Les soldats de Bozizé et de la FOMUC mis en débandade par la rébellion du Nord
(Centrafrique-Presse 28/06/2006)
La morgue et le service des urgences de l’hôpital communautaire et de l'hôpital général de Bangui ont été littéralement pris d’assaut ce jour en début de soirée par plusieurs dizaines de citoyens à la recherche de leurs proches qui pourraient éventuellement figurer parmi les victimes ramenées dans la capitale, des violents combats qui ont eu lieu dans la nuit du dimanche à lundi dernier dans la localité de Gordil (Nord Est de la RCA). Un ballet d'ambulances des services médicaux et des sapeurs-pompiers ont fait plusieurs navettes entre l'aéroport Bangui Mpoko et l'Hôpital communautaire pour convoyer les victimes rapatriées de Gordil.
Selon les informations parvenues à la rédaction de Centrafrique-Presse, les affrontements de Gordil ont fait, d’après une source qui a souhaité garder l’anonymat, onze soldats centrafricains dont des officiers, ont été tués et de nombreux blessés. 4 éléments gabonais et un nombre inconnu de congolais de la FOMUC, grièvement blessés. Plusieurs militaires du contingent tchadien de la FOMUC de confession musulmane qui ont trouvé la mort ont été enterrés sur place.
Les troupes coalisées centrafricano-FOMUC ont été attaquées de nuit par surprise à Gordil et mises en débandade. Elles se sont repliées et se trouvent actuellement à Ndélé. Les forces rebelles qui ont lancé l’attaque seraient celles qui avaient combattu il y a quelques semaines le détachement conduit par le tristement célèbre Célestin Dogo qui a été finalement abattu.
Le régime de Bozizé habitué à nier la réalité de la situation sur le terrain, aura de plus en plus de mal à cacher la vérité à l’opinion puisque les combats qui se déroulent dans le Nord s’internationalisent davantage devant le refus des soldats centrafricains d’aller au front, Bozizé les traitant de « peureux et fainéants »
De sources proches de l’état major des Faca, la semaine dernière, à trois reprises, un hélicoptère non identifié avec un équipage composé de blancs, s’est posé dans la localité de Ndjoukou sur les bords de l’Oubangui à quelques encablures de Damara pour redécoller aussitôt après, semant une peur panique au sein des habitants de la ville.
Auteur : La Rédaction de © Copyright Centrafrique-Presse
Des affrontements ont eu lieu dimanche entre l'armée centrafricaine et des rebelles tchadiens
(Le Matin.ch 27/06/2006)
De violents combats ont opposé dans la nuit de dimanche à lundi l'armée centrafricaine et les forces de la Cémac à des rebelles tchadiens dans le nord-est de la Centrafrique, faisant de nombreuses victimes, a annoncé mardi le ministère centrafricain de la Défense.
Ces affrontements près de la localité de Gordil, à plus de 800 km au nord-est de Bangui près de la frontière tchadienne, ont fait 71 morts dans les rangs des rebelles tchadiens et 5 parmi les soldats centrafricains et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), a précisé sous couvert de l'anonymat une source militaire centrafricaine.
Selon un communiqué du ministère centrafricain de la Défense, ces combats ont pour origine l'attaque dans la nuit du 25 au 26 juin d'un "détachement de militaires appartenant à la Fomuc (Force multinationale de la Cémac) et aux forces armées centrafricaines qui étaient stationné à Gordil" par "un groupe de rebelles tchadiens fortement armés".
"Les combats qui s'ensuivirent ont été particulièrement intenses, faisant de nombreux morts de part et d'autre", a ajouté le texte, sans faire état d'aucun bilan officiel.
Plusieurs violations du territoire centrafricain par des rebelles tchadiens hostiles au régime du président tchadien Idriss Deby Itno ont été dénoncées ces derniers mois par les autorités de Bangui.
© Copyright Le Matin.ch
Fonctionnaires en RCA : Contrôle de l’authenticité des diplômes
(Le Soleil 27/06/2006)
Bangui - Le Premier ministre centrafricain Elie Doté a lancé hier à Bangui une opération de vérification de l’authenticité des diplômes des agents de l’Etat afin de les rémunérer en fonction de leur niveau de formation réel, et de lutter contre les multiples fraudes.
« Il s’agit pour le gouvernement de maîtriser les effectifs des fonctionnaires et agents de l’Etat (...) et de rémunérer et utiliser les personnels de l’Etat par rapport à leurs diplômes réels », a déclaré M. Doté, espérant ainsi « rendre l’administration performante ».
