La R.C.A. offre t-elle les garanties
que peuvent exiger les bailleurs de fonds ?
1- La paix civile et sociale
2- Des consommateurs solvables
3- Des voies de communication pour la distribution
4- Des possibilités d'approvisionnement en intrant
5- Des taux d'imposition intéressants
6- Des possibilités de rapatriement des bénéfices.
1 La paix civile et sociale
La paix est propice au commerce. cela, tout commerçant vous
l'affirmera. Par contre, la guerre, en perturbant toutes les organisations
sociales, jette les gens dans la nécessité d'aller casser
des commerces, des entreprises pour une subsistance temporaire. Si des
gens peuvent contester le fait de dire qu'il n'existe pas la paix civile
en Centrafrique, ils ne pourront rien reprocher si nous disons qu'il n'existe
pas la paix sociale. Et pour cause, les salaires, les pensions et es bourses
ne sont pas payés. Les écoles, les hôpitaux, les services
postaux fonctionnent très mal. Les autres services publics fonctionnent
tant bien que mal. Les Centrafricains ne peuvent pas satisfaire des besoins
primaires et vitaux qui sont : se nourrir et se soigner. Ce sont des réalités
qui n'échapperont pas à l'analyse d'un bailleur de fonds
ou d'un investisseur qui verra là une situation explosive qui mettrait
en péril ses activités. C'est un mauvais point.
2 Des consommateurs solvables
Quelqu'un qui viendrait investir en centrafrique va se poser la question de savoir s'il pourra vendre ses produits. Autrement dit, est ce que la population du pays a les moyens financiers pour acheter les articles qu'il va produire et vendre. Si on sait que les salaires, pensions et bourses depuis plus de 15 ans maintenant sont versés au compte goutte. Que le niveau de ces revenus est des plus bas du monde. Que la quasi-totalité des commerces et sociétés qui existaient avant ont disparu certainement par manque de consommateurs solvables, cet investisseur a toutes les raisons de penser que son activité ne tiendra pas plus longtemps que celles de ses prédécesseurs. C'est un mauvais point.
3 Des voies de communication
pour la distribution.
Sans rentrer dans de grandes explications, on dira qu'en gestion d'entreprise,
il y a entre autre des coûts fixes et des coûts variables.
Les coûts variables sont liés aux quantités produites.
Tandis que les coûts fixes comme leur nom l'indique seront pareils
si on fabrique 100 unités ou 10.000 unités. Les entreprises
modernes avec le machinisme puis la robotisation sont faites pour produire
des milliers de pièces par jour. Cela permet entre autre de réduire
les coûts fixes par unité produite. La seule population de
Bangui ne consommerait pas les productions d'une entreprise de taille moyenne.
Il lui faudrait aller vers les consommateurs des provinces et des pays
voisins pour élargir son marché et espérer écouler
la totalité de sa production. Est-il facile d'aller à Birao,
Obo ou Zémio ? . Tous les Centrafricains connaissent les problèmes
liés à l'état de nos routes. Même pour aller
dans les villes et villages aux alentours. de Bangui. C'est un mauvais
point.
4 Des facilités d'approvisionnement
en intrant
L'intégration verticale est passée d'époque. (C'est
le fait pour une entreprise de fabriquer tout ce dont elle a besoin pour
aboutir à sa production finale et à la distribution). Beaucoup
d'intrants dont a besoin une entreprise pour sa production lui sont vendus
par d'autres entreprises qui peuvent être locales ou étrangères.
L'inexistence de tissu industriel en centrafrique veut dire que les premières
entreprises qui vont s'installer au pays vont manquer de fournisseurs locaux
pour des produits entrant dans leurs cycles de fabrication ou bien nécessaire
à l'emballage. Il faudra donc tout faire venir de l'étranger.
Les difficultés de ces approvisionnements, tout le monde peut l'appréhender
du fait de notre enclavement. Lequel enclavement n'a posé et ne
pose que très peu de souci à la majorité des autorités
qui se sont succédées dans la gestion du pays. L'épisode
récent du carburant qui aurait été bloqué devrait
nous faire réfléchir sur la dépendance à une
ou deux voies seulement d'ouverture sur l'extérieur. Ces difficultés
d'approvisionnement ne manqueront pas d'inquiéter un investisseur
étranger. C'est un mauvais point.
5 Des taux d'imposition intéressants
Le taux d'imposition est un indice que les investisseurs regardent mais il n'est pas déterminant. Si l'activité génère beaucoup de bénéfices, l'entrepreneur ne refusera pas d'investir à cause d'un taux d'imposition élevé.
