Union des Musiciens Centrafricains

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Régis SISSOKO

LA CRISE DE LA MUSIQUE

EN CENTRAFRIQUE

*

SOMMAIRE

1. AVANT PROPOS.........................................

2. PREAMBULE............................................

3. BREF HISTORIQUE......................................

4. LA SITUATION ACTUELLE................................

5. LES CAUSES DE LA CRISE...............................

5.1. RESPONSABILITE DU MINISTERE DE TUTELLE.............

5.1.1. Politique culturelle...........................

5.1.2. Formation......................................

5.1.2.1. Dans le cursus éducatif.....................

5.1.2.2. Dans le domaine professionnel...............

5.1.3. Infrastructures...............................

5.1.3.1. Studio.....................................

5.1.3.2. Salles de spectacles.......................

5.1.4. Droits d’auteurs..............................

5.1.5. Piraterie.....................................

5.1.5.1. La piraterie artisanale....................

5.1.5.2. La piraterie industrielle nationale........

5.1.5.3. La piraterie industrielle internationale...

5.1.6. Absence de mesures d’incitation...............

5.2. ENVIRONNEMENT SOCIO-CULTUREL ET ECONOMIQUE........

5.2.1. La crise économique...........................

5.2.2. Le contexte socioculturel.....................

5.3. EXPLOITATION ET BANALISATION DE L’ARTISTE.........

5.3.1. Par les usagers privés........................

5.3.1.1. bars dancing...............................

5.3.1.2. particuliers...............................

5.3.1.3. Sponsors...................................

5.3.2. Par la radio télévision.......................

5.3.3. Pouvoirs publics en province..................

5.3.4. Pouvoirs Public et  gouvernement..............

5.3.5. Organisateurs de Spectacles...................

5.4. RESPONSABILITE DES ARTISTES.......................

5.5. RESPONSABILITE DE L’UMCA..........................

 

 

 

 

 

 

1.              AVANT PROPOS

 

l’homme face à la difficulté recherche des solutions pouvant lui permettre de les surmonter. Cette recherche de solutions passe forcément par une réflexion et quand il se rend compte que ses difficultés sont d’une telle ampleur qu’il ne peut les surmonter il lui arrive souvent d’abandonner.

Beaucoup d’artistes aux talents immenses ont abandonnés en Centrafrique. D’autres (Mayélé, Maïno, Jesus Lokota etc. ) ont été brisés par les systèmes. J’ai moi même été tenté plusieurs fois de tout laissé tomber car quand on adopte pas le profil bas de quémandeur ou de nécessiteux, la pratique de l’art et les activités connexes relève d’un véritable parcours du combattant en RCA.

Quand je pense à tous ces artistes, Matata, Madjalengo, Tedia, Tchakaley, Rems, Sonora, Deus, Rizzos etc.  dont la majorité sont morts dans le dénuement le plus total et pour certains même des suites d’une simple angine(Gulva).

Quand je pense à Tieri Yezo :

·      qui a largement contribué à la réfexion dont découle le document que vous avez entre les mains,

·      qui au crépuscule de sa vie a accépté et assumé la direction de l’UMCA (Union des Musiciens Centrafricains),

·      qui mériterait que la diffusion de ses oeuvres dépasse largement le cadre de nos frontières

Je me dis que  nous n’avons pas le droit d’abandonner.

Puisse ce travail contribuer modestement à :

·      l’identification des maux qui minent cette musique centrafricaine disposant d’un patrimoine riche, varié et quasiment inexploité,

·      la recherche de solutions pour sortir de l’impasse,

·      l’amélioration des conditions de travail des Artistes

·      la définition d’un statut social pour les artistes centrafricains

·      la prise de conscience de l’état d’urgence.

 

Je remercie Jean-Eudes Teya, Francis Feirrera, Tieri Yezo, Karawa Henri, Vadjot, Bovick, Massely, Mobanza, Kapkekala,Evis Evoko, Aby Ngomatéké, Aboubakar, Kaïda, Assamba, Kanta, Siza,Jojo,Jean Marc,  pour leur précieuse contribution.

