Le Président François Bozizé lance un appel au dialogue à tous les chefs rebelles

Bangui le 16 Mars 2007 par  Jean Ding Kpi

 

La commémoration du 15mars 2007 tant décrié a été marquée dans la localité de Sido à l'extrême nord-ouest de la RCA, par un discours de circonstance qui fait le bilan de quatre années au pouvoir du général François Bozizé suite au coup de force ayant entraîné une succession violente du pouvoir.

Sur le fond, il n'y a vraiment rien de nouveau dans le discours et le style du Chef de l'Etat. On connaît son credo : la rébellion armée qu'il a dirigée avec une poignée de ‘‘patriotes'' centrafricaine a été une opération inespérée de sauvetage au peuple centrafricain en situation de détresse avancée. C'est pourquoi la rébellion a été acceptée et le gouvernement de transition reconnu par la communauté internationale malgré une condamnation de principe.
L'autorité de la transition a entrepris de rétablir la sécurité sur toute l'étendue du territoire centrafricain, de remettre en confiance tous les centrafricains appelés à apporter leur pierre à l'édifice gigantesque et titanesque de reconstruction nationale à travers la philosophie du ‘‘Kwa Na Kwa'', une nouvelle mythique du travail libérateur. La République Centrafricaine est de ce fait sur la bonne voie avec l'appui de la communauté des bailleurs de fonds dont le retour inespéré est aujourd'hui un fait significatif de la fin d'année 2006 et de ce début 2007.
Mais les ‘‘malins génies'' et les personnes malintentionnées ne veulent pas du retour de la paix en Centrafrique et, poussées par des ennemis extérieurs, ils cherchent vaille que vaille à déstabiliser le pays et à remettre en cause la légitimité constitutionnelle issue des urnes. De l'avis de François Bozizé, cela expliquerait les mouvements irrédentistes qui alimentent les rébellions du Nord-est, du nord-ouest et du centre nord aujourd'hui dans une véritable tourmente.
Mais la paix n'a pas de prix. C'est le sens de l'accord de paix signé à Syrte signé avec le FDPC d'Abdoulaye Miskine. C'est également le sens de l'appel au Dialogue Politique lancé par le Général François Bozizé le 31 décembre 2007. c'est encore de ce nouvel appel lancé à Sido ce 15 mars 2007 par le Président de la République à chaque chef rebelle nommément cité et prié de baisser les armes et de négocier directement avec l'autorité politique établie qui n'est autre que le chef de l'Etat lui-même.
Ce appel constitue le clou des festivités de Sido et traduit une nouvelle démarche de la part du Général Bozizé hier encore assez réticent à l'idée d'ouvrir le dialogue avec ceux qui sont considérés à tort ou à raison comme les ennemis de la démocratie, de l'unité et de la réconciliation nationale.
Ce nouvel appel aux négociations directes avec les chefs rebelles coupent l'herbe sous les pieds des va-t-en-guerre et des extrémistes de tous bords très portés vers l'option militaire qui reste la pire de toutes les options parce que synonyme de destruction, de pillage, de mort, de haine vengeresse et de désolation au sein des larges masses populaires.
Ce volontarisme tardif mais nécessaire ouvre derechef la voie à la tenue prochaine du Dialogue Politique qui passe sans nul doute par une table ronde avec les politico-militaires en vue d'un accord global qui gagnerait à être réaliste si l'on veut éviter le risque de l'éternel recommencement et du raidissement des parties au conflit.
Mais tout est question de volonté politique car avec la détermination de la France à ne pas permettre toute prise de pouvoir par les armes et à donner le feu contre toute rébellion armée, il faut choisir dès à présent entre la paix et la guerre c'est-à-dire entre la voie de la raison et celle de l'aventure sans issue aussi dans le nord-est et le nord-ouest.
Tout est aussi question de délai car, traîner les pas bien qu'on marche sur des œufs, est quelque part, synonyme de pourrissement de la situation.
Le reste dépendra des grandes résolutions qui sortiront du dialogue politique attendu. Mais il ne faut pas rêvasser. Ce dialogue politique accouchera d'une souris s'il ne permet pas une « union sacrée » autour d'un programme prométhéen de reconstruction nationale conduit par un gouvernement plus responsable, plus efficace, plus visible avec des chantiers dans tous les sens : dans l'armée nationale qui attend une refondation ; à la santé, à l'éducation, dans l'agriculture et l'élevage, dans les infrastructures et les équipements etc. Oui à la paix ! Oui au Dialogue pour le développement intégral de la République Centrafricaine.

Jean Ding Kpi