GAMBIE : Report du procès d’un journaliste
Banjul - Le tribunal de Kanifing (est de Banjul) a renvoyé au 6 juillet le procès prévu la semaine dernière du journaliste gambien Lamin Fatty poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », a appris l’Afp hier auprès de son journal. « Le procès devait avoir lieu le 22 juin dernier, mais il été repoussé au 6 juillet à la demande de l’avocat qui souhaite avoir plus de clarification sur la charge retenue contre son client », a déclaré à l’Afp Madi Ceesay, directeur du journal « The Independant ».
Arrêté le 10 avril dernier et inculpé le 24 mai, Lamin Fatty, journaliste au bi-hebdomadaire gambien « The Independant », avait été libéré sous caution après avoir été incarcéré pendant deux mois. Le journaliste avait publié une information erronée selon laquelle Samba Bah, ex-ministre de l’Intérieur et ancien directeur des services de renseignements (Nia), avait été arrêté dans le cadre d’une tentative de coup d’Etat contre le président gambien Yahya Jammeh, que le gouvernement avait annoncé avoir déjoué. Le Comité pour la protection des journalistes (Cpj), un organe de défense de la liberté de la presse, a demandé aux autorités gambiennes de « retirer immédiatement toutes les charges » contre M. Fatty.
AFP: © Copyright Le Soleil
Deuxième Appel à la Communauté Internationale, pour « Assistance à pays en danger » : la République Centrafricane
(Centrafrique-Presse 28/06/2006)
Situation humanitaire très préoccupante dans le Nord de la République Centrafricaine (RCA)
Depuis la tentative de prise de pouvoir par les armes, par le Général François BOZIZE en octobre 2002, la situation humanitaire en RCA s’est aggravée. Le 15 mars 2003, BOZIZE prenait de force le pouvoir de l’Etat Centrafricain. Il s’en est suivi de nombreuses exactions et violations graves des Droits de l’Homme, dénoncées par la presse africaine et diverses associations de Défense des Droits de l’Homme. Ces violations se poursuivent encore aujourd’hui (mai 2006).
Lors d’une conférence donnée à la Maison des droits de l’homme de Lyon en février 2006, le président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) Me Nganatouwa GOUNGAYE WANFIYO a fait mention de « graves atteintes aux droits de l’homme à Bangui comme en province ».
Jusqu’à présent, les autorités politiques ont toujours laissé ces crimes impunis malgré les nombreuses dénonciations officielles, dont celle-ci :
Le pouvoir dont ils constituent le bras armé a toujours fermé les yeux sur leurs comportements criminels. Si rien n’est fait pour mettre rapidement un terme à ce terrorisme d’Etat, la République Centrafricaine se dirige inéluctablement vers une explosion. L’état des lieux des droits de l’homme ainsi dressé est lourd. La situation de violence institutionnalisée et les violations des droits de l’homme compromettent tout projet sérieux de développement de la République Centrafricaine. [1]
Ces violations sont exercées par la garde rapprochée de BOZIZE. D’après Amnesty International[2], les populations du Nord de la RCA ont subi depuis janvier 2006 de très graves représailles. Un rapport précis de la situation a été fait par l’Union des Journalistes Centrafricains (UJCA)[3] qui a pu mener une enquête sommaire sur le terrain à Paoua. Ces exactions ont de graves conséquences sur les populations. D’après Amnesty International, la situation est très préoccupante :
« Les homicides perpétrés dans l’Ouham-Pendé et l’Ouham, dans le nord-ouest du pays, ont poussé au moins 7000 personnes à aller se réfugier dans le sud du Tchad depuis la fin du mois de janvier 2006. Ces personnes sont venues s’ajouter aux 43000 Centrafricains ayant fui le pays pendant le conflit armé qui a pris fin avec le renversement de l’ancien président Ange-Félix Patassé en mars 2003. La santé et la sécurité des réfugiés dans le sud du Tchad suscitent de vives inquiétudes. »
Est-ce la réalisation de la promesse faite par Jean Serge WAFIO actuel bras-droit de BOZIZE ? Le 28 juillet 2003, il avait annoncé publiquement le génocide des ethnies du Nord de la RCA. Voici ses propos :