6 Des possibilités de rapatriement des bénéfices
Un étranger qui viendrait investir encentrafrique ne le ferait pas pour faire plaisir aux Centrafricains. Non, Il viendrait pour gagner de l'argent, pour en jouir quand il veut et ou il veut. Il appartient au gouvernement centrafricain : D'être vigilant pour récupérer ce qui lui revient et de permettre à l'étranger de disposer du fruit de ses efforts. De mettre en place des procédures claires de transfert de fonds sans appréciations subjectives. La difficulté de conversion du franc CFA en plus des conditions subjectives de transfert de fonds sont ce qu'un investisseur qualifiera de tracasserie. C'est un mauvais point. A la lumière de ce qui vient d'être développé, un étranger qui viendrait en centrafrique pour investir serait une nouvelle race d'investisseur qu'on pourrait qualifier " d'investisseur missionnaire ". Car, il faudrait presque être investi d'une mission divine pour venir investir en centrafrique. Il ne faudrait pas se méprendre sur les soi disant investisseurs qui débarquent en ce moment en centrafrique. Ils sont beaucoup plus intéressés par les cailloux de nos sous-sols qu'ils emportent bruts sans création de valeurs ajoutées c'est à dire de richesse. Ce ne sont pas là des investisseurs qui contribueront au développement de la R.C.A. Ne mettons pas non plus dans la catégorie des investisseurs les commerçants étrangers qui sont de simples revendeurs de produits manufacturés. Qu'on ne nous accuse pas de jouer contre notre pays en disant que nous cherchons à décourager les investisseurs. Ces derniers, sont généralement des spécialistes d'études économiques et d'analyse de ce qu'ils appellent le " risque-pays ". Nous n'avons donc rien à leur apprendre dans ces domaines. Comme il apparaît qu'il serait vain de compter sur les investisseurs privés étrangers pour relancer l'économie centrafricaine ; alors, des bailleurs de fonds centrafricains cela est-il possible ?
Des bailleurs de fonds centrafricains cela est-il possible
Si quelques personnes peuvent naître riche, n'oublions pas qu'au début de leur histoire, il y a eu quelqu'un qui est parti de presque rien et que la richesse s'est amassée sur plusieurs générations. Bill Gate, le fondateur de Microsoft a commencé à bricoler ses microprocesseurs dans le garage de son père quant il n'était qu'un étudiant. Aujourd'hui, il est l'un des hommes les plus riches au monde. Des centrafricains sont nationalement connus non pas du fait de la politique ou du sport mais grâce à leur esprit d'entreprise. Nous pensons aux sieurs Guerengomba ; Guedema et plus récemment monsieur Zagui. Si pour le moment il n'y a pas ou très peu de centrafricains riches, capables de créer des entreprises dignes de ce nom, il ne faut pas en faire une fatalité mais provoquer et encourager l'émergence de cette catéorie de centrafricain pour plusieurs raisons.
A) Le secteur privé comme deuxième moteur de l'économie. Si nous pouvons comparer l'économie d'un pays à un avion bimoteur, nous dirons que le secteur privé est l'un des moteurs dont la carence prive l'économie de toutes ses potentialités, de tout son dynamisme. Dans certains pays à économie dite libérale, le secteur privé est même le moteur le plus puissant. (Etats Unis).
B) Le secteur privé comme élément d'intégration sociale L'existence d'un secteur privé aurait résorbé le chômage d'une bonne partie des jeunes et moins jeunes qui cherchent du travail et dont la seule solution finale est de quitter le pays.L'existence d'un secteur privé aurait desserré la pression que tout le monde exerce sur l'état finalement seul employeur dont les quelques postes convoités donnent lieu à des favoritismes qui génèrent des rancoeurs dans la population.
