Du savoir et du savoir-faire.
Il ne suffit pas d'avoir des diplômes. Il faut savoir mettre en valeur ses connaissances

MTECH n'est pas en position de donner une information précise sur le nombre de diplômés mais nous savons que la RCA en a certainement un nombre considérable depuis l'indépendance de notre pays en 1960. La question qui doit préoccuper le lecteur de cet article est celle de savoir qu'un diplôme sert à prouver l'aptitude de son lauréat ou détenteur à suivre un sujet donné et pouvoir tirer des conclusions lui permettant de trouver des réponses adaptées à une situation précise.

Un exemple simple est la capacité d'un médecin à mettre les connaissances en jeux dans le diagnostique d'une maladie. Un autre exemple est la capacité de l'ingénieur à trouver une solution technique à un problème donné dans son domaine de compétence. Ainsi, l'ingénieur des travaux sera en mesure de proposer une solution adaptée aux problèmes d'infrastructures routières de son environnement quotidien.
L'homme instruit et possédant un diplôme passera donc son temps à observer la manière de vivre et les moyens utilisés par les individus dans son environnement. Cette observation servira par la suite à proposer une meilleure façon de faire pour améliorer la manière de vivre de cette collectivité.
Le diplômé étudie donc les comportements et propose des améliorations. Fort de ce constat, on peut conclure qu'avoir un diplôme n'est pas un consécration ou une fin en soit. C'est le début d'une vie de perpétuelle proposition pour une amélioration de l'actuel.

De la confusion et de l'incompréhension culturelle et artistique ou la négation de soit-même
Comment conçoit-on les choses et comment voit-on les choses

Je voudrais apporter deux exemples comparatifs prouvant l’incompréhension généralisée dont fait preuve le diplômé de notre société dans sa culture, une forme ayant conduit à une certaine aliénation de l’élite centrafricains:

Exemple 1 : Tradition de l'aide: une forme traditionnelle de l’aide s’exprime dans nos villages de la façon suivante: Un foyer qui n’a pas assez de main d’œuvre pour défricher le champs de 2 hectares va inviter les voisins et amis pour venir l’aider. Le jour venu, tous les volontaires se présentent très tôt dans le champ en question. Le travail terminé, le demandeur d’aide partage un grand repas avec ceux qui lui ont donné l’aide. Généralement un bœuf ou quelques cabris sont abattus. En terme de valeur capitaliste, le repas constitue le remboursement de cette aide.
L'aide n'a donc aucun caractère gratuit dans le concept de la tradition africaine.
Modernité de l'aide: la conception de l’aide internationale est devenue la politique générale de développement par excellence de notre ETAT. Aucun projet de développement n'est réalisé sans l'aide extérieur.
Les hauts fonctionnaires fondent tout l’espoir de survie de la société sur l’aide au point qu’ils ont cessé de réfléchir aux solutions appropriées aux problèmes de la société qu’ils sont supposés gérer. Aujourd’hui ce sont les fonctionnaires des institutions internationales qui réfléchissent aux solutions de notre pays, nos Hauts fonctionnaires exécutent des ordres auxquels ils n'ont pas réfléchi aux conséquences.
Seulement le concept de l'aide internationale ne tient pas compte du fait que les experts Etrangers, EUX réfléchissent selon une conception sociale différente de la notre. Leur action et réflexion sont toujours suivi du dictat des bailleurs sur les échéances de remboursements des dettes. Nos Hauts Fonctionnaires, victimes de leur propre confusion dans l'utilisation de l'expression AIDE dans son de TRADITION AFRICAINE se retrouvent devant un grand malentendu face aux partenaires.
Si accepter l’aide est une tradition, fonder son espoir de survie sur l’aide ne l’est point.

Exemple 2: Tradition culturelle.
un autre exemple de la confusion est d'ordre social. En effet, lors des cérémonies traditionnelles, les femmes dansent habillées juste de cache-sexe de rotins ou autres feuilles de palmiers.
Modernité culturelle : Lors des visites officielles, tous les gouvernements font danser les femmes quasi nues devant les visiteurs Etrangers. En effet,le visiteur étranger a une autre conception de la nudité. IL fait donc une interprétation spéciale de cette démonstration traditionnelle. Cependant les dirigeants prennent précaution de ne jamais faire danser leur propre femmes nues devant les visiteurs pourtant c’est la tradition. Ces exemples illustrent parfaitement la problématique de l'incompréhension et du manque d'esprit d'adaptation dont fait preuve le diplômé de notre société. La tradition Centrafricaine nous livrent des exemples à améliorer pour le développement sociale. Seulement, ceux qui ont fait les études et qui se trouvent investis de responsabilités politiques ou sociales ne savent pas exploiter la tradition pour poser des actes de progrès de la société.
Nous avons des ingénieurs de travaux publics, pourtant nos routes sont construites par des étrangers
Nous avons des économistes pourtant aucune théorie économique n'est élaborée autour du marché parallèle, les TONTINES et de WALI-GARA
Nous avons des politologues, pourtant la forme traditionnelle de la gestion politique de la communauté, à savoir "l'Arbre de Palabre", n'est pratiquée dans aucune commune. Il est inutile de préciser ici que nous parlons du processus de prise de décision par la communauté ou de la démocratie.

