Fini kodé,
un texte de
Franck Saragba
Evoquer « FINI KODE », Littéralement en sango ; La nouvelle manière de pratiquer ou la nouvelle manière de faire, C’est affirmer haut et fort le postulat d’un concept salvateur face à la nouvelle donne politico économique de notre temps. Indéniablement fini kodé reste la seule alternative qui s’offre aujourd’hui à nous autres jeunes centrafricains face aux défis du futur. Par son essence même, il s’oppose radicalement à « M’gbéré kodé », l’ancienne manière. Manière d’être mais
également manière de procéder. Dans le premier cas, l’attitude, le regard, la posture sont prépondérants. Ils influencent sur le fonctionnement du réflexe et de la réflexion mais ils invitent également à l’action qui créée elle-même une réaction. Dans le deuxième
cas M’gbéré kodé est l’incarnation d’une période révolue d’une certaine Centrafrique spectatrice de son sort et de son avenir.
Convenez mes chers compatriotes que M’béré kodé est cette manière, cette pratique par lesquelles nos malheurs sont arrivés. M’gbéré kodé a commencé insidieusement a imprégné nos grands-parents à partir de la période coloniale puis nos parents ensuite nos aînés pour finalement nous conditionnés et prendre raison de notre confiance. M’gbéré kodé nous a fait perdre notre véritable identité. Notre humanité, le respect auquel nous avons droit en tant qu’être humain, en tant qu’entité culturelle, en tant que civilisation, en tant que membres de la communauté des hommes. fini kodé est l’antithèse de M’gbéré kodé.
Acculturés, déraisonnés, et complètement déboussolés, éparpillés dans l’affolement d’une course effrénée à perdre haleine, à perdre tout espoir. Nous croyons trouver une solution dans une sorte de course en avant, en une solution individuelle mais
Compromise. Une solution vouée à l’échec parce que mal ficelé, mal agencé, mal négocié, mal compris dans un monde ordonné aux ordres pré établis ou plutôt en un désordre organisé et planifié.
Cette incompréhension fait croire à quelques-uns d’entre nous que l’ultime solution réside à s’accrocher désespérément aux valeurs édictées de l’extérieure, aux croyances et autres confréries en ayant une foi inébranlable à toutes les théories
fantaisistes imposées ou suggérées dont la substance nous échappe. De leur vision combien voilé, quelques-uns d’entre nous se glorifient d’une protection illusoire et momentanée auprès de pays »amis », auprès de faiseurs de miracles et autres
vendeurs de mirages.
Si FINI KODE se veut une nouvelle manière, une nouvelle attitude, un nouveau comportement, il nous ramène indubitablement à la pensée, à la réflexion, à nos interrogations, à nos questionnements, à nos recherches, à nos trouvailles,
à nos angoisses, à nos doutes, à nos attentes, à nos rêves… Nous ne doutons pas un seul instant que vous avez compris que FINI-KODE nous ramène à nous mêmes.
Tout problème commence par susciter des interrogations pour finalement trouver des solutions. Cela, Fini kodé le savait déjà. Ce que Fini kodé désirerai à l ‘avenir, c’est que les solutions proviennent de nous-mêmes. La réflexion devait et
devrait être la nôtre. Les solutions à nos problèmes doivent refléter notre visage, sentir notre sueur, nos excréments pour ne pas dire, Excusez du terme, de notre… »merde « . Elles sont une sorte de pétrissage de nos souffrances, de nos peines, de notre sueur et
de notre sang. Comme dirait une sagesse centrafricaine que Fini Kode aimerait faire sienne « seul le malade sait de quoi il souffre ». Et nous souffrons évidemment de beaucoup de maux dont les remèdes se trouvent en nous-mêmes. A condition que nous voulons bien nous soigner.
FINI KODE veut par un comportement responsable faire adopter à nos cadets, nos frères, et sœurs une nouvelle disposition d’état d’esprit face à la vie, face à l’existence et aux enjeux de notre temps. Fini kodé devrait être le référent. Inévitablement cette démarche heurtera la sensibilité des M’Gbéré KODE, le conservatisme de nos pères, l’ingratitude et l’égoïsme de nos aînés. Ceux, justement qui contribuent par leur médiocrité avec la complicité de leurs « amis » à la décrépitude de notre beau et merveilleux pays, à la disparition lente et certaine des nôtres. Devant leur incompétence notoire, il est de leur grand intérêt que les choses restent figées. FINI KODE n’a pas une autre ambition que d’œuvrer pour l’intérêt du plus grand nombre.
Vulgariser l’esprit fini kodé sur toute l’étendue du territoire. En un mot, apprendre à ceux-ci de ne plus courber l’échine, d’être vigilants aux prédateurs des temps modernes qui viendront leur proposer un marché de dupe, de vraies fausses solutions. Hier c’était
déjà la France/Afrique, demain comme tout semble l’indiqué ce sera la Chine /Afrique. Fini kodé souhaiterait l’appelation Afrique/France ou Afrique/Chine. Prenons garde, gardons raisons car il s’agit de relation entre Etats. M’béré kodé a souffert
d’un manque de réalisme et de pragmatisme de ce côté-là. Fini kodé ne saurait commettre les mêmes erreurs. Il appartient à fini kodé de méditer les leçons de M’béré kodé.
Dire les choses de la manière la plus simple qui soit, c’est déjà parler le langage FINI KODé. C’est déjà se positionner, C’est déjà déplaire. Derrière les concepts et les mots savants de la diplomatie qui nous échappent se jouent un jeu de «
dupe », un jeu de cache-cache, un savoir dominant qui dit une chose et son contraire. Sa véritable face se cache dans la complexité des tournures. Sa capacité à rebondir pour nous dire ce que l’on veut entendre mais n’a jamais cherché à résoudre définitivement nos souffrances, toujours avec des vielles méthodes remis au goût du jour. La véritable étymologie, la sémantique, la symbolique des mots, et des signes nous échappent, parce qu’elles ne sont pas les nôtres. Au nom d’un hypothétique universalisme dont nous ne voyons guère les effets positifs sur notre quotidien. Nous avons un territoire immensément riche et pourtant nous sommes demeurés pauvres et dépendants. L’on ne peut mieux s’exprimer, l’on ne peut avoir une meilleure pensée que dans sa langue maternelle. Une simple logique de compréhension. Tous les peuples dominants ont rêvé, penser, réfléchi, agis dans leur langue maternelle. Tous les peuples dominés ont rêvé, pensé, réfléchi dans une autre langue que la leur.
