Ce
que pensent les gens de la RCA
LA RCA est un État
d’anarchie et d’Arbitraire avec un
régime soutenu par la France alors que la garde Présidentielle et les rebelles
commettent des exactions contre la
population civile et la loi bafouée
par l’arbitraire
ACTUALITÉS
18 Septembre 2007
Publié sur le web le 18 Septembre 2007
By CY
Ouagadougou
La France ne
devrait pas rester inactive devant les crimes qui se commettent en Centrafrique
et cela pour plusieurs raisons.
Contrairement
à ce qu'on voudrait faire croire, que la situation est due à l'utilisation du
territoire centrafricain par les rebelles centrafricains soutenus par le
Soudan, la crise a des origines internes. Elle résulte de l'entrée en rébellion
de Centrafricains contre le gouvernement Bozizé. Mais la crise a aussi des
origines extérieures qui impliquent la France dans la mesure où c'est grâce à
ses aides multiples que le chef de l'Etat, François Bozizé, est arrivé au
pouvoir après un putsch contre le président légitime, Ange Félix Patassé. La
France ne peut donc rester indifférente, silencieuse, par rapport au drame qui
s'y joue.
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Elle ne peut
pas rester silencieuse et inactive parce qu'elle y a des troupes et que ces
troupes, à l'occasion, ont porté main forte au régime en place pour libérer des
parties du territoire conquises par la rébellion.
Elle ne peut
pas rester silencieuse parce qu'elle est le témoin direct des exactions qui s'y
commettent tant de la part des rebelles que des forces régulières et
principalement de la Garde présidentielle. Par-dessus tout, en raison du
précédent rwandais, où elle a péché lourdement pour non assistance à peuple en
danger, elle devrait éviter qu'une telle situation se réédite en Centrafrique.
Human Rights
Watch (HRW), dans un rapport fraîchement publié, vient de tirer la sonnette
d'alarme. L'organisation y relate d'abord les exactions. Extraits : «Depuis la
mi-2005, des centaines de civils ont été tués, plus de dix mille maisons ont
été incendiées et environ 212 000 personnes terrorisées ont fui de chez elles
pour aller vivre dans de terribles conditions au plus profond de la
brousse". Ensuite, HRW dénonce la passivité des militaires français sur
place et appelle la France à "dénoncer les abus de l'armée ». Elle exige
aussi que la France « assume ses responsabilités concernant ces crimes".
Peter
Takirambudde, directeur Afrique de HRW, quant à lui plus tranchant, soutient
que « La France, qui est l'un des principaux soutiens du gouvernement
centrafricain et qui dispose de soldats sur le terrain, aurait pu exercer une
pression bien supérieure sur les autorités de Centrafrique pour qu'elles
mettent fin aux tueries et aux incendies de maisons » (http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=117&d=3&i=893).
Mais comme
il fallait s'y attendre, la réaction de l'incriminée n'a pas tardé, et le même
site en porte témoignage en ces termes : « L'armée française a affirmé vendredi
avoir eu connaissance de 'comportements anormaux' de la garde présidentielle
centrafricaine et s'être assurée qu'ils soient sanctionnés. 'Les militaires
français n'ignorent pas qu'il y a des exactions en République centrafricaine
mais ils ne détournent pas les yeux et agissent chaque fois que c'est
possible', a assuré le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de
l'état-major à Paris ».
On a connu
pendant la crise rwandaise, des accusations et dénégations, des communiqués et
contre communiqués du type, et souvent même plus catégoriques. On sait où cela
a conduit. Espérons qu'on saura limiter ces tueries qui ont aussi des relents
tribalistes.
