Sur le bon sens du Dialogue et du Manifeste
Le manifeste du 19 octobre continue de passionner le débat sur le sens du dialogue inclusif. Ceci est la deuxième et dernière série d’extrait d'échanges au sein de la communauté Centrafricaine
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De : "demangho sylvain"
Bonjour
Narcisse et Jean-Pierre, Narcisse,
J'accuse
réception de ton message et je t'en remercie. J'ai lu avec un intérêt
particulier et soutenu ce courriel et je tiens à te dire que je comprend et
respecte les raisons invoquées afin de justifier ta décision de ne pas signer
le "Manifeste pour un Dialogue politique véritablement inclusif en
Centrafrique" Mais, tu conviendras avec moi que comprendre et respecter
ton point de vue est loin de vouloir dire partager entièrement ton
argumentation de fond. Pour moi, la question qui se pose avec acuité à tous les
Centrafricains est moins celle de faire confiance ou non à l'idée d'un autre
dialogue national, un nouveau grand débat national, un énième séminaire
national de réflexion... que celle de comprendre et d'accepter que le pays est
objectivement dans une guerre civile larvée qui sévit sur pratiquement 2/3 du
territoire national. A partir de ce constat simple, le bon sens voudrait donc
que toutes les possibilités susceptibles de juguler le risque d'embrasement
général du Centrafrique et donc d’implosion de la communauté nationale doivent
être expérimentées. Et, le "dialogue politique inclusif" semble être
l’une des voies revendiquées par un certain nombre de nos compatriotes, dont
les partis politiques regroupés au sein de l’UFVN, comme moyen d’envisager la
sortie ou du moins l’enclenchement d’un processus de stabilisation de la crise
nationale. D'autre part, autant je partage ton ressenti sur le fait que les «
résolutions et recommandations du dialogue national » n'ont pas été appliquées,
autant je me demande si nos compatriotes, particulièrement ceux qui ont été les
acteurs clés du changement du 15 mars 2003 n'ont pas manqué de clairvoyance
dans leur stratégie de prise, de légitimation et de conservation du pouvoir.
En effet, sauf refuser encore de voir la
vérité en face, le dialogue national de 2003 avait-il pour but de résoudre les
vraies questions politiques et militaires auxquelles le pays était durement
confronté depuis les années 1990 ? ou encore peut-on
objectivement affirmé que ce dialogue était national, c'est-à-dire ouvert à
tous les centrafricains impliqués directement dans les conflits politiques et
armés que connaissaient le pays avant le 15 mars 2003 ? En ce qui me concerne,
je demeure entièrement convaincu qu’en écartant certains fils du pays (par pure
bêtise ethnico-politicienne et opportuniste !) les autorités auto-proclamées de l’Etat de l’après putsch du 15 mars 2003
ont objectivement et sciemment crée les conditions de l’émergence et du
développement des groupes d’opposition nationale armée qui agissent aujourd’hui
avec détermination dans les régions Nord-Ouest, Nord-Est
et Centre-Est du pays.
J’avais
lu avec beaucoup d’attention ton texte publié en 2005 sur le site sangonet.com. Au-delà de son caractère imminement
intellectuel et fort instructif, (particulièrement pour les non-initiés de la
chose politique centrafricaine) tu m’excuseras de te le dire, mais pour moi, et
certainement aussi pour d’autres compatriotes, il manquait terriblement de
consistance politique, notamment en terme d’analyse retropective
rigoureuse de ce qui a été fait de 2001 à 2003 au sein de notre Diaspora pour
permettre au régime actuel de s’installer, de se légitimer et finalement de se
maintenir au pouvoir après les élections de 2005. Peut-être qu’un jour nous
aurons l’occasion de revenir sur cette phase non négligeable de l’histoire
politique nationale, mais je tenais à t’en faire part pour ne pas que tu
oublies d’intégrer cet aspect des choses dans tes
prochaines analyses. Ceci étant, de manière générale, je récuse la méthode qui
consiste à faire abstraction du passé, aussi minime soit-il, afin de « mieux
vivre le présent » pour prétendre mieux appréhender l’avenir. Sauf me tromper,
historiquement une telle méthode n’a jamais été productive en terme d’avantages
socio-politiques durables tant pour un individu, un
groupe d’individus que pour un Etat constitué. Il est absolument dans ton droit
et donc légitime de penser que la démarche des initiateurs du Manifeste est une
fuite en avant ou encore que la revendication d’un dialogue politique inclusif
serait une éxutoire, le marché de dupes, etc.