De l'Art et de l'Artisanat
L'Elite ne sait pas exploiter les connaissances pour le développement durable

L'ART- Science, Savoir, moyen, méthode. L'Art de faire quelque chose, ensemble de moyens pour obtenir quelque résultat.

ARTISANAT- Création d'un oeuvre d'art, façon et métode rudimentaire de réalisation technique comme opposée à la façon industrielle
Les exemples suivants illustrent une panoplie de techniques rudimentaires maîtrisées traditionnellement.
La distillation de l'alcool à base de manioc: une forme adapté de cette technique nous transpose dans la position et la capacité de produire ou d'obtenir de l'Ethanol, de l'alcool médical, de l'eau distillée et la forme hygiénique de l'alcool traditionnel.

De la responsabilité collective de la nouvelle génération:
Le concept de technologie adaptée pour le développement durable

Un développement ne peut que être durable. Tout ce qui se fait par mesure politique moraliste tel que l'aide au développement sous sa forme actuelle n'est pas durable. Et pour cause, le cas des véhicules donnés à l'état dans le cadre de la coopération; ce cas est l'exemple type d'un développement qui n' est pas durable. Ces véhicules circulent quelques deux années et dès qu'il tombent en panne à cause de l'état des routes, personne n'est vraiment capable de les réparer.
Le développement ne peut être durable que si le mécanisme est pensé par les intéressés eux-mêmes. On ne peut pas combattre le sous-développement de l'extérieur sans tenir compte de la façon de vivre et de la façon de concevoir des gens concernées. Le développement durable suppose que les pauvres deviennent conscients qu'il leur faut mettre en valeur leur propre conception technique.

Voici quelques exemples types, sujets de réflexion:
TOUT BANGUI mange depuis toujours du manioc; alors cherchons ensemble comment vulgariser la production du manioc et rendre hygiénique la conservation de sa farine.

Nous mangeons depuis des années les ignames et les patates douces; alors cherchons ensemble comment vulgariser une production abondante de ces fécules

Nous mangeons les champignons, les Kinda Gozo et les Makongo; alors cherchons ensemble Comment vulgariser la conservation de ces types de denrées

Traditionnellement, nous savons construire les ponts en lianes; alors cherchons ensemble comment adapter ces connaissances à la construction de ponts résistant sur la Ouaka, la Kémo, la Mpoko voir sur l'Ubangui?

Nous avons beaucoup de types de fruits et nous savons distiller le NGBAKO; alors cherchons ensemble Comment adapter cette technique à la production et la conservation de jus pour notre consommation locale

Traditionnellement, nous savions envoyer des messages à partir des TAM-TAM; alors cherchons ensemble comment adapter cette dtechnique à la transmission des messages entre les village (le morse est une technique qui fait naitre le fax n'est ce pas)

Nous avons beaucoup d'arbres; alors comment en faire des meubles bon marché

Nous avons le bambous et le rotin alors pourqui nos écoles n'ont pas de tables et de bancs et nos hôopitaux pas de lits

Nous avons le soleil, nous avons du sable et nous avons des diplômés; alors nos diplômés en physique et Chimie: n'avez-vous pas encore entendu parler de l'Energie Solaire?

ET nous avons aussi beaucoup de Zootechniciens, de vétérinaires, des pharmaciens, des sociologues....

Voila une démarche simple pour un développement durable. Le développement durable ne s'achetera pas.
Notre solution pour le développement durable n'existe ni chez les Institutions du Breton Wood ni à la Banque Mondiale, ni au Fond Monétaire International, ni en France ni aux Etats Unis ni en Lybie.
Elle est bien là chez nous, à Dékoa, Mala, Bangassou, Bouar, Nola,Bangui, Boy-Rabé, Lakouanga, à Cité-Universitaire.
La Lybie et la Banque Mondiale ne peuvent que nous aider dans une mesure minimale.

bvJean-Pierre MARA