RCA: L’avènement au pouvoir de Bozizé, un événement négatif

 

par  R. A  de l’Université de Bangui,

 

 

Démocratie version Bozizé,

 

La démocratie est le pouvoir du peuple. Dans ce pouvoir, le peuple change ses dirigeants de façon pacifique. La démocratie, c’est aussi un système qui existe pour

donner au peuple un moyen de vivre ensemble de façon pacifique et bénéfique pour chacun. Malheureusement, il n’en est aucunement de la démocratie version Bozizé. Les

faits ci-dessous en témoignent.

 

De tout temps, les nombreuses tentatives de prise de pouvoir de Bozizé se sont accompagnées de nombreux cas d’assassinats et de destruction des biens de l’Etat et

d’autrui. Alors que le « coup d’état dans un coup d’état » de Kolingba et de Bozizé dans la nuit du 28 mai 2001 avortait, Bozizé lançait un autre coup d’état qu’il

avait préparé dans la mesquinerie juste quelques mois après, pour s’emparer du pouvoir à Bangui. Cette  tentative comme d’habitude échoua. Lui et sa clique de malfrats ont été mis en

déroute et sont contraints à prendre le chemin du Tchad. Dans leur retrait, vols, viols, crimes et pillage des biens de l’Etat tout comme ceux des particuliers étaient donc le Laissez-passer pour atteindre la frontière

tchadienne.

 

Entre novembre 2001 et octobre 2002, de nombreuses tentatives de réconciliation furent engagées aussi bien au niveau national qu’international, pour permettre à Bozizé et sa clique de revenir au bercail et participer à l’œuvre de reconstruction

de la NATION CENTRAFRICAINE. Malheureusement, ces négociations se sont soldées sur un ton d’échec. Bozizé ne voulait rien comprendre, ni rien savoir de la démocratie électoraliste. Pour ce dernier, c’est la démocratie par la force.

 

Sur les antennes d’une radio camerounaise, Bozizé déclarait qu’il ne pouvait attendre les prochaines consultations électorales pour briguer la magistrature suprême de l’Etat.

A cette date, il restait 2 ans pour organiser les consultations. Bozizé trouvait qu’il était trop long d’attendre et surtout qu’aux précédentes consultations, il avait réalisé un score lamentable (0.80 % de suffrage de ses compatriotes). Alors,

Bozizé s’est vite appuyé sur ses amis (de France et du Tchad, lui-même l’avait dit lors de cette interview sur cette antenne camerounaise), pour s’emparer du pouvoir à Bangui. Quel raccourci démocratique ?

 

Ainsi donc, le 25 octobre 2002, alors que les travailleurs rentraient tranquillement après une journée accomplie, les élèves et écoliers sortaient également des classes, la soldatesque de Bozizé soutenue par les éléments tchadiens de la garde rapprochée

de son parrain DEBY ITNO et équipée par ses amis français attaquaient la capitale centrafricaine en  plein cœur. Cette situation a obligé le Chef de l’Etat PATASSE à suspendre la

cérémonie de présentation de la lettre de créance de l’ambassadeur de la République d’Ukraine auprès du Gouvernement de la RCA. Pendant ce temps, toute la partie nord-ouest de la capitale Bangui était sous le contrôle des rebelles. De violents

combats s’y ont déroulé entraînant plusieurs morts et blessés. L’armée étant complice de la situation n’avait pas réagi. Seul, le bataillon de l’Unité de la Sécurité Présidentielle (USP) appuyé par quelques 300 soldats libyens avaient tenu

devant les assaillants suréquipés. Cette tentative échoua pour une nième fois, contraignant Bozizé et ses sbires de battre toujours en retrait vers le Tchad, prenant en otage le Conseiller en Communication du Chef de l’Etat, Prosper NDOUBA .

Il faut noter que cet après midi du 25 octobre 2002 aura été particulier :

particulier par le  caractère violent des combats ; particulier par les atrocités commises sur les personnes et sur la destruction des biens publics et privés par les rebelles de Bozizé.

