriés .
Leur recensement est préconisé sur les 5 continents pour répertorier quantitativement et qualitativement qui est qui, qui est où, qui fait quoi, et il est prévu de mettre au point un programme et un fond francophone pour le retour en Afrique de cadres et diplômés africains.
Aux dirigeants africains désireux de leur retour de prendre des mesures internes qui le favorisent.
En attendant un retour des cerveaux qui peut être progressif et
partiel, il est nécessaire de faire connaître et encourager
les locaux. Voilà pourquoi nous présentons le groupe Géosynergie
B CAS DE GEOSYNERGIE, GROUPE DE RECHERCHE, ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE (UNIVERSITE DE BANGUI)
1) Pourquoi un groupe de recherche action sur le développement local et la gestion durable des ressources naturelles ?
1 Une situation de plus en plus inquiétante en RCA
3 Un groupe désireux de sortir du marasme et d’utiliser ses compétences au service du développement du pays pour le mieux être de ses habitants, redonnant ainsi une finalité profonde au rôle des universitaires par rapport à leur société.
2) Le groupe Géosynergie et ses pôles d’activités.
1 Constitution du groupe
a) Réunion le 5 mai 1995 au LACEEG (Laboratoire de Cartographie des Sciences Humaines, d’un groupe d’enseignants chercheurs géographes et sociologues afin de réfléchir sur la situation de l’université et de la Recherche
La prise de conscience a été la suivante :
Convaincu que toutes les compétences doivent se regrouper afin que leur synergie apporte les meilleures solutions aux problèmes du pays et de l’université ,le groupe a pris le monde
« GEOSYNERGIE», adoptant comme logo la représentation d’un gorille, symbole d’une forte présence.
b )Objectif principal : Lutter contre la pauvretéet pour cela, mieux connaître les réalités de base grâce aux recherches de terrain. Ceci pour fournir des données afin de mieux percevoir les possibilités de développement durable.
Ils sont de discipline et de fonctions variées. Ce qui les réunit est un esprit d’engagement, de franche collaboration pour un partage d’expériences.
Un certain nombre de qualités sont requises :
rigueur intellectuelle, honnêteté, désintéressement, dynamisme, mobilisation permanente,
On distingue deux sortes de membres :
les membres à part entière : enseignants, chercheurs de disciplines variées, étudiants des 2è et 3è cycles à thèmes de recherche correspondant aux centres d’intérêts du groupe des professionnels des administrations
Le recrutement s’est fait par cooptation ;
a) un pôle de recherche :
Ce pôle s’articule autour d’un «observatoire» de la dynamique des populations en relation avec leur milieu, plus particulièrement leur milieu naturel. Cette recherche comprend la capitalisation des connaissances du milieu, l’inventaire des données et des problèmes de développement locaux et s’oriente vers un aspect participatif (c’est à dire en y associant les populations concernées).
b) Un pôle de formation :
c) Un pôle d’animation et de diffusion des résultats acquis
se manifestant sous forme de séminaires, ateliers, journées
universitaires, mais aussi sous forme de publications, (collection «Cahiers
de Géosynergie).
LES MEMBRES DE GEOSYNERGIE (21)
| NOMS | SPECIALITE | NIVEAU DEFORMATION | RESPONSABILITE |
| MBRINGA TAKAMA
Maxime - Faustin |
géographie aménagement des milieux naturels | Docteur d’état | Directeur scientifique |
| BOMBA Jean Claude | climatologie | Doctorat 3è cycle | secrétaire scientifique |
| KOKO Marcel | géographe rurale | Docteur 3è cycle | secrétaire administratif |
| MOUKADAS Nouré | sociologie | docteur 3è cycle | chargé du programme « organisation de l’auto- promotion » |
| MOGBA Zéphirin | sociologie | docteur 3è cycle | chargé du programme « comptabilité environnementale » |
| BALIGINI Joseph | anthropologie | docteur 3è cycle | chargé du programme
« suivi et évaluation des formations » |
| BONGO
Bertin Hilaire |
géologie environnement | docteur 3è cycle | chargé du programme «
programmation et mobilisation des
ressources » |
| BANYOMBO François | sociologie | docteur 3è cycle | |
| ANKOGUI MPOKO
Guy Florent |
géographie | Doctorat 3è cycle | |
| NDOUNGOUBE
Gustave |
Directeur de l’environnement (EFFCP) | Ingénieur eaux et forêts | |
| DEDE Danielle | Droit | ||
| SALLE Noël | sociologie | ||
| GBENIMET Gisèle | sociologie | étudiante | |
| MBASSANGAO Brigitte | sociologie | étudiante | |
| MBAIKI Lydie | sociologie | étudiante | |
| BENI LANDRY Sostheme | sociologie | étudiant | |
| TCHECHOUPARD Hilaire | sociologie | étudiant | |
| VOYEMADE Martial | droit | étudiant | |
| BEINA Marcel | sociologie | étudiant | |
| KANDOUROU Henri | géographie | Maître | |
| CHANGEMENT Landry | Géographie | Maître |
3) ACTIVITES
1 Année 1996 -1997
a) mise en route et renforcement des capacités du groupe.
Il a fallu donner au groupe un état d’esprit commun afin qu’il soit doté d’une grande efficacité et crédibilité auprès des différentes parties prenantes (population, projets, administrations, bailleurs de fonds...)
Renforcement des capacités par :
Une formation pour tous les membres, par une initiation à des méthodes de recherche plus performantes, en particulier à la Méthode Accélérée de Recherche Participative (MARP)
Le séminaire de formation a eu lieu à l’université de Bangui, à Bayanga, et à Bouanda, en mars 1997, organisé par le WWF USA :
Il s’est agi d’une initiation aux techniques d’interviews semi-structurées qui laissent les questionnaires ouverts afin que la population puisse s’exprimer pleinement .
Une formation par synergie à l’intérieur du groupe :
Pour les enseignants :
La formation à la MARP leur a fait prendre conscience que les expériences de terrain pouvaient compléter l’aspect théorique de leurs cours grâce à la dimension du vécu, valorisant leur enseignement et leur pédagogie .
Quant aux non enseignants :
Ils ont appris grâce à l’appui de leurs collègues enseignants à valoriser les résultats de leur recherche par l’apprentissage d’une technique de communication et d’utilisation de supports didactiques à l’usage d’un public varié: public universitaire et populations impliquées dans la recherche .
b) activités de recherche (en mettant en pratique la MARP)
L’objectif du groupe est de contribuer à mieux comprendre les défis de la conservation des écosystèmes quand il en est encore temps.
Ces activités se sont exercées en 2 endroits différents de RCA, :
en milieu forestier dans le sud-ouest du pays (zone de Dzanga-Sangha, sous préfecture de Bayanga) et dans le cadre d’un projet WWF
en milieu de savane, dans le nord du pays dans le cadre du projet PDRN, (projet de développement de la région du nord, financé par l’Union Européenne)
L’essentiel de la recherche s’est fait dans la réserve de Dzanga-Sangha sur la problématique de la conservation par des villageois. Le groupe a eu l’occasion de faire un séjour sur le terrain, d’étudier la population de certains villages, en particulier celles de Bouanda ainsi que la dynamique du front diamantifère et ses menaces sur la conservation des ressources naturelles de la réserve.
Ce travail de terrain a permis de découvrir les écosystèmes forestiers, l’organisation des populations, et les actions qu’elles développent pour faire face aux enjeux de survie autour d’une aire protégée.
D’autres problèmes ont été mis en exergue et portent sur la perception qu’ont les populations des enjeux de leur développement local, en relation avec ceux de la conservation de l’exploitation des technologies et des possibilités d’une gestion intégrée des ressources, afin que ces populations aient une meilleure compréhension des défis de la conservation et du développement durable.
Cette étude de terrain a permis de produire plusieurs articles (voir Cahiers de Géosynergie N° 1à 7 )
Une recherche a été faite aussi dans le nord du pays sur l’aire que gère le PDRN, par Nouré Moukadas, envoyé comme expert par l’UE; il était chargé d’apprécier les capacités d’organisation et de gestion de la faune par les collectivités villageoises dans certains villages du Nord (Idongo de Bangoran, Bohokpata, Bahouba, Bangoran Delembé, Sergabo ,Mélé Gordil .
L’étude a abouti à l’élaboration d’une grille d’observation qui met en exergue le mode de fonctionnement des comités existants, l’organisation, la motivation et la gestion de futures zones cynégétiques villageoises.
c) valorisation des expériences
En communiquant les résultats des expériences à toutes les parties prenantes ;
Ces résultats ont fourni matière à réflexion et ont permis les premières journées universitaires sur la conservation des ressources naturelles et le développement durable en RCA (23 et 25 avril 1998)
Elles se sont adressées à trois sortes de public :
ECOFAC-RCA (écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale en RCA, contrôlé par l’Union Européenne)
INSTITUTIONS : GTZ ( Coopération allemande )
Des études complémentaires par les membres étudiants du groupe :
"L’émergence d’une institution communautaire locale ce comité de développement de Bayanga" par Gisèle GBENIMET (cahier N° 6)
"Les menaces sur les pygmées Ba Aka de Moussapoulo", par BENI Landry Sosthène, (cahier N° 5)
"L’économie du palmier raphia et ses implications", par MBAÏKI Lydie (cahier N° 4)
"Le poids de facteurs anthropiques sur les gorilles", par MBASSANGOA Brigitte (cahier n°3)
L’ensemble des travaux se situe dans la problématique de la conservation des ressources naturelles de Dzanga-Sangha, et du développement de la sous-préfecture de Bayanga
· Les résultats de ces recherches soulignent avant tout le poids de l’inexistence d’une politique de population sur les aires protégées du sud-ouest du pays, foyer d’une forte immigration dont la pression sur les ressources naturelles est croissante et constitue un péril réel.
En effet : cette pression se traduit par des formes de consommation et de comportement économique qui laissent peu de place à la conservation.
Ils mettent aussi en lumière l’importance de l’incohérence institutionnelle génératrice d’une part de conflits autour du diamant entre les ministères (Mines et Energie, Eaux & Forêts, Chasse, Pêche, Environnement), et d’autre part de pesanteurs qui minent les possibilités d'une meilleure coordination à la base (d’autant plus que le comité de développement de Bayanga présente de nombreuses faiblesses, manque d’une réelle prise de conscience de ses responsabilités, manque d’une vision à long terme, est incapable de concevoir et mettre en œuvre une stratégie d’auto-promotion). Ils font ressortir l’insuffisance des techniques pour garantir à la fois production et conservation des ressources naturelles, et les lacunes du volet social du développement durable, vu la situation précaire dans laquelle vivent les Pygmées, les ethnies Sangha Sangha et les immigrants.
Il en résulte qu’il y a contradiction entre la précarité des situations des populations locales et l’effort de conservation des ressources naturelles .