Mais
si tu prenais au moins la peine de regarder en arrière, tu comprendrais que ce
qui est proposé aujourd’hui est à l’antipode du précédent dialogue national. A
ta précédente question : quelle sera la nouveauté de ce dialogue par rapport à
ceux qui ont déjà eu lieu ? Je répondrais par ceci : les différents forums
politiques et particulièrement le dialogue national de 2003, ont été
globalement des réponses politiciennes aux exigences de la communauté
internationale dans sa quête toujours renouvelée de réunir les éléments socio-politiques et juridiques afin d’une reconnaissance
pleine et entière d’un régime issu de coup d’Etat (Dacko
II et Bozizé) ou totalement impopulaire (cas du
régime de 1981 à 1993)
Le «
dialogue politique inclusif » revendiqué aujourd’hui par les forces sociales
centrafricaines est une nécessité politique et militaire endogène, imposée au
pays par la situation de « guerre civile » qui sévit sur une bonne partie du
territoire national. La donne nouvelle par rapport à laquelle il serait
hasardeux de ne pas prêter attention c’est l’émergence et le développement
d’une opposition armée de dimension nationale dans le pays. En effet,
contrairement à la composition hétéroclite, multinationale des troupes qui ont
opéré la rébellion et le coup d’Etat du 15 mars 2003, l’honnêteté serait de
reconnaître qu’aujourd’hui ceux qui animent et se battent sur le terrain dans
le Nord-Ouest, le Nord-Est et le Centre-Est du centrafrique sont majoritairement des centrafricains. Ainsi
le but du dialogue politique inclusif tel que les initiateurs du Manifeste le
revendique est de faire de telle sorte que LES FILS DE CENTRAFRIQUE engagés
désormais dans une vraie guerre fratricide se retrouve sans exclusion de
personne afin de tenter de trouver les voies et moyens de sortir rapidement de
ce bourbier national aux conséquences potentiellement destructrices pour TOUS. Bien
patriotiquement à toi. Sylvain DEMANGHO
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De : "Jean-Pierre MARA"
Compatriotes ,
Je crois comprendre à travers toute cette discussion que nous partageons tout de même des objectifs qui se résument en la passion pour notre pays. Mais j’ai peur que le débat s’éloigne de plus en plus du fond de l’idée du manifeste. Je vais recadrer ma compréhension vers la fin du présent message.
Deux remarques préalables en réponse à Clément :
1- Oui cher frère Clément, chaque Centrafricain peut créer une entreprise en République Centrafricaine. Mais une seule question à toi :avec quelle énergie ces entreprises vont elles fonctionner pour produire ? Et qui sera l’acheteur ? Pourront-elles transporter leurs marchandises produites à Bangui pour aller les vendre à Limassa ou à Birao sans difficulté de transport et sans peu se faire attaquer en route ? Ou bien ces entreprises vont produire dans un bunker et vendre à des fantômes ? Non ! J’ai donc mal compris l’entreprenariat. Toutes ces question résument très simplement la complexité des difficultés que rencontrera n’importe qui veut se faire Homme d’Affaire donc créateur d’emploi en République Centrafricaine. Et c’est parce que nous Centrafricains avons des difficultés à voir cette complexité que nous tendons toujours à résumé nos efforts au personnel au détriment du collectif. Il ne suffit pas seulement de créer des entreprises, il faut encore produire et vendre, c’est à dire il faut une infrastructure et des hommes. Et avec ces facteurs, nous voilà de nouveau face à la vrai Centrafrique
2- A propos de politique, je me permettrais de mentionner que la politique se fait au quotidien. ICI en France, quand on prend la décision d’acheter MAC DO au lieu de KFC, on fait déjà de la politique. A Bangui, quand même les salaires ne sont pas réguliers et le pouvoir d’achat maigre, on fait aussi de la politique en achetant son chouia au KM5 alors que proche de chez soit il y a un autre stand vendeur de Chouia ti Ngassa.