 

Entre l’échec du 25 octobre 2002 et le coup d’état du 15 mars 2003 : l’arrière pays entièrement détruit

 

Durant cette période, l’arrière pays (Nord, Nord-ouest) était passé au peigne fin par les rebelles de Bozizé. Les dégâts du cyclone Katrina aux USA ne sont rien à côtés de ceux laissés par la horde sordide de Bozizé. L’ampleur est telle qu’aujourd’hui toutes ces régions n’ont retrouvé leur équilibre. Il faut plusieurs années pour faire disparaître les stigmates. C’est la désolation totale ! Dans l’Ouham Péndé, les projets allemands (un des pays de l’Union Européenne) comme

GTZ, DROP, ACADOP ayant vocation d’améliorer les conditions socio-économiques des populations rurales ont été systématiquement mis à sac par les rebelles de Bozizé. Tous les biens matériels de ces projets ont été emportés au Tchad. Le coup financier est estimé à plus de 60 milliards de francs CFA soit 91 469 410,35 euros pour chaque structure. Les usines d’égrenage de coton de Pendé (Paoua), de NDIM, de GUIFFA laissées par la France après l’indépendance ont été systématiquement démontées pièce par pièce et emportées au Tchad. Ces usines employaient plus de 15 000 ouvriers saisonniers durant les campagnes d’égrenage du coton. A ce jour, ces usines servent la Société tchadienne de Coton. Les ayant droit vivent dans une misère sans précédent. Aucune démarche de récupération n’a été faite par les autorités actuelles de Bangui. Est-ce le prix à payer à Idriss DEBY ITNO pour sa participation au coup d’état ?  L’hôpital ultra moderne de Paoua construit par la Coopération allemande GTZ a été

démonté pièce par pièce et emporté au Tchad, laissant la région actuellement sans structures de soins.  L’unité japonaise KAJIMA basée entre Yaloké et Bossemptélé, chargée de bitumer le tronçon Bossemptélé Garoua Mboulaye, axe par lequel tous les produits d’exportation et d’importation du pays transitent a été littéralement pillée et saccagée. Les engins lourds ont été transférés au Tchad par les rebelles de Bozizé. D’autres sont vendus au Cameroun voisin par ces pilleurs.

Ces projets de coopération tels DROP, GTZ et KAJIMA n’existent plus. Ils ont tout perdu. Cette situation a obligé les ambassades d’Allemagne, du Japon à rompre leur relation diplomatique avec la RCA au lendemain du coup d’état de Bozizé du 15 mars

2003.

 

Dans la préfecture de l’Ouham, la grande usine d’égrenage de coton installée à Bossangoa et le siège de la Société Cotonnière Centrafricaine (SOCOCA) ont été minutieusement démontées et emportées au Tchad. Le parc automobile estimé à plus

de 300 véhicules poids lourds de collecter le coton et autres véhicules légers chargés a été transféré au Tchad. Le diocèse de Bossangoa littéralement mis à sac. Un prêtre tué .  Les bâtiments administratifs dans les régions où la rébellion a sévi n’ont pas été

épargnés. Portes et fenêtres ont servi de bois de chauffe pour les rebelles de Bozizé. Les archives ont servi de papier toilettes ou encore de papiers à enrouler les chanvres par les rebelles. Aucun bien de l’Etat n’a été épargné. Il en est de même pour les biens privés des populations de ces différentes régions où, récoltes, élevage (petit comme grand bétail) et autres ont été pillés et convoyés au Tchad.

Aujourd’hui, toutes les villes des préfectures de l’Ouham Pendé, de l’Ouham, de la Nana Gribizi, de Kémo Ibingui, une partie de la  Ouaka, ne disposent plus d’archives à cause du « cyclone Bozizé ».  A cela, il faut ajouter le bilan humain qui est très très lourd. Des atrocités sans précédent (fours crématoires dressés en plein air ; personnes vivantes brûlées en spectacle (à Paoua une femme a été brûlée vivante), mutilations, tuerie, bref une barbarie humaine jamais connue depuis l’histoire du monde).

Maintenant qu’il n’y a plus rien à détruire comme bien matériel. L’ultime sport préféré qui reste à Bozizé et ses sbires, c’est d’exécuter le plan de génocide des populations de Paoua raffiné à grande échelle et annoncé par Jean Serge WAFIO, bras

droit de Bozizé . Par là, il poursuit aussi les vœux du feu GRELOMBE, alors Ministre de l’intérieur sous le régime Kolingba qui disait à l’époque, qu’il va enrayer Paoua de la carte de la RCA. Cela s’est tragiquement accompli par l’incendie des villages,

les viols, les  vols et pillage de biens de cette population. Certains villages comme Béboura 1, Béboura 3, dans la commune de Nana Barya, Bembo dans la commune de Mia Pendé pour ne citer que ceux là ont effectivement disparu pendant une année de la carte de la sous-préfecture de Paoua. Quel rêve accompli ? Ce plan se réalise encore tragiquement aujourd’hui avec les évènements de fin janvier et début février 2006 dans la région .