D’autres études connexes ont enrichi les précédentes, il s’agit de contributions hors programme de certains membres du groupe .
« Projet de développement de la région nord et initiatives de conservation et de développement » par MOUKADAS Noure (gestion de zones cynégetiques par les collectivités villageoises d’Idongo da Bangoran )
« Analyse des associations phytosociologiques de la colline de Bas Oubangui » par Denis BEINA
Enfin projets et ONG ont apporté leur contribution en matière de conservation des ressources naturelles et de développement durable par exemple le PRE (Jules TOMBET) ECOFAC (par Mr NAIFARA ) ; plusieurs ONG ont pu partager leurs expériences.
Toutes ces communications ont élargi les champs de réflexion et permis de réaliser l’esquisse d'une synthèse des efforts faits au niveau national en matière de conservation.
Impact de ces journées :
· Le Recteur de l’Université qui présidait la cérémonie d’ouverture a vivement exhorté les membres du groupe à consolider et à pérenniser l’expérience pour susciter le rayonnement du modèle de Géosynergie auprès d’autres entités.
En fait tous les invités à cette rencontre ont été unanimes à reconnaître que ces journées ont été une première à l’Université de Bangui, en dépit de conditions difficiles. De petites initiatives aux effets positifs et immenses peuvent être prises pour redonner confiance à la communauté universitaire et à ses partenaires .
d) Nécessité de coopérer (partenariats)
Le dynamisme de Géosynergie a pu se développer et se maintenir grâce à la contribution de nombreux partenaires qui ont apprécié la qualité de sa philosophie de base, la pertinence de ses orientations et programmes d’action, et plus particulièrement son objectif majeur d’apporter son concours direct aux communautés de base.
WWF a été le premier partenaire en soutenant la réalisation intégrale du programme biennal 1996/1997 (formation à la Méthode Active de Recherche Participative, MARP, et assistance à la publication des résultats des études sur le terrain des 7 cahiers de Géosynergie).
CARPE (Central African Regional Programm for the Environment, ou Programme Régional de l’Afrique Centrale pour l’Environnement ). Il a comme objectif principal la gestion rationnelle des forêts qui se retrouvent en deux orientations :
-la lutte contre les changements climatiques
-et la conservation de la biodiversité .
-il est financé par l’USAID (coopération américaine) et couvre le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la RCA, et le Congo démocratique. Y sont associées des organisations et institutions gouvernementales, et des ONG Américaines et Africaines dont le REDDA. Le CARPE a soutenu les journées universitaires .
La Coopération Française, le projet ECOFAC de l’UEet la GTZ (Coopération Allemande), en soutenant la publication du journal d’environnement Centrafricain "Mâsarâgba", ont indirectement participé à la réussite de ces journées car des exemplaires du journal ont pu être consultés par les participants qui en ont tiré des informations et des réflexions confortant leurs débats.
2. Les nouvelles perspectives :
le programme 1998/2000
Dans le cadre de projets
· Avec le FEM (Projet sur la conservation de la biodiversité en RCA)
Objectif : identifier, avec la population locale, les stratégies à adopter localement pour préserver la biodiversité en RCA.
Acteurs : quatre étudiants de Géosynergie
Méthodes : MARP au cours d'ateliers locaux synthétisés en ateliers régionaux et national.
Sites : ils ont été choisis de manière significative, en savane et en forêt.
Ecosystèmes Préfectures Sites Synthèse régionale Synthèse nationale
Savane Ouham Bouca Bossangoa Bangui (déc. 1999)
Batangafo
Bossangoa
Paoua
Forêt Lobaye Bagandou Berberati Bangui (déc. 1999)
Sangha-Mbaere Ngotto, Grima
Berberati
Sosso Na
Kembi
· Avec CARPE (Projet de recherche sur les filières fauniques de ravitaillement en viande de brousse en RCA)
Géosynergie a d'abord effectué un renforcement des capacités par un stage de cinq jours sous la direction de Moukadas, Mogba, et Beissa.
Trois sites onyt été retenus : Bayanga (Lobaye)
Dzanga-Sangba (Sangha-Mbaere)
Sangba et les villages voisins (Bamingui-Bangoran)
Et peut-être l'axe Kotissako-Garba
( à la demande du PDRN qui voudrait ajouter le volet "produits
forestiers non ligneux")
· Avec des chercheurs : en particulier
sur les maladies émergentes (c'est à dire nouvelles) à
Bayanga par un chercheur de l'Université de Yale (USA).
Promotion des experts locaux et des étudiants :
Les experts locaux sont davantage sollicités : Mogba collabore avec CARPE (qui travaille sur le bassin du Congo) au Cameroun dans le cadre du projet tri-national Congo-RCA-Cameroun. Autour de Dzanga-Sangba car la protection de ce site ne peut être efficace que si les pays riverains sont impliqués.
Un étudiant, Beina, a acquis un statut d'expert; d'autres ont bénéficié de bourses de formation plus pointues. : G. Gbénimet à l'Université belge de Gembloux (auto-promotion des femmes), Tchepoudard prépare un Doctorat au Canada (bourse d'excellence), Voyemade perfectionne aux USA sa formation reçue au Zimbabwe sur les petits mammifères; d'autres enfin, ont pu trouver un emploi : L. Mbaïki au projet hydraulique de Mbaïki, Béni Landry doit être recruté à l'OAB après avoir reçu une formation au Cameroun sur la certification du bois exploité de manière durable.
De nouveaux membres de Géosynergie sont recrutés dans les nouvelles promotions.
Ainsi Géosynergie assure-t-il son rôle de formation et sert-il de tremplin aux étudiants et aux experts.
Contact de Géosynergie : Nouré MOUKADAS Tél : 01 18 17 Fax : 235 61 78 10
il vise quatre enjeux :
a) Surveillance et évaluation des écosystèmes, par la mise en place d’un observatoire à la périphérie de la zone de conservation et d’une aide aux populations locales pour assurer la surveillance et l’évaluation des événements.
b) Implication du savoir et des pratiques écologiques traditionnelles dans les décisions et la mise en œuvre des projets de conservation et de développement.
c) Implication des parties prenantes à la base, bonne communication entre elles, et d’autres acteurs qui est une des préoccupations du groupe en s’appuyant sur la MARP, le groupe développement «un paquet de services conseils» à l’égard des acteurs locaux ou impliqués dans la gestion et la comptabilité des ressources naturelles
d)Promotion de la culture de conservation et de développement
en milieu villageois par une série de modules
de formation éducation et gestion de l’information centrale.
2 INFORMATIONS
1) A L’UNIVERSITE DE BANGUI
a) Au département de géographie :
- Le journal Mâsarâgba a eu 8 ans en mars 1999.
En effet le premier numéro a paru en mars 1991.
A-t-il atteint l âge de raison?
Ce n’est pas sans émotion que nous retraçons cette aventure de la mise au monde d’un journal et son évolution.
Naissance du journal
Elle est due au passage à Bangui d’un expert en environnement, le docteur OKIO, géographe africain, demandé par le PNUD, pour faire une évaluation de la situation de l’environnement en RCA,
Invité à l’Université au cours d’environnement du Département de Géographie, il suggéra : «faites un journal d’environnement même si c’est une feuille de chou réduite à une seule page!»
Cette incitation fut relevé par deux géographes déjà spécialisés en environnement ; (Mr Mbringa- Takama, et Mme Gérard, coopérante française )
Le nom de «Mâsarâgba», ou rhinocéros en Sango, vient du fait que ce mammifère qui faisait partie du patrimoine biologique de la Centrafrique, a disparu totalement du territoire national, chassé par les braconniers. En effet, sa corne est très recherchée en Arabie. Ce nom est donc comme un cri d'alarme afin que les Centrafricains n’assistent pas, sans s'en rendre compte, à la destruction de toutes leurs richesses naturelles
Ses différentes phases de croissance ;
On peut distinguer deux périodes l'une «artisanale» et l'autre plus officielle :
La première a duré environ un an.
Le journal (bulletin ) ne comportait que quelques pages, se voulait mensuel, était produit avec les moyens du bord par deux rédacteurs au niveau du LACEG (devenu LACEEG), en 50 exemplaires et était distribué aux organismes internationaux et dans les ministères. Il y avait alors très peu de lecteurs centrafricains car la notion d’environnement était méconnue en RCA,
Cependant le nombre de pages augmentait car les nouvelles rubriques s’imposaient d’elles-mêmes.
A la veille de la conférence de Rio (juin 1992), un fonctionnaire du Secrétariat d’Etat à l’Environnement suggéra de réaliser un document qui permette aux techniciens centrafricains délégués à Rio d’avoir une meilleure préparation. C’est ainsi qu’un «Mâsarâgba spécial Rio» fut imprimé en 500 exemplaires grâce au financement de la coopération française
La deuxième période, officielle, de janvier 1993 à décembre 1997
Mâsarâgba a commencé à être reconnu du moins d’abord par les bailleurs de fonds, puisqu'il a obtenu d’être financé par le projet ECOFA-RCA, (UE), puis le projet PDRN (UE), ponctuellement par la coopération française et enfin par la GTZ via le projet SECOGERNE
Le journal a alors été imprimé sur place, son «look» commença à se manifester (dessins images, cartes etc.)
Le nombre d’exemplaires atteignit les 500, parfois les 800, certains techniciens centrafricains acceptèrent d’apporter leur participation (bénévole). Enfin, les lecteurs centrafricains se mirent à le réclamer, en particulier les étudiants, puis le grand public. Les premiers numéros (0 à 5) furent évidemment épuisés, ce qui incita les responsables du journal à les refaire publier sous le titre «Premiers Pas Environnementaux»
A l’heure actuelle le journal se trouve à un tournant : ou grandir ou périr. Nous avons besoin d’une plus grande participation des centrafricains afin qu’il soit écrit par eux, et pour eux.
Le financement est à rechercher pour chaque numéro quand le prix du papier a augmenté, mais l’espoir demeure!
La Coopération Française vient d’assurer le financement de ce dernier numéro.
Diffusion :
Mâsarâgba est relativement facile à distribuer à Bangui, mais il ne va à l'intérieur du pays qu'occasionnellement (missionnaires, députés, ONG, Ministère de l'Education Nationale pour les lycées et collèges).
A l'heure actuelle, un certain nombre d'exemplaires est disponibles auprès de Radio Notre-Dame, au centre d'accueil catholique des missions, à la Pharmacie du Port, et au siège de Géosynergie par l'intermédiaire de Mouré MOUKADAS.
E journal va aussi au Tchad, au Cameroun, au Gabon, au Congo, au Brésil (peu d'exemplaires, car le tirage est encore limité), et à l'Unesco.
