Ancien Ministre de la Defense de
la RCA,
Jean-Jacques DEMAFOUTH devient
Président de l’APRD
Pour avoir réorganisé l’armée avant
d’être envoyé en prison par PATASSE, il est encore très populaire au sein des
FACA (Forces Armées Centrafricaines
AFP (BANGUI) - L'ex-ministre centrafricain de la Défense Jean-Jacques Demafouth, poursuivi par la justice de son pays et exilé en France, a déclaré vendredi avoir été élu à la tête de la principale rébellion centrafricaine pour entamer le dialogue avec Bangui.
"L'APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie) a tenu un congrès et m'a élu comme président", a dit à l'AFP M. Demafouth, joint au téléphone de Bangui.
"Mais avant d'accepter, j'ai posé comme préalable que l'APRD accepte de participer au +dialogue politique inclusif+ et de signer un accord de paix avec le pouvoir de Bangui. L'APRD a accepté ce préalable", a-t-il ajouté.
Un comité préparatoire tente actuellement à Bangui d'organiser ce "dialogue politique inclusif" qui devra réunir les autorités centrafricaines, l'opposition non armée, la société civile et trois mouvements rebelles.
L'APRD était le seul groupe qui refusait jusqu'ici de participer à ce comité.
"J'ai désigné quelqu'un pour me représenter au comité préparatoire, il s'appelle Bienvenue Dotoko et a déjà commencé à y participer", a assuré M. Demafouth.
Ce dernier fut ministre de l'ex-président Ange-Félix Patassé, renversé en 2003 par l'actuel chef de l'Etat François Bozizé. Inculpé pour l'assassinat en novembre 1999 de cinq proches d'André Kolingba, le prédécesseur d'Ange-Félix Patassé, Jean-Jacques Demafouth doit être jugé en Centrafrique mais a toujours rejeté ces accusations.
"Pour le moment, je ne vais pas à Bangui", où il serait susceptible d'être arrêté, a-t-il encore expliqué. "Mais si le dialogue se passe à Bangui, nous allons demander des garanties de sécurité et si les critères sont réunis, je suis prêt à y aller en personne".
Selon l'ancien ministre, "l'APRD demande comme préalable au dialogue un cessez-le-feu et une amnistie générale pour ses membres".
Prié de dire si les poursuites à son encontre devaient être concernées par cette amnistie ou une autre mesure qui permette de tourner la page, il a dit: "oui, évidemment".
L'APRD est une nébuleuse de groupuscules hostiles au président Bozizé et actifs dans le nord-ouest de la Centrafrique, plongé dans l'insécurité depuis 2005. Les chefs de l'APRD sur le terrain n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour confirmer la nomination de M. Demafouth à leur tête.
En revanche, le porte-parole du gouvernement centrafricain Cyriaque Gonda a semblé confirmer le nouveau statut de l'ex-ministre.
"Jean-Jacques Demafouth, pour des raisons pratiques, s'est fait représenter. Son représentant fera partie du comité préparatoire du dialogue politique inclusif afin qu'on puisse terminer ensemble", a-t-il dit vendredi à la radio nationale.
(©AFP / 28 mars 2008 11h42)