 

Pourquoi cet acharnement sur les populations de Paoua ? Pourquoi ce génocide gratuit ? Kolingba a tué, pillé et brûlé les villages dans la sous-préfecture de Paoua, il n’est jamais inquiété, Bozizé réitère la même chose en affirmant haut et fort qu’il

a le soutien d’un haut dirigeant de la France qui lui promet d’aider à mâter les populations du Nord, une fois installé légalement au pouvoir par les élections. Les élections, un quitus pour tuer ?

 

Est-ce que les populations de Paoua ne sont pas des centrafricains ? Quels péchés ont-elles commis pour mériter ce génocide ? Pourquoi autant de désolation dans les familles ? Pourquoi cette indifférence de la Communauté Internationale ? La France ? La FIDH ? La LCDH ? L’Union Européenne ? L’ONU, pourtant un représentant du Secrétaire Général de l’ONU, dirige le Bureau de Bangui (BONUCA) ? Quel rapport ce représentant (Lamine Cissé) fait – il sur le génocide à Paoua ? Lamine Cissé continuera – t – il a trompé indéfiniment la Communauté Internationale avec ses rapports mensongers sur la situation des Droits de l’Homme en Centrafrique ? Pourquoi cette indifférence de la Communauté Internationale à la désolation dans les familles centrafricaines ?

 

La désolation dans les familles comme méthode de gouvernement : un régime totalitaire imposé par Bozizé ?

 

Le totalitarisme institué par Bozizé et sa clique de Meckassoua, de Ngoupendé, de Massi, de Goumba, de Tiangaye, de Maléndoma, de Mbaye, de Galloti, de SALLE et autres en Centrafrique

constitue une rupture radicale avec tous les régimes démocratiques possibles au monde. C’est un régime particulièrement despotique, tyrannique et dictatorial dont seuls, ceux de Lénine, de Mussolini, de Hitler et de Mao peuvent rapprocher. Un

régime conçu sur le mensonge d’Etat, sur les crimes, les assassinats, le pillage et le trafic des pierres précieuses du pays. Un régime également établi sur la mendicité, aucun projet plausible de société. Meckassoua, Ngoupendé, Massi, Goumba,

Tiangaye, Malendoma Sallé et autres ont vendu leur âme pour une cause pourrie. Ils sont acteurs et complices de la destruction du pays, des assassinats de leurs compatriotes, du génocide à Paoua, bref de la désolation totale dans les familles

centrafricaines. Quelques exemples non exhaustifs méritent d’être évoqués :  Cas du Lieutenant ASSOMBELE froidement abattu par les compagnons de Bozizé, de SANZE extrait des geôles de la Gendarmerie, torturé et mutilé menottes en mains avant

d’être exécuté, de l’Avocat BANDASSA battu à mort par les éléments de sécurité de Bozizé le matin du dimanche 12 février 2006 à l’Aéroport International de Bangui M’Poko alors qu’il allait acceuillir son épouse qui revenait du Maroc, des

POPULATIONS DE PAOUA , DES DEUX JEUNES menottés, torturés, exécutés, solidement attachés à de gros cailloux et jetés dans la rivière Mpoko par le tristement célèbre tueur en série, le lieutenant DOGO, un des bras droits de Bozizé, etc., A propos,

voici un extrait de l’appel lancé par FIACAT dans sa rubrique d’information au sujet de la RCA ci-dessous :

 

Appel du mois de Janvier 2006 paru dans le  Journal Le Confident le 13 février 2006

 

Appel du Mois de la FIACAT - Présentation du cas - Janvier 2006

 

…………Les "Libérateurs" sont les militaires qui ont suivi l'ancien chef d'état-major des armées, le général François BOZIZE dans la rébellion, et qui ont pris le pouvoir à Bangui le 15 mars 2003, en l'absence du Président Ange Félix PATASSE en voyage à

l'étranger………. Ils se considèrent comme des intouchables, sèment la terreur dans la population, se promènent avec leurs armes, qu'ils soient en tenue militaire ou civile, et abattent froidement quiconque (civil ou militaire non Libérateur) ose

leur tenir tête … Cette impunité ne doit pas durer sous peine de voir ce pays livré à la loi du Talion….