Son prix est symbolique (300 F), car la seule impression coûte à l'heure actuelle de 700 à 1000 F suivant le nombre de pages; or il y a aussi les frais de mise en ordinateur, de réalisation de maquette, de payement des dessinateurs. Les rédacteurs d'articles sont bénévoles mais reçoivent en remerciement quelques exemplaires du journal. Le prix de soutien (2000 F) est réservé aux projets pour le premier exemplaire, et aux expatriés, aux bienfaiteurs; cependant, le journal est distribué gratuitement aux lycées et collèges à raison d'un exemplaire par établissement, et aux bibliothèques du pays (Université, Ministère du Plan, ENEM, Conseil Economique et Social, UNESCO).
La collection complète est disponible à la bibliothèque du Ministère de l'Environnement, Eaux et Forêts, à l'Alliance Française. Nous sommes convaincus du bien fondé de ce journal pour éclairer les centrafricains sur l'importance de l'environnement, et de sa conservation pour un développement durable.
"Les Gouvernements et la Société Civile ont besoin d'être éduqués et informés pour apprécier les impacts de leurs politiques, décisions, actions" Flash, vol 1, N° 16, avril 1995
"Les journalistes ont un rôle important à jouer dans l'information, la sensibilisation, l'ducation, la formation du public pour la gestion durable des ressources naturelles et de l'environnement en général" Séminaire de journalistes (10 et 11 avril 1995, Abidjan).
Appréciations de quelques lecteurs de Mâsarâgba :
"J'ai trouvé une mine d'informations qui m'a permis de préparer mon concours" Thierry BEBONA, étudiant en Sociologie.
Ce journal est très riche, je me suis servi du n° 12 spécial junior pour faire des sketches à mes élèves dans le cadre de leur éducation environnementale" le Directeur de l'Ecole Mouloukou (Lobaye).
"Ce journal d'environnement est une première dans le pays. Je retourne souvent à ma collection de numéros pour retrouver des informations de fond toujours valables. Les étudiants qui le lisent le trouvent intéressant et prennent ainsi goût à l'environnement qu'on ne peut plus négliger de nos jours; cependant, on peut déplorer l'irrégularité de sa publication" Jules TOMBET, ancien étudiant en Géographie, responsable de la sensibilisation développement durable, au projet de réhabilitation écologique des collines de Basoubangui (PRE).
"Ce journal donne beaucoup d'informations pour le développement économique du pays" Gabriel MOUSSA, Directeur des Mines.
"Les sujets choisis sont intéressants, et traités sous forme de thème unique par journal, ce qui permet de faire le tour de la question de manière complète; cela permet de guider un chercheur dans toutes les directions possibles de sa recherche" Madame Gbézéra Bria, FNUAP.
"Il y a parfois des détails trop techniques et quelques statistiques sont désuètes; j'étais autrefois dans le diamant, je sais de quoi je parle. Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé des informations que j'avais lues ailleurs" Jean-Stanislas ALIMA, homme d'affaires.
"C'est très intéressant et cela m'a donné des connaissances très détaillées sur mon pays" Alexis SAMBA, agent au PNUD.
"Ce journal nous est demandé par les chercheurs centrafricains et même étrangers. Nouré MOUKADAS
Nos petits deviennent grands ;
Il est très difficile de grandir dans une conjoncture incertaine tant au niveau universitaire que national, mais nos étudiants ayant acquis leur maîtrise ne se découragent pas.
Certains ont trouvé un poste d'enseignant et ne manquent pas d'intégrer l'environnement dans leur formation Henri KANDOUROU (Boganda) Emmanuel GONOFIO (Institution Saint-Charles).
D'autres ont obtenu des postes dans l'Administration.
Françoise KIRIGUINZA (mémoire de maîtrise sur l'eau de son village) est au service de l'hydraulique à Bangui; Théodore KANDA (mémoire sur le centre de planning familial) a continué des études de démographie au Cameroun (IFORD) et est au service du recensement au Ministère du Plan; Victor BEAD (mémoire sur la gestion durable de la faune) a continué des études de police au Cameroun et sert dans un commissariat de Bangui ("la géographie, ça sert aussi à garder la paix!")
Certains n'ont pas encore d'emploi fixe, mais cherchent à se rendre utiles au pays et à acquérir une expérience de terrain en acceptant des missions ponctuelles, en adhérant à des ONG ou à des groupes locaux. Elie WADEMBA a participé à la réalisation d'un séminaire d'éducation environnementale. A Bakota (Lobaye) dans la cadre du projet ECOFAC-RCA, Alphonse YEZO s'est investi dans l'ACANU (Association CentrAfricaine pour les Nations Unies) dont l'objectif est de vulgariser les idées relatives à la charte des Nations Unies.
Dans le contexte actuel, l'ACANU a été amenée à
collaborer avec la MINURCA, et aux dires de YEZO, cette expérience
est très enrichissante; Il est devenu le Secrétaire Général
de l'ACANU (activités auprès des réfugiés,
projets d'éducation civique des centrafricains, etc.)
RESTROSPECTIVE DES PUBLICATIONS DU JOURNAL MÂSARÂGBA
| N° | Date de parution | Nbre de pages | titre du dossier | Nbre d’exemp-laires | Participation
Centrafricaine |
bailleurs de
fonds |
| 00 | mars 1991 | 2 | - | 50 photocopies | un géographe Université de | - |
| 01 | avril 1991 | 2 | - | 50 | Bangui, cofondateur | - |
| 02 | janvier 1992 | 2 | - | 50 | - | |
| 03 | mars avril 1992 | 5 | 50 | - | ||
| Spécial | mai 1992 | 32 | La RCA au sommet
planète terre Rio 92 |
500 imprimés | Un géographe du Secrétariat D’état à l’Environnement et un étudiant géographe | Coopération française |
| 04 | Sept-oct. 1992 | 6 | sommet de Rio 1 er Bilan | 50 photocopies | ||
| 05 | Nov- déc 1992 | 8 | les ONG | 50 photocopies | ||
| 06 | Jan-fév 1993 | 30 | La faune en RCA | 300 imprimés | un expert du WWF | ECOFAC (UE) |
| 07 | Mars-déc 1993 | 50 | La forêt centrafricaine | 300 imprimés | interview des cadres du ministère des Eaux & forêts + 1 dessinateur | ECOFAC |
| 00
à 05 |
mai 1993 | 56 | 1er pas environnementaux
: réédition groupée des
numéros 00à 05 |
300 imprimés | Coopération française + ECOFAC | |
| 08 | jan mars 1994 | 35 | Dévaluation du FR CFA et environnement | 500 imprimes | ECOFAC | |
| 09 | mars sept 1994 | 61 | Sols et environnement | 800 imprimés | 7 participants dont
ICRA ANDE & DEUX ONG |
ECOFAC |
| 10 | Juin 1995 | 44 | Visite de la Gounda
spécial (dans le cadre d’un voyage universitaire à la Gounda) |
800 imprimes | Etudiants du voyage et professeur
accompagnateur,
deux dessinateurs |
ECOFAC ET PDRN (UE)
et gouvernements centrafricains |
| 11 | oct. 1995 | 35 | éducation environnementale | 800 imprimés | étudiants de maîtrise et deux dessinateurs | ECOFAC |
| 12 | Dec 1997 | 34 | Spécial junior éducation environnementale (bandes dessinées) | 800 imprimes | les amis de la nature petit groupe de trois jeunes dont deux dessinateurs | SECOGER-
NE GTZ |
| 13 | Janv. 1998 | 69 | or & diamants | 800 imprimes | sept fonctionnaires
du ministère des mines plus un du Ministère des Eaux et Forets |
SECOGERNE |
| 14 | Mai 998 | étude d’impact environnementale | 600 imprimes | +1
maître de géographie |
Coopération
Française |
b) A la faculté des lettres et sciences humaines :
* « Premières journées universitaires sur les enjeux de la conservation des ressources naturelles et du développement durable du 23 au 25 avril 1998, » (voir dossier compétences locales B cas de Géosynergie) ;
Elles sont le résultat de recherches effectuées sur le terrain (réserve de Dzanga-Sangha) par des membres du groupe Géosynergie, professeurs et étudiants qui ont voulu mettre en pratique la formation reçue du programme «éducation for nature», de l’ONG WWF/USA, à savoir l’initiation à la MARP qui consiste à faire de la recherche en y associant les populations concernées.
* Promotion d’un expert local le sociologue Zéphirin Mogba
Secrétaire scientifique du groupe Géosynergie, il est de plus en plus sollicité pour participer à des rencontres internationales de haut niveau à Yale aux USA, Hararre au Zimbabwe Limbe au Cameroun, sur le thème de la gestion durable des ressources naturelles.
c) Un étudiant peut déjà être considéré comme une « personne ressource »
Si l’université est paralysée par les difficultés que traversent le pays, la vie continue de se dérouler et tout le temps laissé libre ne doit pas être perdu par les étudiants. Le savoir ne s’acquiert pas que dans les cours mais aussi dans les bibliothèques (universités, PNUD, ENAM, Ministère du Plan, UNESCO, Ministère de l’Environnement, des Eaux & Forêts, etc.) d’autre part, tout étudiant, peut mettre en pratique ses compétences, sa culture générale, ses capacités de réflexion, sa spécialité, en s’engageant dans une action collective (ONG, association groupement formel et informel), qui répondent à un besoin local. Cela lui permettra d’acquérir savoir et savoir-faire.
Mais le savoir-être est aussi nécessaire : esprit d’honnêteté, de service, d’humilité, d’engagement, dynamisme.
Le mémoire de licence ou de maîtrise demandé à l’étudiant doit être pris au sérieux. Il teste ses capacités de recherche; il ne doit pas être considéré comme une corvée et être rempli d’informations verbeuses ou recopiés sans discernement. L étudiant doit choisir un sujet qui lui plaît et se passionner pour son travail en se complaisant sur le terrain Un mémoire intéressant parce que fruit d’un travail vrai et vivant, donne un plus à un diplôme et peut se présenter auprès d’un éventuel employeur
2) A Bangui
Une nouvelle ONG d’environnement spécialisée dans la
forêt : le GRAFOR
3) En RCA
Projet SECOGERNE (programme SErvice COnseil pour une GEstion saine et durable des REssources Naturelles et de l’Environnement centrafricain pour le bien être des populations)
- Objectifs du projet :
Au même titre que d’autres pays africains, la RCA a pris conscience qu’il était nécessaire que les populations participent étroitement à des projets de développement durable pour que ces derniers réussissent.
La coopération allemande (GTZ), a donc décidé de soutenir les services du Ministère de l’Environnement, Eaux & Forêts, Chasse, Pêche (MEEFCP) dans l’application de la nouvelle stratégie («d’intervention par la participation des populations pour leur auto-développement»)
- Buts du projet
Renforcer la capacité du Ministère, en gestion durable et participative des ressources naturelles, et en collaboration avec tous les acteurs concernés (mise en œuvre d’une politique de gestion, d’une capacité institutionnelle, renforcement des divisions forestières, gestion du programme.