Des valeurs intrinsèquement fini kodé
FINI KODE, c’est trouver des solutions simples et pratiques pour le plus grand nombre, refuser le fatalisme, la misère sous toute ses formes, les vraies-fausses solutions, ne compter en premier lieu que sur nous même, cultiver en nous l’amour de la
terre de nos pères, vanter et honorer la générosité et la légendaire hospitalité de ceux-ci. FINI KODE c’est la volonté de se réfugier dans les vraies valeurs bantoues qui sont des valeurs humanistes. Désormais nous crions haut et fort que nous aimons la vie, que
nous aimons passionnément notre pays, nous aimons également le monde et les hommes, nous aimons toutes les créatures vivantes. Si nous tuons un gibier, si nous abattons un arbre, c’est pour nous nourrir, c’est pour nous réchauffer et construire notre maison pour nous abriter des intempéries. Nous sommes des jeunes hommes et des jeunes femmes de la génération FINI KODE qui comptons bien vivre comme des « hommes » dans notre pays. Fini kodé déteste que les nôtres mœurs de sida ou de toutes autres maladies opportunistes. Nous sommes plus ou moins parti du pays et maintenant nous savons de quoi est fait l’étranger. A présent nous ne rêvons plus. La solution ne peut que se trouver chez nous. Nous avons des projets, des rêves et voulons les
réaliser à notre mesure, rebâtir ou plutôt reconstruire pour nous, pour nos enfants une République centrafricaine forte, humaine, et équilibrée. Nous comptons également apporter notre contribution résultante de notre sensibilité à l’évolution d’un monde de plus en plus déshumanisé.
Si Notre pays a énormément de chose à apprendre du monde, il a également beaucoup de choses à apprendre au monde. FINI KODE est la fois repris sur soi-même, sur ses bases, immersion dans ses racines et ouverture au monde. Le repli sur soi-même, sur nos valeurs qui sont les vraies valeurs humanistes nous permettra de prendre confiance en nous même, en notre capacité afin de s’ouvrire sur un monde incertain et risqué. La pensée unique est contre nature, la pensée unique est contre productive. Qui d’autre peut mieux nous connaître que nous-mêmes ? Qui d’autre peut prétendre mieux nous connaître que nous mêmes parce qu’il aura bénéficier de notre hospitalité !. Etrange comportement que celui de ces «passagers» qui auront passé quelques années au pays et qui voilà se mettent à écrire, décrire notre culture. Africanistes se disent-ils. Voilà où commence le mépris ! Au nom de quoi, et de quelle science se permettent-ils d’avoir le culot de dire qu’ils ont tout compris des rites sacrés gbayas, yakomas, bandas… Voilà qu’ils se mettent à interpréter et à expliquer. Voilà qu’ils se mettent à affirmer dans des gros livres. J’avoue que moi-même je n’ai pas encore compris tous les mystères de nos rites. FINI KODE n’a pas besoin de porte-parole. Si porte parole il y a c’est nous même qui l’aurions choisi. FINI KODE Préfère parler en son nom. Lorsque que des bases solides de notre culture sont assimilées, on peut résister aux tentations et à l’érosion du temps. FINI KODE est une véritable re-fondation. A l’image de la construction d’une nouvelle maison, dans un environnement hostile. Exactement comme l’environnement de notre Centrafrique à la fois généreuse par ses richesses naturelles et sa population mais en même temps capricieux par un environnement tropical. La seule chose dont nous sommes conscients c’est que nous ne voulons plus être des témoins passifs de notre misérable vie, dans un beau et riche pays qui est le nôtre. Conscient que nous allons disparaître si nous ne faisons rien ou n’essayons pas de faire autrement sans doute comme dirait l’autre, une simple question de survie. Conscient que demain, nous aurons à répondre à cette question oh ! Combien traumatisante de nos enfants : « Qu’a fait votre génération pour notre pays ? . Cette question que nous aurions bien voulu poser à nos pères, à nos aînés. Tant Nous la redoutons.
Entreprendre par défi pour survivre
Fini Kodé veut jeter les bases de l’édification de cette maison où il fait bon vivre. Cette maison où les femmes et les hommes de notre pays muent par une même et seule volonté face à ce grand défi d’un nouveau genre de bâtisseurs. Surprendre le
monde. Montrer que nous sommes capables de faire autre chose et autrement. Nous savons de quoi nous sommes capables mais aussi ce dont nous sommes incapables. Personne d’autre ne doit parler à notre place, personne d’autre ne doit parler en notre nom. Nous devons parler même si nous parlons différemment. Nous devons écrire, même si nous écrivons mal. Certains vous diront tantôt qu’il n’y a pas la forme, tantôt il manque de profondeur où encore le correctement ceci, le correctement cela. La vérité est que ce message simple, vrais, chaleureux, humain et direct qui est le reflet de nous même dérange. Il ne rentre pas dans le schéma édicté. Il ne rentre pas dans le cadre imposé.
Car FINI KODE est en train d’édifier un nouveau cadre qui convienne à nos qualités et à nos défauts. Nous devons oser même si nos pas semblent incertains Nous devons entreprendre par défi, pour survivre. C’est pourquoi nous sommes les seuls à savoir quel genre de maison nous voulons construire pour y habiter et y recevoir nos amis, mais surtout sur quel genre de terrain. Il s’agit là, vous vous en douteriez d’un revirement total pour ne pas dire d’une révolution de mentalité, de pensée, de comportement, d’attitude.