 

Dans les tués de Paoua, tous ont – ils fait de la politique ? Tous sont-ils contre Bozizé ? Tous appartiennent – ils à l’Union des Forces Républicaines ? Qu’est ce qui justifie leur mort ? Leur appartenance ethnique, régionale ? Sont ils les juifs

de Centrafrique ou mieux encore du régime Bozizé qu’il faut offrir en sacrifice aux dieux du christianisme céleste importé du Bénin par celui là même ?

 

Nos champions en Droits de l’Homme (TIANGAYE, GOUNGAYE et autres imposteurs culottés, feraient mieux de fermer leur gueule et de rentrer leur tête dans la marre puante de mensonge et d’hypocrisie montés de toutes pièces contre le PEUPLE

CENTRAFRICAIN et son régime démocratique en soutenant bec et ongle Bozizé dans ses aventures du 15 mars 2003.  Pourquoi ils critiquent aujourd’hui Bozizé ? C’est parce qu’ils vivent dans leur chair les affres de ce régime, contraints à l’exil, qu’ils sortent leur nez de la marre puante de leur mensonge ? Ils n’ont aucune leçon à donner à leur maître tueur en série Bozizé pour avoir cautionné son coup d’Etat. En tant qu’intellectuels, ils font la honte des centrafricains je répète en cautionnant un coup d’état en démocratie.

 

Même si Patassé avait mal géré le pays, ce n’est pas de cette manière qu’il faut le contraindre à partir du pouvoir. Il y a bien d’autres voies légales. Aujourd’hui que reste de notre NATION ? Le mensonge, la haine, la division sociale, la médiocrité,

la PAUVRETE, l’humiliation quotidienne, l’incompétence notoire des dirigeants actuels, la pire barbarie humaine, etc. Tous ces intellectuels de Bangui (Meckassoua, Ngoupandé, Massi, Doubane Goumba,Malendoma, Mbaye, Galloti, Sallé, etc.,) qui soutiennent encore ce régime en déconfiture totale se comportent texto comme des esclaves volontaires et complices de la situation de Notre PAYS. Mais l’histoire les rattrapera un jour. Ces faux démocrates pour ne pas dire des tyrans déguisés ci hauts cités sont les vrais fossoyeurs de la République Centrafricaine. Par eux, tous les malheurs arrivent à NOTRE TRES CHERE NATION. S’ils n’avaient pas soutenu Bozizé dans ses aventures, celui-ci allait se faire prendre ailleurs ? Ils sont tous coupables de complicité dans les crimes contre l’humanité que commettent chaque jour les escadrons de la mort de Bozizé.

 

L’idéologie Bozizisme : figure paradoxale du monde moderne

 

Depuis l’avènement du Bozizisme en Centrafrique, tout a été mis en œuvre pour réduire le travailleur centrafricain à rien. Principe contraire à la démocratie ! Sous prétexte de payer les salaires à terme échu, Bozizé et Goumba dans l’euphorie

de leur basse besogne ont menti aux fonctionnaires que les salaires seront payés à terme échu car, ils vont réaliser des recettes de 6 milliards de FCFA par mois. Pour cela, il faut leur accorder le gel des arriérés de  salaire du temps de l’ancien régime. Chose faite ! ! !

Malgré les recettes de 6 milliards et les aides massives de la France et de la CEMAC, les deux ans de transition ont laissé malheureusement 8 mois d’arriérés de salaire, 18 mois d’arriérés de bourses (pour l’Université de Bangui), 2 ou 3 ans selon les cas pour les étudiants de l’étranger et 8 trimestres de pension pour les retraités. Où sont partis les recettes et les aides ? Et comme si cela ne suffisait pas, Bozizé décide d’une manière unilatérale de rabattre de 30 à 40 % le salaire déjà maigre des fonctionnaires, sous prétexte de réduire la masse salariale et payer cette fois ci à terme « échoué » les salaires. D’autres mesures impopulaires contraires aux principes démocratiques comme la suspension des allocations familiales, l’augmentation du prix du carburant, l’augmentation de la TVA de façon toujours unilatérale ont été  prises sous le nez des syndicats sans qu’ils bronchent à cause de la terreur du régime.