Impliquer les populations dans la gestion durable des ressources naturelles, animer les populations en les amenant à s’organiser et renforcer les capacités des groupes villageois pour une participation efficace à leur auto-promotion.
- Méthodes d'approche
· Deux méthodes,
Une globale : approche de la gestion des terroirs (espaces ruraux et naturels dont dispose un groupe de paysans) avec mise en place d'un plan de développement local global (à savoir, de tous les aspects de la vie).
Une thématique : avec les groupes professionnels (pêche, transformation des sous-produits forestiers, pisciculture, artisanat, agriculture)
· Les personnes formées,
Agents forestiers, populations, agents forestiers et groupes villageois travaillant ensemble.
· Il y a un lien étroit entre recherche, action, et formation : la méthodologie est réaffirmée de manière permanente au contact avec les groupes cible.
I
Un directeur du programme :
I
un conseiller technique GTZ
I
Une cellule régionale
(un conseiller régional, un facilitateur en animation vulgarisation
un secrétaire) dont le rôle est :
d’accompagner les équipes des divisions régionales dans l’application efficace des nouvelles stratégies,
de capitaliser les acquis méthodologiques pour la vulgarisation des programmes dans d’autres divisions,
d’appuyer ponctuellement d’autres divisions pour certaines activités
nécessitant une approche participative ex : dans l’Ombella-Mpoko,
le Haut-Mbomou, le Bamingui-Bangoran
|
|
(sièges de préfectures ) |
pilotes |
| Lobaye | Ouham o | Nana-Mambère |
| (Mbaïki) |
|
(Bouar) |
| 2 VED* | 1 VED | 2 VED |
| ½ | ½ | ½ |
| Divisions Cantonales | Divisions Cantonales | Divisions Cantonales |
| *VED : Volontaire Européen de Développement |
De 1997 à 1998 des VED sont venus en aide au projet pour amener les populations à l’approche participative dans toutes ses étapes (depuis le diagnostic jusqu'à la restitution parmi des participants). Leur aide a été stoppée par l’arrêt momentané de la coopération allemande.
D’après les informations obtenues auprès de Madame la Conseillère régionale SECOGERNE,
Marie-Thérèse KPOKWA
Par acquisition de méthodes d'approche participative par les agents des divisions forestières (vingt-trois personnes concernées), enquêtes participatives, micro-planifications participatives avec des groupes cible.
4) En Afrique
Sommet de Libreville (6-7 novembre 1997)
Il s’agit de la réunion des ACP entre eux, à travers leurs chefs d’Etats et de Gouvernements.
Cette réunion a été d’une envergure exceptionnelle :
SON CONTEXTE : C’est celui de la mondialisation (1) et de l’arrivée de l’Euro, la monnaie européenne.
L’ENJEU était d’envisager l’avenir des relations CEE/ACP auxquelles il est nécessaire de donner une impulsion nouvelle mais aussi l'avenir des relations entre les ACP eux-mêmes, car ils ont manifesté le désir de rester un bloc indivisible pour garder un poids politique, avec toutefois possibilité pour certains groupes de différencier à l’occasion leur position.
LES ACP SOUHAITENT RENFORCER LEUR PARTENARIAT AVEC L’U.E.
Le prochain sommet ACP pourrait avoir lieu en l’an 2000.
(1) Mondialisation : Globalisation (fonctionnement à l’échelle de la planète ) et libéralisation de l’économie (libre concurrence). L’OMC date de1994 et compte 128 pays
(2) L‘Afrique du Sud en fait partie depuis le 24 avril 1997 mais ne bénéficie pas de la totalité des accords de Lomé IV, en particulier ni préférence commerciale ni aide.
5) Dans le Monde
1) Habitat II Sommet « des villes et cités » du 3 au 14 juin 1996 .
Istanbul (Turquie )
C’est le 2è sommet des Nations Unies consacré
«aux établissements humains», après celui de
Vancouver (Canada) en 1976; 170 pays (avec 3000 délégués)
et 2500 ONG y étaient présents.
|
|
ville de pays |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
économique | |||
|
|
||||
| 1996 Istanbul |
|
|
|
travers la |
| (TURQUIE) |
|
irréversible |
|
pluralité des acteurs |
|
|
1)OBJECTIF DU SOMMET :
Compte tenu que :
Le monde est dans une période de croissance urbaine sans précédent (surtout dans les PVD), avec de plus l’apparition de mégalopoles, villes de plus de 5 millions d’habitants.
L’environnement urbain tant naturel (écosystème) qu’humain (économique, social, culturel), se dégrade de plus en plus.
2) L'EXPLOSION URBAINE
Le passage de l’économie fondée sur l’agriculture à une économie fondée sur l’industrie et les services, a entraîné un mouvement irréversible en direction des villes et l’urbanisationdes zones rurales.
a) La proportion des citadins n’a cessé d’augmenter dans le monde :
1900 = 1/10 hab.
1948 = 3/10 hab. 2000 = 5/10 hab.
1996 = 4,5 /10 hab. 2025 = 8/10 hab. soit 4 milliards de citadins
.
Il y a chaque semaine un million de personnes de plus en ville ; actuellement il y a 75%
des citadins dans les pays développés et 45% dans des pays en voie de développement mais ces derniers devraient atteindre les 50% en l’an 2015 et 66% en 2025 (soit 3,2 Milliards d’habitants)
C’est en Afrique que la croissance urbaine est la plus forte : 40% des africains sont des citadins et la population des villes s’accroît de 6% chaque année (surtout à cause de l’exode rural) . En 1950, il n’y avait qu’une seule ville de plus de 1 million d’habitants; en 2000 il devrait y en avoir une soixantaine et en 2025 , 8 villes dépasseront les 5 millions d’habitants.
Mais le taux d’urbanisation n’est pas homogène.
Afrique du Sud = 48% Afrique de l’Est =21%
Afrique du Nord = 45% Afrique de l’Ouest = 36%
Afrique du Centre = 33%
Dans le monde, le nombre de villes géantes (mégalopoles) ne cesse d’augmenter : en 1950 New York était la seule ville à dépasser les 10 millions d’habitants, mais en 1995,il y en avait 14 et Tokyo était la plus peuplée (26,5 M). En 2015, 15 nouvelles villes entreront dans cette nouvelle catégorie dont 3 en Afrique (Lagos, Le Caire, et Kinshasa), 9 en Asie et 2 en Amérique latine.
En 2020, 18 mégalopoles sur 25 se trouveront dans le Tiers Monde.
Le processus d’urbanisation est un fait de caractère universel, il a été accéléré par la libéralisation de l’économie mondiale et les structures modernes de communication. La crise urbaine est exacerbée dans le Sud.
b)La part des villes dans l’économie
Elles sont des centres importants de l’économie mondiale alors que la part du rural n’a cessé de baisser au niveau du PNB et des emplois.
Dans les PVD, les villes produisent de 50% à 80% du PIB de leur pays.
C’est dans les villes que se trouvent capitaux, main d’œuvre, marchés, dans tous les secteurs, créativité humaine et forme supérieure d’organisation économique et sociale.
Les principaux revenus des pauvres viennent, du colportage, du recyclage des déchets, de la production alimentaire, de la construction de logements.
Les indices de santé y sont plus favorables, le taux d’alphabétisation plus élevée, la mobilité sociale plus grande, l’émancipation des femmes plus facile (éducation, libération du poids de la tradition).
Les plus pauvres des villes sont moins pauvres que les plus pauvres des zones rurales.
Cependant l’environnement des villes est très dégradé.
c) Problèmes des villes :
Ils se posent, aussi bien dans les villes des pays développés que dans celles des pays sous-développés. Les villes du Nord ne sont pas des modèles à suivre mais les problèmes des villes du Sud sont plus cruciaux : la proportion des pauvres de ces villes va de 30% à 60% de leurs habitants, 1/3 ne possèdent pas de logements décents, 40% n’ont pas accès à l’eau potable et ne disposent pas d’équipements hygiéniques adéquats.
Les villes connaissant une grande expansion démographique sont surpeuplées ; la qualité de vie se dégrade : dégradation ou absences d’infrastructures (eau, assainissement, transports et logements insalubres).
En matière d’environnement naturel :
La ville dégrade le système écologique (eau et air pollués); de fortes pressions s’exercent sur le milieu naturel, mettant en cause qualité et quantité d’eau, qualité du sol (déchets), production agroalimentaire, consommation d’énergie. Eau, énergie et autres ressources sont gaspillées et ces phénomènes sont d’autant plus graves que la densité de la population et les activités humaines sont plus importantes. On y trouve pauvreté et chômage, saturation des moyens de transports et embouteillages.
L’environnement social connaît la violence, la criminalité, les conflits politiques et socioculturels, surtout dans les grandes villes. Le sens communautaire s’affaiblit, les exclus de la société apparaissent (alcool, drogue, troubles psychologiques).
30% à 60% des citadins des PVD habitent en bidonvilles; on compte 500 millions de mal logés ou sans abri, dont près de 50% d’enfants :
En Afrique la majorité des citadins est marginalisée, sans emploi, sans ressources, (entassées dans un habitat spontané de bidonvilles), et n’a accès ni à la santé, ni à l’éducation, ni à l’eau potable, vivant dans un milieu d’immondices, d’eaux usées, et d’inondations.
Les grosses villes sont de plus en plus vulnérables aux catastrophes dues à la nature ou aux hommes: séismes, inondations, glissements de terrain ,épidémies, risques industriels, troubles civils, guerres, et ce sont les plus pauvres qui sont les plus exposés; leurs bidonvilles débordent sur les zones rurales dont ils menacent l’écosystème et le mode de vie.
De plus, bien souvent, les autorités locales sont inadaptées
et corrompues. Il devient urgent d’introduire des méthodes de gestion
rationnelle, des normes d’existence, et de ménager un accès
à l’économie urbaine productive. Il est à noter que
certaines villes d’Asie ont vu leur pauvreté reculer, ce qui donne
espoir que la pauvreté peut être vaincue.
LA SITUATION DRAMATIQUE DES VILLES D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Extrait du rapport du FNUAP, « état de la population mondiale
La croissance des villes est plus rapide en Afrique que dans aucune autre région. L'essentiel de cette croissance est imputable aux migrations, lesquelles traduisent davantage l’espoir des ruraux d’échapper à une vie de privations que l’existence effective de possibilités dans les villes. En réalité les villes africaines ploient sous le fardeau des programmes d’ajustement structurel et l’emploi ne se développe pas dans le secteur structuré, tandis que la croissance de l’emploi dans le secteur non structuré ne devrait pas aller de pair avec les taux de croissance prévus pour la population en âge de travailler, qui sont de l’ordre de 5% à 10%.
Dans de nombreuses villes d’Afrique, la qualité de la vie est de plus en plus compromise. Dès à présent, les infrastructures urbaines sont sollicitées à l’extrême. Les budgets alloués aux services sociaux se rétrécissant, les écoles sont surpeuplées et mal équipées, les services médicaux se trouvent à court de fournitures et sont surchargés, la distribution d’électricité et d’eau se font de plus en plus intermittentes.
