Lycéens blessés par balle à Bangui selon Google Alerte

[ Bangui - République Centrafricaine ] ( 17/04/2006) Afriquecentrale Plusieurs lycéens centrafricains ont été blessés par balle lundi matin à Bangui lors de la violente dispersion par les forces de l’ordre de manifestations de soutien aux enseignants vacataires, en grève depuis un mois, a-t-on appris de sources concordantes. Pour la plupart élèves des lycées des Martyrs, Miskine et Boganda, les manifestants ont envahi en début de matinée les avenues bordant leurs établissements et y ont interdit la circulation en érigeant des barricades et en brûlant des pneus, a-t-on précisé de mêmes sources. Selon des témoins, des unités de la police et de la gendarmerie les ont alors dispersés en faisant usage de grenades lacrymogènes et en tirant à balles réelles. Plusieurs élèves ont été hospitalisés, blessés par des tirs à balles réelles, des coups de crosse et des chutes consécutives aux bousculades, a confirmé une source hospitalière, sans livrer de bilan précis. Les forces de l’ordre ont également procédé à de nombreuses interpellations, selon des témoins. "Au lycée des Martyrs, nous étions en train de chanter l’hymne national quand les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles", a raconté à l’AFP un manifestant. "Il y a eu une véritable débandade. Les élèves couraient dans tous les sens. On a dénombré au moins huit blessés par balles et de nombreux traumatismes", a-t-il ajouté. "Les forces de l’ordre ont également fait irruption dans des salles de classes pour brutaliser des élèves et certains enseignants vacataires", a affirmé un autre élève du lycée des Martyrs. "Ils en ont interpellé d’autres qui se trouvent en ce moment à la gendarmerie", a-t-il poursuivi. En grève depuis près d’un mois, les enseignants vacataires, qui représentent le gros des effectifs des écoles secondaires publiques de la capitale centrafricaine, réclament au gouvernement le paiement des arriérés de vacation de 2004 et 2005, soit 136,4 millions de francs CFA (207.940 euros). Leurs revendications restant sans réponse, les enseignants en grève ont durci leur mouvement la semaine dernière en empêchant leurs collègues non grévistes de faire cours, perturbant sérieusement l’activité de la plupart des établissements secondaires de Bangui. Confronté à une grave crise financière, l’Etat centrafricain est incapable de payer régulièrement le salaire de ses 20.000 agents, qui n’ont perçu pour la plupart que quatre mois de salaires en 2005.