Je souhaite aussi que l’on se donne les moyens d’ approfondir le sujet en mettant à contribution les personnes concernées que sont les artistes et les professionnels de la filière.

 

Régis SISSOKO

 

 

 

 

2.              PREAMBULE

 

Depuis un certain temps les musiciens centrafricains se rendent compte de l’ampleur des problèmes auxquels ils sont quotidiennement confrontés.

Cette prise de conscience a pu s’opérer au travers de l’UMCA (Union des Musiciens Centrafricains ) et les activi­tés de relance de cette organisation se sont axées vers une restructuration, une meilleure définition des objectifs à atteindre et les voies et moyens à utiliser pour sortir à la crise.

C’est dans ce climat que telle une goutte d’eau faisant déborder le vase, le BUCADA (Bureau Centrafricain du Droit d’Auteur), en qui les musiciens avaient placé leurs espoirs pour la défense du droit d’auteur, rendait public en 1992 son constat d’échec et par ce fait mettant en évidence la responsabilité du département de tutelle à savoir le Ministère de la Communi­cation des Arts et de la Culture.

Une première stratégie a été de profiter du grand débat National initié par KOLINGBA pour se pencher sur le cas du BUCADA et demander la rétrocession de sa gestion aux ayants droits en l’occurence les Artistes.

 

Au jour d’aujourd’hui la situation du BUCADA est toujours aussi confuse et cet organisme :

·      ne fait pas de répartition aux artistes des sommes collectées

·      se permet de légaliser la vente de produit de contrefaçon. en autorisant la vente de cassettes pirates.

Chaque jour les choses deviennent plus dures pour l’artiste. Les bars se montrent de plus en plus réticent à programmer les artistes. Les montants de cachets qu’ils sont contrains d’accepter diminuent de jour en jour.

 

Les musiciens Centrafricains devant la gravité de la si­tuation, confrontés à la détérioration de leur condition, estiment qu’il est temps de penser sérieusement au problème et de se donner les moyens d’une réflexion objective pouvant déboucher sur des actions concrètes. Ils n’ont pas la prétention de circonscrire le problème dans toute son intégralité. Ce document se veut une réflexion objective, impartiale, critique et constructive qui ayant dans un premier temps permis un constat de la situation et une analyse des causes et des responsabilités, pourra ensuite ten­ter de proposer des pistes ou  un début de solution pour sortir de l’im­passe.

 

 

3.              BREF HISTORIQUE

 

L’un des précurseurs de la musique de variété Centrafri­caine fût le grand maître Jimmy Zacharie Alias Jimmy de l’Hawaïenne. Celui-ci évolua principalement au Congo ex Léopold Ville, actuel Zaïre. Peu de Centrafricains le connaissent et quel ne fut pas l’étonnement de ceux ci quand Franco de l’OK JAZZ lors de son passage à Bangui envoya chercher ce dernier et traita avec égard et considération ce phénomène de la guitare qui n’avait pas voix au chapitre dans son propre pays.

Apparaîtra par la suite une vague de chansonniers dont nous retiendrons Jean MAGALE, Jean Marc LESSOUA, Dominique EBOMA etc.

L’une des premières formation orchestrale d’envergure se­ra le Centrafrican Band qui par la suite donnera le Vibro Mayos. Vibro Mayos suite à une scission se transformera en Centrafrican Jazz et Vibro Succès. L’Etat interviendra dans la consolidation de ces deux formations en les dotant de ma­tériel. Dans la même période allait émerger le Rocka Fiesta qui va plus tard devenir le Tropical Fiesta. Nous qualifie­rons ces formations d’orchestres de la première génération.

