En date du samedi 6 mai 2006, les anciens
parlementaires de Centrafrique se sont rencontrés au National Hôtel en assemblée
générale dans le but de renouveler leur bureau. Au cours de cette rencontre,
les membres de l'association ont été informés de l'accord du premier ministre
Elie Doté pour que des ordres de mission soient délivrés aux membres de
l'association qui désirent prendre part aux travaux du Congrès de l'Union
Mondiale des Anciens Parlementaires Francophones (UMAPF) prévu au Palais
Bourbon à Paris du 18 au 19 mai 2006. Cinq personnes ont été désignées pour
effectuer le déplacement. Il s'agit de Anne Marie Ngouyombo,
présidente élue ; Marcel Babou, secrétaire général ;
Marc Désiré Langandi Tchokpologuia
; Avit Bokonas et Rigobert Ndémalé tous membres de l'association. Malheureusement, le
conseiller de l'Ambassade de France a causé l'irréparable. Les demandeurs de
visa ont été envoyés paître sans commune mesure par le soi disant conseiller
qui estime que ces pauvres anciens députés iront certainement grossir le nombre
des oisifs et clochards qui empêchent aux nationaux de trouver un emploi ou un
hypothèque job pour survenir.
Insultés copieusement par le diplomate français, les victimes décident de
déposer plainte contre le diplomate pour injures publiques. Il est inadmissible
que certains diplomates d'un pays de tradition démocratique se mettent sur la
place publique pour insulter les anciens dignitaires du pays et leur donner une
image négative tout au long de leur existence. Le conseiller que nous ignorons
tout de son statut et de sa mémoire doit comprendre qu'il est incommode de
manquer d'égard à l'endroit des personnalités établies. Les injures que
profèrent ce diplomate à l'endroit des anciens élus de la nation sont de nature
à créer nécessairement un incident diplomatique. Même s'ils ne sont plus
protégés par l'immunité parlementaire, ces personnalités conservent leurs
titres honorifiques. Le diplomate français a poussé l'outrecuidance pour exiger
qu'on ajoute sur le passeport de Mme Anne Marie Ngouyombo
le suffixe ex car elle n'est plus en fonction.
Que des aberrations qui rappellent l'époque coloniale. En ce 21è siècle peut-on
se comporter en colon ? Seul, le conseiller peut fournir des réponses à ces
interrogations.
Un tel incident diplomatique ne saurait rester sans explication de sa part
surtout que les anciens députés ont déposé une plainte pour le préjudice subi.
En clair, le chef du gouvernement doit rapidement convoquer une confrontation
avec le soi disant conseiller de France pour que la lumière soit faite sur
cette ténébreuse affaire qui alimente les débats partout dans la ville.
Affaire à suivre donc.
Mercredi
24 Mai 2006
Marcel
Dexter Gazikolguet
Des exemples de ce
comportement envers le citoyen normal ou envers les étudiants demandeurs de
visa ont été présenté à plusieurs reprises sans que les autorités ne
réagissent. Ainsi le 6 février 2006: Devant l’ambassade de France à Bangui,
aucun texte ne mentionne que la France a décidé de ne plus donner des visas
long séjour aux Centrafricains désireux de poursuivre leurs études dans ce
pays. Or cette
année, aucun visa long séjour n'a été attribué alors que les services
consulaires encaissent 65.000 CFA par Etudiant demandeur....
Madame Anne Marie Ngouyombo
Présidente de l'AAPCA
Monsieur Babou
Marcel
Secrétaire Général de l'AAPCA
Bangui, le 17 Mai 2006
A
Son Excellence, M. le Premier Ministre
Chef du Gouvernement,
Objet: Plainte contre le Conseiller de
l'Ambassade de France pour insulte aux Anciens Ministre et Député, Membres du
Bureau de l'Association des Anciens parlementaires de Centrafrique (AAPCA)
Excellence, M. le Premier Ministre,
Nous venons par cette note déposer plainte contre le Premier Conseiller Chargé
d'Affaires de l'Ambassade de France.