FINI KODE prend en compte notre passé mais ne veut pas revenir ici sur ces périodes douloureuses et tristes de notre pays. Ils font désormais partie de notre patrimoine. Nous ne pouvons les nier, ni les oublier. Nous les conserverons à jamais dans notre mémoire collective, dans nos bibliothèques pour nos enfants, afin de témoigner. Notre passé constitue le véritable alibi de FINI KODE. SI FINI KODE se manifeste c’est parce que M’Gbéré KODE a existé. L’un a envie de crier haut et fort, l’autre se terre dans un lâche silence. Si le premier est positif, imaginatif, innovateur, entreprenant et moderne, le deuxième est l’incarnation de la négation perfectionnée, la fatalité, le conformisme, l’égoïsme, la méchanceté. Deux mondes diamétralement opposés mais
aussi deux générations et deux périodes bien distinctes. La génération de nos parents façonnée par la période coloniale et la nôtre qui est celle d’après les indépendances. Comprendre cela, c’est accepté le progrès et refusé toutes les manières, toutes les
approches véhiculées par les M’Gbéré KODE qui ont jusque là contribuées à développer la misère dans notre pays et à nous déshumaniser. Par la faute de «M’GBERE KODE nous sommes devenus désormais la risée du monde.
FINI KODE ne fait pas ici l’apologie ou la satire des crimes économiques ou de sang commis par les uns et les autres. Il ne stigmatise pas tel ou tel groupe ethnique ni spécialement un régime politique. Le faire c’est méconnaître la réalité politique de
notre pays, et vouloir attiser et réactiver la haine d’autant plus qu’à plusieurs reprises « le pardon «avait été consommé et consumé par les différents protagonistes. S’excuser, se pardonner n’est-ce pas vouloir dire ou reconnaître déjà son tort ? , Sa part
de culpabilité ?, Mais alors de quel tort ? , De quelle culpabilité ? Bien entendu vous vous offusquerez en me disant que le degré de responsabilité n’est pas le même. Que untel est plus coupable que tel autre. Mais de quel degré de responsabilité parlez-vous donc ? . Dans l’ordre hiérarchique lequel classé en premier alors ? . Entre celui qui consiste à signer un accord unilatéral au nom de notre pays pour des générations et qui nous lie, nous prive de toute liberté, compromet l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants ? , Ou bien celui de prendre en otage notre pays et de le considérer comme un petit village reclus du bout du monde en le gérant avec sa famille au mieux avec son ethnie ? , Ou encore celui de faire participer dans nos querelles de famille une armée de «
va-t-en-guerre« ? . En quarante-sept ans d’indépendance le pouvoir politique a été aussi bien entre les mains des forestiers, des riverains que des savaniers. Cela dénote un partage des responsabilités devant les exactions passées et présentes, des
responsables de crimes, de détournements de deniers publics …Nous sommes tous coupables à un degré où à un autre. Nous sommes tous acteurs ou spectateurs donc complices. Lequel de nous n’a pas eu un père, une mère, un frère, une sœur, un cousin, un neveu, un oncle dans un gouvernement quelconque ? Que celui qui dit le contraire lève la main ! .
EN faisant allusion au refus de la misère engendré par l’esprit M’GBéré KODE , à l’édification d’une maison dans un certain environnement donné et dans un monde de plus en plus déshumanisé et risqué, Fini Kodé fait allusion vous
l’avez sans doute devinez à la recherche d’un model de société qui intègre nos valeurs culturelles, nos tabous, nos coutumes afin d’atteindre un seul but qui est celui de notre survit ensuite notre épanouissement dans la prospérité. Dans cette démarche à la fois
empirique et pragmatique. Nous puiserons dans le premier cas : expérience, force, énergie, vitalité pour pouvoir dans un deuxième temps, renforcer, consolider afin de solidifier notre entreprise pour la rendre réelle. Des pistes de réflexion seront ouvertes. Il n’appartient pas à FINI KODE de prétendre répondre à toutes les questions. A travers FINI KODE, nous voulons seulement être des instigateurs, des agitateurs de conscience. Empêcher les cerveaux atrophiés de s’endormir définitivement. Provoquer un
état de veille perpétuel. Susciter la palabre sur des sujets tabous afin de libérer les consciences et permettre au débat de se structurer afin de poser les bases de notre refondation que nous voulons au risque de nous répéter solide. Ainsi les murs pourront se
fissurer et même tomber sous l’effet de la tempête, de la foudre mais les fondations demeureront pour des siècles des siècles. FINI KODE veut de la simplicité, de la limpidité, de la robustesse, de la pratique dans sa démarche. Poser des questions toutes simples pour emmener des solutions pratiques. Une question toute simple presque anodine mais qui est en réalité la question principale qui cache un nombre incalculable de vraies questions. Qui sommes-nous ? . Une fois que ce mystère existentiel élucidé, il est normal et légitime de se demander que voulons-nous ? Et comment voulons nous vivre ? De quelle manière ?.
