COLLECTIF DES FORCES DU CHANGEMENT EN CENTRAFRIQUE (SECTION FRANCE)
DECLARATION
La République centrafricaine connait depuis le coup d’Etat de François Bozizé en 2003, soutenu par le gouvernement français, un recul important des acquis de la démocratie centrafricaine obtenue en 1992 par la lutte du peuple Centrafricain :
- Interdiction systématique de toutes les manifestations pacifiques des partis politiques de l’opposition ;
- Des disparitions des dirigeants politiques de l’opposition comme a mentionné le dernier rapport des Nations-Unies sur la République Centrafricaine ;
- Des interdictions d’aller et venir aux leaders des partis politiques de l’opposition ;
- Des arrestations arbitraires et menaces de mort de certains citoyens, les cas de maître Symphorien BALEMBY, Bâtonnier au barreau de Centrafrique et Jean-Daniel NDENGOU, Vice-Président du Conseil économique et social et entrepreneur dont les têtes sont mises à prix par le Président Bozizé et qui devraient être pris vivants ou morts (dépecés).
Il s’est maintenu au pouvoir à la fin de son mandat le 10 juin 2010 en opérant un coup d’Etat constitutionnel orchestré par la modification de l’article 24 de la constitution, alors que celui-ci est exclu du champ de la révision de la constitution selon l’article 108 de la même constitution, avec son maintien illimité au pouvoir.
Le pays est caractérisé par la généralisation des mouvements politico-militaires et les rebellions armées (LRA) et le pouvoir tarde à appliquer le programme de démobilisation, désarmement et réinsertion. La LRA (rebelles ougandais) occupe tout l’est du pays, tue et déporte les paisibles centrafricains sans que le pouvoir réagisse.
Face à la dictature du Président Bozizé, le Collectif des forces du changement exige :
- Un accord politique avec toutes les entités qui ont pris part au dialogue politique inclusif (DIP) et la mise en place d’un gouvernement de transition avec l’unique mission la mise en place des conditions pour la réalisation des élections générales crédibles et incontestables.
- L’arrêt des assassinats politiques et l’ouverture d’une enquête internationale sur les exécutions extrajudiciaires.
- La libération des personnes incarcérées arbitrairement.
- L’arrêt des menaces de mort et d’arrestation de Maître Symphorien BALEMNBY et de Daniel NDENDOU.
- Appelle le gouvernement à intervenir militairement pour arrêter les massacres des rebelles ougandais.
Nous demandons au Gouvernement français qui va recevoir François BOZIZE le 14 juillet d’exiger de celui-ci l’instauration des valeurs démocratiques et l’organisation des élections libres et transparentes.
Fait à Paris, le 10 Juillet 2010.