AGENCE DE
REGULATION DES TELECOMMUNICATIONS: LA SAGA CONTINUE
Le 1er mars 2007,
le ciel s'abattait sur la tête de 7 agents et cadres de l'Agence de Régulation
des Télécommunications (ART). Par des décisions du Directeur Général de cette
entreprise publique, les cadres et agents étaient soit licenciés soit remis à
leur administration d'origine. Les décisions ont fait l'objet d'une véritable
bombe car elles ont provoqué une indignation générale du personnel de la
Socatel ainsi que de l'ART.
Les agents et
cadres concernés n'ont pas hésité un seul instant à réagir. Le 3 mars, donc 48
heures après la décision fatidique, ceux-ci ont adressé un recours hiérarchique
au premier ministre en évoquant les irrégularités constatées dans la prise de
cette décision (cf Le Confident Week-end N° 1486 du 10 au 11 mars 2007, pages 2
et 3).
Les cadres et
agents de l'ART, se sentant abusés ont saisi leur conseil. Mais auparavant, il
leur a été demandé de passer le service, ce que, collectivement, ils ont
refusé.
Les raisons de
cette attitude sont multiples et ne militent pas forcément en faveur du
Directeur Général de l'ART.
Dans la décision
notifiée aux agents et cadres remerciés par l'ART, il a été fait mention de la
Résolution du Conseil d'Administration du 29 décembre 2006. Or, il s‘avère que
ce Conseil s'est déclaré incompétent pour remettre ce personnel à leur
administration d'origine dès lors que c'est le ministre de tutelle technique
qui les ont affecté à ladite Agence.
Déjà à ce niveau
se pose un couac. Le DG passe outre la Résolution du Conseil d'Administration
où l'interprète à sa manière mais, considère la réserve émise comme un avis
positif. Sans porter de jugement, si ce n'est un règlement de compte ourdi par
quelqu'un de l'extérieur à l'ART, ça y ressemble un peu car les notifications
sont en contradiction avec la Résolution du Conseil d'Administration du 29
décembre 2006.
L'attention des
autorités de la Délégation Générale aux entreprises et Offices publics a porté
sur les irrégularités de la décision de licenciement collectif qui n'a pas
respecté la procédure prévue en pareille circonstance.
Pour la
Délégation Générale, cette manière expéditive de procéder, non-conforme à la
législation en vigueur risque de pénaliser lourdement l'Agence de Régulation
des Télécommunications. Par qui le DG de l'ART a-t-il été conseillé pour
prendre pareilles décisions ?
Les agents et
cadres licenciés collectivement ont confié l'affaire à leur conseil qui, par
une lettre à M. l'Inspecteur Régional du Travail et des Lois Sociales de
Bangui-centre a demandé la nullité des décisions du Conseil d'Administration du
23 février 2007.
Plus grave, M.
Guy Moskit, président du Conseil d'Administration de l'ART, absent de Bangui
depuis le 7 décembre aurait signé les décisions du Conseil d'Administration
alors qu'en partant, il avait chargé M. Vickos d'assurer son intérim. Entre
temps, M Moskit n'est pas revenu à Bangui et on lui reconnaît tacitement des
facultés de dédoublement de la personnalité.
C'est trop
flagrant s'exclament les cadres et agents de l'ART licenciés collectivement. Le
DG de l'ART et son instigateur aurait confectionné un faux et en aurait fait
usage. Par ailleurs, les spécialistes des lois sociales que nous avons
approchés sont unanimes qu'en pareille circonstance, les décisions devaient
être obligatoirement visées par l'Inspecteur Régional du Travail et des Lois
Sociales conformément aux dispositions de l'Arrêté n°002/MFPT-SAP du 25 janvier
1968. En plus de cette négligence coupable, l'ART n'a pas satisfait aux exigences
de son accord d'établissement, qui est pourtant conforme au code du Travail.
Le personnel de
l'ART, qui considère qu'il est dans son droit veut épuiser toutes les voies de
recours car selon lui la décision du Directeur général de cet organisme est
truffée de vices de forme. Pour beaucoup d'observateurs qui ont suivi cette
saga, le Directeur général de l'ART n'avait pas pris cette décision en son âme
et conscience. Il serait selon eux, poussé par un ‘‘sous marin nucléaire'' qui
souhaiterait placer les siens à la mangeoire. L'enquête sur ce dossier laisse
apparaître des comparaisons avec ce que M. Yamandja avait fait à la SOCATEL en
brillant par le clientélisme dans les recrutements. Par un favoritisme aussi
flagrant, on tord le cou à la bonne gouvernance. Tout le monde sait dans quelle
situation financière se trouve SOCATEL en ce moment. Voudrait-on que l'ART
suive cet exemple en piquant du nez ? Que diront les Institutions financières
si elles constatent que les entreprises et offices publics sont des réservoirs
de résorption des parents, militants et autres sympathisants chômeurs.
La saga de l'ART,
montée de pièces décousues peuvent conduire loin car l'affaire avec des
imbrications pénales (faux et usage de faux) peut ouvrir la porte de la maison
d'arrêt à certaines personnalités. A moins que comme d'habitude, l'impunité
soit érigée en doctrine, comme nous avons pris l'habitude de le constater.
(Affaire à
suivre)
Lundi 12 Mars
2007
Source :
http://www.leconfident.net