Lorsque nous avons commencé à élaborer les premières ébauches de FINI KODE , beaucoup d’amis ont trouvés notre démarche compliquée et risquée. Enfin des amis encore imbibés de l’esprit « M’GBERE KODE » nous ont conseillé d’avoir recours à des spécialistes en ceci, des spécialistes en cela et autres appellations ronflantes Nous connaissons l’existence de ces instances auxquelles appartiennent ses spécialistes et respectons leurs travaux. FINI KODE ne veut pas pour l’instant rentrer dans des controverses scientifiques inaccessibles et éloignées des préoccupations des nôtres. Parce ce que toutes ses analyses aussi cohérentes et rationnelles nous semblent être très éloignées de nos préoccupations sinon nous aurions trouvé ne fut-ce qu’une solution
depuis longtemps à nos maux à travers leurs travaux. Combien de fois n’a t-on pas cessé de nous répété que le monde a beaucoup changé, que le monde a énormément évolué grâce au progrès, aux vaccins à la médecine, à la technologie, à l’hygiène. Bien sûr que le monde a évolué mais sauf pour nous autres. Sinon, nous ne continuerons pas à mourir de choléra, de tuberculose, de paludisme, de dysenterie, de fièvre jaune, de méningite, et de toutes les maladies liées à l’eau que l’on ne donnerait même pas aux bêtes des fermes des pays riches. Des maladies aux noms très anciens que le soi-disant progrès a du mal à éradiquer. L’on se croirait encore au moyen âge alors que l’on se lance frénétiquement dans la conquête du ciel comme pour fuir une terre désormais compromise. Et le Sida ? , A croire que Le progrès n’appartient et ne profite avant tout qu’à ceux qui l’ont inventé. Seulement la responsabilité nous incombe. Si le sida existe c’est tout simplement parce que nous les sauvages mangions du singe. Le sida ne peut venir que de cette Afrique «attardée, pensais-t-on ou plutôt disais t-on. Puisque nous sommes les coupables de tous les maux du monde nous seront les premiers cobayes de toutes les expérimentations. La légitimité d’avoir inventé le progrès donne le droit de décider de la vie ou de la mort. Ne parlons plus d’un idéal universel dans le progrès, dans la technologie. Si progrès il y’a, il doit profiter à la majorité or la majorité de la planète souffre, or la majorité meurt. FINI KODE est une approche pratique sur le pourquoi et le comment des choses à partir du quotidien, des interrogations du pauvre, sur des solutions concrètes. Eu égard à sa méfiance, à l’incapacité des solutions importées. Aux solutions miracles. Cette solution tellement souhaitée doit refléter nous l’avions déjà dit la majeure partie de nous même, de nos aspirations. Nous ne le répéterons jamais assez, parce que nous savons que «la répétition est mère de tout enseignement. »
QUI SOMMES-NOUS ?
La question peut prêter à sourire et semble être d’une simple banalité. Mais pour nous elle est d’une importance capitale. Vous avez sans doute remarquer que la question n’est pas d’où venons-nous ? Car cela poserait la question de l’origine de l’espèce humaine dans son intégralité. FINI KODE n’a pas la prétention d’expliquer les origines de l’être humain. D’autres personnes plus qualifiée ont tenté dans le passé de résoudre aujourd’hui cette grande inconnue de notre existence. Qui sommes-nous ?, Il vient du constat que nous existons déjà. La preuve évidente et formelle que nous existons et demeurons bien sur cette généreuse terre au cœur de l’Afrique centrale où Nos vaillants ancêtres y veillent jalousement. Nos inoubliables héros y ont vus le jour et y sont enterrés. Nous y sommes nés et y avons grandis sous la protection et la bienveillance de nos aïeux et des dieux animistes. Nous y avons été soignés et scolarisés. Nous y avons déversés nos larmes de joies et de peine. Nous y avons partagés des moments de douleurs, de peur et de colères. Nous y sommes profondément et viscéralement attachés, impossible de contrôler nos émotions, notre nostalgie n’a pas de limite une fois éloigner du pays. Cette flamme entretenue en chacun de nous à tout moment et en tout
endroit au point que je fus surpris et amusé d’apprendre que nos frères du Congo Brazzaville nous interpellent sympathiquement « goé na Bangui » ( je vais à Bangui en sango ) . Un des grands héros de notre pays , Le président Barthélemy Boganda lui même
disait : « Il faut être Oubanguien pour comprendre certaines histoires. De ces histoires que l’on se raconte de génération en génération le soir venu au coin du feu … il n’y a que dans la langue sango que certaines histoires peuvent se raconter. Voilà
quelques observations et appréciations qui répondent en partie à la question qui sommes-nous ? . A notre attachement, à notre affiliation qui s’est fait par sédimentation, par stratification. A la question qui sommes-nous ?. FINI KODE a envie de répondre : Nous sommes des jeunes femmes et des jeunes hommes de la génération fini kodé, nés pour la plupart d’entres nous a partir et aux environs des années 1960. Cela n’est pas un hasard si cette tranche d’âge s’est retrouvée ensemble pour partager leur peine, leur
inquiétude, leur projet.
Tout d’abord, c’est une génération unie par un sentiment de liberté symbolisé par l’indépendance. Ils sont nés avec le vent de l’indépendance et n’ont pas connu l’époque de la colonisation avec sa cohorte d’humiliation, et de mépris. Ce sont donc des femmes et des hommes libres qui ont pu bénéficier des infrastructures éducatives et sanitaires dues à la prospérité des années 1970. Ils ont connu « Bangui la coquette », Bangui ville « de parie « et de lumières avec ses flamboyants et ses manguiers aux troncs
peints à la chaux et aux feuillages passionnément élagués. Ils ont également été témoins de la construction de l’ETAT-NATION, ils ont été témoins de la bipolarisation. C’étaient les années d’après indépendance, du parti unique, le MESAN fédérateur.
Puis frappés de plein fouet par la crise économique des années 1980. Au moment où ils rentraient sur le marché du travail Ils ont connu le chômage, les petits boulots, les sales boulots, l’exode rural, et l’exil. L’administration ne pouvant tous les intégrés.
