Quelle
porte de sortie ou quelle solution de sortie de crise ?
Notons tout d’abord à titre
d’information que les interventions de l’ONU pour soutenir un processus de paix
dans un pays sont toujours payantes par le pays demandeur. C’est à dire que la
RCA va payer dans le cadre de sa dette extérieure les coûts relatifs à
l’intervention Onusienne que tous s’accordent à demander.
Monseigneur,
Messieurs, Mesdames, El Adj et les autres
à Voix forts, au nom de Dieu, prière ne pas vous livrer aux erreurs du
commun motel une fois de plus. Répondez plutôt aux questions de savoir ce à
quoi les gens qui vous abordent pensent-elles exactement quand elles prononcent
le mot dialogue ! Un dialogue « à la Centrafricaine »
c’est toujours le moment où on va avoir à payer des perdiems à tour de bras
avec au final un grand défilé de chefs d'état soit-disant parrains. Il faut se
vraiment s’interroger s’il s'agit-il de prendre des décisions responsables qui
seront mises en application ; Ala zia a Awakodro
na siriri na ya ti mawa na pono « littéralement laissez les Centrafricains dans
la misère »
Dacko n’avait pas voulu
dialoguer,
Patassé
n’avait pas voulu dialoguer
Bozizé
ne veut pas dialoguer
Ah
dialogue, tu es fort car personne ne veut de toi chaque fois que tu t’impose
Personne ne peut être contre un dialogue
en République Centrafricaine en cette période de crise mais chacun doit se
poser la question de savoir ce qu’il veut atteindre par ce dialogue. Qui va
écouter ceux dont les voix sont insignifiantes face aux intérêts égoïstes des
uns et des autres. S’il y a dialogue, il ne doit pas servir seulement à acheter
des voix et des âmes, amen !
Les
Musulmans crient sur les Chrétiens et on doit craindre des effets secondaires
de ces cris à une étape ou l’autre si cette crise n’est pas maîtrisée
aujourd’hui à sa phase naissante. Un ami m’a posé la question de savoir ce que
adeptes de la Franc Maçonnerie ont apporté à la RCA et qui a le mérite d'être
considéré comme valeur humaine. Cette
question remet un autre aspect à la dimension religieuse des causes du malheur
de la RCA car l’occultisme est une
institution qui est impliquée dans la politique de notre pays depuis des
années. Si on admet que personne n’a quoi que ce soit contre les Francs Maçons,
on doit cependant sincèrement interroger les adeptes de ce qu’ils ont apporté à
la République Centrafricaine depuis qu’ils participent au placement des hommes
politiques à la tête de cet état.
Aux
Islamistes et à ceux qui pensent qu’il s’agit d’un nouveau phénomène, rappelons
simplement que la République Centrafricaine a failli être transformé en
République Islamique par Patassé. Certains anciens députés MPLC au pays ou en
exil savent très bien que la propagation des tendances islamiste a commencé
avec la problématique actuelle. En plus, si nous sommes bien informés, il y a
trois tendances dans la radicalisation des mouvements militaires en
Centrafricains dont une animés par des anciens compagnons du Président avec qui
on ne sait pas bien quel type de contrat les lie. Le problème de l’islamisme
est donc marginal.
En
pessimiste, on criera haut et fort « Il est urgent de proposer que la RCA
soit placée pour un petit moment sous administration de l'ONU ou de la France,
le temps de former des vrais hommes politiques capables de diriger le pays
selon les "normes démocratiques" et dépourvus de toute idée de
gestion clanique, ethnique ». Ainsi, tout ce qu’on peut imaginer comme
ingrédients de mauvaise gouvernance, capables de comprendre simplement ce
qu'est un état et son fonctionnement pourrait gagner en effectivité car nos
politiques croient nous gérer mais
ignorent tout de ces notions élémentaires car aveuglés par l'héréditaire
pauvreté, ils ne pensent qu'à remplir leur poches et celles de leurs proches au
détriment de la grande majorité.
Regarder
notre capitale qui n'arrive pas à fournir de l'eau potable à la population
pendant des jours et des jours. Quand l'eau doit arriver, c'est pour amener son
lot de fièvre thypoïde et autres.
Après avoir imaginer tout cela, on comprend aisément ou
est la source des problèmes OUI ou NON ? Alors pourquoi ne pas s’attaquer
au système ?
Pourquoi devra t on sincèrement encore croire au
dialogue? Et pourquoi parler de dialogue
alors que la solution est ailleurs ?
Ni un nouveau dialogue national, ni une nouvelle
conférence nationale tout comme un nouveau gouvernement d'union nationale ne
sauront apporter la solution aux problèmes de notre pays. Car en effet, la
toute première Conférence Nationale de l'Afrique a été le Séminaire de
réflexion national qui a eu lieu en RCA sous le régime Dacko
II a été suivi d'autres formes de débats appelés « dialogue national » et ou «
débat national ». Les résolutions de tous ces pourparlers sont aujourd'hui
disponibles et il suffira de les appliquer. Si toutes ces grandes messes
n'ont pas apporté le salut attendu par le peuple Centrafricain depuis la chute
de BOKASSA, il est opportun de modifier la stratégie de politique et de choix
des hommes politique en République Centrafricaine.