Je préfère redescendre de ce monde complexe de l’entreprenariat et revenir sur terre reposer la question simple posée et qui a fatalement conduit à demander à tous de s’inscrire dans la logique du manifeste, voir y adhérer.
A Narcisse Nkomas, je dirais simplement que je ne vois aucune objectivité à vouloir faire un lien entre le Manifeste et les échecs du Dialogues National de 2004.. Je crois qu’il y a bien une personnalité chargée du suivi des actes de ce Dialogue National. C’est à cette personnalité qu’il faudrait s’adresser pourra présenter les raisons de son échec et développer des stratégies pour éviter une telle expérience. A ma connaissance, ce comité existe toujours et n’a jamais présenté de bilan.
Je suis parfaitement satisfait de l’évolution de la discussion qui n’a pas eu lieu la première fois quand la question fut posée à travers mon article toujours d’actualité dont je voudrais simplement rappeler sa publication le 28.01.2007 sur http://www.centrafrique.com/queldialogue280107.htm ou je posais la question en ce sens « De quoi s'agit-il: Dialogue ou Conférence,exclusif aux partis politiques? De quoi va-ton parler?, avec qui et surtout ou se tiendra t-il?
Je pense que la majorité n’a pas pris le temps de bien lire le manifeste dont le contenu a fort heureusement permis de provoquer un réel débat sur le fonctionnement de la République Centrafricaine.
Ce n’est pas tant la question du choix fait par le peuple qui est l’objet de cet débat. Si nous sommes tous sérieux, personne n’a contesté ce choix au lendemain des dernières élections. Au contraire, tout le monde l’a applaudi en public et peut-être contesté en cachette. Mais aujourd’hui, la question qui se pose est celle du triste constat d’échec malgré tous les efforts de ceux qui ont contribué à l’action gouvernemental depuis le 15 mars. Cet échec est collectif car les intellos qui ont entouré le général Bozizé ont fait leur calcul politique avec une équation à plusieurs inconnus qu’ils n’ont pas pu maîtriser et nous voilà face au mur.
Le peuple a choisi et donc ce n’est plus cela la question. La préparation du énième Dialogue a lieu depuis décembre 2006 et c’est cette et seulement celle là qui est l’objet de notre attention. Je voudrais croire enfin à la sincérité du Président Bozizé de vouloir l’organiser et pour ne pas que les choses se répètent à perpétuité, le manifeste appelle à une action concertée au vue des gesticulations observées ces derniers temps à Bangui. Malgré ma réticence face à des Dialogues, Conférences, Concertations, Débats tous dites nationales qui n’ont pondu que des œufs crevé, j’ai adhéré au présent manifeste pour des raisons de bons sens. Je vous invite à en faire de même.