Outre la participation de L’Etat dans leurs équipements ces formation communément appelés orchestres nationaux, bénéficiaient des avantages suivants :

·      dons de matériel

·      Participations aux festivals à l’étranger :

. Tropical à Lagos,

. Vibro au Canada,

. Makembe en Corse, etc.

·      Tournées officielles :

. Zaïre

. Grèce

. Côte d’Ivoire

. Roumanie, etc.

·      Enregistrements aux frais de l’Etat en Centrafrique notamment à la radio Centrafique.

·      Enregistrements dans des studios à l’étranger

 

Certaines de ces formations avec le concours de Mr LEJUSTE (un français d’origine antillaise)commencent à se faire pro­duire sur disque. Quelques temps plus tard un centrafricain, Chandra MBALLA, se lance lui aussi dans la production mais sera  vite contraint à abandonner du faits des handicaps que lui posent notamment les taxes douanières et autres sur sa production.

Ces oeuvres étaient produites sous forme de 45 tours et dis­tribuées en France et en Afrique (ex Editions NGOMA et NGOM­BI)

Il est à noter que les bons  musiciens de l’ époque jouissaient d’un revenu appréciable par rapport au niveau de vie général et que la Radio Bangui, héritant des structures post-coloniales, assurait aux artistes le payement de leur droits d’auteurs par le canal de la SACEM.

La deuxième génération sera constituée par les orches­tres Los Négritos (qui s’appellera par la suite Makembe), Musiki, Commando Jazz, Vox Négra, Negro Louame, Ouaka Jazz etc...

Crées généralement par des initiatives privées, ces or­chestres allaient rapidement bénéficier du soutien de l’Etat qui se concrétisait par :

·      Des cachets d’un minimum de 3OO OOO Frs et pouvant aller jusqu’à 500 000 frs lors des soi­rées de gala auxquelles ils participent.

·      Des dons annuels variant de 5OO OOOFrs à 2.OOO OOO Frs à titre d’encouragement .

·      Des voyages à l’étranger

 

Entre temps le Centrafrican Jazz disparaissait de la scène, du fait des caprices de BOKASSA qui l’avait pris en mal et le Vibro Succès s’expatriait ; Tropical Fiesta conti­nuait d’évoluer.

C’était une période faste pour les musiciens qui arri­vaient à tirer des revenus substantiels de leur métier.

A partir des années 8O surgira la troisième génération avec comme chef de file Canon-Star. Suivront ensuite Zokela, Cool Star,  Ouaka Star,  Matanga,  Ibeke, Arc en ciel, Aime Jazz, Bella et Efoi Musika, Extra Cool.

Parmi ces orchestres Canon Star, Ibeke, Aime Jazz, Arc en Ciel  ( qui se transformera en  Vox-Negra ) Commando et Musiki sont une première fois dotés de matériel par l’Etat.

Après un début euphorique, les prémices de la crise de la musique commencent à ce faire sentir. Certain des orchestres bien que dotés de matériel éprouvent néanmoins des difficultés  sérieuses.

Alors que dans les autres pays voisin la production dis­cographique bat son plein avec comme exemple l’IAD au Congo, le Studio de la Radio télévision au Cameroun, Izason au Zaïre, les Studios Mademba et Nkossu au Gabon, Le Studio Centrafricain dont l’implantation avait été prévu à Berengo ne verra jamais le jour.

Avec les moyens rudimentaires naissent cependant le Stu­dio ABC, le Studio BONGA-BONGA et le Studio VITAMINE.

Ces trois studios outre les enregistrements pour le public, se lancent dans la production de groupes. Ils seront plus tard rejoint par CMS Production, YOLOGAZA Jonas, SAULET, BO­MONGO TITA KPAMANDA, BILLY DODO. Quelques Artistes notamment Judes BONDEZE, LEONIE KANGALA, Sultan ZEMBELLAT, Yvon KANGA­LA, LASKIN arrivent à trouver des producteurs à l’étranger ou à s’autoproduire. Malheureusement aucun producteur n’a réussi un décollage réel.

