le dialogue politique
inclusif en préparation ne sera pas comme les précédents dont les résolutions
n'ont pas été mises en pratique.
Bulletin
d'Information Humanitaire République Centrafricaine (RCA) 4 - 11 février 2008
Points saillants
- Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des
Nations Unies en Centrafrique souhaite que toutes les parties prenantes se
joignent au dialogue politique inclusif.
- Le respect des droits de l'homme et la fin de
l'impunité, recommandations clé du Procureur de la Cour Pénale Internationale
et du Rapporteur Spécial des NU sur les exécutions extrajudiciaires en mission
en RCA.
- Démarrage des activités des ONG Mentor Initiative
et ACTED.
Contexte
M. Fall sur le dialogue politique inclusif
Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des
Nations Unies en Centrafrique, M. François Lonseny Fall a déclaré le 7 février
au cours d’une conférence de presse que le dialogue politique inclusif en
préparation ne sera pas comme les précédents dont les résolutions n’ont pas été
mises en pratique.
« Notre volonté est bien sûr de voir la
participation de tous les mouvements politico militaires au processus du
dialogue afin de créer les meilleures conditions pour une paix durable en RCA
», a-t-il annoncé.
M. Fall a également affirmé que le comité
préparatoire est habilité à prendre des contacts et convaincre les différentes
parties à participer effectivement au processus pour que le dialogue soit
constructif.
Actualités
Mission sur les exécutions extrajudiciaires
Suite à l’invitation du Gouvernement Centrafricain,
le Rapporteur Spécial du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies sur
les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le Professeur Philip
Alston, s’est rendu en RCA au cours de la première semaine de février où il a
pu s’enquérir de la situation liée à ces questions.
Il a affirmé que les exécutions extrajudiciaires
opérées par les forces armées dans le nord du pays ont connu une nette
réduction depuis les 6 derniers mois. Par ailleurs, il a partagé sa préoccupation
par rapport aux autres violations des droits de l’homme commises par les forces
de sécurité, à savoir l’extorsion, la torture et l’exécution des détenus, et
l’exécution des personnes accusées de sorcellerie.
Le Rapporteur Spécial a préconisé les mesures
suivantes :
- La sensibilisation des esprits en matière des
droits de l’homme.
- La reconnaissance officielle des exécutions
commises par les agents de l’Etat.
- La fin de l’impunité.
Comme enjeux principaux ont été identifiés une
véritable réforme du secteur de sécurité, une réforme économique avec une
attention particulière pour l’industrie extractive et la surveillance des
droits de l’homme.
Dans ces domaines Prof. Alston a fait des
recommandations concrètes adressées au Gouvernement, aux forces de sécurité, au
système de justice pénale et aux partenaires au développement.
Le communiqué de presse intégral est disponible sur
http://hdptcar.net
Le Procureur de la Cour Pénale Internationale à
Bangui
Le 7 février, Luis Moreno-Ocampo, Procureur de la
Cour Pénale Internationale (CPI) s’est rendu en RCA. A la demande du
Gouvernement Centrafricaine la CPI a ouvert une enquête en mai 2007.
Au cours de sa visite le procureur a pu rencontrer
les autorités centrafricaines, les représentants de la société civile, les
victimes et la population locale. Il a participé à un débat public diffusé par
la Radio Interactive pour la Justice.
L’enquête de la CPI se concentre sur les crimes les
plus graves qui avaient été commis en 2002-2003, y inclus les viols et autres
actes de violences sexuelles qui ont été rapportées.
Le Bureau de la CPI suit également de près les
actes de violence commis depuis 2005 dans le nord du pays. Le Procureur a
abordé avec les autorités du pays la question des efforts déployés à l’échelon
national en vue de poursuivre les auteurs. En outre, il a exhorté la communauté
internationale à appuyer tous les efforts visant à mettre un terme à
l’impunité.
La CPI est une cour indépendante et permanente
chargée d’enquêter sur les personnes accusées des crimes les plus graves ayant
une portée internationale, à savoir le génocide, les crimes contre l’humanité
et les crimes de guerre.
Le système d’entraide en zone post conflit
Le Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD) s’est rendu du 21 au 28 janvier dans les villes de Paoua,
Kaga-Bandoro et Ndélé afin d’étudier la possibilité d’appuyer les systèmes
d’entraide des groupements qui pratiquent les tontines dans les zones post
conflit. La mission a fait les constatations suivantes pour la région autour
des 3 villes:
Paoua
Les activités agropastorales et commerciales sont
en nette amélioration depuis juillet 2006. La pratique des tontines est très
populaire et la cotisation des personnes exerçant une activité génératrice de
revenus varie de 500 à 5.000 FCFA.
Kaga-Bandoro
Quelques 120 femmes déplacées du village de Sando
ainsi que les personnes pratiquant des activités génératrices de revenus
cotisent entre 150 et 500 FCFA par semaine. L’ONG locale Appui aux Initiatives
Locales de Développement (APILOD) soutient les associations de femmes et
promeut une caisse d’épargne et de crédit qui fonctionne sans agrément
officiel.
Ndélé
Bien que ce soit une région enclavée à cause de
l’extrême dégradation des routes, les femmes et les groupements agropastoraux
sont dynamiques. Les tontines sont pratiquées par la quasi-totalité des femmes.
Leurs cotisations s’élèvent à 100 jusqu’à 500 FCFA par semaine.
Au courant du mois prochain, le PNUD étendra son
étude dans d’autres zones post-conflit, telles que Bocaranga, Ngaoundaye, Kabo,
Batangafo et Bozoum, des villes toutes situées au nord-ouest.
Démarrage des activités de Mentor Initiative
L’ONG anglaise Mentor Initiative s’installe en RCA
afin d’apporter un soutien technique et opérationnel dans le domaine de la
lutte contre le paludisme en situation d’urgence.
L’organisation envisage
d’appuyer les structures gouvernementales et autres acteurs du terrain dans le
nord ouest, notamment les préfectures de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé. Les
domaines d’intervention prioritaires de l’ONG sont le renforcement des
capacités des agents médicaux, la prévention et le traitement des cas de
paludisme.
A cet effet, Mentor assurera
la provision de moustiquaires et bâches imprégnées, de médicaments et de tests
de dépistage rapide nécessaire à la prise en charge des cas médicaux.
L’ONG mène des activités
semblables au sud du Tchad, y compris dans les camps de réfugiés
centrafricains. Jean Bernard Bouvier est le Directeur technique de Mentor à
Bangui. Pour plus d’informations : jb@mentor-initiative.net
Réhabilitation des pistes à
Kaga Bandoro
Après la mission exploratoire
de l’Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED) qui
s’est déroulée en juin et juillet 2007, l’ONG a installé ses bureaux à Bangui
et à Kaga-Bandoro afin de gérer leur projet sur le terrain dans la préfecture
de Nana-Gribizi. Leur intervention, financée par le Service d’Aide Humanitaire
de la Commission Européenne (ECHO), vise à réhabiliter les pistes sur l’axe
Kaga Bandoro-Ouandago et ses environs.
La phase
préparatoire a permis à ACTED d’établir des contacts utiles avec les
partenaires potentiels, tout en préparant l’arrivée de l’équipe permanente.
ACTED a été enregistré auprès des autorités nationales, les collaborateurs
locaux ont été sélectionnés et les appels d’offre pour les équipements ont été
lancés. Le démarrage des activités opérationnelles est prévu au mois de
février.