En effet, ayant été élus membres du Bureau de l'AAPCA
respectivement Présidente et Secrétaire Général, nous étions, après avoir été
mandatés par l'Assemblée Générale, statutairement habilités à aller prendre
part au Congrès et à l'Assemblée Générale de l'Union Mondiale des anciens
Parlementaires Francophones (UMAPF).
Nous avons déposé nos dossiers le lundi 15 mai 2005. Rendez-vous a été pris à
16 heures 30 minutes pour le retrait. Seulement au cours du premier entretien,
allusion a été faite à une mission de Mme Anne-Marie Ngouyombo,
Ministre, au cours de laquelle y aurait eu un incident et pour lequel elle n'en
est pas responsable.
Mais, à 16 heures 30 minutes au lieu de retrait, ce sont de petits problèmes
qui ont commencé à poindre. Le Passeport de la Présidente doit porter la
mention Ancien Ministre, Ancien etc. On nous a demandé de revenir le lendemain
après avoir corrigé ces anomalies.
Le lendemain, à notre grand étonnement, les visas vont nous être refusés alors
que nous avons officiellement demandé une Autorisation de sortie accompagnée de
note verbale accordées par les autorités centrafricaines.
A la question de savoir les raisons de ce refus à travers un entretien qu'elle
a eu avec le Premier Conseiller le mardi au matin, ce dernier a eu l'audace de
nous insulter en déclarant qu'il pense que nous ‘‘irons grossir le nombre de
clochards centrafricains qui sont en train de peser sur le budget social
français à l'exemple de nos nombreux frères vivant dans pareilles conditions
dans la Préfecture des Yvelines''.
Nous en avons pris acte et avons considéré qu'il nous a insulté en nous
traitant de clochards.
Excellence M. le Premier Ministre, l'UMAPF (Union
Mondiale des Anciens Parlementaires Francophones) en préambule de leurs statuts
et dans son 2e considérant stipule ‘‘la Francophonie est une réalité dynamique
et vivante de cette mondialisation''. L'UMAPF en tant que telle est un outil
qui contribue au rayonnement de la langue française. C'est une association à
caractère mondial dont les ressources ne dépendent pas que de la seule France
mais de tous les pays y affiliés et qui ont en commun l'usage de la langue
française, autrement dit la RCA financièrement y participe modestement comme un
pays pauvre.
Excellence M. le Premier Ministre, depuis 2001 date de la naissance de l'AAPCA Mme Ngouyombo et M. Babou ne se sont jamais bousculés devant le portillon du
Consulat de France pour demander des visas dans le but d'aller en France afin
de peser sur le budget social français. Ils n'en ont pas éprouvé le désir.
C'est fort de leur choix par leurs collègues et de leur insistance vu l'intérêt
de l'Assemblée Générale qu'ils ont accepté de faire les formalités que M. le
Premier Conseiller qui défend l'argent du contribuable français (ce qui est en
son droit) n'avait pas à affirmer des choses aussi graves vis-à-vis d'anciens
dignitaires. C'est une déclaration qui l'engage.
Heureusement que nous savons qu'il y a des français qui vivent en bons termes
avec des Étrangers sur leur sol. Notre jeunesse estudiantine et nos années
d'humanités en Provence peuvent en témoigner.
Pour tout cela, nous exigeons :
1) Une confrontation devant le Premier Ministre entre le Premier Conseiller et
nous.
2) Les excuses officielles du Premier Conseiller de l'Ambassade de France au
peuple Centrafricain et à l'Association des Anciens Parlementaires représentés
par Mme Ngouyombo et M. Babou.
3)Exigeons le remboursement de nos billets d'avion avec des dommages et
intérêts.
Dans l'attente d'une suite rapide, recevez nos profonds respects.
La Présidente de l'AAPCA
Anne Marie Ngouyombo