Il faut se rendre à l'évidence que toutes les
formes de gouvernements pratiquées successivement depuis DACKO II ont échoué et
qu'il faille un gouvernement de technocrates conscient de l'échec du à la
mauvaise gouvernance, au clanisme, au clientélisme et aux influences
religieux-occultiste. Peut-on sincèrement croire qu'il y a des hommes
connus capables de résoudre l'épineux problème de la République Centrafricaine
avec un mode de gouvernement que personne ne cherche à changer?
Si de tels hommes existent, pourquoi n'appliquent t
ils pas toutes les résolutions et pourquoi ne changent ils pas la forme
et le mode de gestion du pays?
Quel est ce pays ou les hommes politiques passent le plus
clair du temps à gérer l'aide international au quotidien sans se soucier de
bâtir un avenir réel ?
Voilà un système ou les Présidents disposent SEULS DE
TOUS : du trésor public, des finances publiques, de
l'administration, de la justice. Ils nomment tout le monde à leurs guises quand
ils sont au pouvoir.
Si la séparation du pouvoir est réelle et effectif,
pourquoi quelqu’un chercherait par tous les moyens à devenir Président pour se
servir comme les prédécesseurs ?
Pour satisfaire aux aspirations fantaisistes qui
s’appuient sur des soutiens occultes ou islamistes et autres, il faut obliger
le système politique Centrafricain à pratiquer la stricte séparation des
pouvoirs dans l’exercice de la haute fonction.
Si la France ou la Banque mondiale ou le FMI ou l’Union
Africaine posaient la question à l’homme de la rue, ce dernier répondrait une
réponse très simple et très brève comme solution de sortie de crise: Obliger
les dirigeants Centrafricains à organiser une nouvelle forme de gestion.
Les institutions internationale peuvent aider la
République Centrafricaine à avoir un gouvernement limité à 10 personnes ayant
totalement à sa charge les questions économiques et donc autonomes du Président
de la République qui lui se verra
attribuer un budget de fonctionnement des gestionnaires de la République
indépendants dans leurs fonctions. Aussi, dans le cadre de la séparation des
pouvoirs, redéfinir le mode de fonctionnement du corps judiciaire qui ne doit
plus dépendre du Président mais devra être organisé de façon autonome selon les
critères de compétences purement judiciaire et par conséquent nommés par leur
pairs sous contrôle d’une instance à définir. Cette forme de gouvernement
permettra de réprimander les malversations des Ministres et du Président de la
République, empêchant aux dirigeants politiques de se servir du Trésor Public à
leurs guises.
Si les pays qui veulent aider la RCA souscrivent à un tel
système, il y aurait moins d'abus de pouvoir et donc pas d'immixtion du
Président dans le fonctionnement financier, ce qui aura pour conséquence de
limiter l’utilisation du trésor public comme
cagnotte personnelle.
La seule solution fiable reste donc que les partenaires
bilatéraux exigent la séparation des pouvoirs et la limitation de piquer à grée
dans le trésor public.
Le fond de cette analyse et sa faisabilité apparaissent
peut-être utopiques. Mais cette utopie peut permettre de rompre avec une
pratique de gouvernement et de la gestion publique qui ne nous a amené nulle
part depuis des années.
Puisqu’un déploiement de l’ONU revient à augmenter notre
dette extérieure (eh oui les générations futures de la RCA paieront une telle
facture si les forces onusiennes interviennent) alors pourquoi ne pas demander
aux Centrafricains de la rue ce qu’ils pensent de l’augmentation de cette dette extérieure de leur pays pour le
financement d’une intervention internationale dans ce conflit Centrafricain
pour limiter les risques d’une guerre civile.
Les Centrafricains doivent dès aujourd’hui savoir qu’une
intervention de l’ONU et de la France en appui aux FACA et à la Force
interafricaine de la CEMAC n’est pas gratuite. C’est pour cela qu’elle doit
être conditionnée par la mise en place d’une structure restreinte de
gouvernement avec la séparation des pouvoirs. Cette intervention ne peut avoir
lieu seulement et si seulement le pouvoir de Bangui a le courage de présenter
une nouvelle stratégie de gouvernement qui donne une évidence sur
sa volonté de changer le mode de gestion en République Centrafricaine. Elle ne
doit pas apparaître comme intervention pour sauver un système.
OUI il faut un dialogue ! mais ou ?
OUI il faut accepter l’intervention de l’ONU mais à la
condition que les responsables politiques
admettent que la pratique
actuelle a échoué et qu’il faille se mettre d’accord pour bâtir une nouvelle
structure souple sur le principe d'un
gouvernement de technocrates restreint à moins de 12 membres.
Si la RCA est régis sous l’égide de l’ONU, alors il doit
être permis aux Centrafricains d’exiger la composition d’un gouvernement
restreint limité à 10 Ministres soutenus par les effets de stricte séparation
des pouvoirs .
Jean-Pierre MARA