COMPTE RENDU DE LA
RENCONTRE DU 30 JANVIER 2005 ORGANISEE PAR L’OBSERVATOIRE
CENTRAFRICAIN DE LA
BONNE GOUVERNANCE RELATIVE A LA CRISE
INSTITUTIONNELLE ET SES
CONSEQUENCES EN CENTRAFRIQUE
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Animateur
et Président de la séance : Lucé Raymond
BOMONGO Président de l’observatoire centrafricain de la bonne
gouvernance.
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Dimanche 30 janvier 2005 s’est
tenue à MUSSONVILLE dans la commune de
BEGLES à Bordeaux, la première rencontre organisée par l’Observatoire
centrafricain de la bonne gouvernance avec tous les acteurs socio politiques de
centrafrique.
Le point d’orgue de cette rencontre, la crise institutionnelle provoquée
par l’invalidation de certains candidats aux présidentielles de 2005 par la
cour constitutionnelle de transition.
Présents ou
représentés :
1-Pour les partis politiques :
- Alliance pour la Démocratie et le
progrès (ADP) Bertrand Kemba
- Front patriotique pour le progrès : Julien Lavodrama, Kpigné Francis
- Forum Démocratique pour la Modernité (Fodem) Jean Mbalanga
- Mouvement de Libération du Peuple
centrafricain’ (MLPC) Clément Godame
- Parti Démocratique Centrafricain ( PDCA) Emmanuel Mangot
2- Candidats indépendants :
POUZERE Francis représenté
par Joseph Makoudoubou de LONDO
3- Personnalités et élus locaux
Mairie de Bègles ( Noël Mamère)
représenté par son directeur de cabinet M. MerletteLe Président des verts de
Bègles, Narcisse Kamagnawode
La secrétaire générale du bureau
des verts de Bègles
1- Cadrage du débat
par l’animateur
Première constatation, après discussion l’ensemble des participants pense
qu’il faut organiser le débat sur la crise et ses conséquences, la richesse du
thème le justifiant. Dans les faits, les discussions ont plus porté sur la
genèse de cette crise institutionnelle et
provoquée par l’invalidation par la cour constitutionnelle de transition
de certains candidats aux présidentielles
de 2005 ainsi que ses conséquences.
Il a été proposé d'aborder la question en s'interrogeant sur les raisons de
cette invalidation et le pourquoi de la
médiation étrangère :
1- L’impossibilité des protagonistes à se mettre autour d’une table,
2- De s’interroger sur les causes
exogènes et endogènes de l’implication du Président Omar Bongo dans la médiation d’une affaire
centrafricano centrafricaine,
3- De mesurer l’impact que le
non-déroulement de ces élections tant attendues par les Centrafricains ainsi
que la communauté internationale afin de valider un retour effectif à l’ordre
constitutionnel et démocratique.
4- De la prise de conscience des risques potentiels d’une guerre civile si
les élections n’avaient pas lieu et aussi dans le cas ou chaque protagoniste
réfutait les résultats de ces scrutins à venir.
2--
RAPPEL
L’animateur et président de la séance M. Lucé Raymond BOMONGO a rappelé les principaux points de cette
rencontre. :
Ce sont les prévalences de la bonne
gouvernance, l’unicité, l’éveil et le sens patriotique conditions siné qua non
de la stabilité politique, de la paix et du développement socio économique de
la république centrafricaine ;
Cette crise ayant évolué, puisqu’une réunion s’est tenue à Libreville sous
les auspices du Président Omar Bongo et
cela a aboutit à un compromis entre les protagonistes, Ainsi, la plupart des
candidatures invalidées ont été régularisées sauf celle de l’ancien Président
Ange Félix Patassé,
- Que faut il penser de cette crise
?
- Quelles leçons devons nous
en tirer ?
3- DEBAT :
Le FPP, par la voix de l’un de ses représentants, M. Kpigné Francis a
dénoncé la confiscation du pouvoir, de
la presse, et la violation des actes constitutionnels par le président candidat
Bozizé.
Ce dernier a rappelé, les risques de la guerre civile si les résolutions de
Libreville n’étaient pas mises en application dans les jours à venir.
M. Kpigné Francis désigne l’actuel chef d’état et candidat le général
Bozizé comme étant le responsable du blocage institutionnel, de l’insécurité
grandissant par les actes de barbaries des « Zakawa » et de sa garde rapprochée
qui continuent à terroriser le peuple centrafricain.
