COMMUNIQUE DE PRESSE DU GARC
Paris, le 20 septembre 2007
«Condamnation de la
politique de la terre brûlée et de la volonté d’installer le syndrome rwandais
en Centrafrique»
Le 14 septembre 2007, l’organisation américaine de
défense des droits humains, Human Rights Watch a rendu public un rapport sur la
guerre qui sévit depuis plusieurs mois en Centrafrique.
Le Groupe Alternatif pour la Renaissance
Centrafricaine (GARC) se satisfait et salue la publication de ce rapport qui
vient compléter et étayer ce que notre Organisation ainsi que la grande
majorité des forces vives et démocratiques du pays ont toujours affirmé et
dénoncé.
Le rapport de l’ONG Human Rights Watch met à nu la
désinformation et les mensonges entretenus au sein de la Communauté internationale
par le pouvoir centrafricain et ses alliés, tendant à présenter la situation de
guerre civile qui prévaut dans le pays comme une simple affaire de
« débordement » transfrontalier du conflit soudanais du Darfour ou
encore de la lutte contre des « bandits de grands chemins »
En réalité, la guerre contre les groupes de
rébellion armée centrafricaine que mènent les forces de défense et de sécurité
du Général-Président BOZIZE avec l’appui direct des armées française,
gabonaise, tchadienne et congolaise s’inscrit dans la droite ligne de la
doctrine de « guerre subversive »
Comme chacun le sait, la stratégie
politico-militaire de la « guerre subversive » est une invention
coloniale française née après la défaite d’Indochine. Elle fût expérimentée pendant
la lutte de libération de l’Algérie de 1954/1962. Par la suite, elle a été
appliquée de manière adaptée dans un certain nombre de pays d’Amérique du Sud
et d’Afrique avec des conséquences toujours catastrophiques sur les plans
humains, sociaux et politiques. Pour preuve, l’exemple du génocide en 100 jours
de près d’un million de Tutsi du Rwanda où les autorités locales ont mis en
pratique les méthodes de la « guerre subversive » est encore présent
dans la Conscience universelle.
Que l’on ne se trompe pas, la « sale
guerre » imposée au peuple de Centrafrique par le Général-Président BOZIZE
et ses soutiens a pour objectifs d’instaurer le syndrome rwandais dans le pays
par l’accroissement des divisions ethnicistes, la guerre permanente, l’anarchie
et le maintien au pouvoir d’un autocrate, dictateur et prédateur. Ce qui, à
terme, ne pourrait que favoriser et accentuer la poursuite dans l’opacité la
plus totale de la captation illégale des ressources financières de l’Etat ainsi
que le pillage des ressources naturelles et stratégiques du pays.
Le GARC condamne fermement la politique de la terre
brûlée et la volonté d’installer le syndrome rwandais en Centrafrique.
Comment comprendre que face à ce qui s’est passé
récemment au Rwanda, les autorités françaises par la permanence de leurs
soutiens diplomatiques, militaires et financiers au régime du Général-Président
BOZIZE n’aient tiré les leçons de l’Histoire ?
Le GARC estime que les atteintes aux droits de
l’Homme, les crimes de guerre et crimes massifs commis sur les populations
civiles par les éléments de la Garde Présidentielle du Général-Président BOZIZE
sont aujourd’hui d’une extrême gravité pour que les membres de la Communauté
internationale, notamment le Conseil de sécurité de l’ONU, la Banque Mondiale,
le Fond monétaire international, la Banque africaine de développement, l’Union
africaine, l’Union européenne... ne prennent leurs responsabilités en les
condamnant publiquement et à surseoir à toutes les aides non humanitaires
qu’ils accordent au Gouvernement centrafricain.
Me Léon OUANGANGO
Coordonnateur Général du GARC,
Téléphone : 06 22 98 30 68 ou 06 18 43 43 23
E.mail : garc.comite@free.fr