Considérons l’accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Europe et l’Afrique comme un non-évènement

 

 

Par Jean-Pierre MARA

 

Depuis 2006, l'Afrique assiste voir participe à l'élaboration d'un projet d'Accords de partenariat économique (APE) entre les ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) et l'Union européenne. Les dirigeants politiques, pris aux pièges de l’aide bilatérale, n’osent ou ne veulent pas proposer une alternative qui prendrait en compte les intérêts de l’Afrique et d l’Europe dans une forme d’un accord de partenariat basé sur l’échec de l’aide sous sa forme actuelle.

 

Alors que l'Union européenne exerce une forte pression pour une signature le 31 décembre 2007, les dirigeants africains devront ensemble refuser l'idée des APE qui fera de l'Afrique une perdante dans  un marché plus tourné vers la promotion des grandes multinationales Européennes que vers le développement socio-économique du continent. L’Occident va encore une fois utiliser les rouages de l’aide déguisée pour garder les africains dans leur rôle traditionnel de grand pourvoyeur des matières premières et de vaste marché pour les produits manufacturés du Nord.

 

Les débats sur les APE donnent raisons aux détracteurs de l’aide car plus de quarante ans d'indépendance, aucun accord d’aide et de coopération pensé en occident n'a réussi et ne réussira pas à sortir le continent du sous-développement. Si ces accords étaient équitables et tournés vers la promotion de nos économies africaines, il n'y aurait rien à redire. Les délégations africaines, par peur de perdre quelques avantages ou par diplomatie mal placée, observent le silence. Et l’Afrique qui n’est pas armée de dispositifs pour pratiquer un vrai libre-échange avec l'Europe va commettre l’irréparable.

 

DISONS  SIMPLEMENT NON A CE MARCHE DE DUPPES

 

Si j’étais à la table des négociations sur ces APE, je demanderais que l’Europe accepte que l’élevage des bœufs et de la volaille pour l’alimentation du marché européen en viande se fasse en Afrique noire, là ou la savane offre de vaste espaces vides.

 

Si j’étais à la table des négociations sur ces APE, je demanderais que AREVA et SIEMENS construise entre 2010 et 2020 des barrages hydroélectriques dans tous les pays qui ont des problèmes d’électricité en contre partie des ventes que l’Europe compte effectuées dans ce espace économique.

 

La recherche des talents, la formation à la culture du développement constitue actuellement notre préoccupation pour le changement de la situation en Afrique et au lieu de nous aider dans ce sens, l’Europe préfère nous utiliser comme un marché de consommateurs. L’Europe est en train de drainer par ces Accords de Partenariats Economiques mal pensées encore plus de dépendances et donc encore plus d’immigration clandestine.

 

Jean-Pierre MARA

Le 6 décembre 2007, Paris, France