L’ADP, représenté par, M. Bertrand Kemba, a mis l’accent sur ce qu’il
appelle » la méthode qui choque » de Bozizé, en utilisant la cour
constitutionnelle de transition pour régler ses comptes avec certains
compatriotes candidats aux présidentielles de 2005 et plus précisément le candidat Gabirault qui a toutes les
chances de gagner ces élections.
Il s’interroge sur les compétences qui seront retirées à cette cour constitutionnelle
de transition qui s’est montrée défaillante et qui seront donc
affectées à la CEMI,
M. Bertrand Kemba a demandé qu’une lecture de l’article 154 du code électoral soit faite dans l’optique d’éclairer
l’assemblée à ce sujet.
LE MLPC, par la voix de son représentant de la section Bordeaux en la
personne de M. Clément Godame, est intervenu pour faire la genèse de cette
crise et dénoncer le coup d’état du 15 mars 2003.
Tout en apportant une touche particulière dans ses détails, ce dernier à fustiger la gestion de cette période
transitoire qui d’après lui à causer
beaucoup plus de souffrance au peuple centrafricain par manque de
professionnalisme des acteurs du 15 mars 2003 qui n’ont pu présenter un vrai
programme post crises.
Répondant à la demande de M. Bertrand Kemba, Clément godame a donné lecture
de l’article 154 du code électoral qui a écarté l’ancien chef d’état Ange Félix Patassé de la course aux présidentielles.
Une explication détaillée du pourquoi du soutien du MLPC au candidat Ziguélé a été donnée par le FODEM,
par le biais de son représentant de la section Bordeaux - Toulouse, en la personne
de M. Jean Mbalanga 1er vice-président
Fodem France, a tout d’abord dénoncé avec vigueur les conditions d’invalidation
des candidatures aux élections présidentielles.
Il a rappelé que normalement Bozizé ne devrait point être candidat et que
cette volonté subite a entraîné le dérapage de la cour constitutionnelle qui
lui facilitait le hold up électoral. Il a noté que l’issu de la crise à permis la
contribution patriotique et démocratique du Président fondateur du Fodem M.
Charles Massi. Il reproche au chef de
l’état le mal gouvernance, le népotisme, le régionalisme et l’enrichissement
sans cause. Le Fodem, réclame avec
force, un retour rapide à l’ordre constitutionnel et démocratique.
Pouzère Francis, représenté par M. Makoudoubou Joseph du parti londo
a vilipendé la mascarade du chef de l’état Bozizé, depuis 1999 jusqu’à ce jour. Il lui reproche d’avoir confisquer la
transition consensuelle et d’aiguiser de plus en plus son appétence du pouvoir.
PDCA( membre du Kwa na Kwa), par la voix de son représentant de la section
bordeaux Emmanuel Mangot a rejeté du revers de la main les avis qui tendent à
présenter le Président Bozizé comme étant le seul responsable du blocage de la
décrispation de la situation créée par la bévue de la cour constitutionnelle de
transition. Répondant à la question de
la confiscation du pouvoir et au prétendu
hold up
électoral par Bozizé, il affirme ne pas disposer de preuves probantes de
ces allégations alors que le souci de
son Président candidat est un retour
prompt au processus constitutionnel et démocratique. Il s’interroge sur le
fait, que la transition a été gérée par tous les partis politiques, ceux qui
ont soutenu ou pas le coup de force du
15 mars 2003. Il note par ailleurs
aucune démission de la part des acteurs de cette transition et
estime qu’il serait malsain de décrier une seule personne « le Président Bozizé » comme ayant raté cette transition. Il a
précisé que durant cette qui prendra fin le 13 mars 2005, et ne comprend
toujours pas le pourquoi de toute cette agitation à l’approche des élections
présidentielles.
Répondant à la question de la médiation du Président Omar Bongo, il a
répondu que le président Bozizé, en tant que démocrate et père de la nation, il
a accepté cette médiation dans l’optique de reprendre le processus démocratique
bloqué par des
opposants.