 

La terreur comme essence et méthode de gouvernement :

 

Voici quelques caractéristiques de ce régime depuis le 15 mars 2003 à ce jour :

 

Le Bozizisme ignore totalement le respect de la personne humaine, pourtant très bien mentionné dans la Constitution de Décembre 2004 ? Malheureusement, la personne humaine est une chair à canon. Toutes les chroniques des quotidiens du pays en

parlent presque tous les jours. Depuis le début de cette année 2006, plusieurs cas de meurtres et d’assassinats gratuits sont signalés. Aucune notion de justice si ce n’est qu’une justice expéditive et punitive au gré du Chef. On assiste à une logique

destructrice du Droit. A en croire, les nombreuses arrestations des magistrats, des humiliations des hommes de droit, de la population civile . Autre exemple, le décès de l’avocat BANDASSA suite au lynchage par les éléments de

la sécurité de Bozizé à l’aéroport de Bangui M’poko le 12 février 2006, son corps a été inhumé le 20 février dernier à Bangui. Le droit n’est prononcé qu’au bénéfice du chef.

Depuis l’arrivée de Bozizé au pouvoir à Bangui les criminels et tueurs en série qu’il alimente allègrement déambulent les rues de Bangui sous la barbe des familles des victimes. Aucune condamnation ferme de la part de Bozizé sur les crimes commis

si ce n’est que des propos incendiaires quelques jours après, tendant à remuer le couteau dans la plaie. Quel est le rôle d’un Chef d’Etat Rassembleur dans une NATION UNIE et FORTE ?

 

Pour l’actuel régime de Bangui, l’Etat NATION n’existe que de nom : un chef de bande tout puissant avec des intouchables tueurs.

 

Un chef tout puissant élevé comme un chien, prêt à mordre ou à tuer à l’image des célèbres vedettes de cinémas tels Rambo, Tarzan, Terminator, JC Vandam installe un régime totalitaire à Bangui. Bozizé n’a pas besoin de structures

étatiques pour gouverner. Preuve, il s’accapare la gestion du pouvoir de l’Etat par ordonnance alors que le pays vient de sortir des consultations électorales. Ces consultations ont permis de mettre en place un Parlement, pourtant constitué à

majorité des députés de la mouvance présidentielle, donc favorable à sa « politique » ? Cette mouvance est connue sous le nom de GPPMP que je qualifierai volontiers de Groupement des Partis Perfides autour de la Mangeoire Présidentielle. Tout porte à

croire que Bozizé n’aime pas le partage du pouvoir. A quoi sert de faire voter une constitution et/ou d’organiser une élection si on n’est pas prêt à partager le pouvoir de l’Etat ? Un Etat, c’est l’ensemble des corps constitués, c’est

l’ensemble des citoyens et non un seul chef tout puissant et quelques tueurs en série.  Autre exemple, Bozizé a confié d’une manière unilatérale la gestion de la Douane centrafricaine, souveraineté nationale, à un groupe mafieux du Bénin, UNITEC-BENIN.

Les résultats sont là, deux mois seulement après ! Ni le Directeur Général des Douanes, ni le Ministre des Finances contrôlent leurs actions. Seul le Chef totalitaire totalement tout puissant Bozizé en contrôle et à lui seul on rend compte

?

 

Qu’est ce qu’il y a de comparable entre Bozizé, Hitler et Mussolini ?

 

Un autre exemple concret du totalitarisme : Tous les Directeurs de Cabinets dans les différents ministères (22) de son Gouvernement sont désignés par lui-même. Certains ministres dans ce gouvernement ont du mal à travailler à cause de la racaille de ces

Directeurs de cabinets nommés par Bozizé lui-même qui n’ont de compte à rendre à personne si ce n’est qu’à Bozizé lui même. N’est ce pas là une volonté de tout contrôler ? L’ethnisation des ministères clés comme celui des Mines constitue également une

entrave grave à la démocratie, la vraie ! Depuis le ministre qui est son neveu «NDOUTINGAYE » en passant par le Directeur de cabinet, les Directeurs Généraux, les Directeurs, etc., tous, des Gbayas, originaires de la même région que lui, sont

nommés à des postes qui ne répondent pas à leur profil. Il n’y a pas d’autres centrafricains d’autres ethnies compétents dans ces domaines ? L’ethnisation de l’armée, etc., Qu’est ce qui manque d’un seul iota d’un régime totalitaire ?