Les difficultés économiques et l’augmentation des frais de scolarité ont inversé le mouvement qui était orienté à la hausse des inscriptions dans l’enseignement primaire; depuis le début des années 90 on a noté une diminution du nombre des garçons inscrits dans les écoles primaires et de ceux qui terminent leurs études.
A l’époque coloniale, les villes africaines les plus importantes étaient davantage conçues comme des centres administratifs et d’échanges que comme des centres industriels et commerciaux en mesure d’accueillir une population nombreuse.
Une génération après l’indépendance, on trouve des noyaux urbains qui sont bien équipés mais où la vie est chère, puis de grands ensembles qui abritent le gros de la population où la qualité des logements et des services est des plus disparates. Les autorités urbaines chargées d’assurer le fonctionnement de l’administration et des services ont été incapables de faire face à la croissance explosive des colonies de squatters et des bidonvilles.
Une croissance économique anémique et des transports de qualité médiocre ont réduit les possibilités de relocaliser l’industrie et les fournisseurs industriels, ce qui a freiné la croissance de l’emploi dans les villes secondaires. De ce fait, l’exode vers les grandes villes des personnes en quête d’un emploi s’est poursuivi........La décentralisation a accéléré le changement dans la gestion des services de base, mais les initiatives tant publiques que privées sont entravées par une perception des impôts qui se fait au petit bonheur et par le mauvais fonctionnement des marchés financiers .
Un certain nombre de pays permettent au secteur privé de seconder ou de remplacer des services publics surchargés comme le transport par bus.
Alors que l’emploi stagne et que les services se détériorent dans de nombreuses zones urbanisées, les conditions sociales et économiques continuent de s’aggraver. Cette situation ne manque pas de favoriser le développement de la criminalité et du phénomène des sans logis ainsi que la dislocation des systèmes familiaux, surtout si l’on y ajoute un contexte politique chaotique et les ravages exercés par le sida.
(In Courrier n° 160 Nov-Déc 1996 )
3 LES PARTICIPANTS :
Ils sont divers :
4 THEMES ET RESULTATS :
a) THEMES
le droit au logement a déjà été reconnu dans de nombreuses obligations internationales
(1948 = Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), 1966 = article 11 du pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels, principal fondement juridique international 1976 Déclaration de VANCOUVER ou Habitat.I et enfin en 1992, «Agenda 21» à RIO.
Mais ce droit au logement ajouté aux autres droits de l’homme n’aura qu’une réalisation progressive car on en facilitera l’accès aux populations.
La définition du logement s’est élargie à la sécurité légale d’occupation, à l’existence de services et d’infrastructures (eau, énergie), à l’élimination des déchets, au drainage, aux services d’urgence, à l’habitabilité (logement sain), à l’accessibilité à l’emploi, à l’école.
On a peu parlé des pays pauvres. Que signifie droit au logement quand les autres droits de l’homme ne sont pas respectés comme dans de nombreux PVD.
L’affirmation du droit de posséder et d’hériter d’un bien immobilier ainsi que le droit à la sécurité ont été considérés comme un grand acquis pour les femmes d’ Afrique.
Des établissements humains viables dans un monde qui s’urbanise («droit à la ville» et développement plus juste et plus solidaire)
Les points importants ont été :
Une nouvelle forme de gouvernance locale a émergé : la privatisation des services, le partenariat entre les pouvoirs publics et les secteurs associatif et privé, la décentralisation en faveur des pouvoirs locaux, une pratique plus participative de la démocratie locale.
Les politiques publiques doivent faciliter les marchés des capitaux, du logement, du foncier, de l’emploi, pour rendre la ville plus humaine et plus productive.
On a pu constater à travers des échanges d’expérience la formidable capacité de réponse et d’initiative locale de la part des populations quand il s’agit de prendre en main l’amélioration de ses conditions de vie.
Il s’agit de développer le mécanisme de consultation et de participation des populations aux discussions des pouvoirs locaux.
Ils sont consignés dans plusieurs accords finaux
Cependant, l'UE a réaffirmé ses engagements de verser 0,7% de son PNB aux PVD mais plus avant l’an 2000
La Commission des Etablissements Humains a été chargée de veiller à l’application du programme habitat, c’est le CNUEH qui en assure le secrétariat général. Le CNUEH a été crée en 1978 (siège à Nairobi, au Kenya), deux ans après habitat I. Son but est de formuler et mettre en œuvre le programme des Nations Unies relatif aux établissements humains. Centre de recherche au sein du système de l’ONU, il met à profit ses capacités pour aider les gouvernements à concrétiser l’aménagement et la gestion des établissements humains; ses types d’action consistent donc en conseils techniques, recherche appliquée, formation, information .
CONCLUSION :
Au XXI siècle le développement durable dépendra
beaucoup des rapports que les villes et les villages entretiendront avec
l’environnement et de la façon dont les ressources naturelles seront
utilisées.
I La pauvreté : il ne s’agit pas seulement de faibles revenus mais aussi de malnutrition, d'analphabétisme, de maladie, taux élevé de mortalité infantile, faible espérance de vie, mais aussi faible participation aux biens et aux services, aux droits et activités dont toute la possession définit l’appartenance au corps civique.
2.L’exclusion :
Causes directes : conflits, migrations (migrants et réfugiés, délinquance, violence, corruption,
causes plus profondes: directes ou indirectes: la dégradation des conditions économiques et sociales.
Effets de l’exclusion sociale : sous-alimentation, mauvaise santé, exclusion de l’éducation, manque de terre (paysans), pas de crédit, sans défense parce que sans pouvoir.
3 Sécurité humaine : Bien-être
des personnes revenue garantis, logement, conditions de vie saine, et de
production dans un environnement favorable à l’épanouissement
de leur potentiel
LES DIFFERENTES ETAPES POUR ABOUTIR A UN DEVELOPPEMENT URBAIN DURABLE
1* Etape du maintien de l’hygiène du milieu :
Elle veille à éviter le problème de santé lié à une forte concentration de population, à savoir le péril fécal, la présence de nombreux autres corps pathogènes dans l’atmosphère, la qualité de l’eau, des denrées alimentaires, et du sol; cela se traduit par une série de mesures:
Quand à la plupart des villes du Sud il reste beaucoup à faire:
eau de quantité et de qualité insuffisantes, défaillance du système d’évacuation des eaux usées, la plupart des villes d’Afrique et de nombreuses villes d’Asie manquent d’égouts et de services de ramassage des déchets.
2* Etape de la réduction des dangers physiques et chimiques
Ces dangers se trouvent dans les habitations, sur les lieux de travail et dans les villes en général. Ils augmentent avec l’accroissement de la production industrielle et du trafic
Conditions médiocres à l’intérieur de l’habitation, (pollution provoquée par la fumée de mauvais réchauds par exemple.)
Risques dus au travail (exposition aux produits chimiques ou à la poussière, mauvais éclairage, absence de protection par rapport aux machines, etc.)
Risques d’inondations, manque d’espaces de récréation, pollution de l’air et de l’eau qui doivent être contrôlés (pollution industrielle et aussi automobiles.)
La plupart des villes du tiers monde doivent continuer de lutter au niveau de ces deux étapes .
3* Etape de la réduction des dégâts causés à l’écologie de la région autour de la ville, à la santé et a la qualité de vie de ses habitants :
La ville, surtout si elle est importante et prospère, produit beaucoup, consomme beaucoup, et génère beaucoup de déchets. Elle a tendance à évacuer ses déchets solides et ses eaux usées en dehors de son périmètre sans aucun traitement préalable. La pollution atmosphérique de la ville a tendance à provoquer des pluies acides qui détériorent l’écosystème terrestre et aquatique de la région. Les ressources régionales sont utilisées par la ville pour ses besoins : terre, graviers pour la construction, eau douce dont la demande est de plus en plus supérieure à l’approvisionnement local.
Ce n’est que depuis 1960 qu’on a pris conscience de ce type de dégradation dans les pays du Nord. Depuis lors, des pressions s’exercent pour réduire la pollution atmosphérique et opérer le traitement des déchets. Il reste cependant encore beaucoup à faire et plus particulièrement dans les grandes villes du Sud.
4* Etape du développement durable :
Elle consiste à faire que l’impact écologique de la ville sur les ressources et les écosystèmes globaux soit compatible avec les limites acceptables à l’échelon mondial d’utilisation de ressources, de production de déchets, et d’émission de produits chimiques destructeurs de la couche d’ozone et à effet de serre.
Si elle est contraignante, la forte densité de population offre cependant un certain nombre d’avantages :
Elle peut entraîner un abaissement des coûts par ménage pour l’approvisionnement en eau, l’évacuation des déchets, la plupart des soins de santé et d’éducation; elle permet l’utilisation plus efficace des ressources par le biais de la récupération et ou du recyclage (eaux usées pour l’irrigation par exemple). et la création d’entreprises spécialisées dans ces domaines. La population urbaine utilise par ailleurs moins d’espace par habitant:
On a calculé que tout espace urbain actuel mondial avait une superficie analogue au Sénégal.
La mise en valeur de ces avantages nécessite une gestion démocratique de la ville.
A l’heure actuelle, les villes les plus importantes et les plus riches ont pu réduire leurs pressions sur leurs régions; mais pour cela, elles ont transféré les désordres environnementaux antérieurement imposés à leur région vers d’autres régions et vers les systèmes globaux (au niveau du globe). Par exemple elles importent des matières premières et des denrées alimentaires venues d’écosystèmes éloignés où les forêts et les cultures sont surexploitées pour produire les biens qu’elles demandent.
Les émissions dans l’atmosphère du plus important gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone, continuent d’augmenter.
Les villes du Sud par contre sont beaucoup moins polluantes à cause de la faiblesse du niveau de leur activité économique et de leur consommation.
Les deux dernières étapes commencent à être envisagées par les villes du Nord qui ont en général passé le cap de deux premières.
Ainsi, chaque ville a son lot de problèmes environnementaux,
ancrés dans ses propres structures sociales économiques politiques
et dans un contexte écologique précis. L’idéal est
que chacune en arrive à la dernière étape = développement
durable
L’EMERGENCE DE LA SOCIETE CIVILE (ONG)
Le terme ONG, (organisation non gouvernementale) désigne un groupe de citoyens, volontaires, sans but lucratif, organisé à l’échelon local, national et international dont les activités sont déterminées par la volonté collective de ses membres. Il peut s’appliquer à toutes sortes d’organisation syndicats, coopératives, associations professionnelles groupement d’intérêt public groupement d’action militante pour des causes spécifiques, intellectuels, élus locaux, église, partis politiques etc.
1 ° Ces dix dernières années le nombre d’ONG a considérablement augmenté, cela est dû à l’impuissance croissante des gouvernements à résoudre un certain nombre de problèmes sociaux et environnementaux.