4-
Questions :
Deuxième constatation, compte tenu
de la densité du débat, une liste des intervenants a été dressée :
Rongba Jean Pierre, Wandji, Gabato firmin, Viko, Kopogo, Bomongo Domino Il ressort de ces interventions quatre (4)
questions fondamentales à savoir :
1- Les problématiques du
transfère du pouvoir de la CCT à la CEMI ?
2- Le pourquoi de la médiation
d’Omar BONGO
3- La problématique des
alliances Fodem, Mlpc, Rdc, et autres
qui ont toujours été des frères ennemis
4- Pourquoi, le front uni ne
présente t’il pas qu’un seul candidat contre Bozizé ?
5- Pourquoi, nos partis politiques ne viennent devant les électeurs que
pendant les échéances électorales ?
5-REPONSES :
Concernant les alliances M. Jean Mbalanga 1er vice-Président du Fodem
France a répondu que le front d’union national nécessite une coordination au
sein des partis politiques pour donner une réponse politique forte à la crise
générée par la volonté autoritaire de l’équipe au pouvoir. Pour le reste, le Président du Fodem M.
Charles Massi a été toujours contraint à l’exil et à la prison.
Au sujet de la problématique de la
médiation du Président Omar BONGO, le représentant du MLPC
Bordeaux, M. Clément Godame a précisé que le choix de ce dernier était normatif
du fait que M. Omar Bongo connaissait très bien les soucis de notre pays pour y
être intervenu à maintes reprises.
Répondant à la question sur la présence des partis politiques juste à
l’approche des échéances électorales, M. Lavodrama Julien a expliqué que le FPO
est omniprésent par ses diverses actions dans les grandes villes françaises.
Une demande au Président de l’observatoire centrafricain de la bonne
gouvernance afin d’organiser une rencontre avec les compatriotes de Bordeaux,
M. Lucé Raymond Bomongo lui a suggéré, cette réunion, du 30 Janvier 2005,
pour une question de commodité et
surtout de facilitation de contact avec les autres partis politiques souhaitant
rencontrer les compatriotes de cette ville de Bordeaux.
Emmanuel Mangot représentant du
PDCA et de la convergence Kwa n Kwa a répondu à la question relative aux
transfères de certains pouvoirs de la cour constitutionnellede transition. Il a expliqué la nécessité de ce transfère
car cela y va de la crédibilité de ces élections, et de la recherche du
consensus national voulu par le chef de l’état Bozizé.
L’intervention du directeur de
cabinet de Noël Mamère
M. Merlette Directeur du cabinet de Noël Mamère est intervenu pour
remercier la pratique de la démocratie
participative qui tend à se développer en république centrafricaine ainsi que
ses acteurs.
Il s’interroge sur la fonctionnalité et la partialité de la cour
constitutionnelle de transition qui a invalidé certains candidats sans
sanctionner la violation des actes constitutionnels du chef de l’état qui a
déclaré sa mise en disponibilité qu’après avoir fait avaliser sa candidature.
Il déplore l’incapacité des acteurs socio politiques centrafricains à
pouvoir régler eux même leurs différents.
M. Morlette informe la disponibilité de M. le maire Noël Mamère a aidé la
communautécentrafricaine dans les différentes formations à savoir :
-Le commerce équitable
-L’environnement
-la démocratie participative
-le développement durable
M. Morlette a relevé le point d’orgue de cette discussion soulevé par tous les participants, la
probabilité d’une guerre civile dans le pays et s’est surtout interrogé sur le
rôle effectif de l’union européenne
dans cette gestion de crise.
Le Président de l’observatoire
centrafricain de la bonne gouvernance a pris la parole pour répondre au directeur de Cabinet de Noël
Mamère.
Une explication détaillée du rôle des différents acteurs dans la crise centrafricaine
est donnée, il s’agit de l’union africaine, le
Bonuca, l’Union
européenne par le biais de la commission de gestion et prévention de crises
de la sous région de CEMAC et des grands lacs et le comité de suivi du dialogue
National.
6-
Conclusion :
Les partis politiques présents souhaitent que le processus constitutionnel
et démocratique aille jusqu’à sa fin et que le code de bonne conduite signé par ces derniers soit, vite mis en
exergue et application afin d’éviter tout dérapage anti démocratique pouvant faire basculer le pays dans une
guerre civile.
L'ordre du jour étant épuisé. La
réunion a pris fin à 18 heures
Fait à Bordeaux, le 07 Février 2005