La crise s’accentue et les succès des orchestres devien­nent éphémères, les moyens limités des producteurs ne per­mettent aucune action d’envergure.

Le matériel des orchestres se détériore rapidement mais seul les orchestres Musiki, Vox-Négra et Commando recevront plusieurs fois l’assistance de l’Etat.

Entre temps Ibeke Tropical, Aimé Jazz , Vibro-Succès ont cessé d’évoluer .

La naissance du BUCADA (Bureau Centrafricain du droit d’auteur) va pendant un certain temps créer l’illusion mais pas pour longtemps .

4.              La situation actuelle

   

Nous choisirons délibérément de ne parler que d’une cer­taine catégorie de musiciens dits « professionnels » et nous restreindrons l’analyse à l’élite évoluant dans les forma­tions de renom comme Musiki, Canon Star , Makembe, Extra Cool, Ouaka Star etc..., tout en sachant que l’acuité des problèmes évoqués s’accentue au niveau des formations semi-professionnelle et amateurs.

D’autres aspects de la Musique comme la musique traditionnelle, folklorique et religieuse qui sont abondamment prati­quée ne sont pas formellement intégrés à L’UMCA bien que des démarches soient en cours dans ce sens.

Dans l’état actuel ces formations dites « professionnelles » évoluent avec 8 à 12 personnes sur scène et en comptant le personnel annexe et les danseurs ce sont 15 à 25 personnes qui forment généralement un orchestre.

Bien qu’un certain complexe d’infériorité vis à vis de la musique étrangère, en particulier de la musique Zaïroise, a longtemps prévalu, entretenu et véhiculé par les médias nationaux, nous pensons que les musiciens constituant les formations ci-dessus énumérées n’ont rien à envier sur le plan de la valeur intrinsèque aux autres artistes évoluant au niveau international.

L’exemple a été donné  lors du passage à Bangui de vedet­tes étrangères, quand les musiciens Centrafricains ont assu­ré avec brio la maîtrise des orchestrations et arrangements, permettant ainsi des prestations de qualité. Ce fût le cas avec Extra Cool et Bozi Boziana, Cool Star et Evoloko Jock­er, Vox-Négra Koffi Olomide  et Théo Blaise Kounkou et les Makembe pour ne citer que ceux-là.

Le public découvre à posteriori la valeur des orches­tres tel Tropical Fiesta , Makembe , Vibro-Succès Et Centra­frican Jazz .

Kokombo Star , un orchestre Centrafricain ayant évolué en France, a en moins de six mois d’existence été classé au hit Parade de Radio France International , véritable baromè­tre de la musique Africaine.

Au niveau individuel des solistes tels SOKAMBI ou SALADIN gèrent parfaitement leur carrière internationale

Actuellement les orchestres Musiki , Ouaka Star, Canon Star, NDAI NDAI et Zokela (les plus en forme ), sont capa­bles de faire la démonstration des potentialités de la musi­que centrafricaine.

L’équivoque sur les valeurs comparées étant levée il n’en demeure pas moins qu’il existe un gouffre entre la con­dition du musicien centrafricain et celle de ses pairs étrangers.

En effet le premier constat part du revenu actuel du musicien. Rares sont parmi les formations actuelles celles qui sont capables d’assurer un salaire aux musiciens et chez celles qui le peuvent le revenu moyen oscille entre 6.OOO et 15.OOO Frs cfa.  Celà met en évidence de façon flagrante la détérioration des revenus qui à une certaine époque avoisi­nait  40.OOO Frs en moyenne.

Ce salaire est essentiellement généré par les recettes provenant de concerts ou plutôt bals populaires dans des bars dancing. Les structures de production, distribution et de rémunération du droit d’auteur, qui constituent ailleurs l’essentiel des revenus des musiciens sont quasiment inexis­tantes.

