Requiem pour Kaga-Bandoro ?
Non mon Président votre responsabilité est de mise
Aidez nous à sauver Kabo, Kaga-Bandoro, Ouandago et Dékoa: par Jean-Pierre MARA
Requiem pour Kaga-Bandoro ? Non mon Président
votre responsabilité est de mise. Aidez nous à sauver Kabo,
Kaga-Bandoro, Ouandago et Dékoa. Car de Paoua à Kaga-Bandoro,
c’est la politique de la terre brûlée pratiquée par l’armée régulière contre
des civils. Bruler les biens des populations des zones occupées par les rebelles c’est demander une
contre rébellion ce qui n’a aucun sens
dans la situation actuelle. Vous êtes passé par cette ville pour arriver au pouvoir, simple rappel sur une situation que cette localité n’a pas
encore oublié. Un petit merci aura été de gage au lieu de faire brûler des cases en pailles, des cases des
gens qui ne savent même ou vous êtes ce moment après être passé par chez eux ( Kaga-Bandoro)
pour prendre le pouvoir à Bangui.
On a appris avec effroi de
différentes sources que les villes de Kaga-Bandoro, Ouandago et Kabo sont entièrement contrôlés par des éléments de l'Union
des Forces Républicaines. Des tentatives de reprise par les forces gouvernementales
ont été repoussées. L'objectif affiché par les rebelles est de renverser le
pouvoir du Président Bozizé. Ces rebelles et
affirment que leur groupe n’est pas « une organisation de simples coupeurs
de route ou de simples bandits armés». Son porte parole, suite à l’intervention
duPrésident de la république et chef de l’Etat sur Africa
N°1, prend à témoins l’opinion tant nationale qu’internationale.
«Mais, qui dit la vérité», comme dirait le Pasteur Samalé,
Le pouvoir avait reconnu
en Mai 2006 l’existence d’un réel problème militaire dans les
localités du nord du pays, notamment Markounda, Kabo, Paoua, Bemal
Gordill, Tiringoulou etc.
avec les cortèges de morts suivis du rapatriement des corps vers
l’hôpital communautaire à Bangui.
Aux vues de la
multiplication des foyers de tension, on peut dire que tout le territoire
Centrafricain qui brûle, mais les autorités cachent la vérité. Même
certains militaires et certains hommes politiques ne savent pas ce qui
s’y passe réellement, sauf les initiés et les proches parents, à l’exemple du
fiston qui s’active à Bandoro.
Kaga-Bandoro se
situe à seulement environ 400 KM de Bangui et à plus de 7000 KM de Paris.
Curieusement, depuis Paris, on sait ce qui s’y trame en 20 minutes alors
que Radio Bangui laisse la population centrafricaine dans le flou, prétextant
la distance et les coupeurs de routes ! Qui gouverne le pays, la distance
ou les coupeurs de route ? La géo-politique
Centrafricaine positionne ainsi les Provinces à plusieurs années lumières de la
capitale Bangui, permettant ainsi les velléités d’une division entre les
provinces et la capitale Centrafricaine, bien protégée. Et, pour combien de
temps encore, vu les préoccupations réelles qui se manifestent sous nos yeux.
Plus troublant et même
désolant, on se souvient qu’en début de ce mois, le 5 octobre 2006
précisément, le chef de l'Etat centrafricain, François Bozizé, a appelé ses compatriotes à prendre conscience de
se défendre face aux hommes armés tout en signant des accords sur la
prohibition des armes non conventionnelles et la réglementation sur les armes
légères et de petit calibre. Cependant cet appel du Chef de l’Etat semble
traduire le dépassement. Si la prolifération des armes sous le régime Patassé
est une évidence ( voir multiples mutineries et les
coup d’Etat et les rebellions) la solution aux conséquences de cette
prolifération ne résumera jamais à l’appel du 5 octobre 2006. Comment
comprendre qu’on démobilise d’un côté, tout en se réarmant de l’autre ?
Comment ne pas comprendre que toutes ces luttes et ces entêtements, cette
politique propre aux Centrafricains, visent simplement à accéder à la
fortune ? Ainsi, un Président peut, sans sourciller, demander à la
population civile d’assurer sa propre défense. Cet appel à
l’auto-défendre, dans l’arrière pays veut de dire
que l’Etat n’existe plus ? Ou qu’on sait pourquoi on est là ?
Cette semaine, 30 soldats
ont péri entre Ouandago, Sido et Kaga-Bandoro. Et combien de rebelles ou plutôt de « bandits
armés » et de paysannes, paysans et écoliers ? Les corps des éléments
des forces dites régulières ont été ramenés à l’hôpital communautaire de Bangui
comme ceux tombés en Juillet à Gordil ou Tiringoulou d’ailleurs. Si on ramène des corps, on
imagine forcément l’ampleur de ce qui se passe militairement dans le
pays. Après Paoua, Bandoro ?
Monsieur le Président de
la République, démocratiquement élu pour 5 ans en 2005, a responsabilité de
protéger le peuple, en cette période de récolte des produits champêtres et non
de demander à ce dernier de s’occuper d’une guerre qu’il n’en veut pas. Soyons
clairs, les femmes, les enfants, les paysans ne peuvent résister face aux
Kalachnikovs. Peut-être que des solutions politiques existent. Ramenez la
paix à Kaga-Bandoro, en
Centrafrique. Ce n’est qu’un simple devoir que la constitution vous confère.
Demander aux soldats
Centrafricains et Etrangers venus vous aider dans ce combat d’épargner la le
populations locales et de ne pas faire
brûler des cases en pailles, des cases des gens qui ne savent même ou
vous êtes ce moment après votre passage à Kaga-Bandoro pour prendre le pouvoir à Bangui en 2003.
Jean-Pierre MARA, Paris le
15 Octobre 2006
Ampliation :
-
-Journaux Centrafricains
-Sites Internet Centraficains
-FIDH