Mais au delà de la question du manifestation et des réactions qu’elle suscite, je voudrais dire que avant d’être soutenu par qui que ce soit , le général BOZIZE avait décidé tout seul de faire son Coup d’Etat . C’est seulement après que des gens l’ont suivi et soutenu. Il a aussi décidé lui seul de devenir PRESIDENT. Je crois comprendre que Vouloir devenir Président et vouloir le rester c’est aussi accepter les Obligations vis à vis des exigences liées à cette fonction. Les devoirs, les Honneurs , les responsabilités et j’en passe ne sont pas simple. Le Président a été voté et il n’ ya pas eu de contestation. Mais les crises à répétition, les difficultés du Citoyens, la dégradation des conditions de vie du citoyen nous amène à poser le problème qui normalement relève des compétences des élus de la nation siégeant à l’Assemblée Nationale. Or rien n’est fait à ce niveau
Aujourd’hui le pouvoir s’apprête à organiser un Dialogue qui aura lieu que nous le voulons ou non. Notre manifeste ne dit rien d’autre que ce qui y figure si on l’interprète sans passion. Le relire ne prendra que 10 minutes
Relisez d’abord le Manifeste et cessez de porter son contenu à d’autres horizons. Si nous voulons bâtir le Centrafrique, il n’ y a pas de choix que de mettre tous les acteurs politiques passés et Présents autour d’une table et parler. Même les pires ennemis militaires finissent pas se mettre au tour d’une table pour signer un cesser le feu.
Nous ne pouvons plus continuer par violence car elle ne nous a pas permis de reconstruire le pays depuis le départ de KOLINGBA. Il faut avoir tous les acteurs Passés et Présents autour de la table et puisqu’ils n’ont pas confiance, choisissons un endroit neutre.
Signez SVP le Manifeste
Jean-Pierre MARA
Le 1 Novembre 2007
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De : clement BOUTE MBAMBA [mailto:boutemba@yahoo.fr]
Envoyé : mercredi 31 octobre 2007 19:43
Balao JP na asewa kwé.
Il y’a un adage Bambara qui dit : « Il est inutile de rentrer le ventre en traversant la rivière si l'eau arrive jusqu'au cou »
JP, Tu as dit : « J’aime bien les contradictions mais je préfère les actions »
Soyons sérieux un instant. Ce n’est pas aujourd’hui que tu découvres la tragédie Centrafricaine pour demander ce qu’il faudrait faire !!!
Ce n’est pas aujourd’hui que tu t’intéresses à la chose centrafricaine pour te rendre compte qu’il faut faire quelque chose. Et faire quoi ? Pour qui ? Pour quelle raison ? T’es tu posé la question de savoir qu’as-tu fait depuis que tu t’intéresses à la chose Centrafricaine ?
Il faut parfois être exigeant avec soi-même et son environnement afin de se projeter avec efficacité sur les réalités centrafricaines. Le devenir de ce peuple et de notre histoire commune nous oblige à dépasser les futilités pour nous accorder sur l’essentiel. Et l’essentiel, ce n’est pas le dialogue, c’est l’entrée de la RCA dans la civilisation des humains, car jusqu’à présent, nous avons démontré que nous sommes à la dernière marche de la civilisation humaine.
Le devenir de ce pays, ce n’est pas et ce ne sera plus l’affaire de Patassé, de Kolingba, de Bozizé, de Démafouth, de Massi, de Ziguelé, de Koyambonou, de Mazette, de Ngoupandé…il sera et devra être l’affaire de personnes intéressées (passionnées) par l’amélioration des conditions d’existence des masses centrafricaines.
L’alternative, l’action que tu demandes, c’est de préparer une nouvelle ambition nationale pour faire entrer le pays dans un Processus Global d’Amélioration des Situations des Masses, ce que j’avais appelé PGASM en 2004.
Avant de te dire ce qu’il conviendrait de faire, je souhaiterai ajouter un argument pour créditer ce que je te disais hier à propos de la disqualification de l’ensemble de la classe politique et de la nécessité de l’émergence d’un nouveau leadership avec des us nouveaux, débarrassés des seigneurs du prochain ‘nouveau dialogue’: Pour exister, il faut parfois « tuer » le père.
L’actuelle gestion gouvernementale est la continuité de la transition consensuelle puisque tous les acteurs politiques, opposition et majorité présidentielle sont présentes dans l’équipe de Doté. Alors, qu’iront-ils nous dire à Syrte, Libreville, Bangui, Birao, Paoua ou Bangassou ; qu’ils ne peuvent se dire lors des conseils des ministres ?