 

A la dimension concentrationnaire et militaire importante du pouvoir s’ajoutent les délires. On peut se souvenir encore de la réunion tenue le vendredi 3 février 2006 avec les notables de la ville de Bangui.  Au cours de cette rencontre, Bozizé en mal de gouverner accuse maladroitement çà et là certains pays amis y compris la France d’avoir hébergé les opposants à son régime. Tout citoyen autre que son ethnie est accusé ou suspecté d’opposants à son régime. On ne retiendra de son règne que la médiocrité, la mendicité, l’imprudence politique, la haine, la méchanceté, l’ébranlement du tissu économique et social, la torture, les assassinats, etc. Dans un tel système, la liberté d'expression n’est que chimérique, l'opinion y est façonnée par l'endoctrinement et la terreur, méthodes de gouvernement. Pourtant, Bozizé se dit élu par le PEUPLE ?

 

Les élections : « vernis démocratique » d’un pouvoir totalitaire :

 

Les élections avaient juste servi de « vernis démocratique » au pouvoir sanguinaire de Bangui qui se révèle jour après jour par son incompétence à gérer le pays mais brille par la mendicité et les crimes commis sur les populations civiles sans défense aucune.

 

La démocratie par essence pour les peuples du monde, c’est trouver ce qui les unit et non pas ce qui les sépare, les divise. Il n’en est rien pour le régime actuel de Bangui.  De tout temps, les populations de l’Ouham et de l’Ouham Pendé ont toujours vécus en

symbiose. Pour matérialiser cette cohésion sociale, ils s’appelaient réciproquement « koya », en français Cousin. Ils se mariaient et donnaient en mariage mutuellement leur progéniture. Même au plus fort de la crise entre Bozizé et Patassé, aucun

ressortissant de ces localités n’a été inquiété. Mais que se passe aujourd’hui avec Bozizé ?  Bozizé a violé le pacte entre ces populations condamnées à vivre ensemble. Désormais, pour aller à Paoua par Bossangoa, les populations de Paoua en particulier

Kaba Talé, Karré et autres doivent emprunter un autre chemin. A l’entrée comme à la sortie de la ville de Bossangoa, Bozizé a fait établir une barrière d’épuration ethnique, gérée par son neveu NGAIKOISSET où seules ces ethnies ne doivent plus franchir ? Entre

décembre 2005 et février 2006, 25 ressortissants de ces ethnies étaient froidement abattus par le tristement célèbre neveu de Bozizé NGAIKOISSET et inhumés nuitamment dans des fosses communes sur l’axe Bossangoa Bossembélé. Leur péché mortel, c’est

d’appartenir aux ethnies citées et d’avoir tenté de franchir cette barrière d’épuration ethnique. Où allons-nous avec cette barbarie ? La paix séculaire entre ces ethnies est une paix basée sur l'équité et la justice, une paix basée sur le respect mutuel des uns et des autres, une paix basée sur la dignité et l'estime de soi. Que reste-t-il aujourd’hui de cette paix ? de cette démocratie proposée par Bozizé et ses complices ? La désolation ! Les inimitiés ! Les blessures indélébiles ! Bref, la fracture sociale !!!!!!!!!

 

 

En définitive, la définition du « vernis démocratique » ou totalitarisme déguisé convient bien au régime totalitaire de Bozizé qualifié de Bozizisme. Le Bozizisme à la lumière de ce qui précède, n’est rien d’autre qu’un système qui veut contrôler et

dominer totalement la totalité de la vie de la totalité des centrafricains. Un système qui interdit et réprime dans le sang toute tentative de critique de son régime.  N’en déplaise au Groupement des Partis Perfides autour de la Mangeoire

Présidentielle, le GPPMP de Jean Serge WAFIO qui soutient le GENOCIDE des ethnies KABA, SOUMA, TALE, KARRE, de PAOUA..

 

R. A

Université de Bangui,