Aujourd’hui ils sont unanimement inquiets de l’avenir de leur si beau et riche pays. Quarante et sept années après l’indépendance ils estiment qu’ils ont atteint l’âge de maturité. Ils se sentent désormais la responsabilité et le devoir de reprendre les choses en
main. Ils ne se reconnaissent pas dans la passivité, la lâcheté, le conformisme de leurs pères véhiculés par l’esprit M’gbéré kodé. Ils comptent faire évoluer les choses, améliorer leur condition de vie et retrouver leur dignité. Cette dignité inscrit à l’encre indélébile dans notre devise a pris un sens trop négatif avec le temps. Non pas le sens originel et noble qu’à bien voulu lui donner son créateur Barthélemy Boganda . Cette dignité ressemble aujourd’hui à de la lourdeur, à des boulets que l’on
aurait attachés à chacune de nos chevilles. De l’unité nationale, nous n’avons rien retenu pourtant cette unité nationale que nous croyions déjà acquise très tôt à travers l’utilisation d’une seule langue « le sango »sur tout le territoire. Une exception en
Afrique dont nous étions si fiers est en train hélas de s’éroder. Du travail encore moins. FINI KODE veut en finir avec cette mentalité d’inactif, de jouisseur, d’attentiste, de spectateur, de mendiants. Le travail est un facteur valorisant et d’équilibre. Cultiver
l’excellence, le travail bien fait est un acte de citoyenneté. La contribution de chacun à l’esprit FINI KODE du « mieux vivre » passe nécessairement par le travail, par l’occupation de toutes les forces disponibles.
QUE VOULONS-NOUS?
SI les conditions ne nous permettent pas, il nous appartient de créer ces conditions, imaginons-les, Réalisons-les. Donnons à nos projets une base, un cadre, une crédibilité, de la cohérence, de la continuité enfin…du sens.
Désormais nous aspirons à Vivre comme des « hommes « et non à survivre. Vivre mieux et en harmonie avec notre environnement naturellement riche dans le respect des traditions bantoues et animistes. Profiter de la richesse de notre pays en même temps préparer un avenir meilleur pour les générations futures. Cette volonté de se ressourcer, de prendre force dans nos racines est une nécessité. Notre harmonie physique et mentale est à ce prix là. Notre fondation sera d’autant plus solide qu’elle pénétrera les profondeurs et les mystères de nos aïeux. Vivre mieux dans un monde de technologie et de science n’est pas contradictoire avec le fait d’être bantou et animiste. Prenons du monde seulement ce qui est nécessaire, important, pratique et vitale Pour nous. Nous croyons aux dieux animistes créateurs de toutes choses et respectueux de toutes créatures. Posons-nous tout le temps la question sur la nature des choses et des êtres. Leurs origines, les différents éléments qui les composent, leurs objectifs et finalité. Est-ce que la religion chrétienne où islamique ont-elles un sens où du sens pour nous bantous et animistes ?. En toute chose, nous devons demander la bénédiction, la protection des dieux animistes. Ainsi nous sommes en adéquation, en osmose, en continuité avec notre
essence même, avec notre nature même de peuple bantou et animiste. Notre misérabilisme vient peut-être et même sûrement de ce manque d’osmose avec nous même. Cette rupture brutale du cordon ombilical. Nous recelons en nous de réelles contradictions. Animistes dans l’âme et chrétien ou musulman par conformisme. Animistes la nuit et chrétien ou musulman le jour. On se croirait encore à l’époque héroïque de la bible et du fusil ou du coran et du sabre. Chacun de nous devrait se définir. Car FINI KODE la liberté, c’est aussi cela. Seule une contradiction dans les esprits peut générer de la confusion, un mal être, de l’immobilisme, de la pauvreté spirituelle ensuite économique. Notre refus de la misère comme une fatalité vient du constat que nous habitons un pays
riche. Un pays béni par les dieux sinon nous n’aurions pas eu un aussi grand territoire peu peuplé dont presque toute l’étendue est cultivable. N’est-ce pas que les dieux bantous n’aiment que les gentils au point de leur donner beauté et richesses et punis les
méchants de tous les maux ? .Toutes les conditions d’une amélioration de la vie sont réunies, à savoir : La terre, l’eau et le soleil, ( ici les trois génies de la création sont réunis) simple hasard ? . Ajoutés à des facteurs comme une population jeune et l’un des
taux de fécondité les plus élevé d’Afrique ( encore la manifestation d’un autre génie celui de la fécondité. Un autre hasard peut-être ? . Est-il nécessaire de souligner les richesses qui regorgent notre sous-sol et qui attisent des convoitises. Quatrième hasard ? .
Elles sont à l’origine de multiples manœuvres de déstabilisations de notre pays. Comparer à d’autres pays, nous n’avons pas le droit de nous plaindre. Dans certaines contrées du monde la population ne rêve que d’avoir pas plus qu’un lopin de terre pour pouvoir y cultiver ou encore pour y habiter. D’autres sont prêts à tout pour qu’il pleuve. Dans les pays industrialisés, combien de travailleurs, de salariés rêvent en vain d’acheter leur petite maison et pourtant ceux-là ont travaillé environ une quarantaine
d’années sans relâche. Nous avons la chance d’avoir les matériaux de construction et de l’espace à porter de main. Il suffit d’être courageux une fois en dehors de Bangui et des principales villes de délimiter une surface et entamer la construction de sa maison.
Aucune autorité ne viendra vous demander des comptes. Pour vivre vous pouvez aller à la cueillette, à la chasse, à la pêche sans attendre une autorisation de quiconque. N’est-ce pas là, la véritable liberté ? .