En 2003, nous avons dit : « plus jamais ça !! »
Cette déclaration, s’appliquait à tous les maux que nous dénonçons aujourd’hui. Les institutions issues des élections de 2004 et de 2005 prévoyaient tous les mécanismes pour résoudre les crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui. En défendant ce point lors d’une interview que j’ai accordée au journal l’Indépendant le 26 Juillet 2007, je disais ceci : « …Le peuple s'est pourtant déjà prononcé : référendum constitutionnel, élections présidentielles, élections législatives. Un gouvernement est en place. Qu'ils travaillent chacun dans son domaine. Dans l'éventualité d'une crise, on revient à la constitution pour la résoudre. Les instruments ne manquent pas : démission du gouvernement, dissolution de l'assemblée nationale, motion de censure au pire, démission du président de la république avec, dans la foulée, nouvelles élections présidentielles. Il est possible de consulter à nouveau directement le peuple sans avoir à recourir à un aréopage coopté. Quoi de mieux en démocratie ? Qui plus est, la réunion de ce forum est inscrite nulle part dans la constitution » Je renchéris aujourd’hui en disant est-ce que cela valait la peine de pousser le processus démocratique à ce point pour revenir à la case départ ?
Les dialogues et autres conférences sont des institutions de crise.
En 1980 avec le séminaire il fallait préparer dans le consensus le retour à la république et contenir la mauvaise expression des ambitions individuelles nées de la chute de l’empereur.
En 1992 avec le grand débat national, il était question d’exorciser la RCA de ses maux des années Kolingba et RDC.
En 1997, il fallait redémarrer le pays après les événement d’Avril, Mai et Novembre 96.
En 2003, il était question de faire l’autopsie du pays après l’aventure Patasso-mlpciste.
Au sortir de 2003, le pays s’est doté de toutes les institutions pour fonctionner librement, il n’était plus en crise. Dès lors, tous ceux qui agissent en dehors du cadre légal sont, les ennemis de la république qu’il faut combattre avec les outils légaux. Les rebelles n’ont aucune légitimité et Bozizé en agissant sans garantie légale, violent les dispositions légales républicaines. Il nous manque alors dans le premier, cas une véritable armée pour mette fin à la rébellion et des hommes de loi, avec des couilles pour provoquer l’empeachement de Bozizé.
Je suis viscéralement opposé à l’idée du dialogue national, en sus des raisons évoquées, pour une raison de civilisation. J’ai trente ans aujourd’hui, avec cinq années de militantisme citoyen. Dans quinze, vingt, trente ans ; les principaux acteurs d’aujourd’hui ne seront plus. Or les choix qu’ils opèrent aujourd’hui, auront non seulement une incidence sur demain mais dépossède le Centrafricain de la possession de son histoire.
En m’opposant au dialogue, je m’oppose au cycle de l’éternel recommencement qui, telle une condition mécanique prévue, monte à chaque fois pour briser nos élans de progrès, de liberté et de plus de démocratie.
Chaque fois qu’il y’a un changement, l’histoire confie aux fils de ce temps là, une responsabilité à laquelle ils devront répondre. Le défi de Bozizé, en prêtant serment en 2005, était de faire du peuple de Centrafrique, le sujet dans son Histoire, le sujet de son Histoire.
Ce que nous vivons aujourd’hui est la conséquence logique de mauvaises actions et décisions politiques qui a rythmée ces quarante dernières années. L’actuelle situation est aussi la conséquence de querelles d’hommes qui ont pris en otage les doléances légitimes du peuple et ont ravi la démocratie.