Cela est dû au désir de plus en plus grand des populations de participer au développement en relation avec une plus grande prise de conscience et la mondialisation des problèmes.
Elles sont à l’heure actuelle plus de 450 ;000 dans le monde touchant 600 à 800 millions de personnes et possédant 5 à 6 millions de leaders Il faut cependant remarquer que les ONG originaires du sud sont encore peu nombreuses.
Une grande partie d’entre elles a déjà un esprit mondialiste
2 °Leur Rôle :
a) Elles sont devenues nécessaires et constituent actuellement une dimension essentielle de la vie publique. Elles sont de plus en plus reconnues à cause :
De leurs connaissances spécialisées, leur aptitude à travailler directement avec les populations en particulier les plus pauvres, de leurs qualités par rapport aux organismes gouvernementaux (souplesse de fonctionnement, caractère non officiel) de l’engagement résolu de leurs membres à des objectifs concrets, de leur présence physique sur le terrain des collectivités.
Elles représentent la 2é source d’entraide financière (après les aides bilatérales) au Tiers-Monde.
b) Les différents rôles qu’elles jouent:
Au sommet officiel :
· En 1995 à Beijing ( Chine ) à la 4ème conférence sur les femmes, elles sont devenues très expérimentées et ont participées massivement au forum de Houairou.
Elles ont dénoncé les structures et les pratiques qui nuisaient aux femmes dans le monde et à tous les niveaux et fait des propositions de changement.
Les ONG, féminines se sont montrées très dynamiques
a) situation actuelle :
Malgré des progrès certains (production qui a doublé et commerce de denrées alimentaires qui a triplé ),il y a encore environ 800 millions de personnes soit 16% de la population mondiale (contre 20% il y a 10 ans ) qui souffrent de son alimentation chronique et 200 millions qui souffrent de carences proteino énergétiques .Cette population se trouve dans 88 pays (44 en Afrique 23 en Asie, 9 en Amérique latine, 12 en Europe, et communauté des états indépendants ou CEI (ex URSS) donc surtout dans les PVD, 43% de cette population se trouve en Afrique, qui est en passe de devenir un continent de famine remplaçant l’Asie, dans cette triste réputation. Il s’agit de pays à faibles revenus et à déficit alimentaire c’est à dire qui ne produisent pas assez pour nourrir leurs habitants et qui n’ont pas de ressources financières pour importer. Il s’agit de groupes de population qui localement ou à l’échelle du pays se retrouvent de façon structurelle ou conjoncturelle en rupture d’alimentation. L’Afrique ne produit que 85% de ses besoins en nourriture de base = céréales, racines tubercules, beaucoup manquent de protéines, de certaines vitamines et minéraux. En Afrique subsaharienne le nombre de sous-alimentés a presque doublé depuis 1970 pour atteindre le chiffre de 170 millions à l’heure actuelle.
Dans le monde, neuf pays sont actuellement en pénurie alimentaire,
Il y a plusieurs sortes de faim
La sous alimentation ou «faim calorique» qui correspond à une insuffisance de calories;
rations caloriques (calories moyenne par jour )
PD PVD PMA
3500 2500 2150 ( ration limite)
La malnutrition ou« faim spécifique» provient de carences en éléments nutritifs (protéines, lipides glucides, vitamines, sels minéraux ), ou d’une mauvaise santé suite à une maladie infectieuse qui empêche l’organisme d’assimiler les aliments.
Il y a des conséquences sur la santé qui amènent des handicaps = retard de croissance, arriération mentale, cécité ou altération de la vue.
Les plus faibles sont atteints = les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et allaitant, etc. La crise économique a fait apparaître des gens qui ont faim dans les rues des grandes villes et des pays du Nord (Quart Monde)
b) LES CAUSES DE CETTE SITUATION :
Elles sont multiples (naturelles, technologiques, scientifiques, économiques, socioculturelles, politiques ), mondiales et locales, rendues plus complexes avec la mondialisation de l’économie.
La pénurie alimentaire n’est pas en effet seulement due à des catastrophes naturelles comme la sécheresse ou des guerres.
Parmi les causes les plus importantes. :
c) LA SECURITE ALIMENTAIRE :
Elle est un souci constant de la communauté internationale qui la définit par «l’accès permanent de tous aux denrées alimentaires nécessaires pour mener une vie saine et active en quantité suffisante et qualité acceptable »
Elle est un des éléments de lutte fondamentale contre la pauvreté, il semble que la terre puisse nourrir ses habitants (en théorie) mais il n'y a pas de sécurité alimentaire.
Disposer de revenus ou de moyens de produire pour acquérir sa nourriture constitue l’objectif principal des ménages et tout particulièrement de zones à risques alimentaires. Les femmes sont très importantes dans la production alimentaire mondiale (=55% de l’alimentation, 80% en Afrique).
Les céréales sèches et le riz ont une place prépondérante dans cette problématique: ils fournissent l’essentiel de l’aide alimentaire.
Il ne faut pas sous-estimer les produits locaux, tubercules, cultures maraîchères, viande qui participent aussi à la sécurité alimentaire.
«Une famille jouit de la sécurité alimentaire quand ses membres, quelque soit leur âge, ou leur sexe, peuvent accéder à tout moment à la nourriture dont ils ont besoin pour être en bonne santé »
LA TERRE PEUT-ELLE NOURRIR SES HABITANTS ?
Théoriquement oui, à l’heure actuelle : la production a augmenté plus que la population (grâce à la technologie et aux moyens financiers). Le problème est surtout «l’accès» à la nourriture. Le Nord détruit ses excédents pour maintenir ses prix ou paye pour interrompre la production. Il est vrai que la solution ne réside pas dans le transport des excédents du Nord vers le Sud, mais il s'agit de créer des économies nationales saines.
Les PVD ne doivent pas négliger leur agriculture mais il faut que les PD cessent de subventionner la leur.
Les stocks céréaliers sont tombés à des niveaux extrêmement bas, de telle sorte que les prix du marché mondial ont augmenté de 30 à 50%.
OBSTACLES A LA SECURITE ALIMENTAIRE.
L’ALIMENTATION ET LA SECURITE ALIMENTAIRE
| DATE | HISTORIQUE |
| 1948
1963 1970 1974 1975 1976 1977 1979 1981 1985 1992
1994 |
Déclaration
des droits de l’homme : droit à l’alimentation et irresponsabilité
collective de l’alimentation de l’humanité
Institution du programme de mondial de l’alimentation 1er Congrès à Washington : on constate qu’un homme sur deux souffre de sous-alimentation (faim calorique) ou malnutrition (faim spécifique) 2è Congrès de l’alimentation mondiale (La Haye) Conférence mondiale de l’alimentation à Rome, engagement international pour la sécurité alimentaire mondiale. Droit de ne pas souffrir de la faim ni de la malnutrition afin d’être en mesure de mettre en valeur ses facultés physiques et mentales. Projet de mettre fin dans 10 ans aux problèmes de faim, malnutrition, et sécurité alimentaire. Création d’un Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale, seul organisme responsable de l’évolution de la sécurité alimentaire (CSA), Programme d’Assistance pour la Sécurité Alimentaire des PVD(PASA). Système d’Information d’Alerte Rapide (SMIAR) qui la perspective d’offre et de demande alimentaires en particulier dans les PVD. Plan d’action sur la sécurité alimentaire mondiale diffusion régulière des prévisions dans le domaine de la production. La première journée mondiale de l’alimentation (16 octobre) Pacte mondial de sécurité alimentaire : plan d’urgence visant à mettre en place un dispositif de sécurité alimentaire global ; grand rôle de la FAO, à la CNUED (sommet de RIO) Conférence Internationale sur la Nutrition (CIN) par L'OMS, et le FAO, à ROME (Problèmes de faim, malnutrition, et des maladies liées à l’alimentation dans le monde entier. Objectif principal : préserver le bien être nutritionnel des personnes les plus vulnérables (nourrissons, femmes enceintes et allaitant, personnes âgées marginalisées dans les foyers pauvres) Programme spécial pour le développement
des cultures de base dans les PMA à déficit vivrier.
|
C. Evolution de la politique de l’Union Européenne pour l’alimentation
d. PERSPECTIVES D’AVENIR
En 2010, il y aura encore 680 millions d’hommes malnutris dont 250 millions d’Africains surtout subsahariens, ce qui fera de l’Afrique le continent de la famine à la place de l’Asie.
4. LE SOMMET MONDIAL DE L’ALIMENTATION :
Le but de ce sommet a été :
D’évaluer les progrès accomplis depuis la conférence de 1974 sur l’alimentation et envisageant une action future de sensibiliser l’opinion publique (le sommet a été très médiatisé), de susciter un engagement politique au plus haut niveau. La solution de la sécurité alimentaire incombe aux gouvernements et tous les ministres concernés doivent être mobilisés : agriculture, pêche, forêts, affaires étrangères, commerce environnement etc. pour lancer une campagne d'éradication de la faim et de la sous-alimentation, et garantir à tous la sécurité alimentaire.
L’objectif de l’an 2015 est de réduire de moitié le nombre des sous alimentés car si des mesures décisives ne sont pas prises, leur nombre n’aura pas diminué dans quinze ans.
Les engagements
Ils se résument dans la Déclaration de Rome sur la Sécurité Alimentaire.
Chaque être humain a droit d’avoir accès à une nourriture soluble et nutritive et d’être à l’abri de la faim.
Le programme d’action prévoit de réduire de moitié le nombre de sous-alimentés dans le monde au plus tard en 2015; pour cela il est nécessaire de créer un contexte sociologique et économique pour favoriser la sécurité alimentaire à savoir, donner la priorité aux enfants, et en particulier aux fillettes, réduire les inégalités et la pauvreté (les statistiques deviennent de plus en plus efficaces pour mieux cerner et éliminer la pauvreté), élaborer des politiques de développement rural viable et participative, adopter des politiques commerciales pour assurer à tous la sécurité alimentaire (alors que la libéralisation croissante des échanges mondiaux est réaffirmée alors que contradictoire avec l’objectif suivi).
Les principes reconnus à l’unanimité ont été le rôle essentiel de l’agriculture; la gestion durable des ressources naturelles la redynamisation des zones rurales.
Elles ont renouvelé à veiller a ce que les êtres humains aient à tout moment un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine, nutritive, leur permettant de satisfaire leurs besoins en énergie et en vivres, en cas d’urgence.
Elles ont protesté contre leur marginalisation à ce sommet, alors que dans les autres sommets les ONG ont été de plus en plus consultées et elles ont accusé l’hypocrisie des grandes puissances qui contrôlent les 2/3 du marché mondial et subventionnent leurs agriculteurs, faisant ainsi une concurrence déloyale aux paysans du Tiers-Monde.