La vie ? . Malheureusement Depuis quelques années cette liberté de circuler est menacée par toutes sortes de coupeurs de route et autres va-t-en-guerre qui arrêtent, spolient, violent, tuent les misérables paysans. L’idéal « pour mieux vivre » ne peut
s’accomplir dans l’insécurité, l’idéal « pour mieux vivre » ne peut s’atteindre dans la peur de nos paysans. Mieux vivre, c’est surtout vivre librement. La liberté d’aller et venir est un principe chez le bantou. Le priver de sa liberté d’aller et venir c’est
l’amputé d’une partie de ses membres. Le problème de l’insécurité doit être inscrit en priorité sur le programme de nos gouvernants. Dégager les moyens pour résoudre au plus vite ce problème vital. L’insécurité nous empêche de vaguer à nos préoccupations, Elle nous empêche de dormir la nuit, elle nous rend peureux, peu confiant. Elle nous stress, elle nous rend immobile sans projet d’avenir, elle fait peur aussi bien aux investisseurs nationaux qu’étrangers, aux touristes. Elle nous fait perdre du temps. L’insécurité est un facteur d’appauvrissement. Qui a donc aussi peur de nous au point de nous déstabiliser ? , Qui a intérêt à nous déstabiliser ? .La stabilité de notre riche pays est synonyme de développement. Les ennemis de notre pays le savent. Ils ne pourront voler, pillés et menés leurs manœuvres négatives dans la paix et la stabilité. Si seulement ils pouvaient nous tuer tous, ils l’auraient fait. D’ailleurs ne le font-ils pas déjà en nous déstabilisant ? , En nous suggérons des vraies-fausses solutions. ? . Jamais de mémoire de
compatriotes nous n’avons connu un tel degré d’insécurité, un tel degré de violence. Nous sommes foncièrement des non violents. N’allons pas contre notre nature. Il y a si peu, On vantait tellement notre pacifisme, notre stabilité, notre hospitalité. D’où vient cette violence ? Et pourquoi ? . Aucune raison ne peut justifier le meurtre d’un homme, ni son malheur. Notre pays est devenu en l’espace de quelques années une poudrière, l’un des plus gros dépotoir d’armes du continent. Fabrique t-on des armes en
Centrafrique ? D’où viennent ces armes ? Pourquoi les laisser se propager sur tout le territoire ? , Dans quel but ? , Pour quel intérêt ? ,Faudrait-il passer nécessairement par la mort, le sacrifice des nôtres pour regagner la paix ? . Pourquoi ne pas faire un
retour sur nous même en trouvons des solutions à nos querelles dans les profondeurs de notre culture par des moyens pacifiques comme la palabre ! , Organisons des palabres au niveau des villages, des quartiers sur des thèmes de l’insécurité, de la corruption, de la citoyenneté…
La
solution par la palabre
Inspirons-nous de la palabre pour organiser nos débats au niveau des institutions de justice et de la représentation nationale. Nous trouvons dans la palabre des traits communs avec le concept d’isonomia ( égalité devant le droit) qui a donné plus tard la démocratie athénienne. L’un et l’autre s’utilisent sur une petite échelle. La palabre au niveau d’un village, l’isonomia au niveau des cités grecques. La palabre pourrait aujourd’hui subir quelques arrangements structurels pour s’adapter aux fonctionnements d’un Etat moderne. L’idée du respect du droit à la parole est donc respectée. Allons chercher dans l’histoire par exemple des chefferies N’zakara , Zandé ou encore dans les sultanats de Bangassou , Zémio, Rafaï, et que dire comme modèle référant que peuvent représenter Sénoussi, Karinou, BErandjo... et autres des sources d’inspirations dans l’organisation de nos différents pouvoirs. La symbolique joue ici un rôle très important, entre la symbolique du pouvoir ou le pouvoir de la symbolique. L’une et l’autre se mélangent, se confond pour donner de la liberté, de la souveraineté, et conférer du pouvoir. Pourquoi ne pas chercher par exemple dans la guerre du kongo-wara le Symbol du courage, de la résistance pour façonner et donner un état d’esprit, une âme à notre armée. De même, en évoquant encore et toujours l’œuvre de Boganda aux hommes politiques. Pour leur rappeler que son génie réside dans le verbe, seulement dans le verbe et dans l’amour du prochain mais également dans la justice et non la violence, la
haine. Si un Etat a besoin seulement d’éléments physiques comme un territoire, une population et une langue pour exister, la nation à besoin elle de s’accrocher, de se rattacher à des mythes et à des symboles fondateurs. Les gouvernants doivent veiller à
la préservation de ces éléments pour renforcer la cohésion et l’identité nationale donc à garantir la paix sociale et la stabilité.
COMMENT CONSTRUIRE CETTE NOUVELLE MAISON.
Imaginons que FINI KODE est un jeune bâtisseur qui a beaucoup de fougue et de bonne volonté. Il est en bonne santé physique et morale. Ces derniers paramètres sont primordiaux pour la suite. Nous y reviendrons plus-tard. FINI KODE est très
mécontent de M’GBERE KODE, il lance alors une campagne de prospection et s’aperçoit très vite qu’il n’est pas le seul dans le pays à avoir ce sentiment. Les gens pour la plupart veulent désormais vivre autre chose, vivre autrement. Unanimement ils ne rêvent pas de grandes réalisations, enfin,du moins pour l’instant. Ils veulent simplement vivre en paix et en bonne santé comme des êtres humains dans leur pays. Alors vient à FINI KODE l’idée de bâtir cette nouvelle maison qui n’est pas forcément grande mais nécessairement robuste, agréable et conforme à la volonté du plus grand nombre. FINI KODE n’a pas à délimiter le cadre de sa construction puisqu’il existe déjà. Les frontières qui lui sont allouées ont été définies pour la premières fois depuis la conférence de Berlin en 1885. Nous sommes donc en l’année zéro de l’ère FINI KODE .Il s’agit donc de bâtir et non de construire sur une surface de 627 000 km2 une fondation. Un travail de terrassement, un travail de longue haleine. Aller chercher dans les profondeurs du sous-sol des matériaux solides pour pouvoir poser les premiers éléments de consolidation de la partie immergée de la fondation. Pour éviter tout effondrement précoce. Il faudrait se dit FINI KODE des bras, des hommes, de la volonté, de la motivation. Tous les bras, tous les hommes, toutes les bonnes volontés, toutes les motivations. Pour l’instant se dit-il encore FINI KODE a besoin de « têtes », de « cerveaux. Des personnes capable de penser et d’élaborer une stratégie à court terme voir à très court terme à moyen terme, à long terme,à très long terme. Si seulement notre pays était stable il aurait commencé son oeuvre songeait-il. Mais l’instabilité n’arrêtera pas son projet car Le concept FINI KODE c’est aussi cela. C’est la capacité à s’opposer, à résister, à s’adapter, à rebondir, à refleurir. Cette insécurité qui l’empêche de se rendre à bossangoa, à berbérati, à bangassou, à ndélé, à birao, à paoua…expliquer FINI KODE. Car Informer de FINI KODE, communiquer FINI KODE dans l’arrière pays est essentiel. Susciter l’adhésion et le consentement du plus grand nombre afin de recueillir leur coopération est primordiale. La réussite et la longévité de FINI KODE en dépend. Puisqu’il en est autrement, Il va falloir rapidement construire un abri de fortune pour dit-il se protéger de la tempête en attendant l’ouragan. A tempête, logique de tempête !, A Ouragan,logique d’Ouragan !. Des vagues successives de tempêtes ou plutôt de régimes politiques ont balayé année après année pour avoir raison des œuvres fondatrices de Boganda. C’est une trahison du père de la nation de la part de tous ceux et celles qui se sont réclamés abusivement de son héritage. Donc, pour le court terme il faudrait à FINI KODE certainement construire une toiture et non bâtir une fondation. En