« Le Général François BOZIZE bénéficie du soutien total du Président Jacques CHIRAC. Le moment viendra où nous les GBAYA commencerons à sévir, il n’y aura pas de quartier. Ce sera pire qu’au RWANDA. La préfecture de l’OUHAM-PENDE sera rasée, nous n’épargnerons la vie à aucun KARE, TALI, PANA, KABA etc. Je vous prie de leur transmettre ce message. » [4]
Enfin, dans une pétition adressée à la Cours Pénale Internationale, l’Union des Forces Républicaines déclare :
« …que les violations commises lors de la tentative de coup d’Etat du 25 Octobre 2002 et de la prise de pouvoir du 15 mars 2003, relèvent des incriminations pénales de génocide, crime de guerre et crimes contre l’humanité comme le prévoit le Statut de Rome. »[5]
Devant ces violations graves des Droits humains et l’escalade sans précédent des violences commises par les compagnons de Bozizé, plusieurs associations et organisations des femmes et de la jeunesse centrafricaine se sont levées pour demander au gouvernement d’engager un dialogue avec les centrafricains qui sont mécontents de la gestion du pouvoir de Bozizé, mais ce dernier va marquer un refus catégorique. Bozizé a choisi de répondre par la voix des armes pour étouffer cette rébellion au lieu de privilégier le dialogue. Ainsi, pour une énième fois encore, il va solliciter l’appui de la France pour dit il, aller mâter les rebellions du Nord.
Hier, c’était le tour de la préfecture de l’Ouham Pendé et une partie de l’Ouham, aujourd’hui, l’escalade de la violence a atteint les préfectures du Bamingui Bangoran et de la Vakaga.
A l’heure où nous mettons sous presse ce deuxième appel pour assistance à pays en danger, d’intenses combats sont signalés dans la région de Birao (frontière avec le Soudan) entre les groupes armés, les FACA, la FOMUC composée des éléments français, gabonais, congolais et tchadiens installés à Bangui depuis le coup d’état de Bozizé en mars 2003.
Le bilan des attaques est très lourd du côté des FACA mais à Bangui, l’Etat Major se plaît à publier le chiffre de 7 morts seulement. Les soldats de l’armée centrafricaine (FACA) sont moins équipés, ils subissent de lourdes pertes alors qu’entre temps, les enfants de Bozizé, de Gambie et autres, tous militaires de profession comme leur père mènent tranquillement leur vie dans les pâtisseries et boites de nuit de Bangui, accompagnés de petites filles du lycée Caron ou s’occupent plutôt du trafic des diamants et autres pierres précieuses du pays.
Il faut signaler qu’en plus des moyens dérisoires à leur possession, ces soldats qui se battent sur le front nord sans trop savoir pour quelles raisons ils se battent contre leurs frères, n’ont perçu leur prime globale d’alimentation (PGA). Certains, contraints par la violence des combats mais surtout la faim ont préféré faire un repli tactique à Bangui, mais Bozizé et Gambie les ont traités de lâche, de peureux, de tous les maux dont souffrent l’armée centrafricaine qu’ils ont eux-mêmes contribué à sa destruction.
L’objet de cette lettre ouverte vise d’une part à donner de la lisibilité sur les conflits qui déchirent à l’heure actuelle la Centrafrique et d’autre part rompre le silence pour attirer pour une deuxième fois, l’attention de la communauté nationale et internationale sur ce drame.
Je souhaite, avec le concours de la population centrafricaine et de la communauté nationale ainsi que toutes les associations de défense des droits de l’homme, que la France se positionne et agisse rapidement dans cette situation dramatique en retirant sa logistique, sinon elle va en porter la responsabilité devant l’histoire comme au Rwanda. La logistique (Hélicoptère de combat, Jaguar et autres véhicules militaires) utilisée en ce moment au nord de la RCA pour tuer des centrafricaines et des centrafricains est fournie par la France pour maintenir ce dictateur sans état d’âme au pouvoir.
La communauté internationale laisserait – t – elle cette situation atteindre le paroxysme de l’horreur comme au Rwanda ? Elle en prend discrètement mais assurément le chemin. Nous en appelons à votre conscience. Je vous supplie de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour débloquer la situation et mettre un terme à ces évènements douloureux et meurtriers.
C’est un appel pour « Assistance à pays en danger ». Le PEUPLE Centrafricain vous en sera reconnaissant !
Rigobert AYANDE , Université de Bangui.
© Copyright Centrafrique-Presse