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LA RCA est un État d’anarchie et d’Arbitraire
La garde Présidentielle et les rebelles commettent
des exactions contre la population
civile
Dans le nord-ouest, les rebelles de l’APRD se sont
livrés à des extorsions généralisées, à la perception forcée d’impôts, à des
enlèvements pour réclamer une rançon et à des passages à tabac de civils, en
particulier dans la région de
Batangafo-Kabo-Ouandago située dans la province d’Ouham. Dans cette
zone, surtout sur l’axe Batangafo-Ouandago, presque tous les villages ont été
systématiquement dépouillés de tout leur bétail, et les chefs de village ont
fréquemment été enlevés en vue d’une rançon. Les rebelles de l’APRD comptent
également un grand nombre d’enfants soldats dans leurs rangs, dont certains
n’ont pas plus de 12 ans. Des commandants de l’APRD ont déclaré à Human Rights
Watch qu’ils étaient prêts à démobiliser les enfants soldats si la sécurité de
ces enfants après la démobilisation pouvait être garantie.
Lors de ses recherches sur le terrain, Human
Rights Watch a relevé une exécution sommaire imputable à . Human Rights Watch
n’a reçu aucun autre élément crédible émanant d’organisations locales ou
internationales de défense des droits humains ou de journalistes à propos
d’exécutions sommaires ou d’incendies de villages imputables aux rebelles de
l’APRD.
Elle recommande au gouvernement de la République
centrafricaine de « prendre toutes
les mesures nécessaires, notamment en émettant
publiquement des ordres clairs à l’intention des Forces armées centrafricaines
(FACA), de la Garde présidentielle (GP) et autres agences de sécurité
gouvernementales concernées, en vue de mettre fin immédiatement aux attaques
contre les civils et les biens civils dans le nord de la République
centrafricaine. De « Suspendre de toute
fonction officielle, enquêter et poursuivre en justice tous les membres du
personnel militaire impliqués dans des atteintes aux droits humains et des
violations du droit international humanitaire en République centrafricaine
depuis mars 2003, tant ceux qui portent une responsabilité criminelle et
individuelle directe que ceux qui assument une responsabilité de commandement.
»
De « Enquêter et poursuivre tout membre actuel ou
passé de l’unité de la GP basée à Bossangoa, notamment l’ancien commandant
Eugène Ngaïkossé et son ancien commandant-adjoint Abdoulayé Alias, pour leurs
actions individuelles et, sur la base de la responsabilité de commandement,
pour les crimes décrits dans le présent rapport, ainsi que pour d’autres
atteintes aux droits humains et violations du droit international humanitaire.
«
Elle recommande aussi au Conseil de Sécurité des
Nations Unies De « Réformer la section des droits de l’homme du BONUCA, en
changeant son mandat s’il y a lieu, afin qu’en étroite coordination avec le
Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme, elle observe et rapporte
correctement les atteintes aux droits humains et les violations du droit
international humanitaire en RCA, et qu’elle œuvre avec les autorités
centrafricaines à l’élaboration d’un plan d’action sur les droits humains et à
la mise en place d’institutions nationales efficaces des
droits humains ».
Elle recommande au gouvernement français et aux
autres gouvernements fournissant une assistance militaire à la RCA
De « Veiller à ce que les troupes françaises, autres
troupes étrangères opérant aux côtés des Forces armées centrafricaines (FACA)
et autres forces armées gouvernementales respectent le droit international
humanitaire, empêchent les FACA et autres forces armées gouvernementales de
commettre des exactions et interviennent pour protéger tous les civils dans
leur zone de déploiement.
Surveiller de près les atteintes aux droits
humains et les violations du droit international humanitaire commises par les
forces centrafricaines, et exiger des enquêtes et des poursuites pour toutes
les violations documentées.
Subordonner l’assistance militaire ou policière
dont bénéficie le gouvernement centrafricain au respect des droits humains
ainsi qu’à l’ouverture d’enquêtes et à l’engagement de poursuites contre le personnel
militaire impliqué dans les atteintes aux droits humains et les violations du
droit international humanitaire.
Veiller à ce que la formation sur les droits humains et le droit international humanitaire soit une composante importante de tous les programmes d’assistance. »