attendant des jours meilleurs il doit construire une toiture d’urgence qui résiste aux vents et à la pluie. C’est à dire contre les coups d’Etat et les mutineries. La toiture prendra la forme de notre territoire. Cette toiture étendue permettra de couvrir toute sa surface. Elle est portée à chacune des extrémités et par le centre par trois troncs d’arbres qui pourraient être du bois d’ébène pour leur robustesse. Ce sont les 3 principaux dirigeants de partis d’oppositions qu’il faudrait nécessairement associer à la construction de cette toiture. Pour des raisons pratiques FINI KODE aimerait limiter le nombre de partis politiques à trois (3). Parce qu’à deux c’est trop peu et à quatre c’est trop. Un parti vainqueur des élections qui exerce le pouvoir exécutif et deux partis qui s’opposent. Des courants de pensées verront le jour dans chaque parti, toutefois ces partis politiques n’auront qu’un candidat à la fois. Ceci pour éviter des candidatures de complaisance et éviter à notre pays le morcellement de notre pays. Ainsi, Chacun des dirigeants parlera au nom d’un parti. Au centre de notre toiture se dressera un autre tronc d’arbre plus grand et plus gros ( le président) relié à partir du haut par des branches( des administrateurs, des techniciens) aux 3 autres troncs. Ce qui donne de la toiture un aspect conique. Le président et les 3 leaders forment le conseil de la toiture. Le président est le chef du conseil. La toiture d’urgence est une toiture d’urgence. Elle est d’un seul tenant. Elle concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Elle est à la fois pouvoir exécutif, pouvoir législatif et autorité judiciaire. Il est évident que le conseil de la toiture doit jouer le jeu de l’apaisement, de la concertation, de la négociation, du compromis. Ses membres doivent être animés que par la restauration d’un état de droit, la
mise en place des institutions. Cela suppose de fixer l’ordre des priorités. La priorité aujourd’hui c’est le retour au calme. Et le calme ne peut s’obtenir dans la division des membres du conseil. Par leur coopération et leur collaboration, ils éduqueront la
masse. Dans la structure d’urgence Il n’y aura pas de ministres, ni de chef de cabinet et autres nominations politiques. Sera nommé à la tête de chaque département « un responsable » issue du grade le plus élevé de la hiérarchie la plus élevé. Les membres du conseil de la toiture doivent trouver un dénominateur commun au sujet du retour à la paix. Il serait utopique de croire qu’ils seront toujours d’accord sur tout. C’est pourquoi les disparités, les dissensions doivent être dépassées à défaut remises à plus tard. En travaillant sur un minimum de dénominateurs commun, on assure déjà une continuité. Etendre la toiture sur l’ensemble du pays de sorte qu’il n’y a pas de zone de flottement, de non droit. Il est évident que les membres de la toiture doivent être eux-mêmes désintéressés, humbles, portés que par le seul intérêt général. Une sorte de sacerdoce. Les membres du conseil de toiture n’auront pas besoin de leurs salaires et autres avantages, puisqu’ils seront avec leur famille nourris, logés, soignés et protégés par la collectivité durant leur activité au sein du conseil de la toiture. Ainsi ils n’auront pas d’autres préoccupations que celles de sortir de la toiture d’urgence pour une fondation de longue durée. Puis le conseil doit s’appliquer à construire un bloc de murs sur lequel compter. Le mur ( l’armée) de cette construction d’urgence doit être montée à l’image des « dours-dours » ces maisons construites à base de boue et qui ne comporte pas de fenêtres. La toiture et les murs n’en font qu’un. L’armée d’urgence doit-être à l’image des «dours-dours », solide et compacte, formant un bloc. Une et apolitique dans laquelle les frontières des armes et des spécialités sont momentanément dissoutes. Elle forme les forces de la toiture. Elle est sous un même commandement. Elle a pour mission la paix, la restauration de la toiture sur tout le territoire. La toiture d’urgence ne doit durer que le temps de la tempête. Une ébauche de fondation doit être mise en place rapidement. Le mur de la toiture doit être défait par la suite.Les briques (les soldats ) doivent
regagner leur corps d’origine pour être en conformité avec la nouvelle fondation qui prévoira une ou au maximum deux fenêtres, ( syndicat ) et quelques associations caritatives. Il est évident que se posera également le problème du salaire des soldats qui ont
des femmes et des enfants à nourrir. Chacun doit comprendre que dans la toiture d’urgence, des mesures d’urgence s’imposent. Des efforts d’urgences doivent êtres consentis à commencer par la « tête », c’est à dire les membres du conseil de la toiture. C’est
pourquoi la toiture d’urgence ne doit pas perdurer. Les militaires et les fonctionnaires ne pourront percevoir qu’une partie de leur salaire. Pourquoi ne pas encourager le troc ? A défaut d’avoir de l’argent en espèces trébuchantes, pourquoi ne pas verser des
salaires en partie : En diamant, en or, en défenses d’éléphant, en terrain constructible, en matériaux de construction, en service dans les différentes administrations, en abaissement d’impôts, en bon de caisse que les parents pourront garder pour eux même
ou laisser en héritage à leurs enfants. D’autres minerais peuvent être ajouter à cette liste puisque notre pays regorgent de ces ressources. Il suffit d’expliquer et d’organiser un marché de trocs mieux encore une bourse de « salaire-troc« . Tous les moyens
doivent êtres mis au service du rétablissement de la paix. Il s’agit bien de notre pays. Lorsque la tempête aura disparu, il faudrait rattraper l’effort consenti par des augmentations progressives et totales des salaires.