C) Le secteur privé comme instrument de politique économique L'existence d'un secteur privé aurait donné à l'état les moyens d'un certain nombre de politiques à travers les impôts et taxes et des prélèvements directs sur les salariés. L'existence d'un secteur privé aurait permis la création de richesses en exportant un certain nombre de produits pour faire rentrer des devises et en limitant nos importations par la fabrication de certains produits sur place (produits de substitution) pour limiter nos sorties de devises. De ces quelques avantages non exhaustifs, les gouvernants centrafricains auraient dû faire de l'émergence d'investisseurs nationaux une stratégie de développement à travers : La formation aux petits métiers Il est incroyable de constater que le système éducatif centrafricain est resté sur de vieux schémas hérités de la colonisation dont l'objectif était de former des cols blancs pour il est vrai, remplacer les colons qui devaient partir. Malgré le retour gagnant de la technologie, les centrafricains sont toujours entrain de privilégier les enseignements généraux .Nous avons toujours le seul lycée technique issu de l'ère coloniale. En France, les patrons de petites entreprises de maçonnerie, de plomberie, de menuiserie etc. des artisans qui dès la fin de la troisième se sont orientés pour se former à ces métiers. Des formations techniques dans tous les domaines utiles au pays doivent être enseignées avec un programme de création d'entreprise pour faire des adeptes. a chambre de commerce devrait être à l'affût de ce que d'autres artisans font sous d'autres cieux pour en faire profiter ceux de notre pays. Organiser des concours de création pour déceler des génies et les encourager. Le gouvernement qui sait qu'il existe des fonds auprès de certains organismes pour financer les micro-projets devrait encourager, aider les artisans à monter des projets pour espérer avoir les moyens de développer leurs activités.Ce sont les petites unités d'hier qui auraient pu embaucher d'autres centrafricains et donner des moyens à l'état. L'incitation à la création d'entreprise. Travailler dans un bureau est devenu tellement naturel pour le centrafricain que même l'ex premier ministre, monsieur Dologuélé, quant il est venu en France, est venu pour chercher des bureaucrates et non des entrepreneurs. Mais, s'il est vrai que le manque d'esprit d'initiative est inné à la majorité des centrafricains de l'intérieur comme de l'extérieur, il faudrait comme nous l'écrivons, forcer les choses. Beaucoup de pays tels que Israël,le Liban, le Mali et le territoire de Palestine doivent leur " santé " économique à leur diaspora. Le gouvernement centrafricain devrait encourager la diaspora centrafricaine qui pourrait avoir quelques moyens, à investir. Mais pour cela, il faudrait que chaque centrafricain qui fait une démarche de création d'entreprise soit encouragé. L'agent de l'état chargé de délivrer une licence ou un quelconque document nécessaire à cette création doit savoir et se dire que c'est par-là que le pays vaincra la misère et non de conditionner son travail par l'obtention d'un cadeau " Goro " Que les autorités arrêtent de faire de la concurrence déloyale (monopolistique) alors qu'elles n'ont pas le droit d'entreprendre (cf.article du GRAP 'l'état de droit'). Dans ce domaine, l'égoïsme du centrafricain est tel que l'autorité politique a toujours voulu être aussi l'autorité économique. Aucun espace n'est conféré à l'autre. Nous préférons voir les autres venir mendier devant notre porte pour nous donner l'occasion de les éraser. Alors que le souci des politiques aurait été d'encourager par exemple les jeunes acteurs économiques centrafricains " bubanêrë " devenir les bailleurs de fonds de demain.
La fin de la préférence étrangère
Loin de nous l'idée de racisme. En certaine circonstance, nous
défendrions l'idée d'une immigration de masse vers la R.C.A,
vu l'étendue du pays par
rapport à sa population. Nous défendions plus haut l'idée
de laisser l'étranger qui investirait en centrafrique, la liberté
de jouir du fruit de ses efforts. L'étranger étant enclin
à rapatrier ses revenus dans son pays, nous disons que nous ne pouvons
confier un secteur stratégique et vital de notre pays aux seuls
étrangers ou à des gens dont la naturalisation n'est qu'un
moyen pour mettre la main sur nos richesses et penser qu'ils sont devenus
des patriotes. Plusieurs exemples remontant à plus de trente
ans montrent que des investisseurs étrangers vivaient chichement
en centrafrique alors qu'ils réalisaient des choses grandioses dans
leur pays d'origine. On sait que de temps en temps, de l'argent est
injecté dans l'économie avec l'espoir qu'il agisse comme
une manivelle devant relancer le moteur économique. Mais cet argent
n'arrive pas à jouer son rôle parce que tout de suite tombé
dans les caisses des gens qui ne le redistribuent pas. Un Centrafricain
aurait eu envie de construire une ou des villas. Ce qui aurait fait travailler
des maçons, des charpentiers, des peintres etc.? D'autres centrafricains
auraient eu ainsi les moyens pour consommer. Mais voilà, nos gouvernants
ont toujours choisi la connivence avec les étrangers pour des intérêts
égoïstes (les dessous de table). Le centrafricain à
moins de chance d'obtenir un marché, une concession face à
un étranger. Nous dénonçons aujourd'hui ce comportement
non pour inciter à la haine mais pour montrer les préjudices
pour notre pays.
La non discrimination centrafricano centrafricaine
Un centrafricain qui a exercé des fonctions de haute responsabilité
et donc connu de tous a voulu, depuis l'étranger, investir dans
les
télécommunications mobiles en Centrafrique...
Spécialistes d'études économiques et d'analyse de ce qu'ils appellent le " risque-pays ". Nous n'avons donc rien à leur apprendre dans ces domaines.
Comme il apparaît qu'il serait vain de compter sur les investisseurs
privés étrangers pour relancer l'économie centrafricaine
; alors, des bailleurs de fonds centrafricains cela est-il possible ?