En parlant de cycle de recommencement et de choix de civilisation, pour ce qui est de la période post-indépendance, ce que nous vivons aujourd’hui, se lit dans les méandres de l’histoire centrafricaine. De 2006 où l’opposition armée a pris une grande ampleur, il suffit de lire tranquillement l’histoire pour se rendre compte, avant d’accuser les causes exogènes que les véritables tenants sont centrafricains (oubanguiens avant tout) :
1. 1996 : Avril, Mai et Novembre
2. 1986 : Novembre
3. 1976 : Décembre
4. 1966 : Janvier
5. 1960 : Août
Le repère historique qui précède, te permettra de faire une endoscopie globale pour comprendre non seulement ce qui se passe aujourd’hui mais aussi et surtout de te projeter dans l’avenir pour parvenir à rejeter le gros leurre du dialogue. Car, que voudrions nous léguer à nos enfants ? Qu’hériterons- nous ? Posséderons nous encore un pays ?
Le cadre posé, revenons à la question d’action.
Il ne s’agit pas seulement de faire revenir le 1/3 du territoire qui échappe au contrôle de l’administration centrale, mais de faire revenir les centaines de milliers de centrafricains qui ont quittés la région et faire repartir les activités économiques et redynamiser l’agriculture et l’élevage. L’inflation des produits agricoles constatés au niveau national en général et à Bangui, Bria et Berberati, provient de la déstabilisation de l’Ouham Pendé qui était la première région agricole du pays.
Nous avons unanimement banni les armes comme méthode de règlement des problèmes politiques. Ceux qui ont pris les armes pour soi-disant restaurer la démocratie sont des bandits qu’il faut combattre par le seul langage qu’ils connaissent, c'est-à-dire les armes. Sur ce point, je suis intransigeant. Car s’il faut à chaque fois brandir les armes pour se faire entendre, ce n’est pas demain que nous verrons la sortie du tunnel. Bozizé en sa qualité de ministre de la défense et général, doit tout faire pour restaurer l’unité non seulement du territoire mais y assurer le maximum de sécurité, c’est son devoir et le contrat sur lequel il fut élu. S’il ne peut le faire, il doit partir en rendant son tablier. Tu me diras que c’est utopique, je le concède. Mais quelqu’un a dit que l’utopie est la phase qui précède la réalisation.
Cette partie de l’action, concerne uniquement le pouvoir.
Pour ce qui est des leaders d’opinion, des journalistes, des droitsdelhommistes …ils devront veiller à ce que la guerre pour la reconquête de notre souveraineté territoriale reste uniquement dans le cadre légal. Si nous ne devrons pas faire l’économie de la reconquête de notre intégrité territoriale, nous ne devrons pas aussi faire l’économie de la vigilance dans le respect des droits humains, des droits de nos compatriotes.
Nous devrons obliger Bozizé à sortir de l’hypocrisie diplomatique en dénonçant ceux qui déstabilisent le pays et mettre la communauté internationale devant ses responsabilités.
Pour le reste, l’opposition en particulier (dont je n’attends plus grand-chose) ils doivent non seulement laisser Bozizé et sa galaxie KNK gérer les deux années qui restent, mais ils doivent par-dessus tout, dénoncer la mauvaise gestion, la tribalisation outrancière, la gabegie, la prédation avec toutes les conséquences que cela impliquent sur la vie du centrafricain et de tous les jours. Et se présenter en ALTERNATIVE CREDIBLE, dire, proposer ce qu’elle pourra faire si le peuple lui confiait la gestion des affaires de l’état.
En refusant de livrer la bataille de l’opinion et en se réfugiant derrière le dialogue, elle signifie clairement son impuissance à vouloir transformer la situation des masses de notre pays. Cette nébuleuse à laquelle elle participe et qui ne peut être comprise que par des rares initiés, la discrédite ad vitam dans sa forme actuelle.
Il devient urgent qu’un nouveau leadership se forme.
Tu devras alors, JP, identifier les maux du Centrafrique, les acteurs et constituer une task-force avec une vision concrète où seront séparés le possible du vraisemblable et le probable du réalisable. Tu devras aller dans la sincérité vers le peuple pour lui démontrer ta passion, ta vision en mouillant ta chemise après avoir laissé tomber l’Abacost après le costume et en ayant fait le deuil moral et intellectuel des Patassé, Bozizé, Kolingba, Démafouth, Massi, Ngoupandé et de ton propre ego.