Les différentes étapes de la procédure de la toiture d’urgence doivent être expliquées car FINI KODE est aussi communication, FINI KODE est aussi information, FINI KODE est aussi éducation, FINI KODE est aussi instruction. Par exemple pour encourager la coopération et la collaboration de la population, prévoir des récompenses en matériels ou des récompenses honorifiques, des citations dans les médias, des hommages rendus en baptisant du nom de ces héros de la toiture des rues, des écoles, des
hôpitaux…Des cimetières pour héros, des places réservées aux héros dans les stades, les transports en commun, les bars et boîtes de nuit, des magasins pour héros. Il est évident qu’un comité constitué de personnes reconnus pour leur vertu et leurs actes
héroïques passés décideront de la qualité de « héros » et leur attribueront une échelle de l’ordre de mérite. On pourrait être héros par son travail, son incorruptibilité, sa contribution au retour à la paix. Ces distinctions honorifiques participent à
l’élaboration d’une nouvelle norme de critères basée sur l’excellence, le mérite et la citoyenneté. De même que dans les programmes des écoles que nous aborderons plus-tard dans un autre volet FINI KODE projette réintégrer dans les petites classes la morale et
l’instruction civique.
Trouver une
urgence aux urgences
Le cheminement de notre démarche semblera sans doute confus a certains mais il y’a tellement de choses à dire et à faire en même temps. Une question en appelle immédiatement une autre. Tout est presque urgent. Tout paraît vital. Comment
raisonner encore dans un environnement déraisonné et déstructuré ? Arriver à dénouer le nœud, arriver à trouver une urgence aux urgences pour s’en occuper, voilà le dilemme qui se pose à FINI KODE. Ici, penser la solution, là panser les blessures ailleurs penser et panser en même temps. Colmater, rafistoler, souder, boucher, aider, colmater, rafistoler, souder, boucher, aider…encore et encore. De la peine, de la sueur, de la fatigue. De la peine, de la sueur, du sang, la mort…Du provisoire, de l’éphémère, de l’espoir …Que de la débrouillardise. Un ami ivoirien m’a dit un jour que « Dieu ferai mieux d’être petit, il est tellement grand qu’il ne voit pas la souffrance des plus petits « .Mais ce qu’il oublie de rajouter c’est que Dieu aime et aide seulement ceux qui osent, ceux qui entreprennent. FINI KODE est action et réaction. Le dieu animiste des bantous récompense et puni en même temps. C’est pourquoi dans la toiture d’urgence, lorsque de l’eau s’infiltre, il faut boucher immédiatement l’ouverture. De même lorsque des
éléments imperturbables gênent ou empêchent la mise en place de la toiture et s’efforcent de l’affaiblir.
Lorsque la tempête commence à s’apaiser, il faudrait commencer à anticiper en créant les conditions nécessaires à la mise en place d’une fondation. Bâtir une fondation. Voilà le dilemme auquel nous sommes confrontés depuis toujours. M’GBERE
KODE a toujours importé des fondations toutes faites dont les matériaux sont d’ailleurs. Elles manquent de flexibilité et souffrent d’adaptation car elles ne sont ni de bambous ni d’acacia ni de goyavier pour résister au caprice du climat tropical. Par
conformisme et par paresse nous avons toujours recopier la constitution des autres, nous avons toujours chercher à adapter pire à recopier celle des autres et pourtant le nombre des docteurs en droit ne cesse d’augmenter, le,nombre de docteur en sociologie,
en philosophie, en histoire aussi biens de magistrats ne cessent d’augmenter. Que de spécialistes en sciences humaines, mais que de déficit en matières d’organisation socio-politique. Tout jeune adulte habitant un village quelconque de notre merveilleux
pays sait que l’un des rituels du passage de jeune homme en adulte prend fin avec la construction d’une case. De même tout étudiant en première année de droit sait que le socle de la souveraineté réside dans sa fondation. La constitution qui n’est que la traduction des mœurs et coutumes devenues habitudes. FINI KODE devrait se donner les moyens. C’est un choix politique. Créer une autorité indépendante chargée de réfléchir à la mise en place d’une fondation et leur laisser le temps. Les membres de cette autorité sont dispensés de toute autre contrainte que celle de mettre en place une constitution. Une constitution évidemment pérenne qui devra tenir compte des aspirations de notre peuple et de la réalité du monde.
Un monde différent de celui de nos parents. Il est hors de question qu’à chaque changement de régime, nous changions de constitution. Une constitution pérenne éduquera notre jeunesse du sens de la continuité de l’Etat, du respect de la règle existante, des accords internationaux.
En définitive, fini kodé est l’antithèse de M’gbéré kodé. C’est le refus d’un certain nombre de dysfonctionnement dû à l’esprit M’gbéré kodé, véhiculé et entretenu qui maintient notre pays dans un état de pauvreté alors qu’il est riche. C’est la volonté de
changer par nous-mêmes les choses par des attitudes, des comportements positifs. C’est une approche citoyenne et patriotique. Face au monde riche atteint de surdité et devenu aphone à nos cris, il nous appartient désormais de nous organiser et de nous
adapter. Sinon, nous disparaîtrons. Le pragmatisme et le réalisme sont indissociable de l’esprit fini kodé. C’est tout simplement la naissance d’une nouvelle Centrafrique complètement indépendante et souveraine dans une Afrique qui avance et dans un monde en pleine mutation qui s’annonce.
Franck Saragba "Molengué ti kodro".