Révolution verte:
Révolution, technologique agricole : contrôle de l’eau, semences améliorées de haut rendement, usage d’engrais et de pesticides; elle a eu lieu au Mexique en 1940, s’est développée à partir de 1960 dans le Tiers-Monde, mais n’a pas touché l’Afrique Subsaharienne ni les petits exploitants.
Révolution doublement verte : agriculture à hauts rendements mais durable, c’est à dire sans nuire à l’environnement (renouvellement des ressources et limitation de la pollution), c’est donc à dire avec de nouveaux succès techniques, mais tout en préservant les ressources naturelles.
5. RISQUES POUR L'AFRIQUE :
L’Afrique a été tenue à l’écart de la Révolution Verte (à part l’Afrique australe pour le maïs hybride et l’Afrique de l’Ouest pour le coton). Des risques environnementaux apparaissent : la réduction de la biodiversité, de la fertilité des sols, la manifestation d’effets de serre à cause des feux de brousse et de la déforestation, la mauvaise ou sous utilisation de l’eau.
L’Afrique devrait doubler sa production d’ici 2050, or l’agriculture est peu impliquée dans la Révolution Verte, elle est structurellement faible et le fardeau de la dette pèse sur les budgets.
Que faire ?
Il faut intervenir à tous les niveaux,
éviter gaspillage et pertes pendant la conservation : aménagement de réseaux d’entrepôts adaptés
3) Xè réunion de la CITES (Convention sur le Commerce International des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) à Harare (Zimbabwe) 9-20 Juin 1997
Elle est aussi appelée Convention de Washington ; 138 pays y adhèrent, le secrétariat général se trouve à Genève, en Suisse, et elle fait l’objet de réunions biennales
*Historique de la CITES et fonctionnement
:
| LA CONVENTION DE WASHINGTON | L’ ANNEXE II répertorie les espèces qui risquent l’extinction à court terme |
| En 1973, inquiets
de la menace de disparition de certaines espèces animales et végétales
sauvages, 39 Etats dont la France, signaient à Washington une convention
visant à réglementer le commerce international de ces espèces
(importation, exportation, et réexportation)
Le 1er janvier 1996 ,plus de 120 pays avaient ratifiés ce texte; la convention de Washington dite également convention CITES (Convention on International Trade in Endangered Spécies of wild fauna and flora) convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) impose des restrictions au commerce international des espèces animales et végétales. Ces espèces sont environ 37000 et classées en 3 annexes en fonction des menaces plus ou moins grandes d’extinction pesant sur elles L’ANNEXE 1 énumère les espèces menacées d’extinction immédiate le commerce international en est totalement interdit Quelques espèces inscrites à l’annexe 1 -les singes anthropoïdes -les tortues marines (gorille chimpanzé etc.) -certains crocodiles et certains singes -et lézards d’Amérique du sud -les salamandres géantes -les lémuriens -la plupart des -le panda cétacés -les éléphants dauphin, baleine, -les rhinocéros etc. -les grands félins -La plupart des (guépard, léopard, rapaces, tigre) grues, faisans et perroquets …. -certains coquillages la plupart des cactus et certaines orchidées
|
Afin d’éviter
une exploitation menaçant leur survie, le commerce international
de ces espèces est très strictement réglementé.
Il est soumis à l’obtention de permis ou autorisations.
Quelques espèces inscrites à l’annexe II : - tous les singes* -tous les cétacés -tous les félins * - tous les perroquets -toutes les loutres* - tous les rapaces* les pécaris, diurnes et nocturnes certaines antilopes - tous les colibris -tous les crocodiles* - les flamands -tous les varans* - la sangsue médicinale -les tortues de terre - tous les coraux noirs et de rivière - toutes les orchidées* -tous les boïdés* (boa, - tous les cactus * etc.. python, etc.) *Sauf les espèces déjà inscrites à l’annexe 1 L’ ANNEXE III décrit les espèces déclarées en danger sur le territoire d’un ou de plusieurs pays et pour lesquelles des mesures de sauvegarde particulières ayant pour but d’empêcher ou de restreindre leur exploitation s’imposent (ainsi le morse au Canada ou l’ibis sacré au Ghana . Les dispositions de ces 3 annexes s’appliquent aux espèces de la faune ou de la flore vivantes ou mortes ainsi qu’aux parties ou produits issus de ces espèces : plumes coquillages fourrures peaux ivoire, animaux naturalisés fleurs séchées ,boutures etc. |
| Extrait d’un document du Ministère français de l’Economie et des Finances sur la protection des espèces menacées d’extinction 1996 |
Passage de l’annexe 1 à l’annexe 2
Deuxième sommet de la Terre
L’eau est une ressource renouvelable (cycle de l’eau), mais à quantité limitée: 2,5 % de l’eau de la planète est douce et 0,007 % est accessible aux hommes si on exclut l’humidité, la calotte glaciaire les nappes phréatiques trop profondes ;.elle est de plus irrégulièrement répartie. Or la consommation n’a cessé d’augmenter avec la population et le développement des besoins (industriels et surtout agricoles à cause de l’irrigation qui utilise 70% de l’eau disponible.
Un tiers de la population connaît un manque chronique d’eau douce (les conflits d’eau se multiplient, 20% des hommes n’ont pas d’eau potable dont 50% de la population du tiers-monde qui souffre de maladies hydriques à cause de la mauvaise qualité de l’eau. L’ eau est aussi atteinte par la pollution des eaux usées déversées sans traitement; les barrages ont perturbé le cours des rivières et l’écosystème qui les entourent.
Voilà pourquoi il est nécessaire de gérer et de faire payer l’eau à son prix en internationalisant les coûts environnementaux aux coûts économiques sans que cela ne puisse nuire aux populations diminuées.
Les pays ont «déploré» la Désertification sans donner d’engagement, et le sort des forêts devrait être abordé dans la convention sur la biodiversité.
Les décisions sont reportées à 2002.
En fait la plupart des problèmes nécessitent des solutions d’ordre planétaire et il faut une volonté politique associée à des ressources financières, ce qui n’est pas le cas alors que pendant ce temps les problèmes s’aggravent.
On peut dire qu’il s’agit d’un pas en arrière pour la santé de la planète.
«L’homme est une espèce dangereuse et en danger!»
| PROGRES
* Développement institutionnel *Développement de la coopération internationale *Intégration du secteur privé *Développement participatif des populations |
AGGRAVATION
*Développement de l’exploitation des ressources naturelles *Modes de production et de consommation très gaspilleurs * Pollution atmosphérique * Disparition du patrimoine génétique * La pauvreté développe sa pression sur l’environnement * L’aide des pays riches a baissé (0,25% du PNB) |
E. Conférence de Kyoto sur les changements climatiques (1er au 10 décembre 1997 Japon)
Tableau des mesures concernant les changements climatiques
Position Responsabilités : des différents Etats à Kyoto
Les pays développés sont responsables de 2/3 des émissions passées et de 75% des émissions actuelles alors qu’ils sont les mieux placés pour s’en protéger.
Par contre les PVD ont un faible niveau d’émissions par habitant (ex : pour le CO2 : 1 tonne par habitant par an, pour 3,6 dans les pays développés ; ils aspirent au développement économique qui entraîne des émissions supplémentaires et sont les plus exposés aux changements climatiques.
Position des différents états au cours des négociations :
L’ AOSIS (Alliance, en 1991, de 42 petits états insulaires à littoral peu élevé); ce sont eux qui redoutent le plus l’augmentation du niveau des mers. Ils ont demandé la diminution de 20% des émissions de CO2, par rapport au niveau 1990 avant 2005.
L’UE a joué un rôle moteur pour la défense de l’écologie; elle préconise des objectifs et des échéances obligatoires, en particulier une baisse de 7,5% du niveau d’émission de 1990 d’ici 2005 et de 15% du niveau 1990 de CO2, d’ici 2010 .
Les autres pays développés
Japon, Usa, Canada, Australie, etc.
Le Japon est partagé car il subit la pression de l’économie; les Usa, gros émetteurs sont favorables à une contrainte juridique, mais avec des dispositions possibles de dérogation, car la réduction entraîne des incidences néfastes sur l’économie.
L’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) a une grande influence et est acharnée à retarder les négociations.
Le groupe des 77 (actuellement 132 PVD) établi en 1967 dont la Chine, est conscient de la situation mais il lui est difficile d’avoir une seule voix : la Chine est un gros consommateur de charbon, les «tigres» d’Asie veulent augmenter leur consommation d’énergie. L’Afrique se révèle vulnérable.
Les entreprises : d’abord grosses consommatrices et peu favorables à la convention, commencent à s’y intéresser (les assureurs à cause des intempéries, les écologistes des PD mais de plus en plus des PVD, les collectivités locales comme les municipalités.
Le Protocole de Kyoto
Il était nécessaire d'adopter un engagement officiel d’autant plus que s’est établi un solide consensus scientifique sur le lien entre émissions de gaz à effet de serre (GES) et changements climatiques. L’engagement devait se faire collectivement pour qu’il n’y ait pas d’effet pervers sur la libre concurrence.
Il a été adopté par consensus, mais ce qui est important, c’est qu’il est juridiquement contraignant.
De nouveaux objectifs ont été établis pour les émissions des PD de l’annexe 1 pour après 2000; il s’agit de réduire les émissions des 6 principaux gaz à effet de serre d’au minimum 5,2% et cet objectif doit être atteint entre 2008 et 2012 par rapport au niveau des émissions de 1990 pour le C02, le CH4, et le N2O et à celui de 95 pour les HFC, PFC, et SFC, gaz industriels à vie longue. En fait, la réduction se révèle supérieure à 5% car les émissions n’ayant cessé d’augmenter depuis 1990 cela amène certains pays industriels à les réduire de 20%.
Une certaine souplesse d’application est possible pour effectuer et mesurer la réduction des émissions : trois mécanismes ont été imaginés à cet effet pour les PD :
Son objectif était d’établir des règles pour la mise en pratique du protocole de Kyoto et de donner des réponses précises à des questions qui n’ont pu être suffisamment abordés.
Cette conférence qui réunissait 161 pays a été un échec, aucun engagement nouveau n’a été pris.
Compte tenu de l’importance des informations concernant le problème environnemental, le plus grave de la planète, nous reportons le contenu de cette conférence au prochain numéro de Mâsarâgba
7. la conférence de Bonn, Novembre 1999
| il y a 6 ans
il y a 1 an cette année |
1992
1997 1998 |
Au sommet de Rio
conférence de Kyoto conférence de Buenos Aires |
convention sur les changements climatiques
protocole de Kyoto aucun résultat pas de mise en pratique du protocole |
| ultérieurement ... | 1999 | Conférence de Bonn | poursuite des discussions |
Pendant ce temps, augmentation des émissions de gaz à effet de serre, augmentation de la température de l’atmosphère terrestre entraînant la poursuite des changements climatiques.