Le peuple décidera de te mandater ou pas.
Cette vision de l’action, politique et égoïste dans sa conception, découle de mon engagement. Mais il n y a pas que la politique.
Tu peux faire œuvre d’utilité publique en créant une PME de trois à cinq employés. Imagines un seul instant, si mille centrafricains de France, d’Amérique ; créeraient une unité commerciale et industrielle au pays par année ? Le niveau de vie des nôtres se serait sensiblement amélioré.
Tu as alors à disposition, trois paliers d’action :
1. le tout politique
2. la bataille de l’opinion et de l’eveil
3. le tout sauf le politique
Qu’importe ce que tu choisiras, l’histoire nous jugera, d’une manière ou d’une autre. Et l’Internet, berceau de nos échanges ; gardera encore très longtemps, les marques de nos incohérences.
Avec toute mon Amitié,
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De : Narcisse Patrice Komas [mailto:npkomas@yahoo.fr]
Envoyé : mercredi 31 octobre 2007 13:24
Bonjour Jean Pierre,
Je comprends que face à la situation actuelle, il ne faudrait pas rester inactif, mais est ce la bonne solution que le manifeste préconise? Je suis convaincu pour ma part que ce n'est pas un énième dialogue ne fut ce politique et inclusif qui va résoudre cette casse-tête nationale.
Je suis plutôt convaincu d'une démarche allant dans le sens de faire pression pour que toutes les résolutions des précédents dialogues et conférences nationales soient appliquées dans leur intégralité. Vois-tu, si les pouvoirs en place prenaient un tant soit peu le temps d'appliquer ces résolutions, je suis certain qu'un grand nombre des problèmes auraient pu être résolus....
Le manifeste reconnait implicitement le problème de non application des résolutions en avançant ceci "Les décisions et résolutions du dialogue politique inclusif doivent être totalement et impérativement exécutoires et opposables à toutes les parties prenantes. Ce principe doit être non négociable".
Mais alors dans ce cas pourquoi ne pas plutôt s'engager dans la pression pour l'application des résolutions et recommandations? Quelle serait la nouveauté de ce dialogue qui ne pourra que recenser les mêmes problèmes maintes fois débattus, aboutir aux mêmes conclusions et résolutions, avec le pardon et les engagements hypocrites des uns et des autres, et finalement la demande et l'obtention d'une amnistie des criminels! Quel pays peut valablement avancer si l'impunité, la gabégie, l'irresponsabilité et la mauvaise foi prédominent dans les actes journaliers des responsables politiques de ce pays?
J'ai bien peur que nous ne sommes pas sortis du cercle vicieux dans lequel le pays s'est enfermé depuis les premières années de l'indépendance.
Ne crois-tu pas cher Jean-Pierre, que nous sommes assez mâture de pouvoir résoudre nos problèmes par nous-mêmes au lieu d'aller toujours vers les autres pour apporter des solutions de l'extérieur? Cette démarche montre, pour ma part, le besoin de paternalisme qui demeure en nos hommes politiques qui croient que la meilleure solution ne vient que de l'extérieur. Il est temps que les hommes politiques centrafricains (les hommes du pouvoir, l'opposition politique ainsi que l'opposition armée) grandissent et mettent en avant l'intérêt de la nation.
Enfin, je ne crois pas que la communauté nationale dans son ensemble soit effectivement pour ce dialogue politique qui n'apparaît que comme l'affaire des politiques. Je me suis amusé à prendre l'avis de quelques citoyens dans la rue, j'ai été surpris par leur clairvoyance et leur raisonnement.
Cette gesticulation actuelle
n'est que le reflet d'une certaine classe dirigeante qui se bat pour le pouvoir
alors que le peuple misérable, pauvre et malheureux est le grand oublié. Dommage pour notre
pays.