De cette absence de structure et de revenu découle la dégradation du statut du musicien qui devient incapable :

D’entretenir le mythe du vedettariat

·      de s’assumer et d’avoir la responsabilité d’une fa­mille

·      de trouver dans l’accomplissement de son métier une motivation

·      d’acquérir et/ou d’entretenir son matériel de produc­tion qui, lorsqu’il existe, est souvent technologiquement dépassé et complètement délabré.

 

A l’heure actuelle la plus part des orchestres traversent une crise sans précédent.

Seul les orchestres MUSIKI et CANON STAR et OUAKA STAR arri­vent encore à tenir une programmation régulière de leur prestations. Beaucoup de groupes ont disparu ou n’existent que de nom. D’autre malgré leur bonne volonté n’ont pas de matériel leur permettant de se produire.

Les orchestres ont du baisser leurs tarifs.

Il est difficile aux artistes de trouver des producteurs, car la piraterie ne permet pas à ceux-ci de gagner quelque chose sur les productions.

Présentement, on peut sans risque de se tromper affirmer qu’aucun artiste centrafricain ne figure parmi les stars ou les grands groupe africain.

 


 

5.              LES CAUSES DE LA CRISE

 

5.1.    Responsabilité du Ministère de tutelle

 

5.1.1.Politique culturelle

 

L’inconsistance des documents fournis et l’absence des experts du département lors de travaux en commission du «Grand Débat National» (espèce  de conférence na­tionale où tous les problèmes nationaux devraient être abor­dés) ont démontré à suffisance qu’il n’existe aucun projet clairement formulé. La lecture par le département du docu­ment de deux pages prétendant faire le bilan de trente ans de gestion de « la culture »  donne l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes alors que ce sec­teur, du fait des nombreux handicaps de structures et d’in­frastructures, est au bord du gouffre. Pour preuve aucun ar­tiste dans aucune discipline n’est parvenu à trouver un rayonnement sous-régional, pour ne pas dire africain ni même mondial. Pour­tant ce ne sont pas les talents qui man­quent.

De nombreux fonctionnaires qui auraient du être les initia­teurs d’une politique cultu­relle se sont laissé phagocyter par la lo­gique du système qui voulait que dans cette cohabi­tation Culture-Communication, la Culture soit le parent pau­vre. Ils ont utilisé le peu d’énergie et de ressources dont ils disposaient au service d’un carriérisme ad­ministratif ou politique. La gestion du quotidien et la recherche des inté­rêts per­sonnels les ont empêché d’être au contact réel de ce milieu musical d’où une méconnaissance totale des problèmes que rencontrent les artistes.

De cette carence il découle que des pro­blèmes structurels pour lesquels la re­cherche de solutions devraient être ini­tiée par le département sont à ce jour non réso­lus.

5.1.2.Formation

5.1.2.1.Dans le cursus éducatif

. La musique n’est pas enseignée à l’école primaire ni secondaire

. Pas de formation des formateurs

5.1.2.2.Dans le domaine professionnel

Alors que constamment nous voyons les agri­culteurs, les éle­veurs, les médecins, les commerçants, les enseignants, les femmes etc. participer à des séminaires, col­loques, sympo­siums, conférences et stages,

. Aucun séminaire et ateliers pour les ar­tistes

. Pas de Formation des techniciens dans le domaine des arts.

 

5.1.3.Infrastructures

5.1.3.1.Studio

 

Jusqu’à il y a deux mois Il n’existait aucun stu­dio d’enregistrement remplissant les cri­tères pouvant permettre aux musiciens centrafricain d’être compétitifs sur le plan du son.  Cette situation qui a duré depuis plus de 30 ans n’émeut per­sonne.

Imaginons un instant que l’on dise par exemple dans le do­maine de la santé que  l’état ne doivent plus intervenir et que seul les médecins qui le peuvent pourront construire des cliniques pour soigner les malades... C’est en quelque sorte le langage que tient notre département qui depuis la départ de BOKASSA a renvoyé l’examen de la question du studio aux calendes grecques.