
Le Journal Mâsarâgba et l' environnement en RCA
Le journal Mâsarâgba a eu 8 ans en mars 1999.
En effet le premier numéro a paru en mars 1991.
A-t-il atteint l âge de raison?
Ce n’est pas sans émotion que nous retraçons cette aventure de la mise au monde d’un journal et son évolution.
Naissance du journal
Elle est due au passage à Bangui d’un expert en environnement,
le docteur OKIO, géographe africain, demandé par le
PNUD, pour faire une évaluation de la situation de l’environnement
en RCA,
Invité à l’Université au cours d’environnement
du Département de Géographie, il suggéra : «faites
un journal
d’environnement même si c’est une feuille de chou réduite
à une seule page!»
Cette incitation fut relevé par deux géographes déjà
spécialisés en environnement ; (Mr Mbringa- Takama, et Mme
Gérard, coopérante française )
Le nom de «Mâsarâgba», ou rhinocéros
en Sango, vient du fait que ce mammifère qui faisait partie du patrimoine
biologique de la Centrafrique, a disparu totalement du territoire national,
chassé par les braconniers. En effet, sa corne est
très recherchée en Arabie. Ce nom est donc comme un cri
d'alarme afin que les Centrafricains n’assistent pas, sans s'en
rendre compte, à la destruction de toutes leurs richesses naturelles
Ses différentes phases de croissance ;
On peut distinguer deux périodes l'une «artisanale» et l'autre plus officielle :
La première a duré environ un an.
Le journal (bulletin ) ne comportait que quelques pages, se voulait
mensuel, était produit avec les moyens du bord par
deux rédacteurs au niveau du LACEG (devenu LACEEG), en 50 exemplaires
et était distribué aux organismes
internationaux et dans les ministères. Il y avait alors très
peu de lecteurs centrafricains car la notion d’environnement était
méconnue en RCA,
Cependant le nombre de pages augmentait car les nouvelles rubriques s’imposaient d’elles-mêmes.
A la veille de la conférence de Rio (juin 1992), un fonctionnaire
du Secrétariat d’Etat à l’Environnement suggéra de
réaliser un document qui permette aux techniciens centrafricains
délégués à Rio d’avoir une meilleure préparation.
C’est
ainsi qu’un «Mâsarâgba spécial Rio»
fut imprimé en 500 exemplaires grâce au financement de la
coopération française
La deuxième période, officielle, de janvier 1993 à décembre 1997
Mâsarâgba a commencé à être reconnu
du moins d’abord par les bailleurs de fonds, puisqu'il a obtenu d’être
financé par
le projet ECOFA-RCA, (UE), puis le projet PDRN (UE), ponctuellement
par la coopération française et enfin par la
GTZ via le projet SECOGERNE
Le journal a alors été imprimé sur place, son «look» commença à se manifester (dessins images, cartes etc.)
Le nombre d’exemplaires atteignit les 500, parfois les 800, certains
techniciens centrafricains acceptèrent d’apporter leur
participation (bénévole). Enfin, les lecteurs centrafricains
se mirent à le réclamer, en particulier les étudiants,
puis le grand
public. Les premiers numéros (0 à 5) furent évidemment
épuisés, ce qui incita les responsables du journal à
les refaire
publier sous le titre «Premiers Pas Environnementaux»
A l’heure actuelle le journal se trouve à un tournant : ou grandir
ou périr. Nous avons besoin d’une plus grande
participation des centrafricains afin qu’il soit écrit par eux,
et pour eux.
Le financement est à rechercher pour chaque numéro quand le prix du papier a augmenté, mais l’espoir demeure!
La Coopération Française vient d’assurer le financement de ce dernier numéro.
Diffusion :
Mâsarâgba est relativement facile à distribuer à
Bangui, mais il ne va à l'intérieur du pays qu'occasionnellement
(missionnaires, députés, ONG, Ministère de l'Education
Nationale pour les lycées et collèges).
A l'heure actuelle, un certain nombre d'exemplaires est disponibles
auprès de Radio Notre-Dame, au centre d'accueil
catholique des missions, à la Pharmacie du Port, et au siège
de Géosynergie par l'intermédiaire de Mouré MOUKADAS.
E journal va aussi au Tchad, au Cameroun, au Gabon, au Congo, au Brésil
(peu d'exemplaires, car le tirage est encore
limité), et à l'Unesco.
Son prix est symbolique (300 F), car la seule impression coûte
à l'heure actuelle de 700 à 1000 F suivant le nombre de
pages; or il y a aussi les frais de mise en ordinateur, de réalisation
de maquette, de payement des dessinateurs. Les
rédacteurs d'articles sont bénévoles mais reçoivent
en remerciement quelques exemplaires du journal. Le prix de soutien
(2000 F) est réservé aux projets pour le premier exemplaire,
et aux expatriés, aux bienfaiteurs; cependant, le journal est
distribué gratuitement aux lycées et collèges
à raison d'un exemplaire par établissement, et aux bibliothèques
du pays
(Université, Ministère du Plan, ENEM, Conseil Economique
et Social, UNESCO).
La collection complète est disponible à la bibliothèque
du Ministère de l'Environnement, Eaux et Forêts, à
l'Alliance
Française. Nous sommes convaincus du bien fondé de ce
journal pour éclairer les centrafricains sur l'importance de
l'environnement, et de sa conservation pour un développement
durable.
"Les Gouvernements et la Société Civile ont besoin d'être
éduqués et informés pour apprécier les impacts
de leurs
politiques, décisions, actions" Flash, vol 1, N° 16, avril
1995
"Les journalistes ont un rôle important à jouer dans l'information,
la sensibilisation, l'ducation, la formation du
public pour la gestion durable des ressources naturelles et de l'environnement
en général" Séminaire de
journalistes (10 et 11 avril 1995, Abidjan).
Appréciations de quelques lecteurs de Mâsarâgba :
"J'ai trouvé une mine d'informations qui m'a permis de préparer mon concours" Thierry BEBONA, étudiant en Sociologie.
Ce journal est très riche, je me suis servi du n° 12 spécial
junior pour faire des sketches à mes élèves dans le
cadre de
leur éducation environnementale" le Directeur de l'Ecole Mouloukou
(Lobaye).
"Ce journal d'environnement est une première dans le pays. Je
retourne souvent à ma collection de numéros pour
retrouver des informations de fond toujours valables. Les étudiants
qui le lisent le trouvent intéressant et prennent ainsi
goût à l'environnement qu'on ne peut plus négliger
de nos jours; cependant, on peut déplorer l'irrégularité
de sa
publication" Jules TOMBET, ancien étudiant en Géographie,
responsable de la sensibilisation développement durable, au
projet de réhabilitation écologique des collines de Basoubangui
(PRE).
"Ce journal donne beaucoup d'informations pour le développement
économique du pays" Gabriel MOUSSA, Directeur
des Mines.
"Les sujets choisis sont intéressants, et traités sous
forme de thème unique par journal, ce qui permet de faire le tour
de la
question de manière complète; cela permet de guider un
chercheur dans toutes les directions possibles de sa recherche"
Madame Gbézéra Bria, FNUAP.
"Il y a parfois des détails trop techniques et quelques statistiques
sont désuètes; j'étais autrefois dans le diamant,
je sais de
quoi je parle. Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé des informations
que j'avais lues ailleurs" Jean-Stanislas ALIMA, homme
d'affaires.
"C'est très intéressant et cela m'a donné des connaissances
très détaillées sur mon pays" Alexis SAMBA, agent
au
PNUD.
"Ce journal nous est demandé par les chercheurs centrafricains et même étrangers. Nouré MOUKADAS