D’autres réunions importantes ont eu lieu :
Conférence de Dakar sur la désertification.
Conférence de Paris sur l’eau.
Conférence sur les zones tropicales humides (convention
de Ram Sar), elles seront traitées dans le prochain Mâsaragba.
De plus l’année 1998 a été celle du cinquantenaire de nombreuses organisations internationales créées en 1948 à savoir l’Unicef, l’UICN, et déclarations (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme).
3 REFLEXIONS
-«Le ramassage des ordures, c’est le nouveau travail des géographes ».....«on vous paie pour faire ce travail?»
«avec ce genre de travail les géographes ne seront plus chômeurs!»
Ensemble de réflexions faites par des étudiants de la Faculté des Lettres de Bangui, témoins de l’opération recherche-action sur l’assainissement des abords de la Faculté des Lettres ;
La mentalité de beaucoup d'étudiants à l’heure actuelle laisse fortement à désirer : ils se comportent en citoyens irresponsables, partisans du moindre effort et avides de subventions de l’Etat. La compétence est le dernier de leurs soucis, c’est un diplôme qu’ils recherchent par n’importe quel moyen sauf le seul valable, le travail. Ils sont préoccupés par leur ambition personnelle et le bien du pays est le cadet de leurs soucis.
Ce genre de citoyens est une caricature d’élite de la nation, ils sont les fossoyeurs de leur pays mais en enterrant leur pays ils s’enterrent eux-mêmes.
Heureusement nous avons rencontré des étudiants honnêtes, sérieux, désirant servir le pays, ne considérant pas leur diplôme comme un moyen d’arriver sur le dos des autres; mais hélas, ils ne sont pas la majorité.
Il est temps d’ouvrir les yeux et de retrouver son bon sens ! ! ! !
- « ça ne va pas ,ça ne pas du tout.....»
«il y a eu des progrès de faits en matière de sensibilisation sur le sida.....»
«Nous avons entouré psychologiquement les enfants traumatisés par les derniers événements, et il y a des résultats» (Isabelle)
Le premier type de réflexion provient souvent de ceux qui ne font rien pour que cela aille mieux, tandis que ceux qui s’engagent et s’impliquent dans des combats trouvent toujours qu’il y a des pas de faits, ce qui les encourage à continuer et à espérer.
Soyons de ceux qui s’engagent pour que les pays aillent mieux et ne nous laissons pas aller aux paroles négatives et démobilisatrices.
«Venez rebâtissons la muraille de Jérusalem et nous ne serons plus dans le déshonneur.. Ils diront Levons nous et bâtissons» Néhémie 2, 17,18
«Nous devons nous engager résolument dans la reconstruction de nos villages, de nos cités, de nos pays, et de notre continent. L’Afrique regorge de richesses naturelles, de compétences, et de talents. Nous devons les multiplier et les valoriser» Jean Blaise KenmogneI in Ecovox n° 9 .éditorial Juillet-Septembre 1996
Le pasteur camerounais Kenmogne se sert de l’exemple du prophète Néhémie appelant le peuple juif à rebâtir les fortifications de Jérusalem détruites, pour appeler dans le même esprit les Africains à se lever pour mettre en valeur les ressources tant naturelles qu’humaines de leur continent
- «Le pays régresse par manque de formation » Michel Ndake, Président des anciens étudiants Centrafricains en Allemagne.
En effet le pays manque d’écoles professionnelles permettant aux jeunes scolarisés de s’introduire dans la vie active avec une spécialité correspondant à un besoin du pays.
L’enseignement général ne forme que des chômeurs.
4 CONSEILS
1) Chaque jour, accomplis les gestes simples du développement
| Le développement du pays préoccupe tout un
chacun. Tous du sommet à la base en parlent, souvent sous forme
d’analyses, de plaintes ou de critiques. Entre temps, on oublie que chacun
peut, jour après jour améliorer la situation du pays.
Le développement, le vrai, est une croissance harmonieuse vers un mieux-être réalisé par tous et pour tous. Personne ne pourra se considérer comme dispensé de faire un effort. Il n’y a pas des acteurs d’un côté et des spectateurs de l’autre. Chacun doit mettre la main à la pâte. L ‘agent de développement est celui qui est à même de résoudre avec les moyens disponibles les problèmes concrets qui se posent à lui dans la vie quotidienne. Il est parfois étonnant de constater que ceux qui sont à même de faire des discours brillants sur le développement laissent "traîner" des dossiers importants dans leurs services. De même, il est plus facile d’écrire un article sur la justice que d’arriver le matin à temps à son bureau et de travailler 40 heures par semaine. Il nous paraît utile de vous proposer une série de «gestes simples de développement». Vous pourrez les effectuer aisément et ils feront progresser la société :
Ce que tu fais de concret a de la valeur, le reste est du verbiage extrait d’un calendrier chrétien de l’ex Zaïre 1996 |
2) Utilisation des compétences : pour une meilleure qualité de vie (par Ecovox )
Qui peut faire quoi ?
| Les participants
|
|
| Les Activités
|
Les possibilités sont multiples. En fait
tout ce qui permettra d’éveiller l’intérêt, à
la maison, à l’école, au club ; dans le quartier, ou dans
la ville sans oublier au travail.
En plus des exemples cités, précédemment voici d’autres suggestions. A vous de compléter la liste *écrire un poème *lancer « un journal mural » au centre social ou de quartier que vous fréquentez *Organisez un débat sur un thème lié à la journée mondiale *Ecrire la version moderne d’un conte traditionnel *lancer un débat sur le réseau informatique *proposer d’écrire de diriger ou de produire une saynète ou de participer au jury remise de prix *mettre au point un spectacle de marionnettes *organiser une conférence télévisée |
5 KODE NA NDARA ou la page
des créateurs centrafricains
La maison ALIZE (voir
la maison témoin qui se trouve avenue David Dacko ) BP 260,
TEL/FAX 615806 à BANGUI
Cette maison est le résultat de réflexions à partir de plusieurs expériences, visitées dans les pays africains, car la valorisation des matériaux locaux est à l'ordre du jour après la dévaluation. Il s'agit ici de briques de latérite comprimées et stabilisées au ciment, et de tuiles en fibromortier, solides et esthétiques, qui permettent en plus une bonne isolation thermique et phonique.
Avantages de cette maison : construction rapide (2mois), plus économique qu’une maison en ciment (il faut compter le prix de 15 millions pour 120 m2 bâtis, ce qui est le cas de la maison témoin).
Les corps de métiers ont été formés sur place (maçons, électriciens, briquetiers, charpentiers), ce qui crée des emplois pour le pays.
La maison témoin paraît petite pour une famille africaine, en particulier la cuisine. La réserve à provisions n’a pas été prévue.
Un autre plan peut être proposé.
L'ENERCA a déjà fait construire par ALIZE CONSTRUCTION deux maisons de responsables de province à Kaga Bandoro; un particulier centrafricain est son premier client du privé.
Les tuiles en fibromortier sont très demandées.
2 LES MEUBLES DE GABY MUKELENGUE
Originaire du Congo démocratique, âge de 35 ans, Gaby Mukelengue a reçu une formation à l’école d'architecture de l’Académie des Beaux-arts, à Kinshasa de 1980 à 1984. Il a quitté son pays depuis 1986, et a travaillé au Cameroun, au Sénégal, auprès d’architectes surtout dans le domaines du bois. En 1993, il se retrouve au Mali, puis arrive en RCA où il devient contractuel de l’entreprise ALIZE CONSTRUCTION.
Ses meubles sont inspirés de catalogues et de ses propres idées; il utilise toutes les variétés de bois tropical.
Sur la photo figurent une commode en bois rouge sapelli, une chaise, l’ensemble coûte 180.000 francs. Ces meubles ne sont pas à la portée de toutes les bourses mais ils coûtent moins cher que des meubles venus d’Europe ou importés d'Iran. Ils valorisent le bois local et ils témoignent d’une certaine créativité à encourager en Centrafrique.
Les défauts des meubles viennent en grande partie des difficultés que les ébénistes locaux rencontrent pour trouver des planches de qualité, bien sèches, sans nœuds ni fissures.
Il est aussi recommandé de mieux soigner les finitions.
3. Nombreux sont les talents mais les plus souvent ils restent en friche, c’est à dire non valorisés par une formation appropriée, et sous utilisés.
Ainsi, en est-il de notre petite équipe de dessinateurs.
Francis et Patrick KASHAMA dont la collaboration avec le journal
reste fidèle. Ils utilisent leurs dons à l’état brut
et ont acquis «sur le tas» une petite formation en environnement
au contact de la rédaction du journal.
6. HUMOUR ET POESIE
EXPERTS EXPATRIES EXPERTS LOCAUX
Afrique, lève-toi, et marche vers ton destin en Jésus-Christ
Depuis de nombreuses années, elle agit ainsi, ensevelie sous le tas des désespérés du monde, Afrique la mendiante la misérable. Un instant ! Regarde bien, elle ressemble à un bijou enfoui sous la Terre, sale et poussiéreux, ayant besoin d'un coup de main du Grand Artisan. Pour la tailler, la façonner, et la polir, afin de faire reluire sa splendeur et son éclat. L'heure est venue où Dieu veut la sortir des contraintes du Temps, la tailler et la façonner jusqu'à ce que la beauté qu'Il lui avait donnée soit dévoilée et achevée, pour refléter son éclat et sa gloire face au reste du Monde.
Dieu s'est montré très généreux envers l'Afrique, et l'a voulue très belle. Il en a fait un Continent riche. Avec toutes ces ressources qu'Il y a placées, Il doit avoir un plan merveilleux, pensez-y !
Tout d'abord, voyez la richesse et la variété de ses cultures. Il y en a tant. D'une manière ou d'une autre, chacune exprime quelques-uns sur Dieu notre Créateur. Regardez ses rivières, ses fleuves, ses lacs, et ses océans. Ils contiennent des merveilles, des poissons, et autre splendeurs de la vie aquatique. Regardez son sol, il est couvert de végétation, des arbres et des buissons de toutes sortes dont certains sont seulement pour la beauté, et d'autres pour recouvrir la terre ou pour la nourriture (pensez à la richesse, la variété des produits alimentaires et aux innombrables manières de les préparer).
Que dire de son sous-sol ! Dieu y a enfoui des minerais, de l'or, de l'argent, des diamants, des pierres précieuses d'une variété infinie. Pourquoi Dieu ne peut-il pas accomplir son plan pour l'Afrique ? Demandez lui quels en sont les obstacles; puis écoutez attentivement, étudiez sa parole, puis écrivez-nous pour nous communiquer ce qu'il vous aura révélé.
L'Afrique resplendira lorsqu'elle se lèvera et marchera vers son destin en Jésus-Christ.
Par Sandy Weiss, journal "Vers lez but" Pacla II N°2, novembre et décembre 1993.
Cité par "La Luciole", journal de la COM en RCA